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Je traduis ainsi d’après une traduction faite en arabe par feu Mohammed ben Olsman Khodja.
Le grand prince, trésor de ce monde, et clarté du firmament, . • . pacha de l’Occident et son Afridoun (1) unique, le soleil de la religion, c'est-à-dire Almied pacha, . • . lequel, pour son équité, rend florissant le quart habité (de la terre), a fait un fossé aux remparts d’Alger. .• . Il a consacré à cette œuvre, pour plaire à Dieu, les richesses de Karoun (2).
(1) Feridoun et Afridoun , 7e roi de Perse de la première race ou dynastie, prince qui avait un grand fond de clémence et qui était doué d’une profonde sagesse. (Bibliothèque orientale de d' Ilerbelot) .
(2) Les richesses de Karoun, Coré de la Pible, sont proverbiales chez les Musulmans. Karoun avait, disent les commentateurs, un palais tout couvert d'or et dont les portes étaient d’or massif. Il affectait un grand luxe, montait une mule blanche couverte d’une housse
Gelai qui l'admirait a annoncé sa date en disant : . ■ . il saisit la porte du paradis fortuné.
. Année 980.
Le chronogramme annoncé à la dernière ligne est exact. L’année hégirienne 980, doublement indiquée, a commencé le 14 mai 1572 et fini le 2 mai 1573. D’après l’historien espagnol Haedo, le fossé d’Alger, peu profond et en partie comblé, fut nettoyé, amélioré et mis en bon état, en 1573, par le pacha Arab Ahmed, dans la partie qui défendait la Casba ou citadelle, et dans celle qui s’étendait depuis la Porte-Neuve jusqu’au bastion qui formait l’angle S.-E. de la ville, à peu de distance de la porte Bab- Azoun (1). L’inscription ci-dessus, dont l’objet et l’importance ont échappé à Berbrugger, rappelait le souvenir de ces travaux et confirme pleinement les assertions de Haedo.
N° 25. Inscription arabe en caractères creux remplis de plomb ; une seule ligne divisée en quatre cartouches rimant enlr’eux ; bon type oriental ; bien exécuté. Plaque en marbre ayant tm65 de largeur sur 0m21 de hauteur (Inédite).
(Indications du livret , page 136. Inscription turque relative à la restauration d’un monument, faite en 1184 (1770), par Ahtchi Ali Ibn Moustafa. Sur la façade de la nouvelle poudrière, à la Marine, il y a une autre épigraphe de ce même personnage. Caractères en plomb. Acheté le 26 mars 1852).
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d’or, était lui-même vêtu de pourpre et paraissait toujours accompagné de quatre mille hommes, tous montés et richement habillés. Il est question de lui dans le Coran et notamment au chapitre XXVIII.
(1) C’est le bastion auquel nous donnâmes le n° 6 en 1830. Ses restes existent encore et sont destinés à tomber dans le périmètre de la place Bresson.
A fait reconstruire ce lieu beau et complet, . • . dans l’intention de mériter la satisfaction du Souverain qui a la puissance (Dieu), et cela suffit (1), . • . Ahtchi (2) Ali fils du défunt Moustafa. . • . Année mil cent quatre-vingt-quatre de l’émigration de celui qui est sincère.
Peut être aurait-il été encore possible en 1852, de parvenir à connaître l'édifice auquel avait appartenu cette inscription, mais les souvenirs des indigènes s’effacent de plus en plus et mes recherches sont restées sans résultat. Tout ce que je me hasarderai à avancer, sous forme de pure hypothèse, c'est que cette plaque rappelait peut être l’embellissement d’une chambre de caserne, fait par le cuisinier militaire Ahtchi Ali.
L’année hégirienne indiquée dans celte inscription qui est bien arabe et non turque , comme Berbrugger le dit par erreur, a commencé le 17 avril 1770 et fini le 15 avril 1771.
N° 26. Inscription turque en caractères creux remplis de plomb; quatre lignes ; bon type oriental. Plaque en marbre mesurant 0m55 de largeur sur 0m48 de hauteur. (Inédite).
