INSCRIPTION RELATIVE A MINERVE
Autel votif de Saintes.
Dans le recueil dont nous avons parlé déjà, Veyrel a publié, en 1635, l'inscription suivante qui serait aujourd'hui perdue :
MINERVAE C SECONDVS FLORVS SECONDI V- L • M • MAGIRRA
(( M. de la Sauvagère, a dit d'autre part Bourignon , prétend que l'église de Saînt-Saloine [à Saintes] a été anciennement un temple de Minerve, et il veut le démontrer par [l'inscription suivante] prise dans le recueil de Veyrel :
MINERVAE- C- SECONDVS FLORVS- SECONDI • V- L • M • MAGIRRA
(( Miner oœ Catus Secondas Florus Secondt (Jilius) vovit libens-inerito. Magirra (postât). »
M. Aiidiat a reproduit enfin la copie précédente qu'il corrige, avec juste raison peut-être :
MINERVAE • C • SECVNDVS FLORVS SECVNDI • V • L • M • MAGIRRA
(( En suppléant un F après SECVNDI^ on a, dit-il :
« MINERVJE Caius SECUNDUS FLORUS SECVNDI FiLUJs VoviT ^^iBENs Merito. MAGIRRA (fecit).
« A Minerve, Caius Secundus FLorus^ fils de Secandus , a fait librement et avec justice un vœu que Magirra a accompli. »
Cliaudruc de Crazannes, que nous avons à citer aussi, s'arrêtait plutôt à quelque interpolation du dernier mot et ne croyait pas — ce qui est assez difficile à comprendre d'ailleurs — que Magirra pût accomplir un vœu qu'elle n'avait pas fait.
Il se pourrait dès lors que l'on dut se borner à lire :
Minervae. C[avi.s) Secundus Florus^ Secundi (filius), v[otum) \s{olvit)'\ l[ihens) m[erito), ou simplement: v[otum) l{ihens] m[erito).
A Minerve. Caius Secundus Florus, fils de Secundus [filiation exprimée a la manière gauloise] ^ avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.
Le mot Magirra, dont nous renoncerions ainsi à nous servir, fait penser à la forme latine Magirus dérivée du grec Mûy KLpoç = cuisinier.
Si on l'employait , comme on ne pourrait le laisser à la place qu'il occupe, il faudrait le rattacher vraisemblablement au mot Secundi, ce qui nous donnerait la lecture suivante :
Minervae C... Secundus, Florus, Magirra, Secundi f[ilia], v[olum) l[ibentes) m(erito] [s[olverunt)\.
A Minerve C... Secundus, Florus et Magirra, fille de Secundus, ont fait construire [cet autel] avec reconnaissance et en accomplissement de leurs vœux.
Resterait enfin cette troisième interprétation, tout aussi problématique que les deux autres :
Minervae C... Secundus, Florus Secundi [et) Magirra^ v[oturn) l[ibentes) m[erito) [s(olvei'unt)'].
A Minerve C... Secimdus, Florus fils de Secundus, etMagirra, ont fait construire [cet autel] avec reconnaissance et en accomplissement de leurs vœux.
Nous ne connaissons à Minerve d'autre surnom commençant par la lettre C que celui purement géographique et local de Cabardiacensis, qui ne convient assurément pas ici (1).
Bibliographie: Veyrel, p. 11. — De la Sauvagère, p. 126. — Bourignon, p. 97. — Cliaudruc de Crazannes, p. 28. — Audiat, p. 67.