‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 48 sur 217 · TS · texte numérisé non relu

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A Germanicus César, fils de Tibère Auguste, petit fils du divin Auguste, arrière petit-fils du divin Jules, augure, flamine augustal, consul pour la 2*^ fois, salué empereur pour la '2^ fois.

A Tibère César Auguste, lils du divin Auguste, souverain pontife, consul pour la 4" fois, salue empereur pour la 8'' fois, revêtu de la puissance tribunico pour la 22" fois.

A Drusus César, fils de Tibère Auguste petit-fils du divin Auguste, arrière petit-fils du divin Jules, pontife, augure.

« Il est évident, dil Milliu, qin^cjthrc avoit été élevé à Germa- « nicLis après sa mort, et que, poir no pa.^ offenser l'orgaeil <i jaloux de Tibère, le.s Santoncs lui adjoig-nireiit ce prince et son « lils Drusus, l'an de Rome 77 i et ^1 de Jésus-Christ ».

Tibère ne porte pas le prénom Imperator dans la partie de la dédicace qui lui est relative. Suétone (1), Dion Cassias {"1), et d'autres auteurs encore, nous font en effet connaître qu'il y renonça.

Ce fut aux caleudesde janvier 21 ({u'il commcnra son quatrième consulat. Il entra le "-Il juin suivant dans sa vingt-deuxième puissance triljunice, et nous avons ainsi, d'une façon précise, la période de temps pendant laciuelle les lignes en son honneur furent gravées. Or, à cette époque, Gevmanicus était déjà mort à Antioclie depuis deux ans. C-omme les indications fournies par l'épigraphe (|ui lui est particulière, tendent à faire comprendre l'arc de Saintes (.'}), parmi ceux qui ont été con.>truits entre les calendes de janvier 18 et le \) des ides d'octobre 11), nous pensons qu'il faut les considérer moins comme une date, que comme un hommage rendu à la m(';m()ire du jeune général, et nous sommes [)ar >uite d'avis (ju'il n'y a [)as lieu d'en tenir compte chuis la détermination de l'âge du monument.

Une inscription de Nimos, aujounrhui pordiie, devait être presque identi([ue à la partie do la dédicace ([ui est relative à Drusus (tj M. Allmer en a conclu que ce [)rince était peut-être le patron de cette colonie.

{\).Suct(m(\ Tib. 26.

(2) Dion Cnss. 57, 2.

(•'{). Kilwai'il llan-y, dont on ciiiuiait li''^ sav:ints ti'avaux, a comniis inic lri:;(''roiiiexac/titU(l(;, ipie nous nous pcrni.'ttrons d", signal<M' i(;i, on éci-ivant (buis la nouvelle éintioii de ['Histoire du Ijukjuc- (lo(',i. Il, p. 271, 2"col., (|ii(' le- ])r('Mres île lîonie et d'Auguste, liatissaienf, " à, leui'.s Irais, des moiMunerits pidilics, conune h; celél)re >' pont romain de Salâtes, doiil l'un Acs po/'lii/iics esl encore ilebout '• 11^711, smanonté d'une inscia|)iiou gravée sous le règne de benipe- « reur Tibère. . . >

(4j. Allmer, i. I. p. 249,

Les inscriptions de la frise doivent être ainsi complétées et lues :

a. — Façade du cAtè de la ville :

C- iiiLixs c- iwJ- otv\yiE\si i'- ïWFVS- c- iiili gedemonis nepos. eposierovidi pron. SACEr^os nomae et avciysti- xn-arainquaeest ad conjluentem praefectusfabriimd.

b. — Façade du côté du faubourg :

c. iNiAus. C udi utuaneuni.v- iwfiis c-ivl/ GV.rtemonis nepos' EPO.v^e?ROViDr pro/j. sacerdos romae et augusti ad aram qiiae KSt ahconJJuentem praefectus fabrumd

C(aius) Julius, C^ail) Juli[l) Onianeuni /{ilius), Rnfus, C{aii)JuIi{i} Gedemonis nepos, Eposierovidi pron(epos), sacerdos Romae et Augusti ad aram quae est ad eonilaentem, praefectus fabrum d(edieavit),

Caiuâ Julius Rufus, fils de Caius Julius Otuaneunus, petit-fils de Caius Julius Gedemon arriôre-petit-fils d'Eposterovidus, prêtre de Rome et d'Auguste a l'autel des trois Gaules, préfet des ouvriers, a dédié [ce monument] .

