‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 150 sur 190 · A . ^TATIS . XX ET . VR . DCC . LXXI · texte numérisé non relu

A . ^TATIS . XX ET . VR . DCC . LXXI

« C'est-à-dire : Diis manihus ET memoriae (sous-entendu) aeternae TULLIAE Filiae Tullii MARTII CENTVRIONIS Defunctae Anno AETATIS XX ET YRhis (sous-entendu Romae conditae) DCC LXXI. » (Chaudruc de Crazannes.)

Tout en reconnaissant qu'il serait possible de traduire la dernière ligne par VR6zs santonicae, ainsi que le lui conseillait Visconti dans une lettre particulière (1), Chaudruc de Crazannes préfère s'arrêter cependant à la version qui précède et dater le monument « du principat de Tibère et de Tan de Rome 771 » .

« Voilà, sans contredit, dit-il, l'inscription la plus remarquable et la plus curieuse que nous possédions. Elle est insolite et dans les immenses recueils qui existent d'inscriptions tumulaires ou sépulcrales, on n'en connaissait pas qui rappelât la fondation de Rome...

(( .... Le centurion Tullius Martius était, sans doute, un citoyen romain en garnison à Saintes avec la cohorte qu'il commandait {?) il eut le malheur d'y perdre sa fille, et par un sentiment d'orgueil et d'amour-propre digne d'un citoyen romain et peut-être aussi par la force de l'habitude, il data l'année de la perte de sa chère Tullie de l'ère de sa patrie. »

M. Audiat a déjà fait justice de ce texte sur lequel Chaudruc de Crazannes s'était si complaisamment étendu et dont il avait même donné le fac-similé (pl. vi, n° 2, de son ouvrage).

(( [Cette inscription], dit-il, serait fort importante, si elle était authentique. Sortie d'une cave où des moyens artificiels lui préparaient de longue main une teinte sui generis et toutes les apparences d'une antique , elle apparut un beau jour pour

(1) « Celte inscription, disait Visconti, est la plus intéressante de toutes, parce qu'on y trouve l'an de la fondation VRBIS ; c'est-à-dire VRBIS santonicae comme Ausone l'appelle de la ville de Saintes... »

recevoir des visites empressées et exciter des admirations enthousiastes.... »

(( Quel dommage que ces pleurs versés par ce pauvre père sur sa chère TulUe ne soient causés que par le rire d'un homme d'esprit. »

Nous ignorons d'où M. Audiat tient tous les détails qu'il a donnés dans VEpigraphie santone^ et que nous avons tout lieu de suppose]' entièrement exacts , mais nous serons moins indulgent que lui-même , et nous stigmatiserons comme il convient l'impudent inconnu qui fit graver le texte qui nous occupe. Nous nous refusons à reconnaître le moindre esprit à cette pratique insensée, malheureusement beaucoup trop fréquente, qui consiste à fabriquer de toutes pièces et à lancer, soit pour les besoins d'une thèse quelconque, soit pour d'autres raisons encore sur lesquelles nous n'insisterons pas, des inscriptions dont il n'est pas toujours aussi facile que dans le cas présent de faire bonne et prompte justice.

Bibliographie : Annales encyclopédiques, t. i, 2^ partie, fév. 1817. — Chaudruc de Crazannes, Notice, etc., p. 43. — Chaudruc de Crazannes, pp. 173 et 148, (lettre de Visconti). — Audiat, p. 70.

(( Ce fragment, consacré aux mânes et à la mémoire de Lubius décédé à Uâge de , n'offre qu'un fragment d'inscription :

D • M ET ME LVBII

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