‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 46 sur 217 · GNON · texte numérisé non relu

GNON

«.. Ou entre dans la ville [de Saintes], par un pont au-milieu € du(iuel est une porte triomphale. Cet arc avait été bcàti sur les « bords de la Charente, qui a chang-é délit ; de sorte qu'il est au « milieu de son cours, et enclavé dans le pont : ainsi Tonne peut « arriver dans la ville sans passer dessous. Le temps l'a accablé « de ses outrages ; toutes les parties saillantes sont mutilées son a sommet est couvert de brèches, et les plantes qui viennent « végéter sur les vieux monuments, comme pour attester que les « ouvrages de la nature sont seuls durables, percent de tous cô- « tes. Cette ruine est si pittoresque, que l'homme le plus indifTé- « rent ne peut s'empêcher de la voir ave3 quelque intérêt »

MILLIX.

« L'arc de Germanicus est le monument gallo-romain le plus

« remarquable et le mieux conservé que possède lavillede Saint tes. On s'imag-inerait qu'il a été élevé sur le milieu du pont qui « joint la ville au laubourg des Dames, si sa construction n'était « évidemment antérieure de plusieurs siècles à celle du pont « dans lequel il est enclavé. Sa base au fond de la rivière est un « massif de maçonnerie de soixante pieds de long-ueur sur vinet « de larg-eur. Au niveau du pont, l'édifice a quarante-cinq pieds « de long sur dix d'épaisseur, et consiste en deux portiques à € plein cintre de douze pieds d'ouverture chaque, dont les piles « sont massives et construites en blocs de pierre de trois, qiiatre e et cinq pieds de longueur sur deux et trois d'épaisseur. On éva- « lue à soixante pieds la hauteur de ce monument, à prendre du

« niveau moyen de la Charente Sur chaque face du monu-

« ment la frise de l'entablement est occupée par une inscription • € on en distingue une autre sur l'attique, mais seulement du « côté do la ville. Ces trois inscriptions sont fort altérées • il n'en

11). « La pierre quon a employée pour la construction de ce mn « numeut a été tirée des carrières de Saintes. Elle est remplie de en « quilles et de fossiles et sujette à la /jelèe. iMM. les auteurs de là « nouvelle Encyclopédie par ordre d.^ matières, avancent à l'artirlp < Saintes, que cet arc est de marbre blanc. Une pareille erreur e.t in « concevable ; quel ouvrage inspirera désormais de la confia^nr^P « SI celui-ci, qui est annoncé avec tant de laste, et qu'on re-^apHÂ

• comme le chef-d'œuvre de l'esprit humain, n'est pas même e\<»mn#

• de fautes grossières ! • Bourignon. - cnipi

« reste plus que quelques lettres qu'il serait difficile d'assem- « bler aujourd'hui.

a , . . Le pont dans lequel ll'are] est encaissé, etqui est lui-même « un monument vénérable, va être démoli, et l'on n'a imag-iné « rien de mieux, pour conserver un souvenir de l'arc triomphal, « que de le démonter pierre par pierre et de le reconstruire « ensuite, de sorte qu'on aura par ce moyen un édifice tout neuf « dégagé de ces lichens et de ces mousses qui le déparent »

Page 1