‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 16 sur 190 · MONUMENT DE GORDIEN III · texte numérisé non relu

MONUMENT DE GORDIEN III

Milliaire de Pons

Le monument de Gordien III que nous allons citer est encastré dans un des montants de la porte St-Gilles à Pons. Bien que placé là depuis fort longtemps, son existence n'a guère été signalée qu'en 1874. M. Fabbé Laferrière en communiqua le texte, à cette époque, au comité des travaux historiques, mais trop préoccupé de faire remonter la porte de Pons à la période gallo-romaine, il ne vit, dans le milliaire, qu'un monument commémoratif rappelant la victoire à l'occasion de laquelle la porte même avait été bâtie.

En réponse à cette hypothèse, Quicherat fît paraître, dans la Revue des Sociétés savantes (numéro de décembre 1874), une note qu'il n'est pas hors de propos de reproduire ici :

« Le donjon de Pons, dit- il, de même que toutes les forte- « resses importantes du moyen-âge, fut enveloppé de plusieurs

« enceintes, et de l'une de ces enceintes il reste une porte dont « les montants ont été faits avec deux bornes milliaires. C'est du (( moins l'opinion que M. Laferrière a trouvée établie; mais il « ne la partage pas. Selon lui, la porte aurait été une porte « triomphale dressée par les Romains lorsqu'ils furent maîtres « de la position de Pons.

L'honorable antiquaire charentais a jugé à priori, sans « s'être demandé si l'on avait des exemples de portes triom- « phales montées sur deux colonnes portant des inscriptions. « Séduit par l'hypothèse qui s'était présentée à son esprit, il l'a « suivie dans toutes ses conséquences, et, par là, il a été amené « à interprêter comme la commémoration d'une victoire ce « qu'on peut lire encore de l'inscription de ces deux colonnes. « Voici la copie qu'il en a donné :

IMP TONGE PIO FEL MAXT GOSII ME

(c Cela voudrait dire, selon lui, que les soldats ont érigé cette « porte en l'honneur d'un empereur Antonin, car il explique « les deux lettres de la dernière ligne comme si elles étaient « une abréviation des mots Milites Ereœerunt. Mais qui ne (( reconnaîtra, à première vue, dans ce texte, tout mutilé qu'il « est, la formule accoutumée, des inscriptions itinéraires? (( La prétendue colonne de Pons, qui est bien une borne, ainsi (( qu'on le dit dans le pays, ne constate pas autre chose que « l'établissement ou la réparation d'une voie, sur laquelle les « distances étaient marquées à partir de la capitale des Santons, (( Mediolanum; et c'est au nom de cette ville qu'appartiennent (( les deux lettres ME de l'inscription. »

Mais, très probablement parce que la copie qu'il avait sous les yeux n'était pas des plus correctes, les observations de Quicherat se bornèrent aux quelques lignes que nous venons de citer, et la vraie lecture de l'inscription ne fut donnée qu'en 1879, lorsque M. Lisch, inspecteur général des monuments historiques, en eût fait parvenir un bon estampage à M. Robert de Lasteyrie.

IMP/////// TONG /////// PIOFEL/////// MAXÏ//////// COSII /////// .

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