‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 28 sur 96 · VICTOR ASTRA · texte numérisé non relu

VICTOR ASTRA

Sur le fond un personnage devant une enclume surmontée d'un édicule; sans doute saint Eloi. A droite il y avait :

AGIO DOmNICA. . . ECCE AGNVS

DEI QVI TOLLIT PEGCATA MVNDI

Sans doute agio pour atio, d'où oratio dominica, oraison dominicale. Le reste est facile :

Voici l'agneau de Dieu qui efface les péchés du monde.

(1) Histoire de VÉgliie 8ant(me et aunisienne, La Rochelle, 1843.

Je ne veux pas laisser Pons sans mettre ici, quoique postérieures, ces lignes gothiques qui fixent au 30 août 1385, la reconstruction par Renaud, sire de Pons, de réglise de Notre-Dame de Tlsle, achevée le 19 novembre 1386. Cette église ne devait pas être considérable puisqu'on avait pu la rebâtir en 14 ou 15 mois. Peut-être ne s'agiMl qne d'une réparation ou d'une reconstruction partielle.

(an ht (jfrtcr wtf ccc uii** tt v U xxx^ tour H mois be Çaoti^t mms" ut^Mvl sm be fons ftst cpmiii<ttc<r reÇcbtft<r U^lxst be nonslu hame b< ft^f^ tt fu ac^tvte U mercrrbt xxx^ ionr bit mois U notxmSre ttiîf ccc titi** cl vt.

Outre Pons, beaucoup d'églises possédaient des zodiaques, genre de décoration fort recherchée.

Une des plus curieuses églises de la Saintonge, la mieux conservée et la plus intelligemment restaurée , sauf la toiture du clocher en ardoises, est assurément celle d'Aulnay, qui s'élève solitaire, isolée au milieu d'un vaste cimetière, entre le bourg et la route impériale n» 150. C'a été une église abbatiale qui, en 1030, dépendait de Saint-Martial de Limoges. En 1031, elle fut donnée par Ramulfe Rabiola, Maingot, son frère, et Raingarde, leur mère, au monastère bénédictin de Saint- Cyprien de Poitiers. L'évêque de Poitiers, en 1036, confirma cette donation, ratifiée en 1119 par le pape Ga«

lixte II. Peu après cette dernière date, Téglise, comme on le voit par des bulles de 1135, 1149 et 1157, appartenait au chapitre de Poitiers, qui y conserva le droit de nomination jusqu'à 1790. Le monument actuel doit avoir été élevé par les Bénédictins. Seules les communautés religieuses pouvaient bâtir ces édifices grandioses et dispendieux. Commencé au xi« siècle, il n'a été terminé que dans la première moitié du xn«. C'est un des types de l'architecture lombarde fleurie.

Une des portes latérales, celle de droite, a des chapiteaux historiés. Sur l'un sont figurés des individus au milieu des ondes et levant les mains au ciel. Le tailloir porte ce reste de lettres, fin sans doute du mot iln^ELus.

£LVS

Le grand portail est fort riche en inscriptions et en sculptures, bien qu'un grand nombre soient mutilées. La première des quatre voussures est encadrée d'une bordure de roses et montre les douze signes du zodiaque. Au-dessus de chacun sont tracés les noms du signe et ceux des mois correspondants. Voici les lettres qui restent :

W VARIVS : A A

VGVSTVS : j LIBRA : SEPTEVBE i SAGITTARIVS :

NOVEMBER i CAPRICORNIVS j DEC

Il est facile de suppléer les mots et les lettres qui manquent :

Aqvanus, janv Am\s\ pinces, februarius; Aries, mars; taurus, kprilis; gemini, maius; cancer, junius; ko, juUus; virgo, avGVSTVS • libra • september • scorpius, october;

SAGmARroS \ NOVEMBER • CAPRICORNIVS ] BECcmber.

Pour figurer ces mois, le graveur a sculpté une femme assise tenant un enfant sur ses genoux, les poissons, le bélier, les gémeaux, le lion, l'écrevisse, un champ d'épis, des moissonneurs, une femme, des vendangeurs, des

bœufs à rétable et un homme devant une miche. Cest tout ce qui reste.

La troisième voussure a six figures de vertus, armées d'une épée et du bouclier carolingien, qui terrassent les vices. Les mots placés sous ces figures sont au nombre de douze.

IRA : PACIENCIA : LVXVRU i CASAARITIA :

SVPERBIA : BVONITAS : ffLARGITAS : VTITAS \ i FIDES: IDOLATRIA: CONœRDIAi DISCORDIAi

Il y a là trois mots dont il est difficile de saisir le sens; GA.SAÂIUTIÂ, BvoNirÂS et vnTAs sont de vrais barbarismes. Mais c'est la faute du graveur. Ou plutôt on aura postérieurement déplacé des claveaux sans aucune intelligence.

Ainsi Buùnitas est mis pour Bonitas. Puis on voit très bien, en rapprochant les deux substantifs que casaariUa et vtùas sont des mots tronqués; les trois premières lettres de CÂSoariita doivent rejoindre les cinq dernières d'Vri- TAs, et Ton a CAsmAS. De v qui reste et de aaritia, il est facile de faire avaritia. On aura donc le parallélisme complet.

La colère, la patience, La luxure^ la ehasleti. L'orgueil, la bonté. La libéralité, l'avarice. La foi, l*idolâtne. La concorde, la discorde.

On voit que les trois premières vertus viennent après les trois premiers vices ; c'est le contraire pour les autres.

A-t-on voulu imiter la pensée morale de la voussure d'Aulnay, quand on a inscrit sur le cintre d'un portail, à Saint-Hilaire-de-Villefranche, d'une part le nom des fléaux qu'on voudrait éloigner de sa demeure ; de l'autre, celui des biens et des vertus qu'on y désirerait voir ? L'inscription est divisée en deux parties séparées au claveau supérieur par une pierre qui a été armoriée. A gauche, en partant de l'imposte, il y a :

HIC • BGESTAS • MORBVS • LIS • BBLLVM • VITIVM • FVGIANT.

Ce n'est pas très latin; mais les graveurs n'y regardent pas de si près, et parfois les auteurs d'inscriptions eux-mêmes. A la suite se trouvent ces noms :

HIC • MANEANT • PIETAS • REQVIES • PAX • COPIA • VIRTVS-

Fuyez totn d'ici, pauvreté, mataiie, proeèê, guerre, vice; vont, piitè, repos, paix,(U>ondtmee, vertu, restez avec nous.

Ce n'est pas tout. Des chapiteaux dans Tintérieur de la basilique d'AuInay sont historiés. A l'un, l'on reconnaît Gaïn tuant Abel. On y lit :

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