‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 56 sur 190 · MUR · texte numérisé non relu

MUR

CURIOS (phallus)

Il ne faut certainement pas attacher à ce texte plus d'importance qu'il n'en mérite en réalité. Il n'est dû vraisemblablement qu'à quelque désœuvré qui n'apportait aucune intention votive à sa rédaction, mais il confirme ce que nous savons déjà, c'està-dire qu'il existait un temple de Mercure sur la hauteur de la Roche à Poitiers.

Le nom du dieu qui était adoré dans un temple voisin ne pouvait en effet que venir naturellement à Tesprit du lapicide improvisé dont l'œuvre est parvenue jusqu'à nous.

Un autre fût, analogue au précédent, porte la lettre M^ initiale peut-être du mot Mercurius,

Nous donnons encore le fac-similé de ces deux colonnes d'après les dessins du R. P. Camille de la Croix. (Voir pl. xxvi, fig. a et 6. )

Bibliographie : Journal officiel, n° du 4 avril 1880, p. 3848. — Revue des Sociétés savantes, 1880, p. 224. — Revue poit. et saint, t. m, 1886-87, p. 278. — Ernault , Bull, crit., 1884, (n« 20), p. 406. — C. de la Croix, Temples et puits de Mercure, pl. m, dans Mém. Ant. O., 1887, (sous presse, 15 mai 1888).

Fragment.

Le R. P. Camille de la Croix a découvert encore, parmi les débris qu'il a retirés du puits de Mercure, un petit fragment de pierre qui paraît avoir fait partie d'un autel votif.

Il ne porte que les trois lettres (voir pl. ix bis) :

////SME ///// qu'il est peut-être possible de lire :

.... Mercurio ? Ad]sme[rio ?....

Les caractères, de très bonne époque, devaient avoir O'" 05 de haut.

Ce fragment n'est pas cité par M. Ledain dans son Epigraphie romaine du Poitou.

Le culte officiel de Mercure — et avec lui celui des autres divinités romaines entrées dans le système religieux des Gaulois — ne semble guère avoir dépassé la fin du troisième siècle. (( Cunctasque aedes, quae antiquitus fabricatae fuerant^ a fundamentis subvertit », a dit Grégoire de Tours en parlant du fameux chef alaman dont les hordes barbares se répandirent sur notre pays vers l'an 240 (1). Alors fut brûlé le célèbre temple du Mercure arverne^ et cette œuvre de destruction était à peine consommée, que les missionnaires de la religion nouvelle, venus de Test, comme les Alamans, firent édifier des basiliques chrétiennes sur les emplacements mêmes des anciens temples.

<( Mais, dit M. Paul Monceaux (2), le vieux culte gaulois de Lug-Mercure se défendit longtemps [particulièrement en Auvergne]. On continua jusqu'à une très basse époque à fabriquer des statuettes de Matrae (3); Grégoire de Tours parle d'un culte païen qui subsistait à Brioude [à l'époque où il écrivait] (4) », et le même auteur cite encore « un certain Victorinus, esclave du prêtre de Mercure, qui se convertit et fut martyrisé (5) ».

Il faut reconnaître d'ailleurs que le culte des divinités païennes n'est jamais à ce point disparu qu'il ne soit plus possible d'en retrouver la trace de nos jours dans l'esprit du peuple. Il s'y montre tantôt sous la forme de légendes plus ou moins héroïques, tantôt sous celle des plus grossières superstitions.

Bibliographie : Ernault, Bull, crit., 1884 (n*" 20), p. 406. — Revue poit. et saint., t. m, 1886-87, p. 278. — G. de la Croix, Temples et puits de Mercure, pl. m, dans Mém. Ant. G. 1887, (sous presse, 15 mai 1888).

(1) Grégoire de Tours, i, 30.

(2) Rev. hist., t. xxxvi, 1888, p. 275.

(3) Birch, Hislory of ancient poltery, t. ii, p. 2G4.

(4) Grég. (le Tours, Miracul., ii, l : « Instante persecuiione ad Brivalensum vicum, in quo fanatici erroris naeniae colebanlur » .

(5) Grég. de Tours, Hist. franc, i, 331.

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