MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE D’ALGER
Pendant la période turque, il a été d’un usage presque sans exception de placer une inscription sur toute nouvelle bâtisse offrant un caractère de piété ou d’utilité générale. Ces inscriptions rappelaient la date de la construction et le nom, soit du fondateur, si la fondation était dûe à l’initiative privée, cas le plus fréquent pour les mosquées et les divers édifices du culte, les fontaines, les puits et autres créations charitables ; soit du Pacha qui avait ordonné les travaux, lorsqu’il s’agissait de forts, de batteries, de casernes, de ponts et autres entreprises que les particuliers ne pouvaient aborder; soit, enfin, mais exceptionnellement, de l’architecte, ou, pour mieux dire, du maçon qui avait dirigé la construction. Cette coutume, qu’elle ait été dictée par la reconnaissance ou par une excusable vanité, présentait, au point de vue historique, un grand avantage dont nous pouvions profiter. Il y avait, en outre une abondante récolte épigraphique à faire dans les immenses cimetières qui entouraient la ville. Dans l’intérêt de l'histoire et de la topographie locale, nous aurions dû recueillir soigneusement les inscriptions des édifices que nous démolissions, et les épitaphes des tombes que nous détruisions, pour accomplir notre œuvre de transformation. Il
n’en a malheureusement rien été, et nous avons fait preuve, en? cette matière, il faut bien l’avouer, d’une déplorable négligence. Une quantité considérable de plaques intéressantes ont été détruites ou employées comme matériaux, par incurie ou par cupidité. Le Musée archéologique, créé seulement en 1838, n’a réussi à recueillir, par achat ou abandon volontaire, qu'un petit nombre de ces précieuses épaves. La création de cet utile établissement n’a pu, d’ailleurs, empêcher de nouveaux actes de vandalisme de se produire dans l’enceinte même de la ville d’Alger. On n’ose penser à ce qui se passe dans les ruines romaines qui gisent isolées dans les champs, loin du regard ami des personnes qui s’intéressent aux vestiges des siècles écoulés.
Les Algériens gravaient leurs épigraphes sur des plaques qu’ils taillaient presque toujours dans le marbre. L’ardoise n’était employée que pour les épitaphes et seulement lorsqu’il s’agissait de gens obscurs ou peu fortunés. On avait recours à deux méthodes pour graver les inscriptions, après qu’un calligraphe les avaient tracées sur celles des faces des tablettes qu’on avait polies et préparées pour les recevoir. Dans le premier cas, on creusait la pierre tout autour de l’écriture, de façon à ce que les caractères formassent un relief plus ou moins prononcé. Dans le second système, on creusait d’abord les lettres, en établissant de distance en distance des petits trous au fond de la concavité; puis on remplissait les creux avec, du plomb, lequel trouvait unpoint d’appui en s’enfonçant dans les petits trous; enfin, on égalisait le plomb de manière à ce qu’il ije formât pas de saillie sur la plaque, laquelle offrait ainsi une surface parfaitement unie. De loin, l’écriture semble peinte en noir sur le marbre, et elle est bien plus facile à lire que lorsqu’elle se détache en relief, car dans ce dernier cas, l’uniformité de la teinte nuit à la lecture. Mais ce système se prête difficilement à l’estampage, et il est généralement impossible d’obtenir une épreuve suffisante avec la mine de plomb et le papier calque, seul moyen à essayer en pareille circonstance. Les deux méthodes que je viens de décrire ont été employées concurremment pendant la période turque, en sorte qu’à défaut de date précise, il est impossible de puiser une indication chronologique dans la préférence accordée
à l'une d’elles . Toutefois, j'ai cru remarquer que les caractères remplis de plomb ont été plus en faveur au commencement et à la fin de la domination ottomane. Les bien rares épigraphes antérieures aux Turcs, qui sont parvenues jusqu’à nous, appartiennent au premier système, mais le relief est très-faible et l’exécution laisse beaucoup à désirer. Je dois aussi mentionner une troisième méthode — qui semble empruntée aux inscriptions romaines, — laquel le consistait à creuser faiblement les lettres et à rendre les caractères plus apparents en les revêtant d’une peinture rouge. Je n’en connais que trois exemplaires, dont un paraît appartenir aux derniers jours de la période berbère (n° 86 du catalogue); le second date des premiers moments de la domination turque (n° 11 du catalogue); quant au troisième, il ne contient aucune indication chronologique.
L’épigraphie indigène n’offre pas d'abréviations ; c’est là une grande difficulté de moins. D’un autre côté, la forme particulière qu’affectent la plupart des lettres lorsqu’elles sont finales, facilite la lecture. Mais ces avantages sont compensés par une fantaisie graphique qui ne manque pas de gravité, et qui ajoute beaucoup à l’obscurité de la langue arabe. Souvent les mots ne sont pas à la place qu’ils doivent occuper dans la phrase ou — licence encore plus gênante, — les lettres composant un même mot sont dispersées, le tout pour tirer le meilleur parti possible d’un cadre trop restreint, ou simplement pour produire un meilleur effet au point de vue de la calligraphie, du dessin. De plus, les exigences de la prose rimée amènent fréquemment l’emploi d’expressions peu appropriées au sujet, et qui ne font qu’altérer le sens et rendre encore plus obscur un style prétentieux, ampoulé, boursouflé, dans lequel ne règne pas toujours une logique rigoureuse. Quelques-unes de ces inscriptions sont si mal rédigées ou si mal exécutées, que les indigènes les plus versés dans ce genre de difficultés, avouent leur impuissance à les comprendre.
Le Musée archéologique d’Alger ne comprend que 102 inscriptions indigènes, dont 76 arabes et 26 turques, que je vais publier en suivant le numéro d’ordre qu’elles portent sur le catalogue de cet établissement. Ces inscriptions sont inédites
pour la plupart (1), le Livret explicatif de Berbrugger (2j n'en offrant ni le texte ni la traduction, et se bornant à donner quelques indications souvent incomplètes et parfois à modifier.
N° 1 . Grande et belle inscription turque, dont les lettres, appartenant au type oriental, sont gravées en creux rempli de plomb, sur une plaque de marbre blanc, encadrée d'arabesques et mesurant 0m81 de hauteur sur lm85 de largeur (3).
(Alger, par M. Albert Devoulx ; f° 79, recto, du manuscrit).
( Livret explicatif , page 135 : inscription turque sur une tablette de marbre blanc, hauteur, 0 m. 85 c., largeur, 1 m. 85 c. Lettres en plomb, encadrement d’arabesques ; mention d'Hossaïn-Pacha ; provient, dit-on, de Djama-Siida. Remis en mars 1842 par M. le Colonel Directeur du Génie.)
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(1) Sauf deux ou trois exceptions, les seules publications que je connaisse, sont celles que j’ai faites : 1° dans le Moniteur de l'Algérie , à l’occasion de mon travail sur les fortifications turques d’Alger ; 2° dans mon travail sur les édifices religieux de l’ancien Alger. J’ai compris dans mon travail intitulé Alger , celles des inscriptions du Musée qui proviennent des fortifications, des édifices publics, des fontaines, etc. Mais cet ouvrage, qui a eu l’honneur d’être couronné au concours d’archéologie du ressort académique d’Alger, en 1870, est encore inédit.
(2) Alger, Bastide , 1861 ; un vol. in-16. Prix : 2 fr.
(3) J’appelle largeur la partie de la surface qui est mesurée parallèlement aux lignes d’écriture.
