‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 27 sur 217 · XII II · texte numérisé non relu

XII II

A nos (l'Alix Maîtres i'/i. A Flavius Valei'ius Constance (Glilorc, livs iirand, très noble César, ideux, heureux, invincible, Aufj^uste, grand pontife, revêtu de la puissance, ti'ibunico, consul. 14 lieues igauloisesi.

Le milliaire est de l'orme cylindri({ue, à base cubique, les caractères, assez grossièrement gravés, ont 0 m. 07 de hauteur.

Dans le mémoire dont nous avons parlé déjà, M. Ragon propose la lecture suivante :

« Impcralori Flavio Valcrio Constautio Ma xl^slO NOBILisslmo etc. ))

Nous la croyons d'autant moins probableque Constance Gldore, dans les monuments épigraphiques de la Gaule surtout, est presque constamment appelé Dominus noster.

M. Rondier. qui fut bien « l'inventeur » de ce milliaire, considérait les sigles : III IX. delà cinijuième ligne, soit comme une transcri[)tion fautive de FI N. X, soit comme la représentation du nombre iO. « Le chiffre X indique dix lieues gauloises,

«dit-il, et par conséquent un parcours de 22,200 mètres {[). « Eh bien, si du tènement de la Grosse-liorno, où aboutissait le « [milliaire; XIII I, nous mesurons sur les plans cadastraux, « nous trouvons de ce point jusqu'à Brie 22,500 mètres, c'est- « à-dire dix lieues, avec un simple excédant de 300 mètres. « N'en résulterait-il pas que c'était à Brie que finissait le territoire « poitevin, et qu'ainsi les caractères altérés qui précèdent le « nombre X si;^niflent FINES? Dans tous les cas, ce fac similc « III IX indi(juerait le nombre 40, total des 16 lieues de Poitiers « à Rom et des 24 portées sur notre colonne (2). »

Avec M. Ragon est émise une nouvelle hypothèse. D'après cet auteur, les sigles en question n'indiquent pas le nombre 40, mais tout simplement la nombre VI, et si le mode de représentation que nous avons sous les yeux n'est pas absolument celui que tout le monde connaît, « c'est parce que ceux qui passaient « au milieu de la route à cheval, ou en voiture, lisaient mieux « de loin cette forme que la seconde... »

On conviendra que cette théorie n'est guère acceptable. Elle ne repose sur aucune preuve, et nous ne nous expliquons pas que pour contredire ses prédécesseurs, sans apporter dans le débat des arguments qui ne sont pas toujours irréfutables, M. Ragon se soit montré parfois trop passionné.

Assurément, nous n'avons pas la prétention de trancher sans conteste la question posée par les sigles embarrassants du milliaire de Brioux; cependant, nous ferons remarquer que leur facture diffère assez sensiblement de celle des autres caractères du texte, et nous proposerons dès lors de les considérer comme absolument étrangers à l'inscription primitive dont ils font aujourd'hui partie. Les exemples d'interpolation de caractères modernes dans des inscriptions anciennes ne manquent pas. Généralement ceux qui les commettent se bornent à copier plus ou moins habilement quelques uns des mots qu'ils ont sous les yeux, et nous croyons que c'est ici le cas.

Bien que le nom de Constance Chlore, César des Gaules, fût généralement seul indiqué dans les inscriptions gallo-romaines, il était d'usage, comme on l'a vu plus haut, de rappeler le souvenir du deuxième César, Galère, en dédiant le monument aux deux princes. Ainsi s'expliipie la restitution que nous avons [•reposée.

Bibliographie : Rondier, i copie dessinée . — Ragon, p. 425. — Arnaud, p. 43.

(1) Une erreur typographique a fait dire 2,200 mètics à M. Rondier.

(2) Rondier, ouv. cité, p. 12.

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