NOTRE-DAME DE DON-ESPOIR DE DIJON
a été conservée pendant la Révolution
NOUVEAUX DETAILS
En 1892, un docteur en droit, M. Emile Remy,a publié une très intéressante plaquette intitulée : Comment la statue miraculeuse de Notre-Dame de Bon-Espoir de Dijon échappa au vandalisme révolutionnaire. Cet épisode a tout Tattraitd'un drame inédit. Une humble fille, Marthe Lamy, la chambrière de la vierge Noire, en est l'héroïne.
L'auteur était documenté. Il avait trouvé dans les papiers de son beau -père, M. Bresson, l'historien de Notre-Dame, une relation précieuse, quoique assez imprécise, autrefois rédigée par M. Tabbé Beutot. Mais il l'avait complétée par les récits de M. Bresson. Celui-ci avait connu Marthe Lamy; il s'était souvent fait raconter l'acte de courage dont il s'agit. Puis, M. Remy avait compulsé les archives de Notre-Dame, étudié les faits synchroniques, fixé les dates, colligé toutes les indications possibles. Et cependant, son œuvre achevée, comme
un grand poète mourant, il réclamait encore un peu plus de lumière.
C'est qu'en effet la préservation de la vierge Noire ne reposait en définitive que sur des témoignages indirects. Marthe Lamy était morte, en i833, sans avoir écrit la relation de son acte. Ceux de nos contemporains qui connaissent le fait ne sont que des témoins auriculaires, au troisième ou au quatrième degré.
Les témoins oculaires avaient-ils donc disparu tous, sans laisser trace de ce qui s'était réellement passé? On pourrait le craindre, car tout portait à le croire. Aucun signe ne brillait à l'horizon.
Une heureuse et récente acquisition de la ville de Dijon nous permet d'évoquer au jourd'hui le témoignage des contemporains et celui de Marthe Lamy elle-même. La Bibliothèque municipale vient de s'enrichir, en les payant au poids de Tor, de treize cahiers de A^o^e^ manuscrites de M. Louis-Bénigne Baudot sur l'époque de la Révolution. Ils sont inscrits sous le n** 325 du fonds Baudot. Un de ces cahiers concerne Notre-Dame. J'y ai trouvé, au milieu de mille pièces incohérentes, précisément le récit primitif que cherchait M. Remy, et qui met dans une plus vive lumière le fait qu'il a si bien raconté.
Les indications qui nous concernent sont assez nombreuses, et, pour la plupart, assez courtes. Elles vont de 1793 à 1814. Il est assez difficile de les compter, parceque Louis-Bénigne est revenu à maintes reprises sur quelques-unes d'entre-elles, les complétant, les rectifiant, écrivant en marge, sans dater les retouches. Il a interrogé plusieurs fois Marthe Lamy, ainsi que sa tante, M^** Bourgoin, à laquelle il donne le titre de première sacristine; il est venu et revenu chez elles, rue du Rabot, n® 4, où elles demeuraient ensemble. Il a voulu tenir de ces dames elles-mêmes tous les détails de l'événement. Il apris ses Noteschtz elles et presque sous leur dictée. Il a vu d'autres personnes qu'il ne nomme pas
toujours, et dont il récuse quelquefois la déposition. Parmi les témoins qu'il cite, il en est un devant lequel je m'incline avec respect.c'est le vénérable M. Deschamps, ancien mépartiste de Notre-Dame et qui devint curé de Saint-Michel. Nous lui devons, pour le dire en passant, et ce détail nous est également donné par M. Baudot, la statue de la Vierge-Mère qui décore le meneau de la grande porte de Notre-Dame. Cette statue provient de la Sainte- Chapelle de Dijon.
Je dirai d'abord des Noies de Louis-Bénigne qu'elles renferment plusieurs faits nouveaux, ensuite, qu'elles éliminent certains détails qu'il faudra désormais considérer comme purement légendaires.
L'enlèvement de la vierge Noire eut bien lieu dans le temps indiqué par les anciennes relations orales, c'est-àdire, en 1794, quand on dévalisa les églises paroissiales. Elles furent définitivement fermées, le 17 février; mais la circulaire qui permit de les dépouiller ne fut lancée que le 10 juillet, A quelle époque précise peut-on placer cet enlèvement? Je crois qu'on peut se rapprocher de la dernière date, soit qu'il faille avancer quelque peu, parce que les mouvements révolutionnaires n'attendent pas toujours la permission de l'autorité, soit que l'on doive reculer, pour y voir le déchaînement causé par la circulaire elle-même.