Je traduis comme il suit, d’après feu Mohammed ben Otsman Khodja (1).
Que la volonté de Dieu s’accomplisse. Que la grandeur de Dieu soit proclamée 1 (Cet édifice) victorieux et solide sera, pour les peuples de l’Islam une force par laquelle se réjouira la surface de la terre;
Et l’Islam, dans la sécurité, sera vainqueur des ennemis de la religion, assisté des Trois, des Sept et des Quarante, en personne (2).
Que le Créateur de l’univers exauce les vœux de son constructeur. .-. Il a été bâti par Hossaïn-Paclia, que Dieu, le digne de confiance, le conserve!
Dieu est au-dessus de toute supputation; la pluralité de son existence serait donc bien étrange! (3). .-. Sa date (est) une assistance émanant de Dieu et une victoire prochaine.
Le chronogramme qui a la prétention de remplacer la date, ne nous est pas d’une grande utilité, car il est incontestablement fautif. En effet, l’addition des lettres composant la phrase indiquée comme ayant une valeur chronologique, donne un total de 1302, ce qui est un résultat inadmissible, puisqu’on ce moment l’hère hégirienne ne compte encore que 1289 années.
Ainsi qu’on a pu le voir dans l’extrait textuel que j’ai donné du Livret explicatif, Berbrugger avance, en termes dubitatifs, il est vrai, que l’inscription dont je m’occupe, provient de la mosquée dite Djama Siida, démolie en 1832 et dont l’emplacement correspond à peu près à la place des bambous , devant l’hôtel de la Régence. Nous nous trouvons ici en présence d’une
(1) En ce qui concerne les inscriptions turques, Mohamed ben Otsman Khodja, aujourd’hui décédé, les a traduites en arabe, et c’est cette version arabe que j’ai traduite moi-même en français. Ce système de double traduction laisse sans doute beaucoup à désirer, mais je n’avais pas le choix des moyens.
(2) Il s’agit des êtres surnaturels du mysticisme musulman.
(3) Ceci est une attestation de l’unité de Dieu. Elle est à l’adresse des chrétiens, que les musulmans accusent de polythéisme à cause du dogme de la Trinité.
difficulté que nous ne rencontrerons que trop souvent. La plupart des inscriptions composant la section indigène du Musée, n’ont été vendues, données ou remises à cet établissement que longtemps après leur déplacement, en sorte que personne ne pouvait fournir de renseignements sur leur provenance. Cette circonstance regrettable laisse planer sur l’origine de plusieurs épigraphes arabes ou turques, une obscurité qu’il sera probablement impossible de jamais dissiper.
Dans le cas présent, je ne puis adopter la version dont Berbrugger s’est fait l’éditeur sous toutes réserves. D'un côté, il est certain que Hossaïn-Pacha, le dernier dey d’Alger, n’a fait exécu-. ter aucuns travaux dans la mosquée dite Djma Siida (1). D’un autre côté, il est facile de se convaincre par l’examen de l’inscription en litige, qu’elle se rapporte, non à une mosquée quelconque, mais bien à un fort. Son style n’est nullement celui qu’on employait d’ordinaire pour les mosquées. Rien ne rappelle un lieu de prière et de dévotion, un édifice consacré à Dieu. Bien que la destination du local ne soit pas explicitement indiquée, il me semble qu’un lieu solide et victorieux , qui contribue à la puissance de l’islamisme et qui doit servir à remporter des victoires sur les ennemis de la religion, ne saurait être autre chose qu’une batterie. Les formules employées doivent, à mon avis, lever tous les doutes.
Après avoir rejeté sans hésitation l’attribution proposée par le Livret explicatif , j’ai attentivement recherché auquel des forts d’Alger l’inscription n° 1 pouvait avoir appartenu. Les fortifications élevées par Hossaïn-Pacha, à ma connaissance du moins, sont encore debout et munies de leurs plaques, à l’exception du fort dit bordj bab el-behar (le fort de la mer), lequel a été démoli il y a quelques années après avoir subi plusieurs modifications successives. Ce fort, sis tout près de la mosquée de la Pêcherie (djama el-djedid), avait deux portes, — munies chacune d’une inscription, — l’une s’ouvrant sur la petite plage des pêcheurs, où donnait la porte dite bab el-behar (la porte de la mer), qui
(1) Pour cette mosquée, voir chapitre xlix, page 152 de mes Edifices religieux de l'ancien Alger.
faisait communiquer la ville et le rivage au moyen d'un long vouloir voûté, en pente rapide, passant sous la mosquée; l'autre, établissant une communication entre l’intérieur de la ville et le premier étage du fort. Une circonstance des plus heureuses m’a permis de prendre copie de l'une de ces inscriptions, qu’une spéculation bizarre a, je le crains bien, enlevée pour toujours à l’examen des travailleurs algériens. Je crois pouvoir affirmer que la seconde est celle qui porte aujourd’hui le n° 1 du catalogue du musée public d’Alger.
Vers la fin du XVIe siècle, on construisait les navires dans l'endroit que je viens de désigner, ce qui est aujourd’hui entièrement ignoré des indigènes. Une partie de cet ancien arsenal a été absorbée par la construction d’un fort que Hossaïn-Pacha établit pour empêcher les flottes ennemies de tourner les défenses du port et de les prendre à revers, comme le fit lord Exmouth, en 1816. Ce fort, qui se trouvait en dehors du port, avait deux étagesdefeux offrant un total de 36 pièces de gros calibre; et était commandé par un bache-tobdji (artilleur en chef) nommé à vie. Cet ouvrage, placé à 250 mètres de la batterie dite tobbanet el-meurstan (rue -de la Flèche), et classé par nous sous le n° 4, en 1830, a dû remplacer une batterie beaucoup plus faible. Si la tradition n'est pas bien affirmative sur ce point, les doutes semblent levés parle témoignage du docteur Shaw, qui écrivait en 1732 : « A un demi stade à l’ouest sud-ouest du port, se trouve la batterie de la porte du poissonnier, ou bab el-behar, c’est-à-dire la porte de la mer. Cette batterie consiste en un double rang de canons et commande l’entrée du port et la rade. »
Depuis quelques années, le fort bab el-behar et les alentours sont ensevelis sous les voûtes élevées pour l’établissement du boulevard et l’agrandissement de la place du Gouvernement.
N° 2. Inscription arabe, dontles lettres, appartenant au type oriental et d’une exécution médiocre, sont gravées en relief sur une plaque de marbre mesurant 0m50 sur 050, et encadrée d’arabesques. Toutes les lettres se touchent de haut en bas, de manière à ne pas laisser d’interlignes, et l’écriture ne suit pas une direction horizontale. Cependant, on distingue aisément sept
lignes plus ou moins tortueuses. L’angle supérieur de la plaque, à gauche, a été cassé et manque.
(Les édifices religieux de l'ancien Alger , par M. Albert Devoulx, p. 89. — Alger, par M. Albert Devoulx, f° 219, verso, du manuscrit).
(Livret explicatif, page 130: Inscription arabe en relief, sur une tablette de mai’bre blanc de 9m50 sur 0m50. Bordure en arabesques Les caractères ne suivent pas de ligne d’écriture régulière et remontent ou descendent, selon le caprice du lapicide. Date en toutes lettres, 1005. Date en chiffres, 1105 (1693 de J.-C.), qui est la véritable. Cette épigraphe rappelle l’érection d’une mosquée de 2e ordre (mesdjid) par Chaban-Dey ; sans doute la mosquée de Bab-Dzéra, au coin des rues des Consuls et de la Marine. Remis en mars 1842 par M. le capitaine du génie Champanhet.
