LES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE DES CHARTES
Nombre de personnes ont gravé leurs noms sur les feuilles de zinc et les plombs qui recouvrent le mécanisme de l'horloge. Aucun de ces noms n'a la célébrité de plusieurs de ceux qu'on trouve sur la plateforme du clocher de Strasbourg; il n'y a nul intérêt à les consigner ici. Je relèverai pourtant ceux que les élèves de l'Ecole des chartes y gravèrent, après avoir lu. l'inscription de la cloche Marguerite, moins correctement toutefois qu'ils ne le disent (*>. Les voici dans l'ordre où ils les ont mis <3),
AuG. Javelle
Jos. Garnier
ViCT. Chapluet
Hy. Quirin
Elèves de l'Ecole
DES Chartes
Fondée par M. Boudot, archiviste de la Côte-d'Or, l'Ecole des chartes de Dijon n'eut jamais de nom-
(1) L'inscription dont il s'agit est ce que l'on appelle un grafîtto ou un grafiite.
(2) Les Mémoires de la Commission donnent cette lecture, ibid., p. 211. — Une note, p. 212, porte : « Cette inscription a été lue correctement par les élèves de l'Ecole des chartes de Dijon. » — Nous l'avons rectifiée sur plusieurs points, p. 74 et suiv. de ce recueil.
(3) Cf. Progrès de la Côte-d'Or, 25, 27 avril, 13 mai 1872, articles de Justin Ledeuil, réunis ensuite en brochure.
breux élèves. Ceux qui s'y trouvaient en 1835, Tannée même de notre inscription, furent prévenus qu'on ne pourrait plus obtenir le diplôme d'archiviste paléographe à Dijon, et l'école se ferma ^^K
Nous ne savons ce que devint le dernier inscrit de la liste, Hippolyte Quirin, lequel était né à Dijon, le 8 août 1812. * Celui qui le précède, Victor Chapluet, s'en alla mécontent <«>. Né le 30 août 1809, il acheta une charge d'huissier en 1839, et mourut bibliothécaire de la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, le 10 juillet 1871 <3).
Les deux premiers eurent la bonne fortune d'être conservés aux archives départementales, en qualité de commis, mais leur destinée fut bien différente. L'un, Auguste Javelle, né le 29 mai 1815, mourut le 18 janvier 1839, sans avoir atteint sa vingt-neuvième année ^*\ L'autre, Joseph-François Garnier, de quelques jours son aîné, car il naquit le 25 avril 1815, devait parcourir une longue carrière, pleine de travail, de science et d'honneur. Nommé tout jeune archiviste de la ville et bientôt conservateur des .archives départementales, il déploya dans ces deux fonctions d'éminentes qualités d'érudit, et, ce qui n'est pas moins appréciable pour ceux qui travaillent, d'initiateur aussi obligeant qu'avisé ^^K II est mort, le 14 décembre 1903, après avoir doté l'érudition bourguignonne de nombreuses publications où brille une science hors de
(1) Bibliothèque de Dijon, fonds Milsand, n»» 12184 et 12168.
(2) V. article de lui dans le Journal de la Côte-d'Or, 5 mai 1837.
(3) M. Lory lui a consacré une notice nécrologique, fonds Milsand, 10, 467.
(4) Pour tous ces détails de naissance et de décès, V. état civil de Dijon.
(5) v. le journal Le Bien Public, de Dijon, 18 novembre 1903.
pair, et, surtout, de nombreux inventaires de nos archives départementales qui ne sont pas encore tous publiés.