QUINTUS-JULIUS Q . F . TER CETRUS DOMO ARE MILES LEG . XVIII . VOL
H . S . E . » (Arnauld.)
(1) Ainsi qu'on l'a vu plus haut, p. 17, la Table théodosienne est antérieure au règne de 'Théodose.
(2) Ce fait est possible, mais il n'est assurément pas démontré,
<( Arles comptait [des morts dans les cimetières des Santons] ; Bourignon, page 301, parle de l'inscription suivante en beaux caractères romains sur une pierre longue placée dans le pavé de la cour du prieuré de Briou :
(( QVINTVS . IVLIVS Q . F . TER . CETRUS DOMO ARELAT . MILES LEG . XVIII . VOL .
(( Le mot CETRVS, ainsi enchevêtré entre le nom de la patrie et celui de la tribu me paraît singulier. » (Audiat.)
Cette inscription est aujourd'hui perdue et il nous paraît bien difficile de nous prononcer entre les diverses copies que nous venons de citer. Toutefois, si nous écartons d'abord celles de Beaumesnil, de Dufour, de Ch. Arnauld et de M. Audiat qui ne sont en réalité que des reproductions plus ou moins reconnues d'une même copie, nous ne sommes plus en présence que de deux lectures. L'une, — celle du correspondant de Jouyneau- Desloges, — étant due à quelqu'un qui a vu le monument, l'autre, — celle de Bourignon, — n'étant citée que de seconde main, il est incontestable que la première devrait normalement l'emporter en exactitude sur la seconde.
D'ailleurs il ne saurait être question d'une légion de volontaires, car aucune légion ne fut jamais ainsi désignée. Ce mot Voluntariorum implique du reste l'idée de milices provinciales, c'est-à-dire de troupes qui n'avaient pas encore reçu aux premiers siècles de notre ère l'organisation spéciale que la Notitia dignitatam leur attribua beaucoup plus tard.
On ne peut que songer à lire le mot cohorte, et nous accepterions par suite complètement la copie publiée par les Affiches du Poitou, si, d'un autre côté, Texpression en toutes lettres du mot Jilius et la forme insolite dont le nombre XVIII est écrit, ne venaient nous inspirer quelques doutes sur l'entière valeur de cette copie.
<( Corrupta vel potius interpolata » telle est d'ailleurs sur ce sujet l'opinion de M. Mommsen (1). Comme nous ne saurions être d'un autre avis, nous proposerons assez volontiers le texte corrigé que voici :
(l) Ephem., t. v (1885), p. 245.
Q- IVLIVS Q- F- TER- CETRVS DOMO ARELAT- MIL- COH- XVIII VOL- H - S - E -
Ce qui nous permettrait de lire :
Q[umtus) JuHus , Q{uinti) flilius), Ter{entina tribu), Cetrus, domo Arelat{e), mU{es) coh[oriis) XVIII vol(untariorum). H{ic) s{itus) e[st).
Ici repose Quintus Julius Cetrus , fils de Quintus , de la tribu Terentina, né à Arles, soldat de la 18^ cohorte des volontaires.
Les cohortes, qui possédaient une organisation spéciale, complètement indépendante de celle de la légion, étaient formées soit par des alliés (cohors voluntariomim)^ soit par des provinciaux qui possédaient la qualité de citoyen romain {cohors voluntarioram civium romanorum). Leur nombre s'accrut avec les besoins de l'Empire et le chiffre de trente-deux que nous font connaître les épitaphes découvertes un peu partout, mais plus particulièrement près de Mayence (1), nous paraît avoir été dépassé.
M. Ledain s'est demandé si Cetrus était bien un nom propre. « Ne serait-il pas permis [de croire], dit-il, que Quintus Julius était surnommé Cetrus parce qu'il était armé du genre de bouclier [appelé en celte cetra], et parce que la 18^ légion, à laquelle il appartenait, en était pourvue toute entière comme celle des Mauri cetrati [de la Notitia digniiatum] ? »
Admettant ensuite comme vraie la lecture commune de Dufour,de Charles Arnauld et de M. Audiat , M. Ledain croit que le fait de la présence à Brioux , à un moment donné, de la 18® légion « demeure acquis et indubitable ».
« Une remarque, ajoute-t-il, trouve ici naturellement sa place. M. de Boissieu a observé qu'on ne rencontre pas, du moins à Lyon, d'inscriptions se rapportant à la 18® légion, parce qu'elle est une des trois qui furent détruites avec Varus dans la Germanie. {Inscript, de Lyon, p. 327.) Faut-il en conclure que cette légion est venue en Poitou avant ce célèbre désastre, qui date de l'an 9 après Jésus-Christ ? Une réponse affirmative ne serait peut-être pas téméraire. »
Pour les raisons que nous avons fait connaître déjà, nous ne
(1) Korrespondenzblatt der westdeulschen Zeilschrifl , 1882, p. 2. — Orelli, 90. — C. I. L., t. IX, n^^ 5835 et 2836. — Brambach, Inscript, rhénan., nos 1467 ei 1496. — Ephem. epigr., t. iv, 1884, 475.
partagerons pas, pour notre part, la conclusion de M. Ledain.
Plusieurs documents mentionnent des dix-huitièmes cohortes:
Un diplôme du 16 juin 138, découvert en Hongrie dans le comitat de Weszprim, indique qu'une cohors XVIII Vol{untariorum)C{wium) R{omanorum) faisait partie de l'armée de Pannonie supérieure , et se trouvait, avec quatre autres cohortes, sous le commandement de Haterius Nepos.
Un autre diplôme du 3 novembre 154, découvert au même lieu que le précédent , nous apprend encore qu'une autre cohors XIIX voluntarioram avait été placée de même sous les ordres du légat Claudius Maximus (1).
Bibliographie: Affiches du Poitou, 1784, p. 94. — De Beaumesnil, Rec. manusc, pp. 78 et 104 (copie au crayon). — Bourignon a, p. 48. — Bourignon, p. 301. — Dufour, p. 167. — Arnauld, p. 43, (34 de l'édit. de 1843). — Audiat^ p. 54. [Commentaire et copie reproduits dans Épigrapfiie; inscriptions rédigées ou relevées par Mgr X. Barbier de Montault, in-8% Marseille, s. d., p. 8. (Extrait du 34^ vol. du Répertoire de la Soc. arch. de Marseille.)] — Ledain, Epigr. rom., p. 38 (et dans Mém. Ant. 0., 1886, p. 178).
EPITAPHE DE L. AUTIUS.
Musée de Saintes,
« Plusieurs tombeaux découverts [â Aulnay] renferment
de petits vases en terre de forme et de couleur diverses, du charbon, des monnaies de l'époque romaine, des armes. D'autres sont couverts d'une pierre tuinulaire portant une inscription latine et abrégée qui indique assez la sépulture d'un sujet romain :
« (L-AVTIVS-....M.RVFRIVS-.... IVLL... LEG. XVI....) »
(Abbé Paris.)
Quelques lignes plus loin, le même auteur donne en note, et sans commentaires, l'épitaphe que nous reproduisons ici en lui conservant la disposition typographique sous laquelle elle a été présentée. L'abbé Paris ne parait pas avoir remarqué qu'il ne citait là qu'une meilleure copie du texte précédent :
(1) Renier, Diplômes militaires, in-4^, 1876, l''^ livr., pp. 148 et suiy.