Il est probable que le ills d'Ei)Osteroviclus avait été fait citoyen romain par César. En faisant remonter sa liliation jusqu'à son bisaïeul, Caius Julius liufus tenait à montrer peut-être que depuis trois générations successives sa famille possédait le droit de cité.

L'autel de Rome et d'âug-uste était à Lyon, et touchait à la colline de Saint-Sébastien, mais Millin, et beaucoup d'autres auteurs avec lui, ont cru qu'il s'agissait d'un autel situé au confluent de la Charente et de la Seugne.

« Au bas de [cette| colline que couronnait la capitale de la « Gaule, à l'endroit où la Saôuese joint au lihône, le P'" août de « Tan 74^2, (12 ans av. J.-G.) le prince impérial Drusus, en c sa qualité de représentant du gouvernement dans la Gaule, « dédia à la déesse Homa et au Genius du Souverain, l'autel au- « quel devait être désormais célébrée, chaque année, à pareil € jour, par la communauté des Gaulois, une fête de ces divi- « nilés (1). •

« Tous les ans, les représentants de toutes les cités élisaient f un d'entre eux prêtre des trois Gaules et celui-ci offrait, au « jour de la fête impériale, le sacrifice impérial et présidait les

(1). Suivant Dodwell et Clinton, cotte cérémonie n'aurait eu lieu qu'en l'an lU.

« jeux qui en faisaient partie. Cette représentation nationale

« avait non seuletneat la propre administi-atiou de ses biens par

« des fonctionnaires à elle pris dans les plus hauts rang's de le

« noble>Jse provinciale, mais même une certaine participation

« aux intérêts généraux du pays. » (1)

« D'après le peu que l'on sait, on n'a pas à concevoir une « très haute opinion de Tesprit de civisme et d'indépendance

< qui animait l'assemblée. Lorsque Néron eut assassiné sa mère, « la députation gauloise adressa par la bouche du rhé'eur Ju- « lins Africanus ces paroles h l'empereur parricide : « Tes pro- « vinces de la Gaule t'en supplient César, puisscs-tu supporter <r courageusement ton bonheur ! » (2)

L'honneur d'une statue était régulièrement accordé chaque année, non seulement au prince rég-nantet aux membres de sa famille mais encore à de hauts et puissants fonctionnaires tels que, par exemple, certains gouverneurs. Le sacerdos annuel, ses parents eux-mêmes, jouissaient de cette prérog-ative. Aussi, n'est-ce pas sans raison que M. Allmer a pu faire remai-quer que pour être délégué d'une cité à l'autel des trois Gaules O), il fallait non seulement être fort honoré chez les siens, mais encore « être extrêmement riche et payer cet honneur par d'excessives « générosités (4). i ,, . ,

On possède sur la forme même de 1 autel quelques détails

assez précis : ,,.„•,

« D'après sa figure conservée sur des médailles, il se compo-

< sait dit M. Allmer, d'un massif quadi-angulaire, moins haut « que' large, entre deux colonnes monumentales (5) servant de « supports à' deux colossales Victoires ailées en bronze doré qui, « ainsi dressées dans les airs, dans une situation dominante au- « dessus des vastes plaines, du côté qui fait face à l'Italie, c devaient attirer de fort loin le regard.

« La face de l'autel, entièrement de marbre, était décorée de 0 sculptures dans lesquelles on reconnaît une couronne de chêne

< entre deux rameaux de laurier, honneurs décernés à Auguste

(1) Mommsen, Histoire romaine, (trad. par Allmer dans Revue épi g. du Midi de la France, t. ii, p. ^^39).

(2). AUmer, t. n, p. 19.

(3) On api)elait Très Gallae les trois provinc-s de la Gaule conquises par César. C'étaient par suite, la Belgique, la Lyonnaise et l'Aquitaine.

(4) Allmer, t. II, p. 19. — Cf. également, Revue du Lyonnais, fèv. )861.

(5) Ces deux colonnes fragmentées soutiennent probablement aujourd'hui la coupole de la petite église d'Ainay.

, par le Sénal, le VS janvier rie l'an 727 (avant J.-C.,27). (1) « A la pai'liu supéi'ieure du soubassement se lisait, en t^van- (T (le.-; Ielti-e.i(l:3 bi'on//3, l'opig-raphe i;;).m\k kt avgvsi'o (2), et sur « une autre partie se présentait une inscription, d'étendue con- « sidérable, dans lacpielle étaient nonuiiôes toutes les cités qui c avaient contribué à l'érection de l'autel, au nombre de soixante

€ d'après Strabon (3) s'exprimant peut-être en chiffres ronds, de « soixante-quatre d'après Tacite (4), confirmé par Ptolémée qui t ènumère 17 cités en Aquitaine, 25 dans la Lyonnaise et 22 < dans la Belg-ique. » (5).

