‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 34 sur 96 · LV LE · texte numérisé non relu

LV LE

Est-ce le nom du propriétaire ? Est-ce un rébus comme en aimait le xvr siècle ?

Le cimetière de Grézac a une croix peu ancienne. Mais le piédestal a pour soubassement une pierre tombale

qu'il faut regretter de voir employée à cet usage. Elle est ornée de dessins en creux représentant très probablement le personnage dont elle recouvrait le corps. On n'en voit que les pieds. La pierre est mutilée. Elle était autrefois dans la chapelle de la Vierge. On lit en lettres gothiques du xv« siècle.

in futt ixtmn yiotit n^», « «

Longchamp est un ancien fief de Grézac , aujourd'hui simple ferme. Ce seigneur de Longchamp, c'est Guiton de Maulevrier.

Dans l'Inventaire de Rioux, on trouve en 1480, le 26 juin, Jehan Guiton, écuyer, seigneur de Longchamp, qui transige avec Jehan de Baumont, seigneur de Rioux. De cet acte il résulte que l'hôtel de Pellegrin sera tenu par le dit Guiton du seigneur de Rioux, au devoir d'un denier d'or. Ce Jehan Guiton doit être le même que Jehan Guiton, marié à Bonne de Mongesier, dont Emery Guiton marié à Marguerite de Ponthîeu.

Au bande la sénéchaussée de Saintonge, le 10 juin 1553, parut Sébastien Guiton, seigneur de Longchamp, fils d'Aimery Guiton et d'Isabeau Bouchard d'Aubeterre, marié à Charlotte de Sainte-Maure, fille de Philippe, seigneur de Chaux et de Saint-Germain, et de Catherin© de Lannes*, dont il eut : Jean Guiton , époux d'Elisabeth Goumard. Cette ancienne famille saintongeaise s'est éteinte dans la personne de M"« Hortense de Maulevrier, morte dernièrement à Rohan-Rohan (f).

Les armes des Guiton de Longchamp et de Maulevrier sont dans la maintenue de d'Aguesseau d'azur à t aigle d« sable. On trouve aussi, comme plaisanterie, dans YArmo-

(1) AôIm sainXwgtaUy par M. Th. de B.-A., 1869, page 8.

rial de d'Hozier et le Nobiliaire de La Rochelle, par Laine, des armes qui leur ont été fabriquées d'après leur nom GUI-TAON : d'or au gui de chêne de sinopU chargé d'un taon de MabUy au chef d^axur chargé de tnriê étoiles d*argent.

L'église de Grézac, qui possède un des plus remarquables ossuaires de nos contrées, montre au portail la légende de saint Symphorien, son patron, puis la fable du renard et de la cigogne; mais ni date, ni lettres. La cloche, moderne, porte le nom du père de M. Dufaure, de TAcadémie française. Sur une pierre du presbytère on lit:

MAMYERMOND P CVRE 1655

Le p signifie certainement prieur. Grézac, en effet, était un prieuré-cure dépendant du prieuré de Saint- Eutrope, de Saintes. On voit encore un débris de mur de l'ancien prieuré, près de l'église.

Une autre pierre , encastrée aussi dans un mur de la cure , et qui parait avoir été un ex voto , porte : A «atni Symphorien.

DIVO SYMPHORIANO

Bien loin de Grézac, à SaintJunien, département de la Haute-Vienne, est une autre inscription tumulaire.

Les lettres sont en gothique ronde et pour les minuscules en gothique carrée. Elles sont gravées sur une dalle de cuivre large de trois pieds, longue de sept, formée de trois feuilles de métal ajoutées. Sur cette dalle est figuré un personnage revêtu d'habits sacerdotaux, au milieu d'un cadre d'architecture gothique fleurie autour de laquelle sont distribuées dans des niches de nombreuses statuettes. Saint -Junien a tenu à conserver la mémoire de son chanoine ; car c'est à ses libéralités

qu'il dut une représentation de Notre-Seigneur au sépulcre dont les débris sont encore là.

ti : giist : nohlt : kommt : mmtxe mtittittl : (otntïtt : lU^titU : en : }ftott ctinon : \}ùfi» : ixhht : }fz : amnct : jetinn ^angelg : et : tKanoine : ^e ; eeirno : tt montut : en : aige : ^e : ipatre : vingt : ^ix un» : le : iptitot^ieme : Uut : ^e : ntittis mil : titt4^ : (tna : et : ttei^e : anima : eititf tei|nie0tat : in : piiee :

Martial Formier de la Villatte (1), licencié en droit, chanoine de Saint-Junien , qui décéda âgé de 90 ans, le 14 mars 1313, avait été abbé de Saint-Jean-d'Angély dés Tan 1479, où on le trouve protonotaire apostolique. Il était encore abbé le 17 février 1495.

