VIA .... F
« ... M. Séguier, de Nîmes, dans sa correspondance manuscrite, dit que [les trois lettres qui commencent la 3" ligne] peuvent admettre toutes conjectures.
« Nous pensons avec M. Millin, à qui nous avions communiqué nos doutes, que VIA est le commencement du nom propre de celui qui a fait le monument, et qu'il faut restituer ainsi ce marbre antique :
ms Mambtis IVLIAE PRlMœ
VIA Fectt »
M. AuDiAT a reproduit la copie de Bourignon qu'il traduit :
Bits Manibus JULI^ PRIM^^ FulYlA Yecit ».
Nous croyons devoir lire :
d[iis m(anihus) JuUx Primula\é\ f[ecit) ?
Aux dieux Mânes. A Julia Primula, X. (son mari?) lui a fait construire (ce tombeau).
Bibliographie: Veyrel, p. 11. — De la Sauvagère, p. 128. — Bourignon, p. 66. — Chaudruc de Crazannes, p. 150. — Audiat, p. 33.
ÉPITAPHE DE TAURICA. (?)
Copie de Veyrel :
TAVRICE L PRIMV LVS CON LVX
A la page suivante de son ouvrage, Veyrel en donne cette seconde copie :
D M TAVRICE F . L .
PRIMVLVS CON
Les deux versions sont ainsi citées par de la Sauvagère :
a TAVRICE L PRIMV LVS CONIVX
TAVRICE F • L • PRIMVLVS CON
BouRiGNON n'a donné que la seconde qu'il a disposée comme suit :
« TAVRICE . F . L . PRIMVLVS . CON LVX . P . »
« ... Le paléographe saintongeais [Bourignon] aurait dû faire l'observation, dit Chaudruc de Crazannes, que l'absence de la formule profane Diis Manibus sur l'épitaphe de Taurice , indiquait une inscription chrétienne des premiers siècles de l'Eglise... »
On doit lire peut-être :
[D(iis) m[anihus) (?)]. Taurice^ F(lavii ?) l[ibertae). Primulus con[j]ux p{osuU).
Aux dieux Mânes. A Taurica, affranchie de Flavius. Primulus, son mari, lui a fait construire (ce tombeau).
Ou encore, sans plus de certitude :
Taurice, J[ulius) Primulus conjux.
en supposant que les I revêtaient une forme spéciale pouvant les faire confondre assez facilement avec des L.
M. Audi AT traduisait :
« TAURICE FILI^ LUCIUS PRIMVLVS [CONJUX POSUItJ ))
Mais cette lecture ne serait admissible qu'autant que l'inscription serait incomplète. La défunte, dont le nom ferait alors défaut, serait une fille naturelle de Taurica.
Se basant sur l'absence des sigles D M, qui n'est pas cependant démontrée, M. Audiat suppose en outre que Taurica « ne devait pas être païenne )) . Ce serait exact si toutes les inscriptions païennes portaient la consécration aux dieux Mânes, mais il n'en est pas ainsi et, par suite, l'absence des sigles dont il s'agit ne prouve rien.
Quant à la véritable disposition des lignes de ce texte, en présence des deux copies de Veyrel, il nous paraît bien difficile de la découvrir.
Bibliographie: Veyrel, pp. 10 et 11. — De la Sauvagère, pp. 124 et 128. — Boufignon, p. 52. — Chaudruc de Crazannes, p. 156. — Audiat, p. 39.
INSCRIPTIONS d'aNGOULÊME.
Musée de la ville.
(( Une inscription, retirée des fondations de l'hôtel de ville, et incomplète,
ELVINIE
nous apprend que les Romains, confondant et embrouillant toutes les mythologies , avaient importé chez nous le culte de Cérès, qu'eux-mêmes avaient emprunté à la Grèce.
(( Enfin, en 1863, les fouilles opérées sur l'emplacement du château pour la construction de l'hôtel de ville , mirent au jour des antiquités [diverses , parmi lesquelles l'inscription ci-après] :
CIVI • BELINATE PVS • D
(Lièvre.) »
« Pierre (calcaire coquillier), chargée de cette inscription gravée en caractères :
qui nous apprend qu'on célébrait dans notre ville les mystères de Cérès-E le usine, définitivement abolis, disent les mythographes, sous le règne de Théodose P"".
« Les lettres IS, gravées dans un cartouche contigu de cette inscription , paraissent être la finale du mot CererY^ qui précédait celui d'Elusinte,
(( Enfin au-dessous de ce mot et presque au milieu de la pierre se trouve sur un cartel en relief, à pans semi-sphériques, un signe qui affecte la forme d'un L renversé, et que certains archéologues croient être un u gamma r (?) », lettre grecque qu'il serait impossible d'expliquer sans entrer dans des suppositions. »
« Longueur de cette pierre, 1 m. 34; hauteur, 65 centim., épaisseur, 29 centimètres. » (E. Biais.)
Ces deux fragments ne nous inspirent qu'une médiocre confiance ; cependant comme ils existent, et que d'ailleurs nous ne nous expliquerions pas trop qu'un faussaire eût perdu son temps à faire graver des textes aussi insignifiants que ceux-là, nous ne croyons pas devoir les rejeter complètement comme nous avions eu tout d'abord l'intention de le faire. Mais nous renonçons à en tirer quelque parti.
Bibliographie : Lièvre , Angoulême , histoire , institutions et monuments^ Angoulême, 1885, in-12, pp. 7 et 10. — E. Biais, CataL du musée arch, d'Angoulême, pp. 31-32.
Musée de la ville,
Dans sa Statistique monumentale de la Charente, J.-H. Michon cite comme ayant été découvert à Angoulême « un tombeau mutilé, méconnaissable dans le mortier qui l'enveloppe. »
Il en donne un dessin sur lequel on lit :
NTO • F • Q DOCiVS POS
Cette « légende, dit-il , parait être : QVINTO FILIO QVINTVS DOCIVS POSVIT. » — « Peut-être, ajoute-t-il ailleurs, ce tombeau a couvert la froide dépouille d'un de ces préteurs qui faisaient trembler les peuples devant les haches romaines. »
Il est presque superflu d'ajouter que l'abbé Michon devait avoir l'imagination féconde !
Nous ignorons , pour notre compte , ce qu'est devenu ce fragment funéraire que le musée d'Angoulême ne possède pas, et sur lequel il ne serait d'ailleurs pas possible de lire Quinto ftlio.
S'il a jamais existé, il ne peut qu'avoir été mal transcrit.
Bibliographie : J.-H. Michon, Stat. mon. de la Charente^ Paris, 1844, in-4°, pp. 172 et 202.