VIIII . LMP • XV • GOS . liii
GENSORI P p.
c, fVL . G • F . VOLT. Verw^?
Tt{berio) Clau[dio Cae]sari A\ug{usto), Ger]manico, po[nt{iJici)\ max{imo), trihun{ieia) pot[est{ate)\ VIIII, imp{eraiori) XV, co(n)s{uli) I\ini censori, [piatri) p{atriae), C{aius){^^)J\ul{ius),{Caii)f{ilius) Volt{inia) tribu, V\erus. ?]
A Tibère Claude César Auguste, Germanicus, souverain pontife, revêtu de la puissance tribunice pour la 9^ fois, salué empereur pour la 15° fois, consul 4 fois, censeur, père de la patrie. Caius Julius Verus (?),nls de Caius, de la tribu Voltinia, la fait élever ce monument].
La neuvième puissance tribunice de Claude ayant commencé le 25 janvier 49, la date du texte se trouve ainsi comprise dans le courant de l'année qui suit et prend lin le 24 janvier 50. Mais ici se présente une difliculté. Dés sa huitième puissance tribunice, Claude avait été salué empereur pour la seizième fois; ce n'est donc pas le nombre XV que devrait fournir notre texte, mais un nombre supérieur, et nous ne pourrions accepter que très difficilement une pareille anomalie si elle ne se retrouvait
fréquemment dans les inscriptions qui sont relatives au successeur de Caligula.
Non seulement, en effet, le nombre des salutations impériales de Claude est variable pour une même année, — ce qui s'explique puisque ce prince en reçut jusqu'à cinq pendant le cours d'une puissance tribunice, — mais encore, pour deux textes gravés à un an d'intervalle, ce n'est pas toujours le plus ancien qui en accuse le plus. On pourrait le démontrer par plusieurs exemples, un seul suffira certainement. Tandis qu'une inscription cle Rome, datée de l'année 47, n'attribue à Claude que onze salutations, une autre inscription de la même ville, datée de l'année 46, lui en accorde une de plus (1). Ce défaut de corrélation résulte peut-être de la confusion produite, même chez ses contemporains, par les réitérations trop fréquentes des salutations impériales dont Claude fut honoré.
Les noms du dédicant étaient peut-être Caiiis Juliiis Verus.
Prises, en effet, d'abord par quelques chefs gaulois plus soucieux de l'amitié du conquérant que de leur propre indépendance, les dénominations de Jules César se répandirent rapidement.. Cette extension a été attribuée à diverses causes ; toutes les opinions qui ont été émises ont assurément leur valeur, mais il en est deux parmi elles qui méritent tout particulièrement d'être citées :
La première est due à M. Mowat:
« César, dit ce savant, nous apprend lui-même qu'après la « défaite de Vercingétorix, chacun de ses légionnaires reçut « pour sa part de butin un esclave gaulois. Par ce simple fait « on peut juger combien de milliers furent réduits en esclavage.
c( Un semblable acte de rigueur, accompli au lendemain d'une « lutte désespérée, fut certainement suivi de mesures de cléce mence quand la colère du vainqueur fut apaisée, et le nombre « des esclaves, affranchis au nom du proconsul des Gaules, dût « être proportionnellement très grand. De là sans doute cette « multitude de Jules, dont le nom répété forme le trait le plus « caractéristique de l'onomastique gallo-romaine (2) «
Nous emprunterons la seconde au très érudit directeur de la Revue épigraphique :
« L'abondance du nom Julius en Gaule doit provenir, nous « écrivait dernièrement M. Anmer,deceque Jules César aura ac- « cordé à beaucoup de Gaulois le droil de cité romaine trans- « missibleà leurs descendants (3). »
(1) . Cf. Wllmanns, ExempL inserlpt. latin., no" 738 et 817.
(2) Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-romaines, Paris 1887, in-8o,p. 36.
(3) Lettre datée du 16 août 1887.
Et quelque différentes qu'elles puissent paraître à première vue, nous croyons, pour notre compte, qu'il doit y avoir beaucoup de vrai dans les deux théories. D'ailleurs, elles reposent au fond sur un même principe : l'émancipation d'un grand nombre de Gaulois par Jules César.
Quanta la tribu Voltinia dont le nom se retrouve ici, il est hors de doute que c'était celle dans laquelle étaient inscrits les citoyens romains de Mediolanum Santonum. M. Mowat l'avait prévu en 1879, à propos d'une autre inscription de Saintes, et l'opinion qu'il émettait alors se trouve entièrement confirmée par les divers textes qui ont été découverts depuis cette époque.
Périgueux, Bordeaux et Clermont-Ferrand appartenaient à la tribu Quirina. Avec Saintes, ce sont là les seules villes d'Aquitaine dont on connaît la tribu.
En Provence, les citoyens romains de la ville d'Aix étaient classés, comme ceux de Saintes, dans la tribu Voltinia.
Bibliographie : Indépendant de la Charente Inférieure^ n.^ du 16 juin 1887. — Revue poitev. et saint, t. IV, 38-39, 1887, p. 93.— E[77îile] E[spérandieu], iourndLl Le Me II ni s ^ n'' du 10 juillet 1887.
— L. Audiat, Bull. arch. S. t. VII, 1887, p. 313 (copie dessinée).
— Recueil de la com. des arts^ 1887, p. 161. — L. Audiat^ Fouilles dans les remparts gallo-romains de Saintes^ Paris Saintes, 1887, in-8% 16 pages.— Bull. Ant. F., 1887. p. (1)— E. Espérandieu, Note sur les inscriptions romaines récemment découvertes à Saintes, p. 6. — Julien-Laferrière, EArt en Saintonge et en Aunis, 13^ et 14° livraisons, (planches sans texte).