‹ Epigraphie de LuchonChapitre 58 sur 60 · Inscriptions inéiUes des Pyrénées, p. 30 et · texte numérisé non relu

Inscriptions inéiUes des Pyrénées, p. 30 et

2. L'existence de toutes ces ouvertures, qu'on remarque dans la plupart des sarcophages trouvés dans notre pays, ne parait pas avoir mérité Tattention des archéologues. Certaines de ces ouvertures peuvent sans doute avoir été pratiquées è une époque ultérieure, lorsque les auges ont été appropriées à d'autres usages. Ainsi, chez un de mes amis, dans le pays de Luchon, un beau sarcophage en marbre blanc, portant un buste et divers ornements sculptés avec soin, servait à conserver des fromages avant d'entrer dans ma collection. Les monuments gallo-romains n'étaient pas plus respectés, il y a déjà longieir.ps. au château de Barbazan et dans le voisinage de Saint-Bertrand. ■ J'ai \m, dit M. de Froidour, subdélégué pour la réformation des forêts dans les Pyrénées, en 16^, j*ai vu chez Barbasan, dans le lieu de Baccabrèrc et m^me à Sainte-Bertrand, quantité de tombeaux de marbre, de niches, d'idoles et autres curiosités que Ton trouve dans cette plaine, taniôt lorsqu'on laboure la terre, quelquefois lorsqu'on y fait des fossés, et, le plus souvent lorsqu'on jette les fondements de quelques maisons, et ces tombeaux servent à tout ce que vous pouvez imaginer ; les uns en font des bacs pour y mettie de l'eau et pour recevoir les égouts ; d'autres s'en servent pour y serrer la vendange ; d'autres en font des auges à cochons, et Barbasan, entr*aulres, m'a dit qu'il en avait trois on quatre dont l'un lui servait de salloir. • Je reproduis d'après M. Boschach ce fragment des JVaniifarits inédits de ta ville de Toulousv,

OHONIIKLEXHAU HKLKXSIFVAND KllESSOCOXDAN XOSSn VXOHI

B \funeto, defanctd\ lionbelex ^poiir UonhelexsoJ, lieu*helexHi f\ilio\; \\ivié\ Anderesso, Con/i^nnossi f[iliœ], u,rori. »

M. IJariy, qui a donné avec une exactitude scrupuleuse plusieurs inscriptions inédites et corrigé un grand nombre de lectures fautives, a commis de notables erreurs dans la publication de ce texte épigraphique ; c'est un devoir pour moi de les signaler :

A la deuxième ligne, omission d'unes* à la fin dTIarbelexis, ce qui fait que M. Barry croit que ce nom est latinisé ici sous la forme llarbelexsus ;

A la troisième ligne^ la (|uatrièmc lettre est x et non s\

A la quatrième ligne> il y a vxor et non vxoui.

Ces deux dernières erreurs sont cause que M. Bariy a défiguré et mal traduit Tinscription prescpic tout entière. Du nominatif Anderex il a fait le datif A?ideresso; rallongement de ce nom Toblige à écourter le suivant et-, pour être correct, il ajoute un / au mot linaU le(|uel passe ainsi d'un cas à un autre. De sorte (|ue la phrase n'a pas de sujet et que le monument se trouverait <3levé au mari et à la femme, tandis que c'est cette dernière qui a rempli îe pieux devoir envers son mari.

L'auge de Caubous> comme l'observe avec raison M. Barry, « n'a jamais contenu que les olt^e de terre ou de verre dans lesquelles on déposait les cendres des morts mêlées d'os à demi calcinés, de petits coquillages, décailles d'huitres ou de mollus<|ues, de <IcmiIs

animales ou humaines. La aupeUcx funèbre, que Ton retrouve rarement dans les Pyrénées [elle était peutêtre de bois), se plaçait le plus souvent autour de Voila y dans le cercueil de pierre qui enfermait et gal'antissait le tout. ».

VALKBIA SILVANO CONIVGIK ARISSIMO

Di» ManibuH. Valeria, Silvano conjugi carissimo. — « Aux dieux Mânes. Valeria à Silvanus, son trèscher époux. »

a Ce petit autel, qui provient de la vallée d'Oueil, dit M. Dumège, à beaucoup souffert dans ses formes; mais, malgré les mutilations, on y lit encore Tinscription tout entière*. »

Ce marbre, aujourd'hui disparu, se trouvait, jusqu'en ces dernières années, au château de Mayrègne, ancienne propriété des Bossost de C'ampels^.