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Je traduis ainsi :
Il n’y a d’autre dieu que Dieu, le souverain, la vérité évidente .
Mohammed est l’envoyé de Dieu ; ses promesses sont sincères ; il est digne de confiance .
(A fait construire) cette mosquée pour plaire à Dieu l’incommensurable, celui qui se confie (en Dieu) . ,
Le très-docte, le visiteur de la maison sacrée de Dieu, le hadji Chaban,
Dey de la durée de la royauté dans la (ville) bien gardée d’Alger, protégée par Dieu ;
Dans l'excellent mois de safar de l’année 1105, mil cenl cinq.
Après l’émigration (hégire) du Prophète, sur qui soit la meilleure des grâces divines.
Celte inscription provient de la mosquée qui s’élevait jadis à l’angle des rues de la Marine et des Consuls, et qui fait l’objet du chapitre XXXIY de mes Edifices religieux de l'ancien Alger (pages 88 et suivantes du tirage à part), ouvrage auquel je me bornerai à renvoyer, afin de ne pas répéter des détails qui ont déjà paru dans cette revue. Je rappellerai seulement que le Dey El-Hadj Chaban, élu en 1 100 et étranglé en 1106, appartenait au corps des Khodja ou lettrés turcs, ce qui explique la qualification de très-docte, que lui décerne le rédacteur de l’inscription.
C’est par erreur que Berbrugger qualifie de mosquée de 2e ordre l’édifice dont il s’agit, lequel était réellement une mosquée de premier ordre, puisqu’il avait un minaret et qu’on y prononçait la khotba le vendredi. Il se trompe également en avançant que la date en lettres et celle en chiffres sont en désaccord d’un siècle. Le mot cent (AjU) est parfaitement reconnaissable, bien qu’un peu fruste, et sa lecture n’offre aucune incertitude. Quant au mois de safar 1105, date de cette inscription, il a commencé le 3 octobre 1693 et fini le 30 du même mois.
N° 3. Inscription turque en relief; bon type oriental, bien exécuté ; plaque en marbre, mesurant 0m38 de hauteur sur 0m52 de largeur.
(Alger, par M. Albert Devoulx, f° 144, recto du manuscrit).
(Livret explicatif , p. 132: Dédicace datée de 1174 (1760), sur tablette de marbre, de 0m37 sur 0œ52. Le pacha Ali y est nommé. Paraît provenir d’une fontaine; a été remis le 2 avril 1842, par le service des Fontaines).
Je traduis ainsi, d’après feu Mohammed ben Otsman Khodja:
Par les soi us d’Alî-Pacha, a été bâtie cette fontaine.
Dieu soit loué que sa date se trouve dans (ces mots) : ceci est un lieu charmant qui fait partie des délices du Paradis.
Année mil cent soixante-quatorze.
Le chronogramme renfermé dans la seconde ligne et que la troisième ligne rend superflu, se trouve exact, ce qui est une exception à noter. L’année 1174, si surabondamment indiquée, a commencé le 13 août 1 760 et fini le 1er août 1761. Les réserves derrière lesquelles Berbrugger a cru devoir se retrancher au sujet de la provenance de cette plaque, étaient inutiles, puisque les termes mêmes du texte levaient tous les doutes. Les recherches que j’ai effectuées à l’occasion de mon travail sur la topographie de l’Alger turc, m’ont donné la certitude que cette fontaine était située dans la rue Médée, à la hauteur de la rue de la Lyre actuelle. Il ne faudrait pas croire que l’intervention d’un pacha indiquât une œuvre monumentale; sauf deux ou trois jets d’eau, les fontaines des Algériens étaient établies dans l’un des gros murs d'une maison ou d’un local quelconque, et présentaient une très-grande simplicité d’architecture et d’ornementation. Celle qui nous occupe ne faisait pas exception. Mais dans un pays où la sécheresse est si persistante pendant une grande partie de l’année, on accueillait avec reconnaissance tous les travaux, si peu artistiques qu’ils fussent, qui avaient pour objet d’améliorer l’alimentation de la ville. Un pacha ne dédaignait donc pas d’attacher son nom à une fontaine laide et humble, mais fort utile pour les habitants du quartier. Ali- Pacha venait, d’ailleurs, d’embellir ce point de la ville en bâtissant une mosquée et en reconstruisant la caserne aujourd’hui connue sous le nom de Médée-Supérieure. Il aura voulu compléter ces travaux en mettant de l’eau à la portée des maisons voisines. Mais la reconnaissance publique lui a fait défaut, car la fontaine dûe à ses soins était appelée Ain Sidi el-Akehal, du nom d’un marabout très-ancien dont la chapelle avait été englobée dans la mosquée dont je viens de parler.
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N° 4. Epitaphe arabe en cinq lignes, gravée en relief; beau type oriental, très-bien exécuté ; stèle en marbre blanc, avec bordure et sculpture ; largeur: 0m33 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m54. (Cette inscription est inédite).
(Livret explicatif , page 133 : Stèle (mechahad) de Fatma ben Amina bent Abdi-Pacha, à la date de 1182 (1768). Caractères en relief, Bonne, ainsi que le n° 5, par M. Brasqui, en mai 1842).
Ceci est le tombeau de celle à qui il a été fait miséricorde,
Qui est parvenue devant la miséricorde de Dieu ;
Fatma, fille d’Amina, lille D'Abdi-Pacha. Que la miséricorde de Dieu Soit sur eux tous ! Année 1182.
Les tombeaux des musulmans se composent, à Alger, de deux pierres, ordinairement plates et beaucoup plus hautes que larges, qu’on place perpendiculairement, l'une à la tête, l’autre aux pieds du défunt. Ces deux pierres, scellées debout aux deux extrémités de la tombe, s’arrondissent dans leur extrémité supérieure, en plein cintre ou en ogive, et sont surmontées quelquefois d’un croissant. On les appelle mechahad — au singulier mechehed (j^A^ pl. ojsli./»), — parce qu’elles contiennent la chehada (ibL^i.) ou profession de foi musulmane, c’esl-à dire la formule par laquelle on déclare qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que Mahomet est son prophète. Parfois, le mechehed affecte la forme d’une colonnette ronde, carrée ou octogone ; dans ce cas, il est ordinairement surmonté d’un turban dont les plis varient, suivant la qualité du personnage inhumé. Le mechehed placé à la tête ne contient jamais que la profession de foi, des prières ou des formules religieuses. Les diverses indications
relatives au trépassé sont mises sur le mechehed des pieds. On grave ces inscriptions sur la partie de la stèle qui regarde la tombe; l’autre face de la pierre offre, souvent, des sculptures dont des fleurs plus ou moins fantastiques forment le motif le plus ordinaire. Les deux meohahad sont reliés par deux cordons de pierres, peu saillants, appelés djenabia (partie latérale), et qui achèvent de dessiner le carré de la tombe. Ces djenabia, que de simples briques remplacent souvent, ne présentent qu'exceptionnellement des sculptures ou des inscriptions.
La stèle dont nous nous occupons est un mechehed des pieds, le plus imporlant des deux puisque c’est celui qui donne le nom du défunt et la date du décès. Mais ici l’intérêt historique est bien faible, puisqu'il ne s’agit que de la petite-fille d’un pacha. L’année 1182, indiquée sur cette épitaphe, a commencé le 18 mai 1768 et fini le 6 mai 1769.
