‹ Epigraphie de l'eglise Notre-Dame de DijonChapitre 88 sur 89 · PRONONCÉE AU MARIAGE · texte numérisé non relu

PRONONCÉE AU MARIAGE

de

M. Miguel GUZMAN

et de

Mllb Antoinette COUPÉ

le 26 juillet 1900

Jeunes Epoux,

Dans les fêtes semblables à celle que nous célébrons, on entend d'ordinaire une voix extérieure, celle du prêtre, qui cherche à faire un instant vibrer les âmes. Aujourd'hui, nous suivrons une autre méthode. Ce sont les harmonieuses vibrations de vos cœurs, c'est la voix intérieure qui chante, au dedans de vous, votre mutuel bonheur, que je voudrais faire entendre à toute cette foule accourue pour vous voir, et surtout à

vos amis et à vos parents qui s'unissent avec tant de joie à ce mystérieux cantique.

Les astres du ciel semblent muets : ils ont cependant leurs résonnances, que les anciens sages savaient discerner dans le recueillement des nuits. « Qui redira, s'écrie le prophète de l'Idumée (1), les accords harmonieux des sphères supérieures, et qui fera taire la symphonie des cieux. »

Le chantre inspiré des psaumes dit à son tour (2) : « Le langage du ciel n'est ni un cantique, ni un discours, il ne fait retentir aucune voix. Et cependant, cette harmonie s'entend par toute la terre ; le son de ces paroles se répand jusqu'aux extrémités du monde. »

Plus près de nous,' dans les choses qui nous entourent, tout vibre, tout est sonore.

L'homme inattentif ne perçoit qu'un bruit transitoire. Mais l'âme ouverte aux harmonies de la nature, écoute le murmure de la forêt lointaine et les brises des grands arbres, le gazouillement du ruisseau et le grondement de la tempête, le chant matinal des vallons que l'aurore éveille et les

(1) Job, XXXVm, 37.

(2) Psal., XVIII, 4, 5.

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tnilk; voixdcH oiseaux qui btnisaent l'arrivée du jour.

Et l'on voudrait que le cœur de l'homme n'eût pas son rhylme musical! L'àme que Dieu a faite si profonde, et dans laquelle il a concentré tous les trésors de l'harmonie, serait privée do sa résonnance! N'est-elli; point le mystérieux archet qui tressaille au eontactde toutes les émotions humaines, et dont les fibres vivantes retentissent en des chants, en des plaintes, en des symphonies, en des lamentations qu'aucune parole ne saurait reproduire et qui font l'ineffable et divine beauté de la musique?

Les orateurs et les poètes se plaignent volontiers de l'iraperfection de la parole et des mots. Aies entendre, le langage de l'homme est impuis.santà rendre lanetteté de leur pensée. Les musiciens n'ont point de tels regrets, parce que leur art cherche moins à préciser la forme de l'idée qu'à exprimer un état d'fime. C'est leur privilège de pouvoir, â l'aide des sons, reproduire avec une force incomparable tous les sentiments qui font battre nos cœurs. Mais cette musique extérieure en suppose une autre, les harmonies immatérielles et éthérées qui résonnent dans l'âme avant do trouver

leur expression sous des notes musicales.

Si les personnes indifférentes que vous coudoyiez dans les salons ou dans les rues n'entendaient point la symphonie de vos âmes, jeunes époux, cette inattention n'empêchait pas la délicieuse mélodie de retentir au dedans de vous. Vos deux printemps se sont épanouis sans mêler leurs fleurs ni leurs parfums, puisque vous viviez loin Tun do Tautre. Mais, tous les deux, vous entendiez la même note harmonieuse qui vous disait : aimez-vous ! Note qui résonnait du matin au soir et qui jetait dans vos cœurs un anxieux désir. Car le charmant objet que cherchaient vos regards vous échappait encore. Vous vous disiez tous deux : « Mon cœur est fait pour aimer, mon âme cherche, quœrit : mais qui donc?