(1). Nous devons à l'obligeance de M. Savigné, imprimeur à Vienne, de pouvoir reproduire ici le cliché de l'autel de Rome et d'Auguste spécialement destiné à former l'emblème bibliographique du Bulletin Epi graphique que dirige M. Mowat.

(2^. Les lettres de cette épigraphe avaient O^SS de haut ; elles étaie.it probablement en bronze doré. Des fouilles pratiquées en 1858 sur la place des Terreaux, ont fait découvrir les deux premières lettres du mot romae. On a trouvé, de même, des guirlandes de feuilles de chêne qui ont dû faire partie de l'uutel.— Voy. à ce sujet : Aug. Bernard, Le temple tV Auguste et la nationalité gauloise. Lyon, 1863, in-fol. avec planches.

(V). Strabon, IV, 192.

(4). Annales, liv. III, ch. 44.

(5). Allmer, t. Il, p. 18. — Cf. aussi : Durug, Hist. rom., Paris, 1877, t. III, p. 238 et suiv.

La réunion des délégués des trois Gaules avait lieu chaque année et durait tout le" mois d'août. Elle correspondait à une grande foire où des marchands de tout l'Enipu-e se rencontraient (1).

L'amphithéâtre était peut-être ("2) daus le voisinage immédiat do l'autel. D'autres édifices destinés aux fêtes s'y trouvaient aussi. C'est dans l'amphithéâtre, que l'ompei-curCaligula, pendant son séjour à Lyon, avait inraginé de hiire discourir des rhéteurs, bien souvent pâles d'éi)0uvantc, car ceux d'entre eux qui ne plaisaient pas devaient effacer leurs compositions avec leur langue, à moins qu'ilsne préférassent exécuter un saut dans le Iihêne et se dérober de la sorte aux plaisanteries du tyran (o). Pour ({ui connaît le caractère de Caligula, il est d'ailleurs permis de croire que les malheureux rhéteurs n'avaient pas souvent à choisir.

Les délégués à l'autel des trois Gaules devaient être nécessairement gaulois. Ils i)renaient letitrede le(ialuset,\)ouv être désignés, devaient sans doute avoir prénlablement remplitoutes les plus hautes fonctions municipales dans leurs citésrespectives,(0//i?i/7;«.s hojwyilms functus in ci vitale sua). C'éli\it an sacerdus annuel que revenait tous les ans la présidence de l'A^ssemblée, mais les fonctions sacerdotales paraissent avoir été inamovibles car on connaît des saccvdotcs qui sont restés en exercice pendant plus de vingt ans.

Asontitrede prêtre, Gains JiiUus Rufus joignait encore celui de pm'fcclus fabrum. Les préfets des ouvriers n'étaient pas toujours des enqdoyés militaires chargés, sous le comnmndemeot direct du tribun, de diriger et de surveiller les ouvriers forgerons, charpenliersouconstructeursde machines que comptait la légion. C'étaient encore des employés civils placés à la tête de certains ateliers ou de certaines corporations et, comme ils étaient nommés pas les gouverneurs annuels de leurs [)rovinces respectives, il y a tout lieu de supposer que leur charge était annuelle aussi. Il est toutefois probable ([u'ellc pouvait être réitérée pendant plusieurs années consécutives, c;u- nous avons des exenq^les de

(1). On a découvert à Lyon, entre auti-es épitaphos, cell(i d'un Syrien " victini»; tle l'irascible destinée » dans la capitale des Gaules, <jù les affaires (le son commerce l'avaient attiré.

(2). Nous disons /;c'?;i'-é('/'e car il parait aujourd'hui prouvé que l'aniphitliéàtn^. du Caput GalUdrnni était sur los hauteurs de Fourvièros. — Cf.àce sujet : J . Pierrot-D(usseill(;/ni/, Comptes-rendus de l'Acad. des Inscript, et belles-lettres, 2« triin. hs.ST, p. 250, et Bulletin monumental, \SH1, p. 415.

(3). V". Durutj. Histoire des Romains, Paris, l<S77,t. ni, p. 503; — Suétone, Caligula, ch. xx.

praefecti fahrum restés en exercice pendant quatre ou cinq ans. Quoi qu'il en soit, le titre même ne parait plus avoir été porté à partir de Septime Sévère (1).

Voici quelle est la liste des prêtres de Rome et d'Auguste dont les noms ne se sont pas perdus.