N° 4 bis. Inscription arabe en relief; quatre lignes; beau type oriental, très-bien gravé; stèle en marbre, largeur, 0m33, hauteur (de la partie écrite), 0m49. (Inédite).
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Il n’y a de dieu que Dieu,
Le Souverain, la Vérité évidente.
Mohammed est l’envoyé de Dieu ;
11 est sincère dans ses promesses et digne de confiance.
Cette stèle (de tête) ne porte aucun n° sur le catalogue du musée. Je lui ai donné le n° 4 bis, pour la distinguer de la précédente, à laquelle il convient de la réunir par le motif qu’elles proviennent de la même tombe, ainsi que le prouve l’identité des dimensions, de l’écriture, de la forme et de l’ornementation.
N° 5. Inscription arabe en relief ; cinq lignes ; beau type oriental, parfaitement exécuté ; stèle en marbre ; largeur 0ra35, hauteur (de la partie écrite), 0m62 ; jolies sculptures. (Inédite).
(Livret explicatif , page 140 : stèle en marbre d’Arekia bent El-Iïadj Ahmed ben Abd El-Letif. Datée de 1128 (1715). lm07 sur 0m30. Caractères en relief; très-jolies arabesques (1).
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Tout ce qui n’est pas Dieu (qu’il soit exalté !) est périssable ! Ceci est le tombeau de la défunte qui avait été gardée avec soin,
De la perle tenue cachée et dérobée soigneusement aux regards (3).
Arkia, fille du défunt El-Hadj (4) Ahmed,
Fils d’Abd El-Latif. Que la miséricorde de Dieu soit sur elle î Année 1 128.
Cette épitaphe de jeune fille n’offre, on le voit, aucun intérêt historique. Mais elle constitue un fort beau spécimen de l’épigraphie funéraire des Algériens, et à ce titre, elle mérite bien de figurer dans les collections de notre musée. On trouvera ci-après l’autre stèle de cette tombe virginale qu’ont détruite les travaux exécutés pour la transformation des alentours de la ville. Quant
(1) Il résulte des renseignements placés par Berbrugger au n° 4, que le n° 5 a été donné au Musée par M. Brasqui, en mai 1842.
(2) Ce nom doit s’écrire A-ij Rokia.
(3) Ces qualificatifs indiquent qu’il s’agit d’une vierge.
(4) On sait que c’est le titre que prennent les musulmans qui ont accompli le pèlerinage de la Mecque et de Médine.
a l’année 1128, elle a commencé le 27 décembre 1715 et fini le 15 décembre 1716.
N° 5 bis. Inscription arabe en relief ; cinq lignes; beau type oriental, parfaitement exécuté ; stèle en marbre ; mêmes dimensions que la précédente ; jolies sculptures. (Inédite).
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11 est Dieu, le Vivant, l'Eternel, le Survivant.
Il n’y a de dieu que Dieu, Mohammed est l’envoyé de Dieu !
Que soit proclamée la louange de celui qui courbe les hommes sous la mort irrésistible !
Je te demande, ô mon Dieu, ô toi qui possèdes la bonté éclatante,
De pardonner ses péchés (1), le jour où les mauvaises actions seront apparentes.
Ce mechehed de tête appartient à la même tombe que le précédent, comme le prouve l’identité de l’écriture, de l’exécution, de la forme, des dimensions et de l’ornementation. Le catalogue du musée n’en fait pas mention. Je lui ai donné le n° 5 bis.
N° 6. Inscription turque, en relief, type oriental, médiocre; cinq lignes; tablette en marbre de 049 de largeur, sur 0™48de hauteur. (Inédite).
(Indications du livret , p. 133. Inscription turque en relief, sur tablette de marbre de 0m50 sur 0m50, provenant d’une fontaine. Datée de 1180
(1) Les péchés d’elle. Le pronom indique qu’il s’agit d’une femme.
(1766) et portant la mention de Mohammed Pacha ben Osman. Remis en février 1843 par la Direction de l’intérieur.)
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Je traduis ainsi, d'après une version arabe établie par feu Mohammed ben Otsman Khodja, auquel est également due la lecture ci-dessus (1).
Puissent être durables les constructions de cette bâtisse gaie et belle.
0 mon Dieu ! au jour de la résurrection, blanchis son visage (2) et place haut son âme !
O mon Dieu ! fais que Mohammed Pacha, le constructeur de cette maison, sois toujours heureux ;
Donne-lui pour habitation un palais dans le Paradis, et place-le loin de l’enfer !
Année mil cent quatre-vingts. 1180.
L'absence de tout renseignement sur l’origine de celle plaque, ne permet pas de constater à quel édifice elle appartenait. Mais on peut, du moins, affirmer qu’il s’agissait d’une maison et non d’une fontaine comme le porte à tort le Livret explicatif du
(1) Je rappellerai de nouveau, mais pour la dernière fois, que pour les inscriptions turques, j’ai dû me contenter d’être l’éditeur de l’œuvre d’un collaborateur, qui répond seul de son travail. Quant aux inscriptions arabes, la responsabilité de la lecture et de la traduction m’incombe exclusivement. (Voir ma précédente note à ce sujet).
(2) Le visage du constructeur , c’est-à-dire : accorde-lui une gloire éclatante.
Musée. L'emploi du mot dans l’inscription, ne laisse aucun doute à ce sujet. Quant à l’année hégirienne 1180, elle a commencé le 9 juin 1766 et fini le 29 mai 1767.
N° 7. Inscription arabe et turque, en relief; type oriental; médiocre ; huit lignes; stèle en marbre, présentant une hauteur de 0ra77 sur 0ra26 de largeur, et surmontée d’un turban à petits plis. (Inédite).
(Indications du livret , p.134. Stèle d’El-Hadj Ali Pacha ben Khelil, surmontée du turban à petits plis des ouléma, et non de celui à larges plis des deys, ce souverain ayant été un savant. Le dernier chiffre de la date n’a pas été sculpté, parce qu’on s’est aperçu que celui qui le prédédait était fautif. Il y a donc (ffSau lieu de 1230 (1814.) — Donné le 12 mars 1843, par M. Marigot, marbrier.)
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Il (Dieu) est le survivant ! (1)
L’absous et pardonné,
Celui qui avait besoin de la miséricorde
De son souverain clément,
Le Seigneur El-Hadj Ali Pacha, fils de Khelil.
Une Fatelia pour son âme !
Année 122§.
(1) C’est-à-dire : Dieu survit à tout.
La Fateha est le premier chapitre du Coran, intitulé simplement Fatihatou-l-Kitab : (chapitre) qui ouvre, qui commence le livre. En voici le texte :
<• Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
« 1. Louange à Dieu, souverain de l’univers, 2. le clément, le miséricordieux, 3. souverain au jour de la rétribution. 4. C’est toi que nous adorons, c’est toi dont nous implorons le secours. 5. Dirige-nous dans le sentier droit, 6. dans le sentier de ceux que tu as comblés de tes bienfaits, 7. de ceux qui n’ont point encouru ta colère et qui ne s’égarent point. Amen. »
Réciter, à l’intention d’un mort, celte sourate, dont l’importance est grande et qui est fréquemment employée, est une oeuvre des plus méritoires pour le fidèle qui l’accomplit et des plus profitables pour l’âme du défunt, en faveur de laquelle on fait ainsi un appel puissant à la bonté divine. Beaucoup de tombes musulmanes recommandent aux visiteurs de ne pas oublier celte récitation. De même nos lettres de faire-part et nos épitaphes emploient généralement la formule : un De profundis ! afin de solliciter cette prière pour le trépassé.
