RUTILIUS
« On sent que je veux parler du marbre intéressant déposé à la cathédrale, et sur lequel Duradier, Lebeuf et Bourignon se sont efforcés en vain d'appeler les regards des individus qui le possèdent sans en connaître le prix, et qui paraissent fouler aux pieds un monument qui, chez un autre peuple, serait l'ornement le plus précieux d'un musée national (1). »
Mabillon paraît s'être occupé le premier du texte de Varenilla :
« Hujus loci occasione visum est, dit-il à propos du temple Saiut-Jean, quoddam operae pretium hue afîerre antiquam veterum Gallorum nostrorum inscriptionem. Augustoriti-Pictonum nuperrime efEossam, et cathedralis ecclesiae interiori muro nunc
(1) Il paraît que la pierre tumulaire de Varenilla servait alors de banc ; Siauve dit de « marchepied ».
insertam, in qua multae ejusiiiodi inversae litterae insculptae sunt. Haecinscriptio facta est in honorem cujusdam praenobilis lieroinae Gallae, scilicct Cluarenillae, Cluarenni consulis filiae, qiiae sive ob eruditionem, sive ob praeclarum aliquod facinus, statuam et monimentum piiblicum promeruit. Hanc inscriptionem praecedenti siiperaddendam existimavi ad renovandam istius heroinae memoriam, excitandamque sagacitatem litteratorum, maxime clarissimorum Regiae inscriptionum et numismatum Academiae sociorum, qui forte celeberrimae quondam feminae obliteratam memoriam ab interitu revocabunt. Saltem hoc pignus erit meae in illustrissimes et clarissimos socios observantiae, quorum academicis exercitationibus^ honorifico quidem, sed gratuite omnino favore interesse mihi datum est. »
Sa lecture est ainsi conçue (Voir pl. v bis) :
(( Cluarenillae, Cluareni consulis filiae, civitas Pictonum funus, locum, statuam, monimentum publicum. Marcus Censor Pavius, legionum Augusti primus praetor, provinciae Aquitaniae consul designatus, maritus, honore contentas suâque causâ ponendum curamt. »
Après Mabillon vint dom Martenne, qui se borna à reproduire, à peu de chose près, ce qu'avait déjà dit son prédécesseur. Piganiol de la Force n'arriva qu'en troisième lieu.
(( Les antiquaires, disait-il, remarquent [dans l'église cathédrale] un ancien marbre blanc long de six à sept pieds , d'un pied et demi ou environ au quarré, et sur lequel est une inscription que l'on peut lire dans le supplément de la Diplomatique de Mabillon. Ce marbre fut tiré, il y a quelques années, de l'église de Saint-Jean que la plupart des antiquaires croyent avoir été un temple d'idoles. »
Pendant les divers séjours qu'il fit à Poitiers, de Beaumesnil ne manqua pas non plus de dessiner la célèbre épitaphe.
Une première copie, qu'il prit en 1742, était la suivante :
« CL • VARENILLAE • CL • VARENI • COS • FLAE
CIVITAS • PICTONM FVNVS • LOCViM • SS\AM •
MONMENT PVBLIC M CjNSOa-PA^LVS-LEG Am-IR-PR c[=l c
VNCAOVTAN- COS* DESIG' A\RTVS HONOBI CONE^vSS^AaC