Pour la Lyonnaise :

Trois eduens (Autun) : C. Julius Verecundaridubnus, celui-là même qui fit la dédicace du temple, le \" août de l'an de Rome 742 (12 ans avant noire ère (2).

Lalinius ('alapa)ius (inscript, perdue de Moirans, Jura) (3).

On ignore le nom du troisième, (musée de Lyon, n" 117 du catal.) (4).

Deux carnules (Chartres) : C, Julius Ma[ , (musée de Lyon, n° 118 du

catal.) ;

T. Julius (inscript, perdue de Lyon) (5) ;

Trois segusiaves, (Feurs) : Sex. Julius Lucanus, (plaque de bronze trouvée près de Feurs) (6) ; P. Maglius Priscianus, (musée de Lyon, n° 119 du catal.).

C. Ulallius Aspr[ , (inscript, de Vienne, Isère (7), et inscript.

du musée de Lyon, n" 120 du catal.).

Un senon (Sens): Sex. Julius Thermiamis , (musée de Lyon, n° 122 du catal.).

Un tricasse (Troyes) : C. Catullius Decimimis^ (musée de Lyon, n° 123 du catal.).

Un turon (Tours) : Palern[i\us Ursus, (inscript, perdue de Lyon) (8j.

Un Yeliocasse (Rouen) dont on ignore le nom, (inscript, perdue de Lyon) (9).

Un venète (Vannes) : L. Tauricius Florens, (inscript, perdue de Lyon) (10).

Un viducasse (Vieux près de Gaen) : T. Sennius Solemnis, (musée de St-Lô) (11).

Pour V Aquitaine :

Deu.x arvernes (Clermont) : C. Servilius Martianus, (musée de Lyon, n° 106 du catal.).

(1) Cf. Orelli-Henzen, t. ij, n» 3428 (p. 95 et suiv.).

(2) C'est à tort que le nom de ce prêtre a été souvent écrit : Verecundariduhius .

(3) Aug. Bernard, Le temple d'Auguste et la nalionalité gauloise, p. 54, (d'après la copie de Muratori, Novus thés., t. II, p. mxx, n° 3). — Orelli, n° 184.

(4) Calai, somm. des musées de la ville de Lyon, dessins d'Adrien Allmer, Lyon, 1887, in-8o.

(5) De Boissieu, Inscripl. ant. de Lyon, Lyon, 1854, 10-4". p. 90. — Aug. Bernard, p. 57. Le même auteur indique un troisième carnute : P. Veltius Perennis, qui ne nous parait pas avoir élé prêtre à l'autel des Très Galliae.

(6) de Boissieu, p. 119. — Aug. Bernard, p. 58. — Il se peut que ce personnage .-^n'ait élé qu'un prêtre municipal.

(7) Aug. Bernard, p. 59.

(8) Spon. Miscell.. p. 172; Recherche des anliq. et curios. de la ville de Lyon, 2eéilil. Lyon 1857, in-8°. p. 138. — Aug. Bernard, p. 92.

(9) Paradin, Histoire de Lyon, p. 418. — Aug. Bernard, p. 65.

(10) De Boissieu, p. 258, (d'après Symeoni). — Aug. Bernard, p. 95.

(11) Revue arvh. t. ix, 1864, p. 8. — Aug. Bernard, p. 107.

On ignore le nom du second, (inscript, perdue de Lyon) (1).

Un biturige cube, (Bourges) : Julius Balbus, (musée de Lyon, n* 106 du catal.) ;

Un cadurque (Gahors): M. Lucterius Leo^ (cippe trouvé dans l'église de Pern, aujourd'hui dans la cour de la préfecture à Gahors) (2).

Trois lemovices (Limoges) : Licinius Tauricus^ (musée de Lyon, n* 110 du catal.) ;

Q. Licinius UU[or?], (musée de Lyon, xx" 109 du catal.), fils? du précédent ;

Licinius Sahin\. .. ^ (musée de Lyon, n° 108 du catal.), frère? de

Tauricus ;

Deux petrucoriens (Périgueux) : C. Pompeius Sanclus^ (musée de Périgueux, n» 248 du catal.) (3) ;

M. Pompeius Libo, (musée de Lyon, n° H2 du catal. et musée de Périgueux, n° 248 du catal.), fils du précédent ;

Un picton (Poitiers) : L. Lentulius Censorinus, dont nous reparlerons plus tard (musée de Lyon, n° 113 du catal.).

Trois santons (Saintes) : C. Julius Rufus ;

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