‹ Epigraphie de LuchonChapitre 59 sur 60 · WA · texte numérisé non relu

WA

ITER RESTITVIT

i( [L'cmiKMïMir.... I a nUabli ce clicinin. »»

L(5 fra^ineiit de ])()r\ui iiiilliaii'(; portant (ws ilnix mots se voyait, il iTy a pas lon/:(l<?iMps <îiic!or(î, à Harcugiias, iaiihoiu/^ <l(î LucJion'. Il iwî m'a p;iH ('ît/î possible (h; 1(5 retrouver.

Un autre fragment, ne portant plus *pi<î le mot Iniperatorj eu al>r<'*g<î imi», se voyait naguère ;njssi â Burgîilays, au-dessus de la route*,

KuTui, M. \)\\\tU'ii(t nous dit' avoir " d^'î^ouvr^rt, sur la route qui conduit â I{;i;rnêres-d(;.Ijjrl|/in, et jin''s

I. 0«iilli»n. *y.h*i»fA, lltêUHff 4^ H*niiWfep4*"l,ttf,ln/H, y. VJH. ' t9t tjtUihron, /^t l'yr^r ntti. l. I, I». "JfSi. — ¥. UntM'j*: 4jI iiut^i at'<»f nj *-if 1*<<f7, * lî>i#«/n'»», r«//ii {//im #!#• IVirli*^, an frajfo'-iit '!»• *fA'Htur friiHoif, ««r J-»*!»!»-! or» îi*:n« *u*^»r*^ ••« \t*'i'\n.*ui tararlrr*-*, !*-• mol* it^r r'i(i.'4(/. |yr *frtum»'U*j'm*'.tiik. 4» ri<i»'ri|*f<'»o. •,'! •!* *»i ** fr'y'«.#^r U b"in ilr- JVfup^-rrar «]'ii »i»jt f;»i( r^f^i.-r*- b ivir, u^ \,Ai ^f>- ftir*,'f* . il « n /j^ii #1/ m'r#i«

du village de Saléchan, un fragment de colonne milliaire qui ne contient plus que les caractères imp. »

Il y a 13 kilomètres de Luchon à Burgalays, 9 et demi de Burgalays à Saléchan, 10 de Saléchan à Saint- Bertrand.

On voit donc qu'une voie romaine reliait le bourg de Luchon, Aquœ Onesiorum, à Saint-Bertrand de Comminges, la métropole, Lugdunum Convenarurn . J'ai cherché et trouvé les traces de cette voie sur divers points, notamment près du pont de Chaum, au lieu dit de Rauziet. A cet endroit, le passage est ouvert à travers la roche coupée à pic suivant une tranche de cinq mètres environ de hauteur et un mètre soixante centimètres de largeur. Immédiatement après avoir franchi cette sorte de couloir, désigné sous le nom de Mail det pas (Roche du passage), on marche sur un pavé bien conservé. A trente mètres plus loin, la roche a été également coupée pour donner passage et la route est solidement pavée. Sur la paroi de la roche, h droite, sont profondément gravées deux lettres, I C, on grandes capitales romaines.

Plus près de Luchon, dans le territoire de Gaud, un passage, resserré entre la montagne et la rivière de rOnne, a conservé le nom caractéristique de TAngoust Passas angustus).

Par Saint-Bertrand, Luchon communiquait avec les principales villes du midi de la Gaule. Une voie, iter ah aquis Tarbellicis Tolosam, allait de Dax (Landes) à Toulouse, en passant par Saint-Bertrand [Lugdu?ium), et par Labarthe- de -Rivière {Aquie Convenani7n)\

1. Selon W.-iIc'keiiacr el la Commission de la carte des Gaules, Aquœ Convenarum dêsi- Kneraienl Bagnéres-de-Bigorrc ; elles devraient être idenliliées avec Capvcrn, d'après irAnvilIe. Oumt'ge el Grcppo. Je ne saurais accepter ni l'une ni Tautre de ces opinions, ••l je crois, comme MM. Morel el Gantier, que c'est Labarlhe-dc-Ri\iére qui portait autrefois le nom dM</iuc Convenarum. — Voir l'étude de MM. Morel el Gantier sur « la voie romnino a6i4yi(i5 TarbcUicis ., p, 28 et suivantes. Saint-Gaudcns, chez Abadic, 1874.

petite ville d'eaux où l'on a retrouvé divers monuments romains. Une autre voie, également mentionnée dans Y Itinéraire d'Antonin, allait d'Agen à Saint-Bertrand, ab Aginno Lugdunum, en passant par Lectoure, Auch et, probablement, les Toureilles, près de Montrejeau. Une troisième voie romaine, dont on rencontre les traces à Tibiran, Aventignan, Montégut, Nestier, Anères, Tuzaguet, Escala, puis entre Lannemezan et Pinas, et, plus loin, sur les crêtes qui séparent les deux Baïse, allait de Lugdunum Convenarum jusqu'au confluent de la Garonne et de la Baïse où elle se reliait à la voie de Toulouse à Bordeaux.