«•^45 SABINIANo

SABINIFIL VRIAHARDII LIIXISFIL MATER

I. Second recueil de qucUines inscriplionx romaines. Tuuiouse, 185,^, p. !G ; — Archéolotjic Ytircnèenne, l. m, p. 427.

:2. Les Cnmpels. seigneurs de Mayrêgiic, dniis In vallée (rOueil, possédaient aussi un tliâteau el des terres à nillêrc. dans la vallée de l'ArlKuisl. Dès Tan 1571, ils avaient acquis un iminculde appartenant à ma famille : cela résulte d'un acte authentique, en dat<' du 2 juin 1571, au rapport de Dabos, notaire <i Lurhon, et portant • vente consentie par

noble HiTuard de Sacaze, en faveur de noblr Guillaume de noss<»st, seigneur de Cnm- » pels, d'une pièce de terre et pré, ou lieu de Uillérc, lieu appelé Font d'eu lia. » Li famille de Campels a, depuis longtemps, quitté le pays de Luchon ; mais sa magnincence y est demeurée proverbiale. Le dernier descendant de cette maison, b* marquis Auguste

Sahiniano, Sablni fil\io\ Uria, Harbiiliixis fUia^ mater. — A Sabinien, fils de Sabin, sa mère, Uria, fille d'Harbelex. »

Eglise de Benqué-Dessous. H- 0™ 66 ; L- 0™ 54 ; Ep. 0™045.

Cette dalle funéraire, que j'ai découverte en 1876, est à moitié enfoncée dans un mur de la petite église de Benqué-Dessous, à la hauteur de la tribune. Ce n'est pas sans des difficultés de toute nature que je suis parvenu à doter notre épigraphie locale de cette intéressante inscription, et je manquerais de reconnaissance si je ne remerciais ici M. Taverne, maire de Benqué, pour le concours si empressé qu'il m'a prêté en cette circonstance V

Les A n'ont pas de traverse ; To final de la première ligne est plus petit que les autres lettres ; tous les caractères sont bien tracés.

On remarquera le travail de romanisation dont témoigne ce texte ; la mère et le grand-père ont encore des noms barbares^ le fils et le père portent déjà des noms latins.

Du nom à' Uria on peut rapprocher le nom d'Uriaxej fille d'Ilunnosij qui se trouve sur un autel consacré au dieu Leherenn d'Ardiége.

Les E d'Harbelex sont figurés par deux i, forme archaïque dont cette inscription offre un exemple unique, je crois, dans nos régions pyrénéennes, assez fréquent, au contraire, dans d'autres pays. J'ai vu

de Bessosl-Campds. aimable et vaillant octogénaire, réside & Puycasquier, prés d'Aucb. Je me fais on devoir de le rciaercier ici du gracieux accaeil qne j*ai reçu chez lui et des documents qu'il m'a fournis sur notre histoire lecale.

1. Quelques monuments gallo-romais sont encastrés dans le mur de l'église de Benqué, à droite et à gauche de la porte d'entrée. Un beau marbre inscrit, haut de Om 7f , sur Om 74 de largeur, est malheureusement fruste ; il m'a semblé voir vxoa an commencement de la troisième ligne et, en tète de l'inscription, le signe dn thêta, lettre qui est l'équivalent de defundas et que les poètes appelaient nigrum thêta, infeUx Uttera thêta.

Si

notamment, au Musée de lîeauvais, un monument consacré aux dieux Mânes etii son mari, T. Antonius Barbarus, par Claudia Nice ; on y lit mgii fiicit pour MCE FEcrr. Voici encore, conmie exemple, une inscription* où tous les E sont remplaces par ii :

ivggon|iaii^ su Jucconif'e Sf^-

viiiuLLiAii Q.Av veriUiœQ. AU"

lUiLivs iiviiLi» relius Evelp--

iSTiON vxoiii isfion uxori piissiMAii piissinh'e ^

Le nom d'Harbelex, d'origine aquitanicjue, se trouve encore sur un sarcophage de Caubous et sur un autel dédié Haeserte deo. M. Ernest Desjardins, induit en erreur par un moulage de cet autel, moulage conservé au Musée de Saint-Germain, écrit TARBELEx^ ct reproclic à tort à M. le général Creuly d'avoir lu harbelex.

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