EbHadj Ali, précédemment khodjet el-kheil, ou écrivain des chevaux, fut élu pacha en 1809, en remplacement d’Ali Khodja, étranglé par ordre de la milice. Méfiant, violent et sanguinaire, il s’aliéna les sympathies de ses sujets par de nombreuses exécutions. Une guerre prolongée contre Tunis, dans laquelle les Algériens essuyèrent des revers sur terre, bien que leur marine eut remporté quelques avantages, contribua à le rendre impopulaire. A l’occasion de cette guerre, il s était mis en rébellion ouverte contre le grand Sultan, qu'il bravait aussi en capturant les navires montés par des Grecs, bien que ces derniers fussent des sujets ottomans. La Turquie l’avait menacé d’une déclaration de guerre, et s’opposait au recrutement de la milice algérienne, ce qui affaiblissait considérablement l'effectif de cette dernière. El-Hadj Ali Pacha fut étranglé dans son bain, le 22 mars 1815, par un nègre, son serviteur favori, que les conjurés avaient gagné à leur cause, et qui fut ensuite mis à mort par le nouveau pacha, Mehammed, ancien kheznadji. Cette date correspond au
10 rebi’ 2e 1230. Dans l'épitaphe, le chiffre des dixaines devait donc être un 3 et non un 2 ; l’erreur ayant été reconnue, mais trop tard, le chiffre des unités n'a pas été sculpté, moyen de rectification facile et économique, mais nullement efficace (1). Cette inscription, fautive et inachevée, ne serait d’aucun secours pour la chronologie des pachas, mais il s’agit heureusement d’une époque pour laquelle les documents abondent.
N°8. Inscription arabe, en relief; type oriental; médiocre; sept lignes; stèle en marbre, ayant une forme ogivale dans sa partie supérieure; plus grande largeur : 0m29; hauteur (de la partie écrite) : 0m47. (Inédite).
( Indications du livret. Stèle d’Abdi Pacha, datée de 1145 (1732). Caractères en relief. Acheté le 16 mars 1844.)
Ceci
est le tombeau de celui auquel a fait miséricorde le Vivant (2), le Subsistant (1), Abdi Pacha, que la clémence de Dieu soit sur lui ! Que Dieu purifie son âme et lui donne un asile dans son resplendissant paradis, par sa bonté et sa munificence.
(1) L’inscription étant gravée en relief, la bévue ne pouvait se réparer, et il aurait fallu tout recommencer.
(2) L’un des 99 attributs de Dieu.
L'année hégirienne 1 145 a commencé le 24 juin 1732 et fini le 13 juin 1733. Abdi pacha, qui avait passé par tous les grades de la milice et rempli de hautes positions, fut élu pacha en 1724, à la suite de l’assassinat de Mehammed pacha. En 1731, Ahdi, qui continuait les errements de ses prédécesseurs à l’égard des chrétiens et qui faisait même de l’opposition aux ordres du Grand-Turc, eut une altercation avec le nouveau consul de France, M. Delane, qui refusait de déposer son épée avant de se présenter devant lui. Notre consul fut rappelé. Les Espagnols s’emparèrent d’Oran en 1732 et cet échec aurait pu avoir des suites fâcheuses pour Ahdi, car les janissaires n’aimaient pas les chefs malheureux. Mais ce pacha mourut de maladie, le 3 septembre de la même année, à l’âge de 71 ans.
Ce pacha, borgne de l’œil droit et d’esprit fort délié, avait fait construire une mosquée qui porta son nom jusqu’en 1871 , époque où elle fut démolie par nous pour l’établissement du boulevard militaire du Nord.
N° 9. Inscription turque; relief; bon type oriental; bonne exécution; deux lignes; plaque en marbre, largeur 0m47, hauteur 0m27. (Alger de M. Albert Devoulx, f° 188, v°, du manuscrit).
(Indications du Livret. Inscription en relief de 0m28 sur 0m45, provenant de la caserne Médée. Atchi Hassan Ouda Bachi. 1205 (1790).
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Je traduis ainsi une traduction faite en arabe par feu Mohammed ben Olsman Khodja :
En l’an mil deux cent cinq, a été inscrite la date
des travaux effectués par Ahtchi Hossaïn dans sa chambre.
Année 1205.
L’année hégirienne 1205, a commencé le 10 septembre 1790 et fini le 30 août 1791 de J.-C. Cette inscription conservait le sou-
venir d'embellissements exécutés dans une chambre de caserne, par le cuisinier Hossain (et non Hassan), lequel n’avait pas le grade d’oda bachi, comme le prétend le Livret. D’après les renseignements que j’ai recueillis, celte plaque proviendrait de la caserne dite dur cl ankchairya el-Kodima (la vieille maison des janissaires), sise rue Mêdée.
N° 10. Stèle ne portant aucune inscription.
(Indications clu Livret. Stèle en marbre. Très-jolies arabesques en relief. Donné le 3(J avril 1843).
N° 1 1 . Inscription arabe; creux léger dans lequel on n’avait évidemment pas l’intention de couler du plomb et offrant des traces de peinture rouge; type barbaresque avec fioritures; sept lignes ; stèle en marbre offrant la forme ogivale dans la partie supérieure, qui contient l’inscription ; la partie écrite mesure 0ra5d de hauteur et 0m43 dans la plus grande largeur. (Inédite).
( Indications du Livret. Les deux stèles en marbre de Hassan aga, khelifa de Kheir-Eddin et défenseur d’Alger contre Charles-Quint, en 1541. On remarquera que le titre de pacha ne lui est point donné dans son épitaphe. Caractères creux paraissant avoir été jadis remplis de plomb ou destinés à l’être (1). Joli type d’écriture anu'alouse. Daté de 952 de l’hégire (1545 de J.-C.). Acheté le 1er janvier 1846, à M. Burtin, marbrier).
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(1) Je ne partage pas l’avis de Berbrugger.
(2) Ces chiffres appartiennent à la série n° 3 du tableau que j’ai publié dans le précédent numéro (N° 96).
Il n’y a de pouvoir qu’en celui auquel appartient la Puissance (Dieu). Louange à Dieu !
Ceci est le tombeau du khelifa auquel il a été fait miséricorde
par la bonté de Dieu, Abou Mohammed Hassan ar’a,
esclave de notre maître Kheir-Eddin, que l’assiste
Dieu et qu’il le fasse triompher ; il est décédé dans la nuit
du mercredi, le dixième (jour) de
Ramdan de l’année 952.
Celte inscription, — la plus ancienne de la période turque, — offre une grande importance, car elle fixe la date de la mort de l’eunuque Hassan, qui commandait Alger en l'absence du célèbre Kheir-Eddin, — nommé capitan-pacha ou amiral delà (lotte turque, — et qui eut la gloire, pendant cet intérim, de repousser, avec la puissante assistance de la tempête, la formidable attaque commandée par l’empereur Charles-Quint. J’ai déjà établi dans la Revue africaine (tome 8, page 290), que l’indication du jour de la semaine permet de constater qu’il s’agit en réalité, dans l’épitaphe ci-dessus, du mercredi 13 ramdan, — et non 10, — de l’année 952, lequel correspond au 18 novembre 1545. J’ai également fait ressortir l’erreur commise par l’historien espagnol Ilaëdo, qui place le décès de Hassan ara à la fin de septembre 1543. Je ne reviendrai pas sur ce sujet et me contenterai de renvoyer le lecteur à l’article dont il s’agit. Le simple titre de khelifa (lieutenant, suppléant) est donné par celte épitaphe à Hassan ara qu’elle qualifie crûment d’esclave de Kheir-Eddin. Ce document officiel détruit donc les assertions de quelques auteurs indigènes et européens qui voulaient que ce personnage eut été investi de la dignité de pacha.