S'il faut en croire les historiens locaux et aussi M. d'Avezac', l'empereur Septime Sévère fit faire d'importantes réparations aux thermes de Luchon, vers l'atn 194, et, plus tard, un autre empereur romain rétablit la route qui côtoie presque constamment la rivière de VOnne. La formule même que portait la colonne milliaire de Luchon [iter restituit) semble indiquer qu'elle était l'ouvrage d'un empereur, tandis que deux autres bornes, en marbre blanc, trouvées près du pont de Labroquère, n'étaient pas l'ouvrage des empereurs, mais leur étaient simplement dédiées.

Il importe de faire connaître ces deux colonnes milliaires qui sont aujourd'hui la propriété de M. le baron d'Agos. L'une, haute de 1™10, a 1™27 de tour, mesuré au milieu de la colonne. Le sommet est légèrement conique. Trouvée près du pont de Labroquère, sur la route de Dax à Toulouse (?), elle fut conservée au château de Barbazan avant d'entrer dans la collection de M. Cazes. L'inscrii)tion qu'elle porte a été publiée pour la première fois et très-inexactement par M. Du-

mège*; M. d'Âgos en a donné une copie beaucoup plus fidèle*; M. Cénao-Moncaut l'a complètement dclî«jfurée*; enfin, elle a été lue et traduite avec exactitude par M. Edw. Barry*, à qui Ton peut seulement roi^rocher d'avoir ajouté trois lettres à la neuvième ligne* et de n'avoir point reproduit scrupuleusement le texte, avec les fautes et les bizarreries qu'il y a si l>ien constatées (n pour m ; i pour i* et pour t, etc/ .

A'oici cette inscription telle que je l'ai soigneusement relevée sur la pierre; je place à côté du texte In lecture de M- Itarry :

iNiHiAKSMmrHi Imp[erato?'i] CœH[ari] M[at'Co] J(ff[io] /V/ / -

iii'PopiOFEi'ci Uppo pio, /rlici,

AV(ii:osiMMa af(f/[Nsfn], co[m].s[////|, p[(ftri] p\atriir]. rf

Mivii'Hiiii'PO Mlnrco\Ju/[in\ Ph ilippn,

N< nniissiNÛ /fohi/issi/no,

r.AKsiMUNcipi (\Ts\rnù\priNcijfi,

ivMMii.KioiA jmrttlil, H Offf-

r.iiiAKSKVKHAK r/////' Srrmr.,

AVGNAïuvAd (nfr/\usf;e], ni(ffr\i\ jNff[i<>ris] r/////[//.s7/ ],

NKicAsir.nn n\osfri\ rf c(fstror[tftn] :

c.cMi» tinrcnla m[il/ia\p[assNt(fn\,

L'empereur Philippe ayant exercé son premier consulat en :24;) et 240, c'est de Tinie de ces deux anné(V' que date ce nioiuimcnt. On voit, ilans la c(jlI(u*tion des nuMlailles anticpies du Musée de Toulouse, ])lusi(Mn's monnaies de Philippe TArabe, de sa fenmie et d(^ son lils, « prince de la jeuness(\ w .Pai égalemcMit nnuai-qui'

l. Vrtfl M /«»•/»/.< rrUijif'ux, [I. II,*).

'J. Vii' tt nnmdrs th .^uint lUrlrunil. p. :i7. SiiiiiMisiiKlciis. Al».iili«", \Kt\. A. Vnyaiie orthtvhHiuiin' d hislnriqne, [». il'2.

i. Fi'ii'iint'nt il' lin nii/'ijrt' »"y»/f/>viji/fi#yj((' tht»s /#•.< l'ijinurs : lienii' nrcht'uliMjiffHf-, -.nwu'f IS^fi. 1». 718 v\ <;iiivaiiti.'!>.

ô. M. Hany Ocn'l yirisi colle li|:rii: A\GMiTni\.N.iVC ; il » Uiuir iuliTatl»; ln»i> Irlli ■>. i.>,\.

une monnaie (.rOtticilia Severa dans la collection do

M. le liaron d'Agos, à TibiranV

u Le cliifPro considérable et assez bizarreniont

«Mionré de 200 mille pas (ccmp ; on dit plus habîtiiollc-

mcut et plus régulièrement mpcg, millia pas»itum du-

ce.ntn) .semble indiquer ici, dit M. Barry, le terme ou

Tun dos repères principaux de quelqu'une desgmiides

routes, oiu!tj qui sillonnaient Id. Gaule romaine et qui

]»urtaicnt toujours, comme on l'a i-emarqué, de quel-

({u'une des villes importantes du pays. Cette distance

«le :200 milles, qui ne répond, comme point de déi)art,

ni à Toulouse (69 milles d'après Y Itinéraire d'Anto-

uin;, ni à Narbonne, qui serait, d'après Y Itinéraire et

la Table théndoaiennr combinés, à io9 milles, ni à

Arles (jui en sérail, (Taprùs les mêmes iiidiratioiis, à

:?r)0 milles, rép(.)n(lrait beaucoup plus (WîietenuMit à

celle de lîordeaux à Toulouse, par la route du pied des

Pvréuées (lui se trouve notée en deux tronçons sucfi

cessifs dans Vllinrraire d'Antoiiin'^ : iltnn ah Aqum Tarhrtiicis linrdifjalaia mivm. i.xiiii, ilrui ah Ar/ais Tarhe//icis Tolosaai mi»m. cxxx. En additionnant les distances indi(juées sur cette route })ar V Itinéraire depuis llardif/ala jusqu'au pont des Conrenar, sur la