(Indications du livret , page 135. Inscription relative à Ibrahim aga en 1243 (1827). Le vendeur dit l’avoir trouvée à Constantine, dans des fondations. Caractères en plomb. Acheté le 6 avril 1852).
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Je traduis ainsi une traduction faite en arabe par feu Mohammed ben Otsman Khodja :
Le Seigneur Ibrahim aga le Bakeraoui,
qui se consacre incessamment aux bonnes œuvres,
(1) Ceci est évidemment une cheville amenée par les exigences de la rime.
(2) Cuisinier de l’armée, emploi qui jouissait d’une grande considération.
a fait construire cette mosquée, par sa munificence.
Que Dieu lui accorde deux récompenses au lieu d’une ! 1243.
L’année hégirienne 1243 a commencé le 25 juillet 1827 et fini le 13 juillet 1828. En consultant le travail sur les établissements religieux de Constanline, publié par M. Féraud dans la Revue africaine (tome xii, page 121), j’ai pu m’assurer que le nom du fondateur ci-dessus mentionné n’est resté attaché à aucune des mosquées de celte ville.
N° 27. Inscription arabe en deux lignes; fond peint en bleu; lettres en relief, peintes en blanc, avec quelques intérieurs en rouge ; bordure d’arabesques rouge et or; type oriental peu élégant; exécution médiocre. (M. Albert Devoulx, Moniteur de l'Algérie du 7 mars 1868. — M. Albert Devoulx, Alger).
(Indications du livret , page 127). Fort belle inscription en relief, encadrée dans une bordure d’arabesques, le tout peint en bleu, rouge et or. Figurait jadis à la Jenina, au-dessus de la porte du Trésor public ; a été plus tard transféré à la Casba.
Une assistance émanant de Dieu et une victoire prochaine ; et réjouis les croyants par cette bonne nouvelle.
O Toi qui ouvres les portes, ouvre pour nous la meilleure porte.
L’invocation qui précède est ordinairement employée dans un sens figuré et religieux. Mais ici, elle semble une allusion bien matérielle et bien mondaine aux richesses qu’on pouvait se procurer en franchissant la porte au-dessus de laquelle elle se trouvait placée. Le 1er mars 1817, le pacha Ali jugea prudent d’abandonner la Jenina, trop accessible à ses ingouvernables et sanguinaires soldats, et d’établir son domicile au milieu des canons de la Casba. Il n’oublia pas d'emporter le Trésor public, ni
(1) Il faudrait évidemment •
même l’inscription qui décorait l’entrée de la pièce dans laquelle on enfermait le numéraire. Cette inscription n’est autre que celle dont je m’occupe, laquelle, après un séjour assez court au sommet de la vieille ville, a été placée dans le Musée archéologique, non loin de l’emplacement du local pour l’ornement duquel elle avait été primitivement faite.
N° 28 Inscription arabe en huit lignes ; relief faible; mauvais type barbaresque, mal exécuté; tablette en marbre mesurant 0m25 de largeur sur 0m28 de hauteur ; l’écriture est renfermée dans un ovale inscrit dans un carré; trois des angles du carré sont brisés ; dans le quatrième angle, on lit le nom du prophète : Ayac-'L (Inédite).
( Indications du livret , page 140. Épitaphe de Mesaoud ben Abd er- Rahman el-R’ani el-Djezaïri; 0m30 sur 0m25. Elle forme un cercle inscrit dans un carré. Elle est datée de 715 (1315). Remis en août 1853 par M. Fenech, commissaire civil de Bougie.
Ceci est le tombeau de l’homme qui avait un extrême besoin
(1) La lecture de ce mot est incertaine. Toutefois, la leçon el-R'ani, donnée par le livret , ne semble pas admissible, attendu que la dernière et l’avant-dernière lettres ne sont pas liées.
de la miséricorde divine, Messaoud, fils d’Abderrahman , le champion de la foi (?), l’algérien. Il est décédé, — que Dieu lui fasse miséricorde, — le mercredi, huitième jour du mois de ramdan, le vénéré, de l'année sept cent quinze. Que Dieu lui fasse miséricorde et fasse miséricorde à ceux qui prieront pour lui.