La stèle de tête de ce tombeau, reconnaissable parce qu’elle offre les mêmes dimensions et a la même forme inusitée que la précédente, ne contient aucune inscription ni aucune ornementation quelconque; elle est en marbre blanc comme l’autre et complètement unie.
N° 12. Stèle sans inscription.
( Indications du livret , page 141). Petite stèle en marbre avec arabesques. Voir le n° 13 )
N° 13. Inscription turque en relief; type oriental ; médiocre; les lignes montent et sont enchevêtrées, ce qui, joint à une mauvaise exécution, rend la lecture très-difficile; stèle en marbre mesurant lm03 de hauteur sur 0m15 de largeur (Inédite).
(Indications du livret , page 140). Stèle en marbre de Slirnan ben Mohammed, mort en 1135 (1722). Acheté, le 27 janvier 1845, à M. Bertrand, marbrier, ainsi que le n° 12.
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J’ai fait la copie ci-dessus avec le concours d’El-Hatlj Osman, honorable turc qui est pourvu depuis longtemps de l’emploi d’administrateur (oukil) de la chapelle du marabout ottoman Sidi Ouali Dada (1). Mon collaborateur n’a pu rédiger en arabe une traduction acceptable. C’est en vain que je me suis adressé à plusieurs Français ou Indigènes que je supposais compétents : personne n’a pu ou voulu traduire cette inscription, dont je me borne, en conséquence, à publier le texte. Tout ce que j’ai pu constater, c’est qu’elle est l’épitaphe d’un nommé Mohammed (2),
(1) Mohammed ben Otsman Kliodja, mon collaborateur ordinaire, était décédé à l’époque où il m’a été possible de m’occuper de cette inscription.
(2) Berbrugger a pris le mot wWlw pour le nom propre
Soliman, et le mot j-J pour ^ , fils de. La réalité est que le nom propre Mohammed, ligure seul sur cette épitaphe.
évidemment tué dans une guerre contre les chrétiens, puisqu’on le qualifie de martyr (x^), et qui était capitaine de navire. L’année hégirienne 1135, date du déco a commencé le 12 octobre 1722 et fini le 30 septembre 1723.
N° 14. Inscription turque en relief; quatre lignes ; typeorien tal ; médiocre. Stèle en marbre. Largeur : 0m28; hauteur (de partie écrite) : lm02 (Inédite).
(Indications du livret , page 136). Stèle du beït-el-maldji El-Hadj Ali, mort en 1207 (1792). Acheté le 27 janvier 184b, en même temps que le n° 15.
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Je traduis ainsi, d’après feu Mohammed ben Otsman Khodja :
Il est le Créateur, le Survivant 1 Qu’il me facilite le martyre !
O mon Dieu ! donne-moi une part de la félicité divine,
Et fais-moi participer aux effets de l'intercession de ton prophète !
Celui à qui il a été fait miséricorde, le Hadj Ali, beït-el-mal. La Fateha pour son âme! (1) Année 1207.
Le beït-el-maldji (2) était le chef d’une administration — le beït-el-mal — chargée de recueillir les successions en déshérence, de gérer les propriétés de l’Etat, de procéder aux inhu-
(1) Voir la note du n° 7.
(2) On disait aussi, mais fautivement, beït-el-mal , ce qui est te nom de l’institution elle-même et non le titre de son chef.
mations, de suneiller les cimetières, etc. L’année hégirienne 1207, indiquée dans celte épitaphe, a commencé le 19 août 1793 et fini le 8 août 1794.
N° 15. Inscription arabe; mauvais caractères se rapprochant du type oriental ; cinq lignes. Stèle en ardoise; hauteur (de la partie écrite) : 0m49; largeur : 0m305 (Inédite).
(Indications du livret, page 141). Stèle en ardoise de Ramdan ben Khelil, mort en 1251 (1835). Voir n° 14.
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Ceci
est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde par la bonté
du Vivant, du Subsistant, Ramdan
fils de Khelifa. Que la miséricorde de Dieu soit sur lui !
Année 1251 .
C’est par erreur que Berbrugger a lu Khelil, au lieu de Khelifa. Mais cela est sans grande importance, car cette épitaphe, postérieure à la conquête française , puisqu’elle ne remonte qu’à l’année 1251, qui a commencé le 29 avril 1835 et fini le 17 avril 1836, n’offre aucun intérêt historique.
N° 16. Inscription turque en une seule ligne divisée en trois cartouches; creux rempli de plomb; caractères orientaux ; mé-
diocres; plaque en marbre mesurant 0m27 de largeur sur 0m265 de hauteur (Inédite).
(Indications du livret , page 133). Inscription provenant d’une fontaine, avec le nom d’Ali pacha, et datée de 1176 (1762). Donné, le 13 août 1845, par M. Sabatault, et provenant de son ancienne campagne d’Hussein- Dey . Caractères en plomb, sur une tablette de 0m26 sur 0m26.
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Je traduis ainsi , d'après feu Mohammed ben Olsman Khodja :
Ali pacha, pour accroître la considération dont jouit celte fontaine, .'.a augmenté son débit à l’usage de toute créature, .‘.en l’année mil cent soixante-seize.
L’année indiquée ci-dessus a commencé le 23 juillet 1762 et
fini le 1 1 juillet 1763.
N° 17. Inscription turque; caractères creux, dont le plomb a été enlevé; type oriental ; bonne exécution ; mutilée en grande partie. Corniche en marbre d’une longueur de 2ra46 sur une hauteur moyenne de 0,n50. (Les édifices religieux de l'ancien Alger , par M. Albert Devoulx, page 138. — Alger, par M. Albert Devoulx) .
( Indications du livret , page 137). Corniche de 2m55 sur 0,u50 de hauteur, avec inscription en partie mutilée au-dessus et au-dessous. Provient, dit-on, de la grande mosquée des hanéfites, ou, du moins, a été trouvée tout auprès, en janvier 1846. Caractères creux, jadis remplis de plomb. Un fanatique nommé Djelloul, ayant appris que cette corniche allait être remise au Musée, l’a mutilée, afin que les chrétiens ne pussent pas profaner le nom de Dieu et les autres paroles sacrées qui s’y trouvaient. Remis par la Direction de l’intérieur.
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Je traduis ainsi les portions intactes de cette inscription, dont M. Mohammed ben Otsman Khodja a reproduit en arabe les passages turcs :
« (lre ligne). — Par la grâce de Dieu, qu'il soit exalté! .
Pendant sa belle époque a eu lieu la construction de la mosquée. Que Dieu arrête ses regards sur les soldats victorieux et donne à chacun d’eux mille récompenses (1). Sa date (est renfermée
(1) Cette mosquée a été bâtie par l’ordre de la milice.
dans les mots suivants) : Une mosquée a été élevée pour la piété (I ),
sous le règne du sultan . (2e ligne). — Source de bonté et de
noblesse, armé du glaive et de la lance. Quiconque y accomplira la prière aux cinq moments (2), fera partie des gens auxquels le salut est réservé, car ils y ont travaillé avec zèle et activité soir et matin. C’est un temple, base de la dévotion, lieu de réunion des gens vertueux. Que Dieu perpétue son vicariat. ..