Quem diligit, celui qu'elle doit aimer: quœrit quem diligit anima mea (1). Loin de disperser ses forces et de jeter ses flammes aux quatre vents du ciel, je les concentre, je les réserve, je veux attendre! Qui me donnera de découvrir le cher objet de mes vœux, pour lui offrir mon âme tout entière et pour être à lui pour jamais. » Voilà

(i; Cant., III, 1, 2.

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pour la première fois Fun sur Tautre, dans une rencontre inoubliable. «Je vous remercie, mon Dieu, vous êtes-vous écrié, cher ami, j'ai trouvé celle que mon cœur aimait (1)! Et,quelques jours après,vous redisiez cette prière à la clarté des étoiles :

« Oui, disiez-vous, voilà celle que Dieu m'a choisie et qu'il a préférée à toute autre pour me la donner. Elegit eam et prseelegit eam (2). » Aussi,vous êtes-vous efforcé, dès lors, de gagner son estime et de mériter sa confiance. Elle a vu en vous un cœur sincère et loyal, une vive et prompte intelligence, de nobles sentiments, une foi profonde, des pratiques religieuses hautement affirmées et suivies.

Elle s'est assurée qu'elle trouverait en vous non seulement un artiste distingué, mais un époux chrétien. Elle en a, maintes et maintes fois, entendu renouveler la promesse, pendant vos longues fiançailles; aussi a-t-elle dit devons comme l'épouse des Cantiques : « Il est à moi et je suis à lui ; je le garde ; je ne le quitterai point (3). Tenui eum^ nec dimittam. »

(1) Gant., I, 4.

<2) Gomm. Virg., ad sextam et nonam.

(3) Gant., m, 4.

Ce qui avait ravi sou cœur, Mademoiselle, c'était l'assuranro qu'il avait ouo, tics le premier jour, que vous sauriez répondre à toute sa tendressB cl que voua lui apportiez im cieur profondément aimant. Kn musicien consommé qu'il est, il avait discurné les notes ardentes qui retentissaient dans votre flme. Il avait vu avec quelle grAce et quelle distinction vous sauriez vous unir an cantique intérieur dont il réglait en lui les accords, comme vous sauriez lui inspirer par la délicatesse de vos sentiments l'idéal et l'entrain dont a besoin une âme d'artiste. Aussi l'avons-nous vu, depuis, communiquer à son orgTie une flamme qun nous ne lui connaissions pas. Il disait,j'Bn suis sûr, avec le psalmiste : « mon bel orgue, chantez au Seigufur \m cantique nouveau (1). Cantate Domino canticumnovitm! Chantez un cantique nouveau, parce qu'il a fait pourmoides choses, admirables :

Quia mirabilia fecit. »

Il étaitiuate,Mademoi8elle,que toutes ces choses fussent dites dans une église qui a béni vos aïeux et qui est fllr-m^me un pocme, ou plulùt un ciisilique conijiosé par

(1) Fsal., XCVII, 1.

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de merveilleux artistes. C'est à peine si nous savons les noms de ceux qui Tout bâtie, mais je salue avec joie, à mes côtés, le vaillant doyen (1) qui travaille avec un goût si sûr et un zèle si persévérant à lui rendre son antique beauté.

Je vois avec un vrai bonheur, assise auprès de vous, votre digne et vénérable aïeule (2). Comme Anne la prophétesse (3), dont la fête de ce jour rappelle le nom de bon augure (4), elle remercie et loue Dieu d'avoir prolongé sa carrière pour lui faire contempler cette fête. Elle s'unit à nos chants avec une affection profonde, et comme son antique devancière, elle vous fait mille souhaits prospères.

Ah! sans doute, votre pensée s'envole avec une cuisante douleur vers la mère bien aimée que vous avez perdue (5), mais elle revient aussitôt, pleine d'une gratitude débordante, vers celle que vous avez retrou-

(1) M. Tabbé Rose, curé-doyen de Saiat-Seinc l'Abbaye.

(2) Mme Berlin, grand'mère maternelle de la mariée.

(3) Luc, II, 36.

(4) Anna, (Gratiosa).

(5) Mme Louise Coupé, née Berlin.