Il est probable que cette inscription, l’une des plus anciennes que nous ayons (1), a été recueillie à Bougie, puisqu’elle a été donnée au Musée par le commissaire civil de cette localité. On regrette que le livret ne l’affirme pas. Le 8 ramdan 715 correspondrait au 6 décembre 1315, lequel tombait un samedi, ce qui est en désaccord avec l’indication ci-dessus. En prenant pour guide le jour de la semaine, on reconnaît que la véritable date de cette inscription est le mercredi 5 ramdan 715, soit le 3 décembre 1315 (2).
N° 29. Inscription turque en trois lignes divisées en deux compartiments, plus la date; relief; caractères orientaux, assez bons; exécution assez bonne. Plaque en marbre mesurant 0m89 de largeur sur 0m575 de hauteur. (Bcrbrugger, Géronimo , 2e édition, page 87. — M. Albert Devoulx, Moniteur de V Algérie, 1808. — M. Albert Devoulx, Alger).
(Indications du livret , page 128). Inscription en relief du fort des Vingt-quatre heures, datée de 975 (1567), et mentionnant le pacha Mohammed. C’est le fils du célèbre Salah raïs. Il gouverna ici du 8 février 1567 au commencement de mars 1568. (Voir, pour cette inscription, Géronimo , 2e édition, pages 87 et suivantes). Remis par l’artillerie le 18 juillet 1853.
(1) Une seule inscription, à ma connaissance, est plus ancienne que celle-là, c’est celle qui porte le n° 64 du Catalogue du Musée.
(2) Les musulmans subordonnent le commencement du mois de ramdan, — consacré au jeûne, — à l’observation directe de la nouvelle lune. Cette formalité irrationnelle amène souvent une différence d’un, deux ou trois jours entre la date usuelle et la date indiquée par le calcul rigoureux. L’indication du jour de la semaine permet de retrouver cette dernière date.
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Je traduis ainsi, d’après feu Mohammed ben Olsman Khodja :
Un très-grand vizir, désirant être agréable à Dieu, .*. a doté Alger de cette forteresse élevée et redoutable,
La hauteur de cette construction imposante est si grande, qu’elle égale celle du firmament. .-. A la surface de la terre* il n’en existe pas de semblable.
Pour perpétuer, dit cet édifice, son nom et l’époque (de son règne), .\ Mohammed pacha, protégé (par Dieu), éleva cette forteresse.
Année 975.
L’année hégirienne 975 a commencé le 8 juillet 1567 et fini le 25 juin 1568.
Cette inscription attribue la construction du fort en question à Mohammed pacha, lequel gouverna Alger du 8 janvier 1567 au mois de mars 1568, et fut le premier des gouverneurs généraux envoyés par la Porte qui s’occupa de fortifier les abords de cette place, alors très-faible en elle-même. Elle semble, dès lors, en contradiction avec les assertions duHaëdo, lequel dit que cet ouvrage fut construit par le pacha El-Hadj Ali ; mais ce désaccord est facile à expliquer; il paraît probable, en effet, que Mohammed pacha, dont le commandement fut très-court, eût l’initiative de la création de ce fort, mais que les travaux ne furent achcvés que longtemps après, sous le gouvernement d’El-Hadj Ali pacha el-Oldj (l’esclave chrétien converti à l’islamisme) el-Fortas (le
teigneux). Si le nom de celui-ci ne figure pas sur l'inscription, c’est que ce pacha eût de sérieux démêlés avec les janissaires, dont il ne payait pas la solde avec exactitude, et fut obligé, pour échapper à leurs coups, de quitter brusquement Alger en octobre 1569, en laissant pour intérimaire Mami Corso. L’antipathie que les janissaires éprouvaient pour El-Hadj Ali pacha dût les déterminer à décider, après entier achèvement des travaux, qu’en bonne justice l’honneur en revenait à celui qui en avait eu la première idée. La notoriété publique ne ratifia pas celte décision et employa plus tard la dénomination de fort d 'El-Hadj Ali pacha , ce qui est la confirmation éclatante des assertions de Haëdo.
