GEM* ANNO XXXV STIP' XV
(L'Autius L. filius animi fortissirni, Julii
miles, Itigiotiis xiiii
geminao, anno xxxv
stipendior xv,
Hic Sepultus est.)
« Cippe funéraire trouvé sous le pavé de l'église d'Aulnay en 1859. Ce marbre a été lu ainsi par M. l'abbé Paris :
« hucius AVTIVS hucii Films ANlmi FOmisswii YVLli MlLes hEGionis XIIII GEMinae, ANNOs XXXV STlPendiarius XV Hic Sepultus Est. » (Abbé Lacurie.)
(( Un autre autel sépulcral (1) nous vient encore d'Aulnay. On l'a découvert sous le pavé de l'église en 1859. Ce cippe, qui paraît avoir été plus long, a 1 m. 30 de hauteur sur 0 m. 62 de largeur ; l'épaisseur est de 0 m. 18. Il était beaucoup plus considérable avant qu'on l'eût diminué pour en rendre le transport plus facile. Au haut se trouvent trois fleurons ; celui du milieu représente une rose. L'inscription occupe un espace de 0 m. 52 de long sur 0 m. 42 de large.
« On doit la lire :
« Lucius Autius, Luciifilius, Aniensis Fort Juli miles legionis XIIII Gcminae anno XXXV, stipendiiXV. Hic situs est. »
(Audi AT, Epig. sant.)
« Cippe en forme de parallélogramme, orné au sommet de trois fleurons de même genre c{ue ceux [du cippe « d'un citoyen de Crémone^ soldat de la quatorzième légion gémina «J. Hauteur 1 m. 30 ; largeur 0 m. 65 ; épaisseur 0 m. 16 ; les lettres ont
(1) Cf. le cippe que nous donnons plus loin sous le n° 72.
0 m. 05 ; l'inscription a 0 m. 41 de large sur 0 m. 42 de haut. Il a été trouvé en 1859 sous le pavé de l'église d'Aunay :
« L[VCIVS] AVTIVS L[VCII] F[ILIVS] AN1[ENSIS] FOR[IJ IVLI[I] MIL[ES] LEGIIONIS] Xllll GEMflNAE] ANNO XXXV STI[PEND10RVM] XV H[ICJ S[ITVSJ E[ST].
« Lacius AtUius, /ils de Lnciris, de la tribu de l'Anio, né à Fn'u'a^, soldat de la quatorzième légion double, décédé à 35 ans, aj)rès 15 années de services, repose ici. <->
(AuDiAT, Catalogue.)
Notre copie, (voir pi. XXllI) :
L • AVTIVS • E • F ANI • FOR • IVLI MIL • LEG • XIIII GEM • ANNO XXXV • STIP • XV II • S • E •
(sic)
|l) Cliché communiqué par M. Auiiial.
L{ucius) Autius , L{ucii) f{ilius) , Ani{ensi tribu), For{o) Juli{i), mil{es) leg[ionis) XIIII Gem[inae) , anno[rum) XXXV , stip{endiorum) XV. H{ic) s{Uus) e{st).
Ici repose Lucius Autius, fils de Lucius, de la tribu Aniensis, né à Fréjus, soldat de la légion XIV Gemina, décédé à l'âge de 35 ans, après 15 ans de services.
MM. Héron de Villefosse et Thédenat ont reproduit ce texte d'Aulnay dans leur Recueil des inscriptions romaines de Fréjus. Leur copie porte à la première ligne :
L • AVTIVS • L • F •
Il est incontestable qu'il faut lire : L(ucius) Autius, L(ucii) f(ilius), car il n'y a pas d'exemple de prénoms commençant par la lettre E, mais il n'en est pas moins hors de doute que c'est bien cette dernière lettre qui est gravée sur la pierre.
Faut-il voir en ce fait quelque erreur du lapicide ou quelque mutilation moderne? Nous ne saurions le dire, et nous nous bornerons à constater que nous aurons l'occasion de relever bientôt une autre erreur de même nature.
« Le gentilicium Autius est assez rare. On le retrouve à Lyon sous la forme Aucius (1); dans une inscription de Rome (2), de l'année 174, un soldat originaire de Turin porte le nom de M. Autius Agricola (3). »
Les caractères de l'épitaphe qui nous occupe sont assez grossièrement tracés et témoignent d'une basse époque.
M. Ledain croit que « quelque réveil momentané du sentiment national » a pu nécessiter l'intervention d'une armée romaine en Aquitaine seconde.
« Il ne faut pas oublier, dit-il, que l'Aquitaine se souleva deux fois sous Auguste et qu'elle fut vaincue d'abord par Agrippa, en l'an 37 avant Jésus-Christ, puis par Messala Corvinus, en l'an 29. (Am. Thierry, Hist. des Gaulois, t. m, pp. 240-241, d'après Appien et Dion Cassius.) Le passage et le séjour des 14® et 18® légions (4) en Poitou et en Saintonge peuvent donc fort bien serap porter k ces deux campagnes. »
Nous partagerons d'autant moins cette opinion que nous sommes plus disposé à ne pas accorder aux inscriptions funéraires d'Aulnay toute l'antiquité que notre très érudit confrère leur
(1) De Boissieu, Inscripl. ant. de Lyon, pp. 163 et 190. '^11 se pourrait cependant que Autius et Aucius fussent deux gentilices très distincts. Autius ne paraît être autre chose, en effet, qu'une transformation du gentilice Aviiius, tandis quMucius, — qui se prononçait en donnant au c le son dur, — ne doit pas avoir eu la même origine].
(2) G. I. L., t. VI, n°2!l.
(3) Inscripl. rom. de Fréjus, p. 162. — Revuepoit. et saint., t. i, 1884-85, p. 338.
(4) Au sujet de la 18« légion, voyez ce que nous avons déjà dit, p. 188.
attribue, mais nous reconnaîtrons avec lui qu'il serait on ne peut plus intéressant d'être mieux renseigné que nous ne le sommes sur les causes premières soit de l'intervention, soit même de l'établissement à Aulnay d'un certain nombre de soldats de l'Empire, comme aussi sur le rôle politique que cette petite ville semble avoir joué pendant les premiers siècles de notre ère.
Bibliographie : Abbé Lncurie, i"" SiLppl. au Guide Musée S., p. 3, n" IIU. — De CaunioiU, Bull, mon., 1856, p. 617. — Abbé Paris, fiec. Com. Arts, t. i, 186U, p. 58. — Abbé Lacurie, Congrès arch. de France, 1862 (Saumur), p. 75. — Audiat, p. 47. — Héron de Villefosse et Tbedenat, Congrès arch. de France, bO" session, 1883, p. 1U4, et tirage à part, 1884, in-8°, p. 161. — Revue pnit. et saint., t. i, (1884-85), p. 338, et t. ii (1885-86), p. 42. — Audiat, Bull. Arch. S., t. V, 1885, p. 185. — Bec. Corn. Arts, 1885, p. 36. ~ Mommsen, Ephemeris epigr., t. v, 1885, p. 225. — Ledain, Epigr. rom., p. 41 (et dans Mém. Ant. O., 1886, p. 181). — Audiat, Catalogue, n" 11, p. 32.