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vée H), et un qiiî revivent le dévouement, l'affection et la délicatesae de la première. Je pourrais ajouter que sa distinction personnelle servirait de modèle à la vôtre, si elle n'était en voua une qualité héréditaire et comme un caractère do famille.

Comme elle et voua, il a compris quel ga^e de bonheur vous ofTrait Dieu, il l'a compris dès le premier instant, votre intellig;ent et laborieux père [2), qu'une grande

compter dans ses rangs et dont elle apprécie la haute compétence. Aussi, le loueraije, devant cet autel, d'avoir si nettement et si pleinement ratiliti le chois de votre cœur. Il semble que lui aussi, ait entendu l'hymne mystérieux que voua chantiez; il en a sûrement savouré la mélodie, en en surveillant les accords.

C'est ici, mon Dieu, qu'il me faudrait les chauds accents de ceux qui ont édifié ce beau temple, cantiqueimmortel de leur foi, avec des pierresinertesmais avec une pensée ardente, pour m'uniranx chants qui s'é-

(i; Mme Amélie Coupd, née Richard.

(3) M. François Coupé, ageul principal à la Poudrera -h- VonRes.

lèvent de cette église et qui rediront à tous les âges la munificence des vôtres !

Vos tantes vénérées, Mademoiselle, la renommée le proclame au loin, sont les insignes bienfaitrices de cet admirable monument. En n'écoutant que leur grand cœur, elles se sont acquis, pour un long avenir, la reconnaissance de Saint-Seine. L'une (1) a doté cette antique abbatiale des voix harmonieuses qui célèbrent, chaque jour, la gloire de Dieu, appellent les fidèles aux offices, pleurent les deuils de la famille et de la patrie, chantentles mariages, les baptêmes et les glorieux Te Deum. Les autres (2) se sont fait, avec elle, une place dans les cœurs des saints, en reproduisant leurs images dans de splendides verrières. Toutes ensemble, que dis-je? les mains de votre chère aïeule et les vôtres se sont unies aux leurs pour multiplier les dons, car, dans votre gracieuse famille, tous les cœurs battent à l'unisson, oui, toutes ensemble, vos vénérées tantes ont mis leur bonheur à embellir la maison de Dieu ; chacune d'elles a

(1) Mme Claudine Laniesse, née Roussin.

(2) Mlle Alexandrine Roussin, Mme Marguerite Boussard et Mme Devitry, nées Roussin.

pu redire la parole du prophète (1) : « Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison et le lieu où réaide votre gloire. «

Heureux leshabitants de Saint-SeiQo,qui ont imité de si bi^aux exemples ! Bénies les mains qui ont apporté leur pierre, si petite soit-elle, a la restauration de l'Eglise paroissiale ! Cœura nobles etgénércuxje vous iidresse à tous l'hommage de mon respect et de mon admiration !

En vous faisant entrer dansunesî honorable rnraille, lajuste Providence, cher ami, vous dédommageait debiendesinrortunes.

Né sur une terre étrangère, et rappelé dans la Patrie, dès votreenfance, vous ne deviez jamais revoir ni le père si affectueux (2), ni la mère si tendrement aimée (3), que voua laissiez dans les Antilles(4). A peine étîezvous en France, depuis un an ou deux, que vous fûtes frappé par un premier deuil.

Votre père était mort à la fleur de l'âge, dans tout l'éclat de ses talents et des services qu'il rendait à son pays d'adoption,

(î| Psal,, XXV, 8.

(2) M. Florent Guîman, père <iu marié,

(3) Mme Fanny Guzman.née Schwach.mèrc du marié.

(4) La Triai k'.

au milieu de nombreux amis.Docleur en médecine et chirurgien de Tuniversité centrale de Venezuela, parent du général Guzman- Blanco, qui fut président de la République vénézuélienne, il avait devant lui un brillant avenir. Il vous a laissé du moins un héritage d'honneur et un nom historique.