C'est aussi d'un abbé de Saint-Jean-d'Angély qu'il s'agit dans l'église de Saint-Praxéde, à Rome; je veux dire le cardinal La Balue. Jean Balue, abbé commendaaire de Saînt-Jean-d'Angély, en 1465 et années suivantes, après Jean Alais, évéque-cardinal d'Avignon, et avant Jourdain Faure de Versois, était fils d'un meunier de Verdun, selon Ciaconus; d'un tailleur d'habits de Poitiers , selon Aubery . Il fut attaché à Jean Jouvenel des Ursins, évêque de Poitiers, puis grand vicaire de Tévéque d'Angers, Jean de Beauveau, puis aumônier de

(1) Nommé Fcwmier dans le Gallia.

Louis XI, abbé de Fécamp, du Bec, et de Saint-Ouen de Rouen, évêque d'Evreux en 1465, d'Angers en 1467, fait cardinal du titre de Sainte-Suzanne, le 18 septembre 1464, par Paul IL On sait comment, accusé de trahison, il fut enfermé par Louis XI dans une cage de fer, où il resta onze ans; comment, délivré en 1479 sur les instances du cardinal Julien de la Rovère , légat en France , il fut à Rome pourvu de nouvelles dignités , envoyé par Sixte IV en 1484 légat en France, nommé évêque d'Albe, et par Innocent VIII, évêque de Préneste et légat de la Marche d'Ancône. C'est là qu'il mourut, en octobre 1491. Son corps, apporté à Rome, fut inhumé à Saint-Praxède, où on lui grava cette inscription :

lOANNI ANDEGAVENSI EPISCOPO ALBANENSI HIC HEROS PROSPERA ET ADVERSA VARIA VSVS FORTVNA IN PICENO SUR INNOCENTIO VIII LEGA- TVM AGENS SEPTVAGENARIVS GLORIOSE OBHT INFELICITATIS HVMANAE ET FOELICITATIS EXEM PLVM MEMORABILE ANTONIVS EPISCOPVS VETE- RIS AMICmAE MEMOR POSVIT.

A Dieu très bon, tris grand. A Jean, évique d'Angers et d'Albe. Ici repose cet homme illustre qui, après avoir eu une vie pleine de vidssittuies, mourut glorieusement à F âge de soixante-dix ans, dans le PicenUn, où U était légat d* Innocent VIII, mémorable exemple de la félicité et de l'infortune humaines. L'évéque Antoine, en souvenir d'une vieille amitié, lui a fait élever ce monument.

Balue portait d'argent à un chevron d'azur à trois têtes de lion ior, deux en chef, une en pointe.

XLHI

Aussi célèbre, mais plus irréprochable et né comme' lui dans une humble condition, fut son « ontemporain le

cardinal de Gurch, Raymond Peraud, évéque, ambassadeur et cardinal. Le tombeau qui lui fut érigé n'est pas dans notre province ; et c'est heureux : il n'eût pas été plus respecté que celui des Soderini ou des Rochechouart. On le voit à Viterbe, où Péraud mourut. Le prélat, revêtu des habits épiscopaux, est étendu, les mains jointes. Nous avons été assez heureux pour nous procurer une esquisse de cet élégant tombeau, dûment certifiée véritable par le prieur des Ermites de saint Augustin, le P. Vincent Gualdi, à Viterbe, le 11 janvier 1863. On la verra avec intérêt, quoique notre gravure n'ait pas l'élégance do l'original.

KATHVMD» ■ PEIVÀLDI • PATIIIB ■ gVAI - «AUtOlllN

SU ■ BPUCDPT8 ■ jtC < B ■ ■ ' I ' PlISBITH CAKDINALIl

OTBGHIUI ' nOQVW • KA - FUfnVO ' LEGATV» ■ ADIO ' OmENTIAE

COMTUFTO* . VI - ILIICIDIDO - HIL - tUl ■ IKUHQVMIT - Al - IVLIO -

■EN ■ II ■ MMT . MAI ■ DITATTB . DVM - LEGATIOHB ■ rATIDIONll ■

viiù ■ oBitT • HOins ' BipTUUMs - au - balvtu . mm ■ vtqvb - ai . mio

TIADITA ■ BOLVa • BITIHUB ■ OCCBrUAT • BIC ' MOHUIEinrH ' BOC ■ BA VD ' QVAEgiTVM - IBVEBEHTIA • «VSDEH • ADPROIARE ■ CBEDEUDVM • UT V» ' AH • LII ■ FERE ■ LU

