CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Pour conclure avec des éléments certains, nous commencerons par comparer la mortalité d’Ivry avec celle de Paris.
Choléra. — Les annuaires statistiques de la ville de Paris n’ont pas de chapitre spécial au sujet du choléra.
Variole. — Nous avons vu que pour too.ooo habitants, il y avait à Paris, 99 décès; à Ivi‘y, nous avons 9<) décès, dans les mêmes conditions*
Fièvre typhoïde. — Nous avons vu également en étudiant la fièvre typhoïde, que la mortalité à Ivry jusqu’en 1893 où le régime des eaux est sensiblement le même qu’à Paris la mortalité était inférieure de 1 /io sur celle de Paris.
Elle est un peu supérieure à celle de Paris après 1 8y 3 , et nous en avons donné les raisons.
Rougeole. — De 1877 à 1898, la mortalité par 100.000 habitants, est à Paris d’environ 1 190»
A Ivry, elle est très peu inférieure, loutes proportions gardées.
On peut dire qu’elle est sensiblement la même à Ivry qu’à Paris*
Scarlatine. — 2o4ù Paris; i48 à Ivry, par 100.000 habitants. Elle est donc inférieure à Ivry de i 3 environ sur Paris.
Coqueluche. — 298 à Paris; 4f>2 à Ivry par 100.000 habitants. Elle est donc supérieure de i 3 environ sur Paris.
Diphtérie. — \l\ to environ à Paris ; i5oo à Ivry environ par ioo.ooo habitants. Ces derniers chiffres sont pris avant la découverte du vaccin antidiphtérique et l’on voit que la mortalité est très légèrement supérieure à Ivrv. Actuellement elle est un peu inférieure.
En ce qui concerne la mortalité par âge et par sexe nos résultats (à part la fièvre typhoïde pour le sexe) sont conformer aux résultats de la statistique parisienne.
En dehors des morts nés et défalcation faite des décès des hospices, on trouve comme modalité générale à l’époque des recensements quinquennaux, la proportion suivante qui démontre clairement l’influence des progrès de l’hygiène et de la science sur la mortalité :
1870 : mortalité de 2/3 p. 0/0;
— de 3 p. 0/0 ;
— de 2/1 p. 0/0 ;
— de 1 88 p. 0 0 ;
— de r/5 p. 0 0.
Ces chiffres sont conformés aux heureux résultats constatés dans nos études :
Abaissement de la courbe de la mortalité dans la fièvre typhoïde.
Abaissement de la courbe de la mortalité dans la variole et dans la diphtérie.
Abaissement du chiffre de la morbidité des maladies contagieuses, résultat des désinfections , et comme conséquence de la rareté des cas, «amoindrissement de la propagation.
Nous concluons à F utilité de l’isolement, des vaccins, des désinfections, de l’hygiène en général et à sa vulgarisation, de l’inspection médicale des Ecoles, à l’usage de l’eau filtrée à défaut d’eau de source, à la déclaration obligatoire des maladies contagieuses par les intéressés, à l’obligation de la désinfection.
Nous souhaitons rpie ces mesures s’étendent à la coqueluche et soit dit en passant, à la tuberculose avant tout.
L’excellente situation topographique d’Ivry, la distribution actuelle de ses eaux, sa population travailleuse et non tassée, ses habitations qui s’améliorent de jour en jour, scs maisons et logements insalubres moins nombreux que dans d’autres communes y compris Paris, les usines, quelques-unes désagréables mais non insalubres, en font une ville particulièrement favorisée au point de vue de la morbidité et de la mortalité. Elle jouit positivement d’une situation hygiénique qui laisse
assurément beaucoup à désirer encore comme celle de tous les centres ouvriers, mais qui est meilleure comparativement que celles des communes avoisannautes, et meilleure sensiblement que celle de Paris, comme nous l’avons démontré.
Nous sommes arrivé dans nos études à confirmer des faits connus et nous ne pouvions assurément pas trouver beaucoup de résultats nouveaux, ni faire de grandes découvertes. L’iuléret de ces études réside surtouldans leur localisation à lvry, dont elles éclairent quelque peu, croyons-nous, l’état sanitaire bien meilleur qu on pourrait le croire avec sa population ouvrière et industrielle.
Ivry, 25 décembre 1899.