En tout cas, l'auteur est d'abord incertain. Notre- Dame avait été fermée un jour, en 1793, le 14 novembre. Il se demande si c'est ce jour-là ou en février 1794 que s'est opéré l'enlèvement. Puis il abandonne ces dates. Il vient consulter les dames Bourgoin, Marthe Lamy et sa tante. Les demoiselles Pérard l'introduisent'chez leurs amies. Il les interroge, il enregistre leurs réponses. Le jour précis échappe évidemment à la mémoire de ses interlocutrices. Car, il consigne simplement dans ses Notes que la Statue fut enlevée « lorsqu'on dévalisa les églises, dans le fort de la Révolution. » IL avait dit pré-
cédemment que révènement s'était produit « quelque temps après» la fermeture des églises. 11 ne se contredit point.
Un mot, dit en passant, laisse supposer que Marthe Lamy s'était jointe, comme le rapporte l'ancien récit, à la bande des tricoteuses, qui accompagnaient les dévaliseurs.'Louis-Bénigne l'appelle « la sacristine j!?a/no/e de Notre-Dame de Bon-Espoir. » 11 ne dit pas qu'elle s'était affublée de leurs oripeaux, mais nous allons voir qu'elle n'avait pas craint de suivre ces malheureux.
C'est ici qu'apparaît le premier fait nouveau de cet épisode. La bande des forcenés s'est précipitée dans l'église. Elle accourt devant la sainte Image. On parle de la précipiter. Dans ce péril imminent, Marthe restera telle les bras croisés, impassible ? Non ! elle n'écoute que son courage. Elle monte elle-même sur l'autel, et nouvel Énée, elle charge la Vierge sur ses épaules. Elle se met alors à descendre ; elle veut s'emparer seule de la Statue, pour la garder comme un trophée personnel de la part qu'elle se réservera dans les dépouilles de Téglise. Mais un autre avait escaladé l'autel. Un terroriste la suit, la bouscule et lui fait échapper son précieux fardeau. Ecoutons Louis-Bénigne :
« La sacristine patriote de Notre-Dame de Bon- Espoir, pour descendre cette Notre-Dame de Bon-Espoir de l'autel, au-dessus duquel elle était, la mit sur ses épaules. Un patriote terroriste, se trouvant derrière elle, jeta cette Statue de l'épaule de cette sacristine en bas. »
Ce récit répond bien au sentiment de la situation. Une âme ardente, comme l'était Marthe Lamy, ne pouvait laissertomberlaStatueauxmainsdecesénergumènes, quitte à chercher ensuite le moyen de la leur reprendre. Du reste, ils n'étaient pas hommes à se laisser faire. La scène se déroule ainsi dans les conditions où la pensée la reconstitue.
Quelles furent les conséquences de cette chute, et dans
quel étatsetrôuva la Statue une foistombée sur les dalles de la chapelle?
L'Enfant-Jésus porta le coup. Il fut brisé, mais il sauva sa Mère. Toutes les traditions s'accordent sur ce point; elles ajoutent que les débris de TEnfant ne furent point recueillis. D'aucunsracontèrentquela Statue delà vierge Noire s'était rompue, et que la tête avait même roulé sur le pavé. Louis-Bénigne rapporte et dément cette fable. Il dit, avant d'avoir fait visite aux dames Bourgoin : « La vierge Noire ne fut point cassée. Ce bruit est faux. Il n'y a que TEnfant-Jésus, qui était sur ses genoux, lequel s'étant détaché se brisa et n'existe plus. »
La vierge Noirene subit-elle aucune avarie ? Notre auteur ne le soutient pas. Il écrit après l'avoir examinée : « Elle tomba et se fit quelques petites fractures qui ne sont pas conséquentes. » En quoi consistent-elles? 11 ne le dit pas expressément ; mais il décrit toutes les détériorations qu'il aperçoit et dont la plupart sont anciennes, surtout les plus graves. Il n'y a pas lieu d'admettre, avec quelques traditions orales, que la sainte Image ait été criminellement mutilée.