. ; tant que durera la rotation .
(3e ligne). — Elle (cette inscription?) a été posée ici. .
(4e ligne). — Tant qu’un oiseau chantera avec empressement sur les branches, et que les musulmans formeront des catégories distinctes, pendant la durée du temps, ainsi que la famille, les compagnons, les pieux Ansar (3), et leurs sectateurs dans toutes les nations. El ensuite : Dieu soit loué que son achèvement ait eu lieu comme il l’a désiré et voulu. »
Cette inscription appartenait à la mosquée sise à l’entrée de la rue de la Marine, et appelée par les indigènes El-Djama el-Djedid (la mosquée neuve), et par nous mosquée de la Pêcherie ou mosquée de la place du Gouvernement . Cet établissement forme l’objet du chapitre xlvi de mes Édifices religieux de l'ancien Alger , et je ne puis que renvoyer le lecteur à cet ouvrage, afin de ne pas tomber dans des redites.
N° 18. Inscription arabe en relief; trois lignes; type oriental; bonne exécution. Plaque en marbre de Ûm495 de largeur et 0ra49 de hauteur. (Alger, par M. Albert Uevoulx).
(Indications du livret , page 135. Inscription en relief sur tablette de 0m50 sur 0m50, rappelant une réparation de fontaine faite en 1162 (1748) par le bit-el-maldji El-Hadj Hamed ben el-0.uani. Remise par le Service des fontaines, le 2 juin 1847.
(1) Il m’est impossible de résoudre ce chronogramme, d’après les règles ordinaires, car l’addition des lettres renfermées dans les mots indiqués me donne 1542, ce qui est un résultat inadmissible.
(2) Il s’agit des moments fixés pour les prières obligatoires .
(3) Les Ansar ou aides, c’est à-dire les hommes de Médine qui ont prêté leur appui à Mohammed, lorsqu’il quitta La Mecque, et l’ont ensuite aidé dans toutes ses entreprises.
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Louange à Dieu ! A renouvelé celte bût isse bénie et a augmenté sa beauté, le très-heureux et très honoré-seigneur El-Hadj Ahmed, fils d’Ouali ,
chargé du beït-el-mal ( 1 ) à Alger, la protégée (de Dieu), à la présente date. (Mois de) Rebi’ 2e de l’année 1162.
La date ci-dessus est comprise entre le 21 mars et le 18 avril 1749, et ne correspond donc pas à l’année 1748, comme le porte à tort le livret , lequel transforme fautivement le nom propre Ouali en El-Ouani.
D’après les renseignements que j ai recueillis à l’occasion de mes recherches sur la topographie de l’ancien Alger, l’inscription qui nous occupe proviendrait de la fontaine établie autrefois dans la rue au Beurre, près de la zaouia des Anualous. Mais je ne puis proposer cette attribution que sous réserves, faute d’indications précises. Il est incontestable qu'en 1847 les agents du Service des fontaines auraient pu expliquer la provenance de la plaque dont ils faisaient la remise au Musée, et il est îegrettable que Berbrugger n’ait pas pris la précaution de les interroger, ce qui eût écarté une difficulté qu’un quart de siècle a rendue presque i n su r m o n I a b I e .
N<> 19. Inscription arabe, en relief, très-mauvaise comme style et orthographe ; neuf lignes divisées en deux parties rimant entr’elles; mauvais type barbaresque, excessivement mal exécuté. Plaque en marbre; largeur: 0m49 ; hauteur: 049. (Inédite).
( Indications clu livret , page 133. Inscription relative à la construction d’un fort, datée de 1 197 (1782), sous l’émir des Croyants Abou Ali Abou El-Hossaïn. Caractères en relief, peu réguliers et recouverts d’une peinture rouge. Acheté le 15 juillet 1847).
I ) \ oir la note du il" 14.
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux ! .-. Que Dieu répande ses grâces sur noire Seigneur et maître Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons, et qu'il leur accorde le salut !
Que soit rendue complète par Dieu, l’autorité de celui qui l’a construit .*. et a augmenté sa hauteur, de celui qui l’a élevé de ses deniers, lequel est le prince des Croyants, .• . qui tire vengeance des gens de la Croix, les infidèles;
le roi (3) qui place sa confiance dans le Seigneur très haut (Dieu), . • . , le juste, l’élevé, l’agréable Abou Ali , aux actions nobles et généreuses, El-Houssin, le très-heu-
(1) Lecture incertaine.
(2) Ce passage est illisible, l’ouvrier ayant omis de graver un certain nombre de lettres.
(3) Il me semble que ce mot est écrit fautivement oXJL* pour ^50U Ainsi orthographié il signifie possesseur, propriétaire, ce qui n’a aucun sens dans la phrase.
reux, le très-équitable, le sublime, au trône très-élevé.
Puisse Dieu (qu’il soit exalté!) agréer son œuvre; que son offrande soit considérée comme un hommage rendu à son Seigneur (1) !
Qu’il (Dieu) soit son gardien et son défenseur, . • . et qu’il lui accorde largement sa rétribution dans la vie future !
Année sept après quatre-vingt-dix, cent après mille .
de l’émigration de l’Élu, Ahmed l’Imam (2), . • . sur lui soient la meilleure des bénédictions et le salut !
11 est difficile d’établir de quel édifice provient celle inscription et même de reconnaître le prince qu'elle mentionne. Les pachas d’Alger ne prenaient pas d’ordinaire le titre de Prince des Croyants , qualification réservée, en Barbarie, à l'empereur du Maroc. A la date indiquée, le pacha d’Alger s’appelait Baba Mohammed et l’empereur du Maroc se nommait Mohammed ; à Tunis, Ilamouda pacha Bey avait remplacé Ali Bey le 26 mai 1782. Il ne s’agit donc d’aucun de ces trois princes et je ne puis que faire mes réserves au sujet de l’origine à attribuer à l’épigraphe en question, origine dont Berbrugger n’a pas cru pouvoir aborder l’explication en 1847, au moment de l’achat fait par le Musée.
Quant à l’année hégirienne 1197, indiquée dans cette inscription, elle a commencé le 7 décembre 1782 et fini le 25 novembre
N° 20. Inscription arabe en relief; cinq lignes, plus la date; bon type oriental ; bonne exécution. Stèle en marbre avec des fleurs sculptées sur le côté opposé à celui qui porte l’inscription ; largeur: 0m36 ; hauteur (de la partie écrite): 0m64. (Inédite).
( Indications du livret , page 132. Stèle d’ibrahim pacha, mort en 1158 (1745). Caractères en relief. Acheté le 16 février 1849).
(1) Sens incertain.
(2) Il s’agit du prophète Mahomet
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Ceci est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde par la bonté
du Vivant, du Subsistant, Ibrahim Pacha, qui a été gouverneur et prince pendant treize années et la moitié d’une année.
Que Dieu lui fasse miséricorde et fasse miséricorde à tous les musulmans !
Année 1158.
