IT ANNOS XXVII T. VALERIUS
(de Longuemar.)
(( Cette épitaphe est gravée sur une petite lame de plomb, déposée dans une urne cinéraire découverte au milieu d'autres sépultures, près du Langon (Vendée). M. Fillon l'attribue au iii^ siècle. » (Ledain, Epigr. rom.)
Ce texte doit se lire : ,
CARINAE CONIVGI QVE VIX IT ANNOS XXVII T VALERIVS
Carinae conjugi qu[a)e vixit annos xxvii, T[itus) Valerius.
Titus Valerius à son épouse Carina, morte à l'âge de 27 ans.
La plaque de plomb a environ 10 cent, de long sur 4 cent, de large; les lettres ont une hauteur variable, généralement voisine de 0 m. 004.
Bibliographie : B. Fillon, Poitou et Vendée, 5" livr., le Langon, p. 5 et pl. i. — De Longuemar, p. 150 (sans comment.). — Ledain, Epigr. rom., p. 42 (sans comment.), et dans il/m. Ant. 0., 1886, p. 183.
Musée des Antiquaires de l'Ouest.
Fibule en bronze trouvée à Poitiers vers 1853, lors du percement de la rue de l'Industrie.
ACCV
M. de Montaiglon a fait remarquer que le mot ACCV n'est probablement que le commencement d'un mot : Accus ^ Accubitus^ Acculeius ...
<( On peut aussi rappeler ceux qui n'ont qu'un c. De nombreux - exemples justifient le cas de redoublement de cette consonne : Acuarius, Aculeus ...
« Il y a aussi des noms de femmes : Acutia^ Acutiana. » Bibliographie : Bull. Ant. F., 1873, p. 152.
CACHETS d'oculiste.
Collection de M. Alfred Richard.
Les cachets d'oculiste, dont on ne discute plus aujourd'hui le véritable caractère, ont été considérés pendant fort longtemps comme des œuvres cabalistiques. Les savants des derniers siècles, trop peu familiarisés pour la plupart avec la lecture des inscriptions romaines quelles qu'elles fussent, recueillaient précieusement ces petits objets, et leur attribuaient d'autant plus d'importance qu'ils ne les comprenaient pas. Ici comme en toute chose, le merveilleux ne trouve pas d'explication plus logique que l'ignorance.
(( En 1774 Sax (1) connaissait déjà dix-neuf cachets d'oculiste, et Tôchon d'Annecy (2) trente en 1816. Grivaud de la Vincelle (3), Bottin (4), Rêver (5) et Eloi Johanneau (6) apportèrent bientôt un nouveau contingent. De son côté, Febvret de
(l) Epistola ad Henricum van Wyn de veteris medici ocularii gemma sphragide, prope Trajectum ad Mosam nuper crulo.
{Vj Dissertation sur les pierres antiques qui servaient de cachets aux médecins oculistes. Paris, in-i^, 74 pages.
(3) Recueil de monuments antiques découverts dans l'ancienne Gaule.
(4) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. ii, pp. 449 à 463.
(5) Supplément au mémoire sur les antiquités de Lillebonne. Evreux, 1821.
(6) Mélanges d'archéologie publiés par M. Bottin, 1825, pp. 109 à 118.
Saint-Mémin (1) commenta deux inscriptions sigillaires nouvelles et deux autres passées pour ainsi dire inaperçues, bien qu'ayant paru dès 1809 dans le Mémorial encyclopédique (2). Ces travaux et des ouvrages peu connus en France, tels que celui de Gough (3), ont permis à Duchalais de lire, en 1846, à la Société des Antiquaires de France un fort bon mémoire (4) dans lequel il passait en revue cinquante sceaux. Puis, les découvertes aidant, le docteur C.-L. Grotefend, de Hanovre, a pu élever le nombre de ces antiques à quatre-vingt-six dans le Philologus (5), et le docteur Sichel â cent deux dans une monographie précieuse (6), mais plus médicale qu'épigraphique (7). » Après Sichel, Grotefend reprit encore la plume. Il réunit en un petit corpus (8) les cent douze cachets qu'il connaissait, puis en fit, peu de temps après, connaître deux autres dans un article qu'il adressa au Bulletin de l'Institut archéologique de Rome (9). Six ans plus tard^ Klein* compléta l'ouvrage de Grotefend par une publication nouvelle (10) ; Charles Robert fit paraître en 1875 un nouveau cachet qu'on avait trouvé à Reims (11) ; un autre fut retiré la même année du lit de la Moselle ; un troisième fut découvert à Arles en 1879, sur l'emplacement du théâtre antique (12), d'autres encore ont été signalés à différentes époques, soit par MM. Héron de Villefosse et Thedenat (13), soit par M. Mowat (14), de sorte que le chiffre de cent vingthuit cachets connus, donné en 1875 par Léon Rénier, se trouve aujourd'hui considérablement dépassé. La publication d'un nouveau corpus de ces petits objets serait intéressante à divers titres, et il nous semble qu'il devrait appartenir à M. Mowat de l'entreprendre, puisqu'il possède dans sa collection, soit en
(1) Mémoires de la Commission des Antiquités du département de la Côte d'Or, 1832-33, pp. 122 à 129.