Dans ces derniers temps, un autre deuil, encore inconsolé, est venu vous atteindre :

votre bien aimée mère tombait à son tour, toute chargée des mérites et des vertus dont l'éducation d'une nombreuse famille forme le trésor. Ils ont quitté tous les deux la terre au milieu des>egrets de tout un peuple, de la désolation de leurs amis et des larmes de sept orphelins, qu'ils n'avaient pu tous embrasser à leur dernière heure.

C'est par votre digne mère que vous vous rattachez à l'Alsace et à la France. Dieu ! dois-je évoquer encore un deuil, dans une pareille fête? Celle dont je parle avait vu, à deux ans, mourir subitement son père, Louis Schwach, à Marseille, où il était organiste de la Trinité. Il venait de lui jouer une mélodie, la tenant sur ses genoux ; en la remettant à sa mère, il rendit le dernier

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soupir (1), Une telle fin produisit une émotion considérable ; la presse rendit au jcuue artiste un hommage (.enthousiaste (2); lu paroisse de la Trinité, qu'il avait émerveillée par son précoce talent, le pleura (3). Cependant, la science de la musique coulait à plein» bordi* dans la Cathédrale de Dijon. A lademundedeMgr Rivet, de douce mémoire, un prêtre distingué (4),uuhomjno de canir, un professeur éminent, avait pris la direction de la Maîtrise, et propagé parmi nous les grandes traditions de la musique Palestrinienne, tout en donnant unlarge essor aux merveilleuses innovations de l'art moderne. Ce que lui doit Dijon, je n'ai pas besoin de le dire, toute la ville le sait, et de récents ouvrages ont pris soin d'en garder la mémoire pour les âges futurs [5).

C'est à son écoUi qu'il vous avait appelé du

(1) lejuin 1H42.

(2) Gajelte du Midi, 17 juin 1842. Le Sud, Journal dt la Midilerranée, 1S juin IttiS.

(3) Ibid.yil et lajuia iiki.

{'k) M. l'abbé Scliwauh, Krand oncle tlu marie, ancien Directeur de la Moitrise de la Cathodrale do Dijon.

(5) Histoira de la Maîtrise de la Calhidrale dr Dijon, par M. U chanoine Garraud, Dijon. Union lypograpliique, 1899. La semaine religieuse du diocèse de Dijon, 1898, 1899.

fond des îles lointaines; c'est dans sa maison qu'il voulut vous élever, vous servant de père, et vous donnant dans une de ses sœurs une mère attentive (1), pleine de sollicitude et tendre au-delà de tout ce que Ton pourrait dire. Ils ont tous les deux la joie de jouir aujourd'hui de votre bonheur, et d'assister à cette fête qu'ils ont si ardemment désirée. Je m'incline respectueusement devant eux.

Votre cher oncle développa facilement en vous les rares aptitudes musicales que vous aviez reçues de Dieu. D'une part, votre origine alsacienne vous avait donné une de ces natures méditatives et recueillies qui germent sur les bords du Rhin ; de l'autre, votre père vous avait transmis l'ardeur et la fougue qu'éveille le ciel de l'Espagne. Vous êtes né pour faire un artiste complet. Un grand maître, M. Boëllmann (2), l'a dit publiquement, après les glorieuses épreuves où, affrontant vingt

(1) Mlle Joséphine Schwach, grand'tante du marié.

(2) M. Léon Boëllmann, organiste du grand orgue de Saint-Vincent de Paul à Paris, président du Jury du concours d'orgue de Dijon, le 28 mai 1895.

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rivaux, vous les avez tous vaincus, en les distançant d'une manière incroyatle, et dont, nul concours, jepense, ne présente un exemple si éciatfint. Mais, si je rappelle ces journées fameuses du concours d'orgue de Notre-Dame, c'est moins pour vous en l'aire iionneur, que pour en reporter le mérite surcclui qui voua y avait si magistralinient prépaie, et pour nous applaudir Qous-mémes, en remerciant Dieu, de nous avoir douné un telorganisle. Car, lorsque vous êtes au clavier, l'orgue devient aussi beau que Ta chanté le poète: (!)

