‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 155 sur 217 · INSCRIPTIONS COPIÉES PAR VEYREL · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS COPIÉES PAR VEYREL

(( Uan 1609, dit Veyrel, le Sieur de Perne, Gouuerneur de la ville 8c Chasteau de Xaintes ayant eu commandement d'Henry 4 Roy de France de faire dresser quelques bastions en iceluy Chasteau, fit ruiner vue vieille tour à l'entrée de la Citadelle pour en auoir les matériaux : & ayant faict bescher au fond de la tour & aux enuirons d'icelle, il s'y trouua grande quantité de pierres eu vn monceau : les vues tesmoignoyent avoir seruy de pilastres à quelque grand Edifice comme pourroit estre vn Temple : les autres scmbloyent estre du débris de quelques Monuments & Sépulcres. On trouua en outre d'autres stuctures [sic] représentants quelque forme d'Autels k l'antique avec diuerses figures & inscriptions , dont les vues auoient la semblance de quelques Prestres Flamines sacrifiants auec quelque instrument de Religion comme Patères, Sympules, Litues, Disques & autres, la pluspart desquelles Pierres fuient rompues par les ouuriers & employées aux bastions; en ayant faict conseruer quelques vues, afin d'en tirer l'Inscription. & mesmes les afficher aux murailles des bastions, de façon qu'on pouuoit lire, ou à tout le moins remarquer la pluspart des lettres qui estoyent escrites : ce qui a duré de la sorte iusques en l'année 1629 qu'elles ont esté renuersées soubs Louis trezieme : à cause de quoy ma curiosité me porta de faire vn recueil de celles qui me furent monstrées, le restant s'estant perdu et destruit par nonchalance (1).

« Ne pouuant leur monstrer réellement les marbres & pierres, ils se contenteront, s'il leur plaist, — dit ^'eyrel dans sa préface en parlant des visiteurs du nuisée qu'il avait formé — que

(1) Veyrel, p, 7.

ie leur en représente icy la figure & desc:'ption le mieux qu'il nie sera possible » (1).

« Ces inscriptions, dit de son côté BouriL^ion, furent trouvées à Saintes, en 1609, dans les démolitions d'une vieille tour située auprès du Capitole. Samuel Veyrel, apothicaire, les recueillit et les fit imprimer dans un ouvrage qui a pour titre : Indice du Cabinet, etc.

« M. de la Sauvagére, ajoute-t-il, les a depuis insérées dans son Recueil d' antiquités, mais il n'a pas jugé à propos d'en hasarder l'explication. Je n'ai pas été arrêté par les fautes qui se trouvent dans la copie de Veyrel. Après m'étre donné des peines inutiles pour pouvoir découvrir les inscriptions originales, j'ai pris le parti de corriger les erreurs du copiste. Je n'ai point changé l'ahgnement des lettres, mais je me suis permis d'en arranger la ponctuation » (2).

EPITAPHE DE L. AEMILIUS PATERNUS.

Copie de Veyrel reproduite par de la Sauvagère (3), qui

omet la lettre F de la dernière ligne

D M L • AEMILIO PATER

NO VERTERI • F •

SVIS Q • POSTERIS

M • AEM • PATERNVS

ET LAEMIL SEVER

VS

(1) Veyrel, p. 2.

(2) Boiirignon iiaquil à Saintes vers le milieu du dernier siècle et mourut en t79i, laissant en manuscrit les Recherches historiques, lopographiques et militaires, que nous avons ilû citer plusieurs fois. Ce travail fut publié en l'an IX parles soins d'un préfet de la Charente-Inférieure, mais les pUniches qui devaient l'accompagner restèrent inédites et le sont encore aujouririuii.

(3) Les inscriptions citées par Veyrel et de la Sauvagère le sont toujours sans aucun commentaire.

Bourignon a mis un point entre chaque mot. Nous lisons ce texte qui nous parait bien transcrit :

D{us] Mianibus). L{ucio) Acmilio Paterno, Verlcri f{iHo), suisq{ue) posteris, M[arcus) Aem[ilius) Paternus et L{ucius) Aemll[ius) Severus, f[ecerunt).

Aux dieux Mânes. A Lucius Aemilius Palernus, fils de Verterus et à ses descendants, Marcus Aemilius Paternus et Lucius Aemilius Severus [ses deux lils], ont fait construire [ce tombeau].

Bien que ce ne fût pas une règle absolue ni le résultat d'une loi, comme le pensait Borghesi (1), il était d'un usage assez fréquent, dans les familles romaines^ que le fils aîné reyùt â la fois le prénom, le nom et même le surnom de son père. Le second fils joignait un prénom particulier à son nom de famille, mais il rappelait généralement, dans son surnom, le surnom ou parfois même le gentilice de sa mère.

Il est dès lors fort probable que Marcus Aemilius Paternus était le plus jeune fils de Lucius.

On sait en outre que la filiation s'exprimait par le mot filius immédiatement précédé du prénom ou, beaucoup plus rarement, du surnom du père mis au génitif.

Verterus n'étant pas un prénom, la filiation est dite ainsi à la manière des Gaulois.

En raison de cette particularité, Bourignon a pu penser à tort (( qn' Emilius Paternus, Jils de Verter, dédaignant son origine gauloise, et voulant en détruire la trace, avait renoncé au prénom de son père et pris les nom et prénom de la famille Aemilia à laquelle il pouvait appartenir du côté maternel » ,

Bibliographie: Veyrel, p. 11. — De la Sauvagère, p. 127. — Bourignon, p. 49. — Audial, p. 62.

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