1. Au iiinriiriil DM j*arli('\i« h\ ciirccrliuii drs ('|>n'i]vi'S ilc n>|l«' Kinifraphtr dr Lfichu» l'.l .'nril 1S8();. jr ri>ruis la \i'<iir lir M. lltMiri M.irliii ri «Ii* M. <!b;i|t|iiii<. rcclnir de l*Acaili'iiiif il ' Tniiidiisr. I/illiislri.* Iiisloridi \iriii \iiir Irs rnitiilnlis i|iii? j'ni iléroiivoris dsiiii^ Il plniiio di* lUxii'i'c, |ir(''S dr S;iiiil-lîiindi'iis. Jr iiiotitn* ii M. Cli.'ip|iuis, iiiiiiiisiiinli> iTiidit, iiiir iiinhiillf d\'ii'i;oii( ]»nui'ii.-iii(. iii*;i-tHiii i]ii. des !iiii'iiMi< llii'riiii*s l'oinaiiis ilt"- IjkIioii ; il la lii ainsi: //«//'iwa/'ir^' Ou'.\ nrj Yrs^Mi 'siaiinxj AuijCiiulH.t^ l'ff'fitifi'rj Vi aximnx) t'n\. \ii l'iiiisul |iMiii- lu st'|itiriiiit fuis". — l'iH- Vi'sla. Tri humtiaj jmftfxliis' .

h'iiiilP'S liii'il.'iillrs, fr.'ipiM'rs :i rrni!:ii* des Aiitoiiiiis. oui H*' n'Ciirillirs dans les nu- • |i'liiir> siiliSlriirliollS, avec drs •'iiiiirnilV df rlirvalirrs, drs r|iiii^b-s à cIm'\«-ii\. drs pois di' |Miiiiiiiadi'. des inarlirr> et dt"» rra^iiiriils do poicric ivi:oiivi'i'li; 11*1111 riiiail >i lirillaiil •■I *>i xdjdc qu'il ii*avail pu rtn* nllrri' par Tarlioii prolonger dr*i raii\ siiiriiruiisr*i. \.v> lliiTiiii's roiiiaiti^ axaji'iil pn^^iiiii* 1rs diiiiiMisioii> dr r('lalili>sriiinil adiirl ; IK riirriil mis. .1 jour, di' IKII.") à lHl)7. cl de tHIS j IS.Vi, m irriisaiil Ao iioiimniiin fniidi'iiiriil*i. Ihi pi'iil l'ii \'iii' 1.1 dfSii'iplioii l'I II' plan dans Ifs /'i/rcriiVA i7 Ifs Haiu' IhrrimiL'x sulfnrt'rs lU- H'i itii'iyK.dr-hinhnii, par 11- \)t I^inilirori, I. ii, p. "J'.Kt à *2*.W.

'J. Itiiii-raiiiiiii iintfiiiiiitrnm \ntnitiin .\'iiin.\li..., l'dition de M. I.run IlriiiiT. dans IMii-

Garonne, je trouve le chiffre de Î94 milles plus U soit 193 milles, qui ne diffère pas beaucoup du chiffre de 200 milles que nous donne notre inscrii>tion ' . » La seconde inscription gravée sur un fragment de borne milliaire, haut de 0™90, a été trouvée en 1833, non loin de la précédente, sur un point plus rapproché de Lugdunum Convenarum. Elle a été publiée avec une exactitude relative par M. Cénac-Moncaut'. M. Barry' en a donné une restitution complète ; mais dans la reproduction du texte il a omis un i à la fin de la première ligne et un autre i au commencement de la cinquième :

CAESPLi [Impe7^ato7'i] Ca^[ari] P[ublio] Li-

Nio. [ci])iio

EWANOAv [Val]eriano Au\gusto]

MP.CAES [et i\mp[eraton\ Cœs[ari Publio]

iciNio [L]icmio [Gat\-

UENOVAiERiA lieno Valeria-

NOAVG M. p. no aug[iisto] : ;?? | ille] piassfis].

On voit au Musée de Toulouse plusieurs monnaies des empereurs Valerien et Gallien. Publius Licinius Valerianus associa son fils Gallien à Tompire, en 233,. première année de son règne ; c'est donc à cette date ou à une postérieure qu'appartient cette inscription.

Le chiffre de mp [mille passus] paraît indiquer, dit M. Barry*, qu'il ne s'agit ici que « d'une pierre municipale dont les séries alignées rayonnaient, comme les routes qu'elles jalonnaient, iautour de chaque civitas et s'arrêtaient aux limites de leur territoire. C'est, en effet, à un mille ou peu s'en faut de la civitas des

\. Fragment d'un royaqe, p. 721.

Page 1