A Dieuj très bon, très grand. Raymond Péraud, évéque du diocèse de Saintes, où il naquit, et cardinal-prêtre de la sainte Eglise romaine, sous le nom de cardinal de Gurck , légat perpétueldu Sctmt'Siége, méprisa tellement les richesses que, par ses largesses, il ne se laissa rien, quoique enrichi par le souverain pontife Jules II. Pendant qu*il était légat du patrimoine de s€Mii Pierre à Viterbe, il mourut aux nones de septembre. Fan du salut mil dnq cent cinq. Et de même qu'il n'avait commencé à garder que ce que lui avait donné Jules II, de même il est à croire que, par déférence pour ce pontife, il eût approuvé Férection de ce monument qu'il n'avait pas désiré. Il vécut soixante-dix ans ou à peu près.

Par Texpression patrle su^b santonensis episcopus, il faut entendre , comme nous l'avons traduit , évéque du diocèse de Saintes, dans lequel il naquit, non pas, comme le graveur a pu le croire, trompé par la distance, et récrire : « Evéque de la ville de Saintes , sa patrie. » Raymond Péraud était né à Marencennes, paroisse voisine de Surgères, qui n'a jamais fait partie de la Saintonge, mais qui était comprise dans le diocèse de Saintes, avant l'érection du siège de La Rochelle.

La vie de Péraud , ainsi écrivent son nom trois titres originaux de source aunisienne, est un remarquable exemple de l'ascendant que prennent sur leur époque les hommes supérieurs, d'où qu'ils sortent et où qu'ils vivent. Elle prouve aussi que , dans cette société aristocratique du Moyen-Age, il y avait place pour les gens de peu qui savaient y faire leur trouée. A côté des gentilshommes qui prétendaient ne relever que de leur épée, l'Eglise, ne l'oublions pas, constituait une démocratie puissante par l'intelligence, où le mérite seul donnait rang, et par voie d'élection élevait au pouvoir suprême un fils de pêcheur. Sixte IV ; de tisserand, A&rien VI; de meunier, Benoit XII ; de berger, Benoît XI; un mendiant, Alexandre V; un charpentier, Grégoire Hildebrand; un domestique* Adrien IV; un gardeur de pourceaux, Sixte-Quint.

Raymond Péraud , suivant la tradition populaire et le

P. Avcère—Hiêloire de La Rochelle, î, 296, — naquit en 1435 à Marencennes, village réuni alors, pour le spirituel, aux deux paroisses de Surgères : ce qui a fait parfois prendre Surgères pour lieu de sa naissance. Ses parents étaient pauvres. Arcère dit qu'il « fut d'abord maître d'école à Surgères, » où il n'y eut d'école que vers 1600, « et ensuite à La Rochelle. » Mais, comme le remarque fort à propos M. l'abbé Gholet dans son opuscule Sahu- Germain de Mareneenneê, page 57 , ce titre « a souvent été donné avec une maladresse insigne comme traduction du Magiêter icholarum, titre et fonction ecclésiastiques qui correspondraient aujourd'hui à recteur d'académie départemental. Le Magister icholarum eantonensium était le cinquième dignitaire du chapitre de Saintes. Nous savons de la manière la plus positive qu'avant l'âge de 46 ans,

Raymond Péraud occupait la troisième dignité; il était archidiacre d'Aunis. »

Grâce à quelques économies, à quelques protections, Péraud put aller à Paris et entrer comme boursier au collège de Navarre. Bachelier en théologie et docteur de la maison de Navarre, il revint dans son pays, et, vers l'an 1460, reçu prêtre, fut nommé prieur de Saint- Gilles de Surgères. C'est là que, par l'intermédiaire de Pierre Doriole , chancelier de France, Jean Mérichon, conseiller intime du roi et son bon bourgeois, de Georges Geoffroy, pannetier du roi, il connut, sans doute en mai 1472, Louis XI ^ qui attendait assez impatiemment à Surgères qu'il plût aux Rochelais, fidèles à son frère, Charles de Guienne, de lui ouvrir leurs portes. Le prieur de Saint-Gilles, devenu archidiacre d'Aunis, fut chargé par le roi d'une mission à la cour de Rome. Sixte IV, appréciant son* mérite, le nomma nonce du Saint-Siège en France (1482). Louis XI mort (30 août 1483), Péraud fut envoyé par Innocent YIII (1484) en Allemagne comme nonce pour y prêcher la guerre contre les Turcs, et recueillir les aumônes qui devaient y contribuer. Il s'acquitta avec succès de sa mission. « On voyait, dit VHisUnrt