L’année hégirienne indiquée ci-dessus a commencé le 3 février 1745 et fini le 23 janvier 1746. Ibrahim, alors kheznadar ou trésorier particulier, fut élu dey, le 3 septembre 1732, en remplacement de son beau-frère Abdi pacha, mort de maladie. Il était avare et brutal, et fut souvent menacé par des conspirations. La prise de Tunis par les Algériens, en 1735, une rupture grave avec la France, en 1741, et la dévastation de l’établissement français de La Calle, en 1744, furent les principaux évènements de ce règne. Enhardi par les concessions qui lui avaient été faites en plusieurs occasions, Ibrahim pacha déclara que tout nouveau consul de France serait obligé de lui baiser la main lors de la première audience. M. Devant ayant refusé de se soumettre à celle obligation, en 1742, fut rappelé et eut pour successeur M. Thomas qui avait reçu l'ordre de se conformer aux désirs du dey.
Le 20 octobre 1745, Ibrahim pacha, atteint de dyssenlerie, abdiqua en faveur de son neveu Ibrahim, alors kheznadji ou grand-trésorier de la régence. Il succomba bientôt à sa maladie.
N°21. Inscription arabe en relief-, quatre lignes; beau type oriental, bien exécuté. Stèle (de pieds) en marbre ; largeur : 0m40 ; hauteur (de la partie écrite) : 045. (Inédite).
(Indications du livret , page 134. Stèle de Mustapha pacha, mort en 1220 (1805). Caractères en relief. Arabesques derrière. Acheté le 20 août 1849, ainsi que le n° 22).
JiU! v»lJ!
Il est Dieu, le Vivant, l’Eternel, le Survivant!
Ceci est le tombeau de celui auquel il a été fait miséricorde par la bonté de Dieu,
de celui qui a été appelé devant la clémence de Dieu, le Seigneur Moustapha
Pacha. Que Dieu lui fasse miséricorde! Amen ! Année 1220.
L’année hégirienne 1220 a commencé le 1er avril 1805 et fini le 20 mars 1806. Dans la partie postérieure de cette stèle de pieds, on lit les trois lignes suivantes, gravées au milieu d’une ornementation composée de fleurs et de branches.
O loi qui t’arrêtes devant ma tombe !
Que Dieu facilite une belle fin
à celui qui n’oubliera pas de lire à mon intention la Fa^ leha (1) !
(1) Voir la note du n° 7.
La parlie écrite offre 0ra25 de hauteur et l’ornementation 0m49, soit en tout 0m74. La stèle de tête de ce tombeau fait l’objet du n° suivant.
Mustapha fut élu dey d’Alger, le 14 mai 1798, en remplacement de son oncle, Hassan pacha, dont il était le kheznadar ou trésorier particulier. C’était, d’après M. Rang, un homme colère, avare, faible, incapable, d’un esprit fort borné, ignorant, fanatique et sujet à des accès de démence. La France eut beaucoup à souffrir des procédés de Mustapha et notamment à l’occasion de l’expédition d’Egypte. L’influence excessive que ce pacha avait laissé prendre à plusieurs favoris juifs et notamment au célèbre Naphtali Bousnah, exaspéra la milice qui massacra un grand nombre d’Israélites et mit leurs maisons au pillage les 28 et 29 juin 1805. Après avoir échappé plusieurs fois aux coups dirigés contre lui, Mustapha pacha fut assassiné par la milice le 30 août de la même année.
NJ 21 (bis). Inscription arabe en relief; quatre lignes; beau type oriental, bien exécuté. Stèle (de tête) en marbre; hauteur (de la partie écrite) : 0ra45 ; largeur : 0m40. La face postérieure offre une jolie ornementation ayant pour motifs des fleurs. (Inédite).
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Tout ce qui n'est pas Dieu (qu’il soit exalté !) est périssable !
11 n’y a de dieu que Dieu, le Souverain,
la Vérité, l’Evident ! Mohammed est l’envoyé de Dieu.
11 est sincère dans ses promesses et digne de confiance.
Cette stèle, dont le livret du Musée ne fait pas mention, provient de la même tombe que la précédente, comme le prouve
l’identité des dimensions, des formes, de l’écriture et de l’ornementation.
N° 22. Inscription arabe en relief ; quatre lignes ; joli type oriental, bien exécuté. Stèle en marbre ; largeur : 0m36 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m46. (Inédite).
( Indications du livret , page 134. Stèle de Fatma bent Abd Allah, appartenant à la famille de Moustafa pacha, morte en 1211 (1796), Voir le n° 21).
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Tout ce qui n’est pas Dieu (qu’il soit exalté 1) est périssable ! Ceci est le tombeau de celle à qui il a été fait miséricorde, qui avait été dérobée (aux regards), qui a été pardonnée, Fatma fille d’Abd Allah, morte en couches, déçue dans son espérance (de mère?) Que Dieu lui fasse miséricorde. Année 1211.
L’année hégirienne 1211 a commencé le 7 juillet 1796 et fini le 25 juin 1797. Cette épitaphe, dans laquelle on relève deux fois la substitution fautive du masculin au féminin, ne présente qu’un intérêt historique bien faible, puisqu’il ne s’agit que d’une femme appartenant à la famille du pacha Moustafa. L'autre stèle de cette tombe fait l’objet du n° suivant.
N° 22 (bis). Inscription arabe en relief; quatre lignes (mêmes indications qu’au n° 22).
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Il est Dieu, le Vivant, l’Eternel, le Survivant!
Il n’y a de dieu que Dieu, le Souverain,
la Vérité, l’Evident ! Mohammed est le prophète de Dieu !
Il est sincère dans ses promesses et digne de confiance.
Celte stèle de tête, dont le livret ne fait pas mention, provient de la même tombe que la précédente, comme le prouve l’identité des dimensions, des formes, de l’écriture et de l’ornementation.
N° 23. Inscription arabe en caractères creux remplis de plomb ; cinq lignes; type oriental, médiocre; exécution médiocre. Stèle en marbre ; largeur : 0"°27 ; hauteur (de la partie écrite) : 0m59. (Inédite)
(Indications du livret, page 136. Stèle d’El-Hadj Hassan, bach daftardar, mort en 1165 (1751). Acheté le 15 octobre 1849). (Voir le n° 68.)
Ceci est le tombeau de celui auquel il a élé fait miséricorde par la bonté
du Vivant, du Subsistant, El-Hadj Hassan Khodja, qui fut bach daftardar pendant vingt-sept ans.
Année 1165.
Le bach taftardar ou bach taftar, était le plus élevé en grade des quatre secrétaires siégeant dans la mehakema, ou bureaux du pacha, et chargés de tenir les écritures du gouvernement sous la haute direction du kheznadji ou grand-trésorier. Quant à l’année hégirienne 1165, elle a commencé le 20 novembre 1751 et fini le 7 novembre 1752.
N° 24. Inscription turque en relief; quatre lignes rimant entr’elles et divisées chacune en deux parties ; bon type oriental ; bien exécuté. Plaque en marbre, ayant 0m61 de largeur sur 061 de hauteur ; l’angle inférieur de droite est cassé. (M. Albert Devoulx, Moniteur de l'Algérie du 11 avril 1868. — Alger , par M. Albert Devoulx.)
(Indications du livret, page 129. Inscription turque datée de 980 (1572) et mentionnant Ahmed pacha. Ce pacha est Arab Ahmed ou l’arabe Ahmed, car contrairement à la politique et à l’usage, il appartenait à la race des vaincus, étant né en Egypte, de parents fellahs. Il vint occuper ses fonctions à Alger au mois de mars 1572 et en partit à la fin de mai 1574. Remis par le génie le 26 mars 1852).