‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 25 sur 190 · MONUMENTS DE GALERE · texte numérisé non relu

MONUMENTS DE GALERE

Milliaires de Cenon.

« [Une] quatrième colonne, trouvéeà Canon, porte l'inscription suivante:

ALUA MAXIM OBILC INUIG • PLXII

« que Bourignon explique ainsi :

« Domino nostro Galerio Valerio Maœimino, nobilissimo Caesari, (c invicto jorincipi, leugas duodecim. » dub^our.

Mangon de la Lande, de Longuemar, et les autres auteurs qui se sont occupés de 1 epigraphie du Poitou et de la Saintonge, ne paraissent pas avoir connu ce milliaire, aujourd'hui conservé dans la propriété de M. de laFouchardière, prèsdeChâtellerauU.

ALYA MA XI M OBILG

INVIC

PLXII

Gomme les indications de ce texte ne peuvent se rapporter qu'à Poitiers, nous proposons délire:

[D{omino] n{ostro) ? G]al(erio) Va[lerw] Maxim[iano n]ohil[issimo) C\aes[ari) invic[to.,,

[C[witas]\ P{ictonum) lieugae) XII,

Anotre Maître. A Galère Valère Maximien, très nobleCésar, invincible... Poitiers, 12 lieues (gauloises).

Bourignon attribue ce milliaire à Maximin II. « Gette inscrip- « tion pourrait appartenir, dit-il, eu égard aux lettres M A XI M, « initiales du nom de Maximin [ou de celui de Maximien], à cinq « Emi)ereurs ou Gésars; mais l'histoire et les monuments (( fournissent une route assurée pour aller à la vérité. 1^ Le litre « de noble Gésar ne saurait convenir à Maximin I. 2° Son fils, « Maxime, qui a eu le titre de Gésar, et dont le nom se trouve

(( sur plusieurs colonnes milliaires, n'a jamais pris les prénoms « de Gai. Val. D'ailleurs, la coupe des lettres de notre inscription c( n'est point celle du siècle de Maximin. Maximin Hercule (( n'a point sur les monuments et les médailles le titre de César, (( non plus que le prénom de Galerius. 4» Galère, pour lequel je (( balancerais, est presque toujours cité avec son collègue « Constance Chlore, et quelquefois même avec les Empereurs a Dioctétien et Maximien, dans les inscriptions où on ne lui (( donne que le titre de César.

(( C'est d'après une inscription du recueil de Grliter (1), où la « lettre L est figurée comme celle de l'inscription ci-dessus, que (( je me détermine à l'attribuer à Maximin Daza, nommé César, c( avec Sévère... l'an de J.-G. 304 (2). »

Pour notre compte, quelque fondées que soient généralement les hypothèses de Bourignon, nous ne saurions accepter ainsi celle qui, sur la simple similitude de deux lettres, lui fait attribuer ce milliaire à Maximin II.

Cet empereur n'a jamais commandé dans les Gaules, et ses relations avec ce pays furent incontestablement très peu nombreuses. On ne connaît guère de monuments épigraphiques portant son nom, tandis qu'il n'en est pas de même pour Galère. Du reste , l'inscription suivante , qui se trouve au musée d'Amiens (3), présente avec la nôtre de telles analogies qu'elle nous paraît devoir appuyer l'attribution que nous avons proposée. Elle est parfaitement complète quoique le contraire ait été supposé par un savant regretté (4', et M. Mowat l'a lue ainsi ^5] :

DN-GAL-YAL MAXIMINO NOB-CAES C-AMB ALSI

D(omin6) n[ostro) Gal[erio] Val[erio) Maxbnino,noh{Uissimo) Cœs'avi). Ciivitas) Amb{ianorum) a S[amarohriva) l[euga] prima.

A propos d'une autre inscription milliaire trouvée à Paris, et contenant aussi le nom de Galère, Desjardins a rappelé, dans la Revue archéologique, t. XXXIX, p. 308, l'inscription de Cenon que nous venons de citer.

« Il est facile, dit-il, d'en suppléar le texte ; son dispositif est (( à peu près le même que ceux des bornes de Paris et d'Amiens,

(1) Gruler, p. CCLXXX, n. 5.

(2) Cette assertion n'est pas tout à fait exacte, Maximin II n'ayant été créé César que le 1" mai 305

(3) Catal. du musée d'Amiens, 1876, p. 55, n° 23i.

(4) Cf. Desjardins, Revue Ârch. t. XXXIX, 1880, p. 308. (JS\ Mowat, Bull. Ant. F, 1880, p. 229,

(( et il se place à la même date, c'est-à-dire antre le 31 mars c( 307 et le 1^' janvier 308 :

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