INSCRIPTION RELATIVE A LA PIÉTÉ
Autel votif dit de Lepida.
« Il y a quelques années que des agriculteurs de la paroisse de Cenon découvrirent, en fouillant la terre, les restes d'un petit bâtiment carré, ayant dans œuvre, 3 m. 32 cent., et dont les murailles avaient environ 65 cent, d'épaisseur; la maçonnerie était construite en moellons bloqués à bain de mortier et d'une solidité extraordinaire. Auprès d'une des murailles et sur le pavé, reposait sur deux piliers une dalle formant un parallélogramme rectangle, ayant de longueur 1 m. 625 millim., de largeur 596 millim., et d'épaisseur 271 millim.
(( Sur cette pierre sépulcrale on voyait le buste d'une dame romaine ou gauloise , enveloppée d'un manteau , sculptée en relief dans une espèce de niche ou d'enfoncement peu profond. Au bas du buste on remarquait un enfant du premier âge , enveloppé d'un suaire depuis le cou jusqu'à mi-jambes. Des fleurons partaient du derrière de la tète de l'une et de l'autre figure, comme les rayons d'un disque ou les pétales d'un tournesol.
« Les bons agriculteurs de Cenon [ne tardèrent pas à
croire que] ce qu'ils venaient de découvrir était une chapelle de la Vierge. » (Siauve.)
L'abbé Lalanne emprunte à de la Pylaie une description qui n'est que la reproduction textuelle des lignes ci-dessus. Sa copie ne se distingue de celle de Siauve c|ue par la substitution d'un F à l'E de la deuxième ligne. 11 commet en outre une
(1) Orelli, t. I, nos 1423 et 1U6.
autre erreur en faisant remonter la découverte du monument lui-même à l'année 1700.
(( [Le monument de Lepida qui vient d'enrichir notre musée] n'était pas, comme l'a dit Siauve, une pierre sépulcrale, mais une de ces stelae votivae qui étaient érigées ou dans les nécessités pressantes, ou pour l'heureux succès de quelque entreprise, ou pour un heureux accouchement, etc. » (de la Lande.)
(( Provient du champ des morts de Cenon et se trouve actuellement au musée de Poitiers. » (de Longuemar.)
« Stèle votive ou funéraire découverte vers l'an 1800, dans la commune de Cenon, dans les ruines d'un petit bâtiment carré. Ce monument représente un buste de femme placé dans une niche et un enfant enveloppé d'une chemise serrée au cou et aux jambes, couché horizontalement au-dessous de sa mère.
« Cette stèle, attribuée au iv® siècle, fut donnée en 1836 par M. l'abbé Millet à la Société des Antiquaires de l'Ouest. »
(Ledain.)
Hauteur de la pierre, 1 m. 60; largeur, 0 m. 55. Notre copie (voir pl. xx bis) :
LEPIDA VALENTIS F REGINI VXOR LEPIDA REGINI FIL PIETATI
Lepida, Valentis f{ilia), Regini iixor ; Lepida, Regini fil{ia). Pîelati.
Lepida, fille de Valens, femme de Reginus; Lepida, fille de Reginus. A la Piété.
Siauve croit que « le sacellum de Cenon a été un petit temple ou un oratoire élevé à la Piété par les deux Lepides. »
Mangon de la Lande pense plutôt que « Lepida^ heureusement délivrée, heureuse d'être mère, a prononcé, pour sa fille et pour elle, un double vœu à la tendresse maternelle et à Yamour filial, Ptetati'^... »
M. Ledain, se rangeant à l'avis de Siauve, suppose aussi que le petit bâtiment où la pierre fut découverte peut avoir été « un sanctuaire élevé par les deux Lepida à la Piété » .
Nous ne croyons pas, pour notre compte, qu'il soit possible de se prononcer à ce sujet.
Bibliographie: Siauve, pp. 101 et suiv. (copie dessinée). — De la Pylaie, Recherches au Vieux-Poitiers et au bourg de Cenon en 1834, (dans Affiches de Poitiers, 45 et 46 (1834), pp. 718 et 728). — Bull. Ant. 0., 1837, p. 369. — Abbé Lalanne, p. 91. — De Longuemar, p. 148. — Ane. Catal. P., p. 52. — Ledain b, p. 9. — Brouillet, p. 319 (n° 4112). — Ledain, Epigr. rom., p. 14, (et dans Mé7n. Ant. 0., 1886, p. 154).