(2) ï. I, p. 102. article de Lenz, et t. ii, p. 105, article de Baudot,
(3) Observations on certain stamps or seals used anciently hy ihe oculists.
(4) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. xviii, pp. 156 et suiv.
(5) T. xHi, p. 122 ; t. xiv, p. 617 et t. xxv, p. 153.
(6) Nouveau recueil de pierres sigillaires d'oculistes romains, in- 8" de 119 p. extrait des Annales d'oculistique.
(7) Ch. Robert, Mélanges d'archéologie et d'histoire, Paris, 1875, in-8°, pp. 5 et 6.
(8) Die Stempel der rœmichen Augenxrzle, in-8o de 134 p. Hanovre, 1867.
(9) Année 1868. pp. 104 et 105.
(10) Stempel rœmicher Augenaerzte, Boun, 1874, in- 4°.
(11) Mélanges, p. 16.
{[1) Bulletins de la Société des Antiquaires de France, 1879, pp. 87 et suiv.
(13) Cachets d'oculistes romains. Tours, 1882, in-8o. (Extrait du Bull, monum.)
(14) Bulletins de la Société nationale des Antiquaires de France, 1881.
originaux, soit en fac-similé, la presque totalité de ceux qui ont été découverts (1).
Les cachets d'oculiste sont en pierre tendre de nature plus ou moins scliisteuse et de couleur verdàtre. Ils affectent généralement la forme d'une plaquette rectangulaire ou d'un petit bâton prismatique sur les tranches desquels les inscriptions sont gravées. On connaît cependant au moins deux cachets d'oculiste qui s'écartent assez de cette forme habituelle pour ne plus présenter que trois tranches (2). Les arêtes de ces petits monuments sont le plus souvent taillées en biseau. Les plats d'un grand nombre d'entre eux sont parfois plus ou moins remplis par des graffiti ou des dessins qu'il n'est pas toujours très facile de comprendre, mais ne paraissent pas avoir grand rapport avec les indications qui se trouvent placées sur les tranches. Ce ne sont en général que des inscriptions fugitives comparées par Charles Robert à celles que les soldats font dans les corps de garde, ou que les enfants burinent, dans les collèges, sur les petits objets dont ils se servent journellement. Cependant comme quelques-unes de ces inscriptions reproduisent tout ou partie de la légende des tranches, il se pourrait alors qu'elles eussent été faites pour permettre à celui qui devait se servir d'un cachet de le reconnaître rapidement au milieu d'autres, rangés à plat, bord à bord (3).
On a beaucoup discuté sur le mode d'emploi des sceaux d'oculiste : Duchalais les a tout simplement considérés comme des marques de potiers destinées à être appliquées sur les vases qui devaient contenir les collyres; d'autres personnes ont pu croire qu'on s'en servait pour fermer, sous une empreinte de cire, les flacons ou les vases qui contenaient ces médicaments, mais leur véritable but ne fait plus de doute aujourd'hui, grâce surtout â la découverte qui a été faite à Reims par M. Duquenelle, de toute une série de petits bâtons de collyre sur lesquels se lisaient nettement les empreintes des fabricants.
Ces bâtonnets, dont M. Mowat et le musée de Saint-Germain possèdent un certain nombre d'exemplaires, sont extérieurement
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Salomon Reinach a publié dans la Revue archéologique (t. xi, année 1888, pp. 254 à 258), la « liste des noms des oculistes romains meniioimés sur les cachets », avec l'indication du lieu de leur découverie et des musées ou des collections particulières qui les possèdent. Cette liste, qui comprend bien près de 300 noms, sera d'une incontestable utilité, et facilitera considérablement la lâche des chercheurs à venir. Elle constitue un acheminement de haute valeur, vers la rédaction du corpus que nous avons souhaité.
(2) Sichel, Nouveau recueil, p. 115 ; — Héron de Villefosse et Thédenal, ouv cité, p. U.
(3) Ch. Robert. Mélanges, p. 8.
recouverts d'une poussière blanchâtre. Leur odeur est assez celle de la résine brune dont ils ont quelque peu l'apparence, et les légendes, qui expriment leur nature, sont gravées en relief d'un seul côté.
Le cachet que nous allons décrire a été découvert à Poitiers vers la fin de l'année 1873, et présenté par M. Ledain le 19 mars 1874, à la Société des Antiquaires de r Ouest. Il fait aujourd'hui partie de la collection de M. Alfred Richard^ et se compose d'un petit bâton prismatique^ de coulem^ verte, ayant 0 m. 035 de long sur à peu près autant de large, portant à l'envers, sur l'une de ses tranches, une légende dont la reproduction sur un corps mou serait ainsi conçue (voir pl. xlix) :