D'après cette légende, le terroriste dont il s'agit, aurait, d'un vigoureux coup de hache, tranché les bras et l'extrémité desgenouxde la vierge Noire. Cela n'est pas, et pour cette excellente raison que les bras et les genoux de la Statue n'ont pas été tranchés ; ils existent toujours et ils ne portent aucune trace d'une entaille aussi furieuse. Louis-Bénigne le constate.
Il signale dans la couronne, l'une desnarines et le nez des avaries qu'on ne voit plus. On a dû les réparer avec du mastic. Il indique également la place de deux trous qui servaient peut-être l'un et l'autre à cheviller l'Enfant. Ils ont été rebouchés tous les deux, l'un avant son récit, l'autre depuis. Rien de plusfacilequede se rendre compte de l'ancien état de la Statue, car à la description qu'il en
donne, l'auteur ajoute un dessin fait à la plume, qui est d'une exactitude rigoureuse et qui note même avec des chiffres les plus minutieux détails.
Ce qui donne à cette restitution de la vérité toute la certitude désirable, c'est un deuxième groupe de faits nouveaux qu'il y a lieu maintenant d'expliquer.
Reportons-nous à la scène qui vient de se passer. La Statue est à terre. Marthe Lamy, bousculée par le patriote terroriste, n'est pas encore revenue de son émotion. Mais voici pour elle une autre surprise. Un des assaillants s'empare de la vierge Noire et l'emporte. Un cordonnier terroriste, dit Louis-Bénigne, la ramassa et l'emporta chez lui. »
Du coup de hache il n'est pas question ; n'en parlons plus, c'est un conte. Un conte aussi l'histoire de la bûche. Il n'y a point de place pour elle dans le récit authentique de Marthe Lamy. A peine descendue de l'autel, la chambrière de la Vierge était trop bouleversée pour tenir le langage apprêté qu'on lui suppose. Elle aurait fait un joli trait d'esprit, en disant qu'elle n'avait pas besoin d'ételles, mais d'un gros morceau de bois pour sa cuisine. Cette parole est d'ailleurs superflue, parce que personne ne lui ofïrait d'ételles. Que le cordonnier, pour justifier sa prise, ait dit lui-même quelque mot à gros sel, la chose est possible, mais elle importe peu.
La Statue fut donc emportée par un terroriste, un homme moins farouche, nous allons le voir, qu'on pourrait le supposer. Il se nommait, comment dirai-je ? Louis-Bénigne a varié sur ce point. Une de ses Notes l'appelle Ronot, une autre Sacquenay ; un renseignement émané, cette fois, des dames Bourgoin, le nomme Seguin. C'est le vrai nom, car ces dames le connais» saient bien ; il était leur voisin d'en face. Il demeurait tout près du n» 4 de la rue du Rabot, dans une petite
échoppe adossée au chevet de Notre-Dame et comprise entre deux des piliers. Il était, avons-nous dit, cordonnier de son état, un peu bouquiniste, « marchand de livres », comme porte une autre Noie, et de plus « saccard » par intérim, ou, comme on dirait aujourd'hui plus poliment, employé des pompes funèbres.
Mais que fit-il de la proie dont il s'était emparé ? Ce que pouvait en faire un misérable comme lui, pas trop mauvais pourtant; il la fit valoir. Loin de molester la sainte Image, il la plaça près de son lit, dans sa pauvre chambre. Il n'eut pas l'idée de la cacher aux regards des passants, il la leur montrait au contraire, ii les attirait dans son échoppe, afin d'en recevoir quelque aumône. Marthe Lamy, qui surveillait ce manège, en a rendu témoignage.
« Elle m'a dit, note encore M. Baudot, que ce Seguin attirait plusieurs personnes pieuses, qui, en considération de la Statue de la Vierge, qu'il avait placée à côté de son lit, lui donnaient des assignats pour son loyer. Il faisait de cela un objet de profit. »
Ce commerce ne dut pas durer longtemps. L'ardente sacristine comprit bien vite qu'elle avait un moyen facile de reprendre la précieuse Image, qui lui avait si malheureusement échappé. C'était de la racheter à beaux deniers comptants. Elle le fit, et îans doute le plus tôt qu'elle pût. Nous entrons ici dans une troisième série de faits nouveaux que rien, pas plus que les précédents, ne faisait soupçonner jusqu'alors.
