INTRODUCTION
Tout le monde sait combien est grande la mortalité des enfants du premier âge. L’attention a été, depuis longtemps, attirée sur cette question, et l’Académie de médecine a consacré de nombreuses séances à son étude et aux remèdes utiles à la prévenir. Aussi bien ne saurait-on trop en France plus qu’ailleurs, où de tous les côtés on signale la dépopulation, s’efforcer d'en abaisser le taux.
Les causes de cette mortalité sont nombreuses, mais on ne saurait nier que, parmi elles, les maladies contagieuses épidémiques telles que la rougeole n’occupent une place très impor- : tante. |
: À Paris, la mortalité moyenne due à la rougeole est de 16 par semaine ; aux mois de juillet et d'août de la dernière année, elle oscillait entre les chiffres 17, 24, 28 et 41 dans le même laps de temps.
Guidé par l'intérêt éminemment pratique qui s'attache à la question, nous avons cru bien faire de soumetire comme sujet de notre thèse inaugurale, quelques considérations sur la contagion et les complications relatives à la rougeole, que nous avons . eu l’occasion de suivre dans son évolution épidémique, en l'an-
née 1893.
__ Dans un dernier chapitre nous consacrerons quelques pages
PR de à la prophylaxie à conseiller, lorsque la rougeole s'attaque à la population de la campagne. | |
Non moins aussi nous avons été poussé à l'étude de celte question, par la gravité avec laquelle celte maladie à sévi sur une partie de notre jeune population ; puisque l’agent pathogène de la rougeole a forcé, cette année-là, le chiffre de la mortalité jusqu'à 43.
Le chiffre moyen de la mortalité ‘annuelle dans ce village a été de 23 durant les quatre dernières années, si mous ne COmptons pas l'année 1893.
Plus grande encoreest l'importance du sujet si nous ajoutons aux cas victimes, aux vaincus précoces par la rougeole, ‘à {la ‘statistique dés décès constatés à Clans, ceux qui ont payé tribut à celte maladie dans les communes de Bairols et de Galtières, où la rougeole s’est introduite ‘en recrutant les germes ou les agents pathogènes, au:mème foyer que: Clans.
Cette affection :a fait à Bairols, d'après les renseignements que nous avous pu recueillir, 6 à 7 victimes, en moins d'un mois ; notons ‘en passant que cette commune n'a que 250 habitants environ. À Gattières il n'y aurait:eu que 3 décès.
La facilité qui nous ést offerte à la campagne pour l’étude des moyens qu'une maladie contagieuse épidémique ‘emploie pour s'étendre, nous a aussi poussé à faire cette relation.
Nous avons simplement ‘dans ce travail, ‘en ‘apportant ‘nos observations, le désir de montrer avec quelles réserves il faut accueillir les conclusions ‘qui: donnent seulement à la période d’invasion et aux premiers jours qui la suivent, le pouvoir de contagionner, et de montrer la conduite à tenir, l'hygième:à ‘poursuivre, les moyens, en un mot, grâce auxquels on pourra,
à la campagne, éviter beaucoup de désastres et sauver d’une