‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 57 sur 190 · INSCRIPTION RELATIVE A JUPITER · texte numérisé non relu

INSCRIPTION RELATIVE A JUPITER

Autel votif de Saintes.

On trouve dans V Indice du Cabinet de Samuel Veyrel (1) la copie d'une inscription ainsi conçue :

D M 10 VI AVG SACERDOS CINTV

GENVS ET CATIVS • V- IMP .

FVS-

(( Vne des susdictes pierres (qui semble auoir serui à vn

monument d'vn prestre au temple d'Auguste) nous oblige de croire, est-il dit encore dans Y Indice, que c'estoit le temple dédié par Tibère à Auguste Ceesar, qui fut establi en diuers endroits de l'Empire romain soubs Caius Caligula, dont l'inscription est telle:

lOVI AVG • ttt SACERDOS CINTVGENVS ET CATIVS V- IMPE- F - V - S - L - M - »

De la Sauvagère a connu ce texte :

« On peut, dit-il, tirer quelques conséquences du culte que l'on rendait à Saintes à Jupiter, d'une des pierres de Veyrel où est une inscription sépulcrale dont la formule est semblable à celle des médailles et des pierres gravées où les temples et les dieux sont qualifiés d'auguste {sic) :

lOVI • AVG • SACERDOS CANTV GENVS ET CATVSV IMP F- VS • LM •

(1) L'ouvrage de Veyrel . déjà très rare au dernier siècle, et devenu presque introuvable aujourd'hui, est un petit in-â" de iv-43 pages, ayant pour titre: « lndice]du Cabinet de Samuel Veyrel, opolicaire à Xaintes , avec un recueil de quelques antiquités de Xaintes, et observations sur diverses médailles. A Bourdeaux par Pierre de la Court imprimeur et marchand libraire, ruë S. lammes MDGxxxv. » L'exemplaire que nous avons consulté à la Bibliothèque nationale porte le no J. 5056.

Bourignon l'a cité aussi. Sa lecture, tout incorrecte qu'elle est, mérite cependant d'être reproduite. Elle est ainsi donnée :

(( Deo magno ou maximo, Jovi Augusto, Sacerdos Cintugenus et Catius votum imperio fecerunt, votum solventes libentes merito, ou plutôt (pour éviter la répétition du mot votum), ex imperio Jècerunt votum solutum libens merito, ou votum solemni libero munere et voto suscepto libens merito. »

On trouve enfin dans VÉpigraphie santone l'interprétation que voici des sigles, d'ailleurs assez embarrassants, qui terminent cette inscription :

(( Yolentes IMPensis Fecerunt Yotum Solventes luibenter Merito. »

Nous croyons pour notre compte qu'il serait préférable de lire :

D{eo) m(aximo) Jovi Augusto. Sacerdos (?) Cintugenus et Catius, [e]x imp{erio) ([ecerunt]. Vo(tum) s{olverunt) l[ibentes) m[erilo).

A Jupiter Auguste, dieu très grand. Cintugenus prêtre, et Catius, lui ont, d'après son ordre, [élevé cet autel] avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.

Mais il n'en est pas moins indispensable de faire quelques réserves à ce sujet. La correction que nous avons indiquée à la cinquième ligne, en lisant un ^ (partie supérieure d'un X), à la place d'un V ne suffit pas pour rendre le texte suffisamment clair. Les mots Deo maximo sont insolites ; les titres ordinaires Optimo Maximo — en admettant que le lapicide eût, par inadvertance, gravé un D .pour un 0 — ne seraient pas à leur place au commencement de l'inscription, et enfin il est assez difficile de savoir si sacerdos est ici placé comme qualificatif ou comme nom.

C'est dire que cette inscription — si elle n'a pas été mal copiée — est complètement barbare et reste tout à fait en dehors des règles de l'épigraphie.

Cint est un radical celtique qui existe encore dans le breton où il a la signification du latin primus. Cintugenus pourrait donc se traduire par <( le premier né » , et serait comparable à Primigenius (1). Ce nom gaulois se retrouve dans une inscription de Poitiers que nous publierons plus tard. On le lit encore sous la forme^ d'ailleurs identique, de Cintucenus ou de Cintucena, dans un certain nombre d'inscriptions romaines de Bordeaux (2).

(1) Zeuss. Gramm. cell., p. 307,

(2) Cf. Camille JuUian, Inscript, romaines de Bordeaux, t. i, pp. 241, 324 et suiv,

Les expressions ex imperio ^ ex jussu, etc, se rencontrent assez fréquemment dans les inscriptions votives.

Bibliographie : Veyrel, pp. 8 et 11. — De la Sauvagère, pp. 27 et 127. — Bourignon, p. 53. — Audiat, p. 65.

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