Le 27 décembre 1853, on retrouva dans l’un des murs de ce fort, le squelette de Géronimo,qui y avait été enseveli vivant, le 18 septembre 1569, pour avoir refusé d’abjurer le catholicisme et de rentrer dans le sein de l’islamisme, son ancienne religion (1).
En dernier lieu, les indigènes appelaient cet ouvrage bordj setti takelilt (•JlXKIj dame négresse ), à cause d’une maraboule kabyle qui d’après la tradition était inhumée sous un banc en maçonnerie placé dans le vestibule, au dessous d’un arceau surmonté d’un côté d’une petite niche creusée dans la muraille et indiquant l’endroit où reposait la tête de la défunte. Lors de la démolition du fort, en 1853, il n’a été trouvé ni ossements sous le banc, ni tête sous la nicbe. 11 est vrai que ces restes avaient pu être enlevés pendant l’occupation française. Avant cette dénomination, qui ne parait pas remonter au-delà de la fin du XIe siècle de l’hégire, les Algériens nommaient ce fort bordj (le fort de) El-Hadj Ali pacha et aussi bordj Bab-el-Oued (le fort de la porte du ruisseau). Ce dernier nom était également employé par les européens concurremment avec celui de fort des Vingt- Quatre heures, dont l’étymologie est inconnue.
N° 30. Inscription arabe gravée en caractères creux sur des
(1) Voir l’intéressante brochure publiée par Berbrugger, sous le titre de Géronimo , le martyr du fort des 24 heures. — Alger, Bastide, 1859.
pïaques en marbre, présentant 0m275 de hauteur et 0rn08 d’épaisseur, lesquelles ont été brisées et se trouvent actuellement divisées en dix fragments d’inégale longueur, offrant un développement total de 4m06 (soit OÔO, 0m29, 0m51, 0™49, 0ra48, 0 m 4 7 , 0m28, 0m25, 028 0 m 5 1 ) . Ecriture et exécution médiocres. (Alger, par M. Albert Devoulx).
(Indications du livret, page 137. Trois épitaphes complètes et trois fragments d’épitaphe de Mohammed ben Sliman ben Abd Allah et- Tebib. Caractères creux d’où le plomb a disparu. Exemple unique ici, d’une sextuple (2) épitaphe d’un même individu sur le même tombeau, et surtout où le nom du défunt est accompagné de beaucoup d’épithètes élogieuscs. Remis par la Mairie, le 20 décembre 1854).
Auprès d’un gros et vieux caroubier planté au-dessus de la zaouïa de Sidi Abd Errahman et-Etsalbi et au pied de la colline fortement escarpée que couronnaient les remparts d’Alger, se trouvait le tombeau qu’un dey fit élever à son médecin, d’après la tradition, qui a oublié le nom des deux personnages. Cette tombe, connue sous la dénomination d 'el-merabot ettebib (le marabout médecin), se composait d’une coupole (1) reposant sur une base carrée, ouverte à tous les vents cl qui offrait sur chacune de ses faces deux arceaux soutenus, au milieu, par une colonne (2). Sur chacune des façades de ce petit monument étaient encastrées des épitaphes dont il m’est possible de donner le texte complet en combinant les fragments d’inscriptions du Musée avec les notes recueillies de 1830 à 1832, par M. le Capitaine d’Elat-Major Dclcambe (3).
(2) En réali'é l’épitaphe se répétait sept fois. A. D.
(1) C’est ce que nous appelons Marabout.
(2) On a imité ce style dans la construction du Marabout ou pavillon de la Reine, sis dans la partie N.-O. du jardin Marengo. et qui était destiné à recevoir le buste de la Reine Amélie, femme de Louis Philippe. Quelques personnes prétendent que certains des matériaux du tombeau du médecin musulman, ont été employés pour l’édification de ce pavillon, mais je ne puis reproduire cette assertion que sous toutes réserves. Il est certain, en tout cas, que les épitaphes du Tebib ont longtemps figuré dans cette partie de notre jardin public.
(3) .Te dois la communication de ces notes à l’obligeance de mon savant confrère, M. Féraud, interprète-principal de l’armée.