L'ui'true, le seul concert, le seul génussement Qui mêle aux deux la. terre.

Lu seule voix qui puisse, avec le (lot dormant Et le» Torâts bénies,

Murmurer Ici-bas quelque commencement Des choses înllnies!

Le savant et vénéré musicien qui nous entend, vous eût mille l'ois mieux dit toutes ces choses. Son àme harmonieuse et poétique se fût d'elle-même élevée à ces hauteurs que n'atteint point la parole, et dont la musique seule peut nous faire admirer

(1) \'ictor Hugo, Les Chants du Crépuscule.

les splendeurs. Elle eût retrouvé cette émotion profonde, qui tant de fois a fait vibrer les cœurs à Saint-Bénigne. Al'entendre, les larmes fussent montées d'elles-mêmes à nos yeux. Il eût été beau d'écouter les accents de ce noble vieillard, et de nous unir à toutes les tendresses de son cœur.

Si ma voix s'élève à la place de la sienne, si j'ai porté la parole, c'est en son nom, c'est vaincu par ses instances et à mon vif regret, il le sait bien.

Il est un point, jeunes époux, où je n'ai pas cédé, j'ai voulu lui laisser la joie de vous bénir, de recevoir vos paroles sacramentelles et de vous marier lui-même. Ce matin, vous avez reçu de ses mains la divine hostie, qu'il vous a donnée en versant de bien douces larmes.

Mgr l'Evêque de Dijon (1) vient devons envoyer, comme gage de sa haute estime,une bénédiction particulièrement affectueuse.

Votre cher oncle aura l'honneur de l'unir à la sienne. Sa bouche qui vous a déjà dit des paroles si tendres va prononcer les prières de l'Eglise qui consacreront à jamais votre alliance ; ses mains vénérables

1) Monseigneur Le Nordez, Evéque de Dijon, lettre du 24 Juillet 1900.

vont se lever pour appeler sur vous les grâces du ciel. Et, en le voyant vous bénir, ma chère enfant, votre aïeule et vos tantes penseront au beau vieillard, leur oncle qui fut l'ami de M. Schwach (1) et dont elles entourent la mémoire de la vénération la plus profonde. Elles croiront les voir tous les deux vous bénir ensemble.

Ces prières achevées, jeunes époux, les chants liturgiques rediront tout haut ce que vous disiez tout bas : ils donneront à vos secrets cantiques une forme solennelle. « Que le Dieu du nouvel Israël vous unisse et qu'il soit toujours avec vous (2).

Epoux, aimez vos épouses, comme le Christ lui-même a aimé l'Eglise (3) » . Recueillez toutes les bénédictions des anciens jours, et gardez-en, de longues années, les précieux trésors (4).

Puis, vous aussi, vous apporterez à ce rhytme mystérieux du cœur que j'ai cherché à reproduire par la parole, les harmonieuses résonnances de la musique, car ce

(1) M. l'abbé Roussin, curé-doyen de Meursault.

(2) Deus Israël conjungat vos. Introït.

(3) Viri, diligite uxores vestras. Bpist, (^i) Gradualc\ orationes Missa^ etc.

sera votre tour, amis deUépoux, brillants artistes de Notre-Dame. (1) Faites résonner les touches de Tharmoniuin ; remplissez ce beau temple d'une divine harmonie.

Faites retentir vos voix, chantez la gloire du Dieu sauveur. Prêtez à nos faibles pensées vos accents inspirés ; donnez à nos sentiments la magie de vos notes sonores.

Portez nos cœurs au ciel, et tous ensemble, demandons à Dieu, par Tintercession de sa très sainte Mère, notre patronne de Dijon, (2) et des saints de cette Eglise, (3) de rendre ces jeunes époux à jamais heureux.

Aînsi-soit-il.

(1) M. Pater, M. Blanc, professeur au Conservatoire, M. Deslandes, professeur de violon, M. Georges Chevignard, M. Paul Goutron.

(2) Notre-Dame de Bon-Espoir.

(3; Saint Seine, saint Jean de Réome, saint Gilles, saint Benoît d'Aniane.

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