‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 47 sur 217 · CAMILLE BONNARD · texte numérisé non relu

CAMILLE BONNARD

« L'arc de triomphe de Saintes est composé de grands blocs « de pierre de taille dont quelques-uns ont jusqu'à '^'"oO de lon- « gueur. Ils ne sont liés par aucun morlier, mais assemblés par « des queues d'aronde en bois, une sur chaque face, (^es queues « d'aronde ont environ 20 centimètres de long et ne se trouvent <c que dans les massifs intérieurs. Lorsque les pierres sont trop « grandes, il y en a deux sur chaque face. Les pierres cxté- « rieures étaient reliées par des crampons de fer scellés en « plomb. La taille des pierres est assez soignée et elles sont « parfaitement ajustées. Pour obtenir la juxtaposilion dans les « joints verticaux, les pierres ne sont taillées que sur 7 ou 8 M centimètres, et un démaigrissement assez fort se fait remarquer « d'une manière régulière dans toutes les pierres, sans excep- « tion. Outre les cavités faites pour les queues d'aronde. il en « existe d'autres sur les faces latérales de quelques pierres, ayant « 0,15 i/2 de long sur 0,45 de large, et 0,09 de profondeur, « dans lesquelles on n'a trouvé ni bois ni fer. Il est probable « qu'ils (sic) ont dû servir à l'ajustage des pierres dans la cons- « truction, en y plaçant les instruments pour ne pas écorner « les blocs. Quant à la nature de la pierre, c'est celle du pays. « Quelques personnes ont pensé qu'elle venait des carrières de « Douhet ; mais [elle doit plus probablement provenir] d'une « carrière située rue des Balets. » Forestier (I).

» L'arc de triomphe de Saintes n'est point relatif à un fait « d'armes public ou particulier ; il ne rappelle pas d'affligeants « souvenirs. C'est un témoignage de l'amour et de l'admiration Œ des Santones ^our un prince [Germanicus], idole du peuple « romain , qui sut allier, quoique dans un âge peu avancé, « les vertus du conquérant et celles du citoyen.. .

« Malgré le ravage des temps, et grâce aux soins de l'archi- « tecle Blondel, cet édifice imposant est dans un assez bon état « de conservation. Disons-le cependant : les dispositions que « Blondel s'est cru obligé de prendre pour en prévenir la ruine

(1). Congrès archéologique de France, session de Saintes, 2° séance du mardi 18 juin 1844. (Bull. mon. t. X, p. 533).

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