‹ Epigraphie de LuchonChapitre 37 sur 60 · NYMPHIS · texte numérisé non relu

NYMPHIS

CASSIA TOVTA SEGVSIAVA VSLM

t. Mélanges, t. ii, p. 293.

S. Archéologie pyrénéenne, t. m, p. 393.

3. Itinéraire des Hautes-Pyrénées françaises, t. m, p. 162. Paris, chez Gide, 1825.

A. Histoire des populations pyrénéennes du Nébouzan et da Comminges, t. i, planches, numéros 28» première série, et 7, deuxième série. Toulouse, Delsol, 1842. — L'aulcur anonyme (Palassou?) de VEssai sur la Minéralogie des Monts-Pyrénées publie ainsi celle inscription qai lui a été communiquée, dil-il. par .M. Campardon. p. 241 . Paris. 1784. chez Didot jcone.

NymphiSj Cassia Toutu, Segusiava. — « Aux Nymphes, Cassia Touta, Ségusiave. »

Musée de Toulouse. H. 0"43 ; L. 0"° 17.

L'i de Nymphis est formé par le prolongement supérieur de la seconde haste de Th ; les deux dernières lettres (va) de la quatrième ligne sont liées.

Les Segusiavij peuple de la Celtique proprement dite, habitaient le confluent de la Saône et du Rhône ; ils comptaient au nombre des soixante peuples de la Gaule chevelue qui formèrent les « soixante cités » d'Auguste.

a Ainsi, observe M. RoschachS les thermes de Luchon étaient déjà visités, dans les premiers siècles de l'empire, par des Gallo-Romains de provinces éloignées. »

M. Greppo, qui écrit la quatrième ligne segvsiavian, dit : « Autant qu'on peut faire une conjecture sur un » marbre qu'on n'a pas vu, je crois qu'il faudrait y » lire sEovsiANA ; ce serait une malade venue de loin » aux thermes des Onesiiy bien qu'elle eût dans sa » patrie les Aqiiœ Segete (Saint-Galmier)'. »

La collection de M. d'Agos possède un autel dédié à Jupiter, deo Jovi, par Clamosa, citoyenne de Trêves, oivis Trevera. Cette inscription, dont la partie supérieure n'existe plus, avait été recueillie par Scaliger chez les Convènes et publiée par Gruter* ; le marbre sur lequel elle est gravée ne provient pas des carrières

1. Dans son excellent Catolo^ue det AntiqwUt du Musée de Touhu$e, p. 70, numéro 168.

2. Op. cU., p. 66. M. Greppo écrit toujours Seguêiani; au sojet d'ane inscription trouvée près de Fours, Forum Segusiavorum, et où il est question d'an personnage de cette fille, ▼» aviTAT. SBCvsiAfosvM, il reproche même au grafeur de n'avoir pas terminé la lettre n du nom de Segusianorum. Ce reproche ne me parait pas fondé. CéBur et Pline écrivent Ségusiavi et ce nom est ainsi orthographié dans l'inscription de Lnchon. En 1877, M. le baron Edouard de Rostaing a publié une intéressante étude snr les VoUs romaines des Ségusiapes.

de Saint-Béat et il est probable qu'il fut porté, déjà inscrit, dans nos contrées.-

Peut-être faut-il voir aussi un adjectif ethnique dans la quatrième ligne de T inscription suivante, trouvée à Bramevaque, non loin de Saint- Bertrand de Comminges*:

1. Cet autel appartient aa Dr Carlos Valdés» à Lochon. Dans le cabinet de ce médecin on voit également un petit cippe, orné d*one sorte de croix qui excite vivement la curiosité des visiteurs. Pour éclairer l'aimable docteur, voici en quels termes il a été question de ce monument dans une des séances de la Soàéié nalionale des Antiquaires de France: • Autel en marbre blanc, haut de 48 cent., trouvé par M. Dufour, dans une de ses propriétés, à Bramevaque. Sur Tune des faces est représenté on homme no tenant, d*nne main, une lance, 4e l'autre, un bâlou. M. Sacaxe fait remarquer que sur le socle de ce monument, qui date de l'époque gallo-romaine, est gravée une croix gammée, le svastika de l'Inde. La croix, dit-il, n'est pas seulement un signe chrétien, elle est aussi un signe boudhique. Elle était figurée sur divers objets, bien des siècles avant qu'elle ne devint le symbole de notre foi.

■ Une discussion, à laquelle prend part M. Heuzey, s'engage sur l'origine et la signification des croix dites gammées. M. Alexandre Bertrand, confirmant les idées émises par M. Julien Sacaze, dit que si ces croix ont été employées parfois comme motif d'ornementation, il est certain qu'elles avaient aussi, notamment dans l'Inde, une signification religieuse. Le Musée national de Saint-Germain possède quelques autels gallo-romains sur lesquels de tels emblèmes sont également représentés.

■ M. Sacaze ajoute que l'ornement en forme ût croix était employé dés les temps préhistoriques. Dans la collection de M. le duc de Chaulnes se trouve un fragment d'argile, appartenant à l'âge do bronze, et sur lequel on voit deux empreintes de swastika placées sur le circuit de cinq petits cercles. La même collection possède deux matrices en terre coite destinées à faire, l'une les ronds concentriques, l'autre les ronds avec swas- Uka. A la récente Exposition universelle de Paris, il a vu, dans l'une des vitrines du pavillon des sciences anthropologiques, des objets provenant des cités lacustres de la Soisse et sur lesquels étaient gravés des swastika. Il lui parait superflu d'insister : on peot tenir pour certain que la croix était usitée bien antérienremeut au christianisme. »

Le lecteur « bénévole > voudra bien me permettre d'entrer ici dans quelques détails. Il n'est pas sans intérêt, dans on ouvrage où il est question de si oombreoses divinités, de parler du culte qu'on leur rendait.

Le Dr Schliemann a trouvé, dans les fouilles de Troie, one assez grande quantité de fusaioUs, disques de terre cuite, qui portent le signe de svastika.

On lit dans le discours préliminaire du Chou-King, par le P. Prémare (ch. ix, p. 92) que • pour honorer le Très-Haut, un ancien empereur de Chiue (Hien-Yuen, qui vivait bien des siècles avant l'ère chrétienne) joignait ensemble deux morceaux de bois, l'un droit, l'antre de travers. •

Pour faire acte d'adoration, • les païens • posaient l'index de la main droite sur le ponce, de manière à former une croix qu'ils portaient dévotement à leur bouche. Adnuh ventes oribus suis dexteram, priore digito m erectum pollicem résidente, dit Apulée. Et Pline : In adorando dexteram ad osculum referimus totumque corpus Urcumagimus : « Pour adorer, nous portons la main droite à la bouche et nous tournons sur nous-mème. • Histoire natureUe, I. xxviii.

Très-usitée en Amérique, avant la découverte, cette manière d'adorer la Divinité, en décrivant un cercle avec son corps, est encore employée par les derviches tourneurs de l'Orient. Elle n'est peut-être pas sans rapport avec le mouvement de rotation que l'on imprimait au svastika indien pour obtenir du feu par h frottement.

SENIVS

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