‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 73 sur 190 · ROMAE . ET . AVGVS TO . PROVINCIA GALLIAE . DE . PVBLI CO · texte numérisé non relu

ROMAE . ET . AVGVS TO . PROVINCIA GALLIAE . DE . PVBLI CO

« DIVO . AVGVSTO .

(( En admettant que l'inscription votive trouvée à Saintes a un rapport direct avec le monument que nous décrivons, et dont nous venons déjà de donner la dédicace restaurée (1), il faut la lire ainsi :

« ROMAE . ET . AVGVSTO . PROVINCIA . GALLIAE AQUITANICAE . DE . PVBLICO

(( Ce qui voudrait dire que toute l'Aquitaine aurait contribué à l'érection du temple de Rome et d'Auguste [bâti chez les] Santones. »

M. Audiat est le premier qui ait fait remarquer que les mots PROVINCIA GALLIAE j lus par certains auteurs, n'étaient pas sans présenter de sérieuses difficultés, mais le véritable sens du texte ne nous semble avoir été donné que par Auguste Bernard, dans son ouvrage sur le Temple d'Auguste et la nationalité gauloise.

Les compléments que ce savant a proposés nous permettent de lire :

SACERDOTI. ROMAE . ET . AVGVST/ TRES . PROVINCIAL . GALLIAE DE . PVBLICO

Et si la copie de Veyrel était exacte, cette restitution pourrait parfaitement convenir; mais il ne paraît pas que la transcription de ce texte ait été faite avec tout le soin voulu par l'antiquaire charentais.

Il se pourrait, ainsi que de la Sauvagère l'a indiqué — en se basant sur nous ne savons trop quelle autorité, — que le fragment comportât une ligne de plus, et qu'il fallût par suite le lire :

sacerdoti

ROMAE ET AVGVST?

ad conflaentem

très PROVINCIAe

GALLIAE DE PVBLICO

Quoi qu'il en spit, il est à peine besoin d'ajouter qu'il ne saurait pas plus être question d'une inscription se rapportant à l'aqueduc du Douhet — comme le voulait de la Sauvagère, — que d'un monument votif placé sur les bords de la Charente ou

(1) Il s'agit de l'inscription précédente.

à l'intérieur de quelque capilole imaginaire, comme le proposa plus tard Bourignon. Il s'agit tout simplement d'une dédicace qui paraît avoir été placée sur le piédestal de quelque monument public, construit, aux frais des trois provinces de la Gaule Chevelue, en l'honneur d'un prêtre d'Auguste , qui pourrait avoir été de nationalité santone.

Cette particularité ne serait pas d'ailleurs sans exemple, et s'il est vrai que les monuments publics de même nature se trouvaient surtout à Lyon, il n'en est pas moins exact qu'à partir de l'année 238 les trois provinces de la Gaule durent se réunir plus d'une fois pour en faire construire sur d'autres points.

C'est ainsi que le musée de Saint-Lô possède une inscription célèbre provenant du piédestal de la statue que les délégués à la grande assemblée des Gaules firent ériger, dans sa ville natale, au prêtre viducasse T. Sennius Solemnis.

« Les trois provinces de la Gaule, est-il dit dans cette inscription, lui ont élevé un monument dans son pays , ce qui n'avait pas encore eu lieu, et le Sénat de la libre cité des Viducasses en a donné l'emplacement. Ce monument a été érigé le 18 des calendes de janvier, Plus et Proculus étant consuls [15 janvier 238] (1) ».

BiBLiOGRAPHip] : Veyrel, p. 11. — De la Sauvagère , pp. 43 et 125. — Bourignon, p. 57. — Cliaudruc de Crazannes, p. 36. — Chaudruc de Crazannes, Notice sur les antiquités de la ville de Saintes, découvertes en i8i5 et 4816, Paris, 1817, in-12, p. 10; et Annales encyclopédiques, t. 1 , 2^ partie, fév. 1817. — Aug. Bernard, Le temple d'Auguste et la nationalité gauloise, p. 76. — Audiat, p. 28.

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