Voici comment elle crut devoir procéder. Elle s'entoura de prudence et de discrétion. Elle se dit peut-être : si le public apprend que la sainte Image se trouve dans une maison pieuse, elle sera un signe manifeste d'incivisme ; ou si l'on sait qu'elle a été rachetée à prix d'argent, elle pourra tenter la cupidité d'un autre malheureux. Elle s'exposait, dans cette doub le hypothèse,
la voir arracher des mains. Quoi qu'il en soit, elle ne se mit point en avant ; elle ne voulut pas même agir au nom de sa tante. Elle chargea une mercière, qui était aussi sa parente, de l'acheter pour elle. Et, par surcroît de précaution, elle la fit apporter à son domicile, à dix heures du soir, par un pauvre commissionnaire qui s'appelait Joly.
Combien fut-elle payée ^ Je réponds nettement : Trois cents livres en assignats. Je le sais, ce récit, comme toutes les choses secrètes, se présente d'abord à l'état flottant. Les premières Notes de Louis-Bénigne relatives au prix restent indécises ; elles sont de 1796 et de 1797; Fauteur ne sait à quel chiffre s'arrêter. Mais celles de 1807 et de 1808 sont tout à fait formelles; elles ne laissent aucun doute, la dernière surtout : « Mademoiselle (Lamy) m'a dit encore, écrit M. Baudot, qu'elle fît donner à Seguin par Joly les 3oo (livres) assignats convenus pour le prix de cette Statue ». Une affirmation de M. Deschamps, qui date de 18 14, semble jeter une note discordante. Le vénérable prêtre dit qu'il a fait les frais du rachat, moyennant un assignat de cinquante livres. Mais on peut tout concilier en supposant que les sacristines de la vierge Noire n'ayant pas tout ce qu'il fallait pour contenter Seguin, demandèrent un assignat de cinquante livres à M. Deschamps, qui était leur parent, pour arriver à compléter la somme.
La perquisition que craignait tant Marthe, eut-elle réellement lieu ? Les Notes de Louis-Bénigne sont muettes à cet égard ; leur silence m'inquiète. Toutefois, les anciennes traditions orales sont si précises sur ce point que je n'ose les .mettre en doute sur cette seule donnée négative. Mais une chose sûre, c'est que le secret de Marthe ne fut pas gardé.
On sut bientôt dans la paroisse et dans la ville chez qui se trouvait la vierge Noire. On y venait en pèle-
rinage. Marthe Lamy et sa tante ne la cachèrent plus, dès le milieu de Tannée 1796. Elles lui firent une parure semblable à celles dont elles la couvraient précédemment dans sa chapelle. On lit dans une Note du 1 8 août 1 796 : « Ces demoiselles l'habillent comme elle Tétait à Notre- Dame. »
Ceci nous amène à la quatrième et dernière série de faits nouveaux que nous apprend M. Baudot. Ils nous renseignent sur la vraie manière dont la vierge Noire reprit possession de sa chapelle.
L'ouverture de Téglise Notre-Dame fut ordonnée par arrêté municipal, le 6 juillet 1796. On y fit quelques travaux; on répara certains dégâts; on dégagea le portail des décombres qu'y avait amoncelés la stupide dégradation des tympans et des voussures ; on enleva les petites chapelles qui se trouvaient à droite et à gauche dans les deux côtés.
Les prêtres assermentés avaient hâte d'entrer dans Téglise et d'y célébrer les offices. Ils s'y établirent seulement Tannée suivante. Volfius y vint en personne, le 16 août, pour y présider Tinauguration solennelle d'un nouveau culte public. Nous lisons dans le Journal du département de la Côte-d'Or, à la date du 17 :
« Dijon, 29 thermidor, an 4. On ouvrit hier dans notre commune un troisième temple au culte catholique. Un peuple nombreux assista dans le plus grand recueillement aux cérémonies religieuses qu'occasionna la rentrée en possession de cette église. La République française y fut mise par Tévêque sous la protection de la Vierge. »
La dernière phrase est soulignée, non dans la copie de M. Baudot, mais dans le journal, et par conséquent, par le rédacteur lui-même. On ne peut juger des intentions, mais le ton de Tentrefilet permet de supposer que celle de Tauteur était bonne.
En tout cas, le peuple avait conservé toute sa confiance en Notre-Dame de Bon-Espoir. Il s'étonna de ne pas la voir rentrer dans l'église avec les offices.
