‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 17 sur 190 · ME · texte numérisé non relu

ME

hnp(eratori) [Caes{ari) M[arco) An]ton[io) Gordiano] pio, fel{i'ci), [Aug{usto], pontiificï)] max{imo), [tr{ibunicia) p{otestate) F...], co[n)s[uli) H. ..

Me[d[iolanum).. . .

A l'empereur César Marc Antoine Gordien, pieux, heureux, Auguste,

grand pontife, revêtu de la puissance tribunice pour la fois, consul

2 fois....

Saintes à lieues (gauloises) ; Bordeaux (?) à lieues.

Les caractères, peu profondément gravés et pour la plupart complètement effacés, témoignent déjà d'une basse époque.

« On peut seulement hésiter, dit M. Robert de Lasteyrie, sur le « chiffre de la puissance tribunicienne à la quatrième ligne. A (( ne considérer que le nombre des lettres manquant aux lignes (( précédentes il faudrait lire TRIB. POT. V, ce qui correspondrait « à l'an 242. Mais comme l'espacement des lettres peut n'avoir « pas été rigoureusement le même partout, il faut peut-être « lire Yl ou Vil, ce qui s'accorderait avec l'année 243 ou 244. « Cette borne, dont le moyen-âge a fait un montant de porte, « devait être placée à Pons même, sur la route directe de Saintes (» à Bordeaux et marquer la distance de Pons à Mediolanum et « de Pons à Bordeaux. »

Revenant sur le texte qu'il a fait connaître, et déclarant implicitement, une fois de plus, qu'il faut considérer la porte de Saint-Gilles comme ua monument romain, M. l'abbé Laferrière a écrit, en 1882, que le milliaire, quoiqu'on en ait pu dire, « était parfaitement à sa place naturelle et primitive. » Gela résulte, dit-il, « de la présence de deux bornes parfaitement semblables (1) » dans les maçonneries de la porte..., « du soin avec lequel ces bornes ont été conservées en place depuis le VHP siècle »..., et du fait même « qu'elles sont situées du côté de l'arrivée des voyageurs. »

M. Georges Musset, dans Y Art en Saintonge et en Aunis, reproduit les commentaires de M. de Lasteyrie, mais il soutient, sur la destination primitive du milliaire, la même thèse que M. l'abbé Julien-Laferrière, dont il est du reste le collaborateur :

« La preuve de l'importance de Pons, à l'époque romaine, ditce il, réside encore dans l'existence, à l'ancienne porte du casée trum féodal, de deux colonnes qui supportent l'arcade à la « fois la plus intérieure et la plus ancienne. Ces deux colonnes, « qui ont le faciès des bornes milliaires, semblent cependant « avoir été faites pour le lieu même où elles sont placées. Elles « portent chacune leur inscription; et l'interprétation la plus « plausible de l'inscription de la colonne de gauche est que cette

(1) La deuxième borne est presque entièrement fruste. On n'y distingue que les deux lettres IN.

(( borne marquait le point d'arrivée, au castrum, de la voie ro- (( maine qui venait de Saintes et traversait Pons, pour se diriger « vers l'Aquitaine, voie dont on retrouve les traces en différents « points (1). Ces colonnes supportent en outre un arc surbaissé « d'une facture romaine indiscutable, tandis que l'arcade précé- « dente rappelle un art moins perfectionné, par conséquent pos- « térieur de quelques siècles, et contient, novée dans la cons- « truction, une frise que l'on pourrait attribuer aux premières (( années de l'époque carlovingienne.

(( Il nous paraît évident que les colonnes en question ont été « faites pour la place qu'elles occupent ; et comme conséquence, « étant donné ce fait de la destination des coJonnes au lieu où (( elles sont élevées, il y a présomption qu'un castrum existait à (c Pons au IIP siècle de notre ère, castrum que justifierait plei- (( nement la position stratégique. Ce qu'il y a de certain, c'est (( que les colonnes cannelées, et les autres restes considérables (c de l'art romain signalés par nous, ont été trouvés à l'intérieur « même du castrum féodal. »

« En arrière de [la porte Saint-Gilles], ajoute encore plus loin « le même auteur, sont placées symétriquement, à droite et à « gauche, deux grandes colonnes affectant, jusqu'à un certain « point, la forme des bornes milliaires, mais ayant en plus un (( socle carré de 0'" 80 de haut et une sorte 'de chapiteau de « 0"' 25 d'épaisseur supportant un arc brisé, dont le mortier « nous a paru avoir des analogies frappantes avec celui que les « romains avaient coutume d'employer pour leurs constructions « dans nos contrées.

« Le socle des colonnes est parfaitement adapté à la pente du (( rocher et fait supposer, comme nous l'avons fait remarquer « [déjà], qu'elles ont été taillées pour l'endroit où elles sont « placées. Ce qui corrobore cette opinion, c'est que les inscrip- « tions qu'elles portent ont été gravées, non dans l'axe des (( socles, mais de façon à bien tomber sous le regard des « arrivants. )>

(( M. l'abbé Julien-Laferrière a fait des réserves, au sein « même de la Société des Antiquaires de France (2), sur la des- « tination attribuée à cette borne par M. de Lasteyrie, qui sem- « blait ignorer qu'elle eût un pendant (3). »

Pour notre part nous ne partageons certainement pas la manière de voir que nous venons de citer. Non seulement nous ne croyons pas que la borne de Pons soit encore en place, mais

(4) « Au château de Pons devaient se rencontrer deux voies : l'une allant vers « Saintes, l'autre traversant la Seugne au faubourg des Aires, pour rejoindre d'un « côté Cognac, de l'autre Archiac. »

(2) Cf. Bulletin de la Société nat. des Antiq. de France, t. XLI, p. 243 et suiv.

(3) Cf. L'Art en Sainlonge et en Aunis, 8« livraison, p. 91.

encore nous ne voyons pas sur quelles raisons on pourrait s'appuyer pour établir qu'elle était située dans la ville même. Les exemples d'un déplacement, parfois considérable, ne manquant pas, nous nous contenterons simplement de dire que le milliaire de Gordien III appartenait à la route de Saintes à Bordeaux.

BiBLiOGRApmE : Quicherat, Revue des Soc. savantes, 5° série, t. VIII, 1874, p. 492-493. ■— R. de Lasteijrie. Bull. Ant. F., t. XL, 1879, p. 287. — BuU. Arch. S., t. III, 1881, p. 94. — Abbé Laferrière, Bull. arch. S., t. III, 1882, p. 358.

MONUMENTS DE DÈCE (?)

Milliaire d'Antigny.

Un fragment de borne milliaire, dont le texte est encore inédit, a été trouvé près d'Antigny, en 1885, par le R. P. Camille de la Croix qui l'a récemment placé dans la galerie lapidaire du musée des Antiquaires de l'Ouest dont il est le conservateur. Les lettres ont 0"" 07 à la première ligne et 0™ 06 à la seconde :

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