COQUELUCHE
Comme pour la rougeole, beaucoup de décès — à la suite de complications éloignées imputables à la coqueluche — sont inscrits sous la rubrique broncho-pneumonie, et non sous celle de coqueluche.
Beaucoup de coqueluches se terminent par la tuberculose, soit par contagion, soit par hérédité, comme descendants de parents tuberculeux vivants.
Malgré cela on compte à Ivry de 1877 à 1899, 11G décès de coqueluche — 7 à l’hôpital Trousseau et 109 en ville.
Cinq cas de décès avec rougeole sont comptés aux décès de rougeole.
La coqueluche n’est point portée sur le tableau des maladies sujettes à déclaration et désinfection.
La rougeole et la coqueluche sont souvent contemporaines, et nous avons ou sujet de la mortalité rubéolique, rapporté cinq cas où l’on rencontrait la rougeole et la coqueluche associées.
Mortalité
La mortalité annuelle varie de o à 18. Mensuellement, c’est-à-dire pendant 22 lois chaque mois de notre période d’études, elle varie de 4 à 10. L’année 1890 a été de beaucoup la plus meurtrière.
Il est difficile d’assigner à la coqueluche une saison où elle est plus maligne qu’à une autre. Ce que l’on peut dire, c’est que de février à septembre, elle fait plus île victimes qu’à une autre époque : le mois de juin est pourtant particulièrement favorisé comme bénignité.
La coqueluche est endémique comme l’indique le tableau ci-contre :
Pour les 22 mois de :
janvier,
juillet,
février,
août,
mars,
io ;
septembre,
avril,
octobre,
mai,
novembre,
juin,
décembre,
Mortalité selon l’ace
54 décès de o à 1 an ;
4o — de 1 à 3 ans;
12 — de 3 à 5 ans ;
4 — de 5 à 6 ans ;
4 décos de (i à 7 ans; i — de 7 ans et demi;
1 — de 9 ans; o — au-dessus de 9 ans.
La mortalité est donc très rare au-dessus de 7 ans, et se rencontre surtout chez les enfants au-dessous de •2 ans.
Toutefois il est bon de dire ((lie la morbidité est en raison inverse de la léthal i té, et que l’âge des enfants est un des principaux éléments de pronostic de la coqueluche.
Mortalité selon le sexe
48 enfants du sexe masculin, 08 du sexe féminin.
Mortalité par quartier
Ivrv-Port (8.i3o habit., dern. recensement), 5 9 ;
Ivry-Gentre G . 9 3 7 — — — 29;
Petit-Ivry 7.1O1 — — —
Le Petit-Ivry, situé au-dessus du coteau de la rive gauche de la Seine, paraîtrait le quartier le plus favorisé et celui d’Ivry-Porl, sur les bords de la Seine, le plus éprouvé en raison de la population ouvrière et de ses maisons populeuses.
Mortalité par rapport a la morbidité
Nous ferons au sujet de la coqueluche, les mêmes réflexions qu’au sujet de la rougeole, en signalant toutefois le taux inférieur de la morbidité de la coqueluche par rapporta celui île la rougeole.
La différence de morbidité tient à deux causes solidaires l’une de l’autre.
i° Contagiosité moindre.
2" Immunité conférée par une première atteinte.
Les récidives de coqueluche sont en effet très rares.
La mortalité dans noire clientèle nous semble être la même que celle de la rougeole.
Epidémies de famille, de maisons, de quartiers
Nous n’avons à répéter ici que ce que nous avons dit à propos de la rougeole.
L’influence des habitations insalubres est plus manifeste dans la coqueluche que dans la rougeole, et quand la coqueluche sévit dans une famille où il y a de nombreux enfants en bas-âge et de l’encombrement dans un logement insalubre, elle devient parfois d’une très grande violence.
C’est ainsi qu’en 1878, nous avons observé pendant les mois de janvier et février, dans la famille Clavère, rue Mirabeau, 11, trois enfants sur trois, morts de coqueluche aux âges de 2 ans 1 mois, 4 ans 5 mois, 7 ans 5 mois.
En mars et avril 1886, dans la famille Flauss, route
de Vilry, io, dans une chambre au sous-sol, trois enfants (2 mois 18 jours, 2 ans trois mois, 6 ans G mois) sont morts de coqueluche.
Les autres enfants étaient, beaucoup plus âgés, et n’ont pas été atteints.
En mars et avril i8t)3, nous voyons deux enfants de la famille Broussin, 7 mois 8 jours et trois ans, mourir de coqueluche, liez-de-cbaussée obscur et humide.
Notre tableau de mortalité par coqueluche ne nous donne pas d’autres loyers plus démonstratifs de coqueluches graves.
Nous pensons que l’isolement, la désinfection, qui seraient il vrai peu praticables, produiraient d’heureux résultats et abaisseraient le chiffre de la mortalité par coqueluche.
Associations ou coïncidences morbides
Les épidémies de coqueluche suivent en général de très près les épidémies de rougeole.
Dans cinq cas de décès, avons-nous dit, la coqueluche se trouve associée à la rougeole, mais 1 association morbide 11’esl pas rare, et les deux épidémies fréquemment marchent de pair et se comportent à peu près de la même manière.
Nous n’avons pas souvent remarque la coqueluche accompagnant la fièvre scarlatine, ni la diphtérie, ni la variole. Elle se contente pour ainsi dire d’un compagnon habituel, la rougeole.