On fit sans doute des démarches auprès de Volfius ; peut-être eut-il lui-même la pensée de réintégrer la Vierge.
On ne sait, mais ce qui est indéniable, c'est qu'il réclama ou fit réclamer la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir aux anciennes sacristines : « L'évêque Volfius la leur a demandée ces jours passés », dit expressément Louis-Bénigne, le i8 août 1796. Il avait évidemment désiré qu'elle y fut rapportée pour la cérémonie du 16 août. Louis-Bénigne insiste sur ce point: « L'abbé Volfius, écrit-il encore à la même date, voulait la remettre dans l'église de Notre-Dame qu'il faisait rarranger et dans laquelle on a dit la messe, comme je l'ai dit. ]>
Mais Volfius était un intrus. Il tenait la place de l'évêque légitime. Les sacristines de Notre-Dame ne voulaient avoir aucun rapport avec lui. Quand il leur fut demandé de lui remettre la sainte Image, elles répondirent fièrement qu'elles ne le feraient pas. « Elles la lui ont refusée, dit Louis-Bénigne, disant qu'elles l'avaient achetée et que c'était la leur. » Réponse claire et catégorique. Volfius comprit qu'il se heurtait à une résistance invincible ; il n'insista point.
La vierge Noire resta rue du Rabot, tant que les prêtres assermentés desservirent Notre-Dame. Antoine Semetier, qui avait eu la faiblesse d'accepter les fonctions curiales, à cette époque tourmentée, ne quitta la place qu'en i8o3. Il eut pour successeur un excellent prêtre, dont le passé était sans tache, l'ancien curé de Saint- Pierre, M. l'abbé Le Roy, qui fut installé le l'^'mai.
Marthe Lamy n'avait plus aucune raison de garder son trésor. La remise de la Statue fut décidée. On res-
taura le mieux qu'on put la chapelle traditionnelle. Le nouveau curé s'eniendiiavecle maire de Dijon, M. Ranfer de Bretenières, pour organiser une cérémonie solennelle. Elle eut lieu en septembre, probablement à l'occasion ou à la suite des fêtes religieuses et patriotiques que l'on célèbre chaque année à Notre-Dame, en mémoire de la délivrance de la ville, en i5i3, par l'intercession de Notre-Dame de Bon-Espoir. Mais à coup sûr, les fêtes qui furent alors célébrées, rappelèrent le souvenir des anciennes. On fit une procession à laquelle la paroisse et la villeyûrent accourir. En tout cas, le Maire et le conseil municipal y parurent au premier rang. La cérémonie fut belle, mais nul n'en fut sans doute plus louché que l'humble chambrière à laquelle elle était due. Je cède ici la parole à M. Baudot :
« M"^* (Lamy) m'a encore dit que dans le mois de septembre i8o3, le clergé de Notre-Dame vint processionnellement, ainsi que la municipalité, M. Ranfer, maire, à la tête, pour prendre de chez-elle, cette Statue, et la transporter dans lachapelle qui lui avait été réparée dans l'église Notre-Dame, dans le même endroit où elle avait été avant la Révolution. »
Le bon Louis-Bénigne a soin de marquer que Marthe Lamy l'avait restituée de grand cœur. Je le crois sur parole. « Le tout, dit-il gravement, du consentement de Mlle (Lamy), qui volontairement la rendait à l'église Notre-Dame, b
L'histoire contemporaine se fait chaque jour, et celle du passé se refait comme elle, chaque jour aussi, à mesure qu'arrivent de nouveaux documents. En écrivant son opuscule, M. Remy demandait « des rectifications et des critiques ». Je n'ai garde de lui en offrir, c'est un fruit trop amer; je lui adresse plutôt la vive expression de ma gratitude pour le beau récit qu'il a si consciencieusement élaboré.
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Mais je pense comme lui. D'autres viendront sans doute avec des documents encore inédits et qui finiront par voir le jour; ilsjeiteront de nouvelles lumières sur les faits que nous avons racontés l'un et l'autre. D'ailleurs, la Bibliothèque de Dijon n'a pas recueilli toutes les Notes manuscrites de Louis-Bénigne sur Notre-Dame. De nombreux cahiers concernant Dijon sont allés à des collections particulières qui les tiennent en réserve pour l'avenir. Attendons que leur heure soit venue, et quand elle aura sonné, nous la saluerons avec bonheur.
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