eeéUnoêtique de Fleury, VI, 449, édition de 1843, par toutes les villes d'Allemagne, des croix plantées avec des troncs où le peuple jetait abondamment des aumônes. » Mais les sommes ramassées n'arrivèrent pas à leur destination; renvoyé du pape tot attaqué comme il retournait à Rome ; un paysan le vola à Cronach; à Fribourg un curé acheva de le dépouiller. L'évêché de Gurck en Carinthie, sufFragant de rarchevéché de Salzbourg, le récompensa de son zèle et le consola de sa mésaventure (1492). Il faut bien croire cependant qu'il fut l'objet de blâme ou de soupçons: car Giaconus — Vite PonHfteum, page 1327 — raconte que personne, contre l'usage, n'alla à sa rencontre lorsqu'il rentra à Rome.

Charles VIII , appelé en Italie par quelques seigneurs napolitains , et par le pape Innocent VIII qui lui transférait la couronne de Ferdinand excommunié , songeait à profiter de l'occasion pour faire valoir ses droits sur le royaume de Naples. Péraud fut choisi par le pape pour négocier avec le monarque français. Le 20 septembre 1493, à la sollicitation du roi de France, il fut, dit Aubery, BUUnre dei cardinaux, II, 629, créé cardinal de Tordre des diacres sous le titre de Sainte-Marie de Gosmedin par Alexandre VI, et reçut de lui le chapeau dans un consistoire public le 22 avril 1494. Ce qui ne l'empêcha pas plus tard de « résister à un pape si peu digne de la tiare. » Puis, le 29 avril 1499, cardinal-prètre de Sainte- Marie-la-Neuve, l'ex-archidiacre d'Aunis, à partir de son élévation , ne fut plus connu que sous le nom de cardinal deGmrck.

(Parles vm méditait un grand projet; une fois maître de Naples qui n'était pour lui qu'une étape, il voulait, nouveau croisé, mardier à la conquête des provinces occupées par les infidèles. Il chargea Pèraud de s'entendre avec le chevalier d'Aubusson, grand-maître de Rhodes; et le 6 septembre 1494, à Rome, le diplomate acceptait pour son souverain la cession que lui faisait de tous ses droits sur Tempire de Const,jantiQopto André Paléologue,

petit-neveu de Constantin Paléologue , dernier empereur de Constantinople, et à ce titre, seul héritier du trône byzantin. Vains projets I Le cardinal de Gurck, au lieu de sacrer le prince français empereur d'Orient à Sainte- Sophie, le conduisait, quatre ans plus tard, d'Amboise, où il était mort (7 avril 1498), au caveau funèbre de Saint- Denis.

En 1500, il fut député à Trente par Alexandre VI pour y ménager une réconciliation entre Maximilien !•' et Louis XI (1). Trois ans après, il assista à la diète de Francfort-sur-le-Mein. Alors le siège de Saintes étant devenu vacant par la mort de Pierre VII de Rochouart ( i 503), le chapitre de Saintes, qui avait encore le droit d'élection, rappela à lui succéder. Toutefois il ne résida pas dans son diocèse. Alexandre VI Tavait fait son légat à Péruse, dit L.-E. Du Pin, Histoire de F Eglise, xw siècle, IV, 306. Jules II, qui l'avait en grande estime, lui donna la légation de Viterbe. C'est là qu'il termina sa carrière, le 5 septembre 1505. Il fut inhumé dans le cloitre du couvent de la Sainte-Trinité de Viterbe de l'ordre des Ermites de saint Augustin. Malgré les nombreuses occupations que lui donnèrent les missions diverses dont il fut chargé, Raymond Péraud trouva moyen de cultiver les lettres; il a laissé un ouvrage latin : De dignitate sacerdolali super omnes reges, où, suivant la pensée de saint Jean Chrysostome , il met la dignité du prêtre bien au-dessus de celle des rois ; des mémoires sur ses négociations en Danemarck et à Lubech ; quelques lettres écrites à Reuchlin, le savant philologue allemand ; des harangues prononcées pour exciter le zèle des chrétiens contre les musulmans, etc.

Dans sa haute fortune , le cardinal de Gurck n'oublia pas les deux villes où il avait vécu jeune, ni le collège de Navarre qui lui avait donné l'éducation. Quand il fut promu au cardinalat , il écrivit aux maire , échevins et

(i) Raynaldi, anno 1500, § 20; 1495, 1, 2, 8; 1501, 8, tome XIX.

pairs de La Rochelle, les reconnaissant les premiers auteurs de son avancement. Ce fut à son crédit que les Rochelais durent les privilèges que leur accorda Alexandre VI dans une bulle transcrite par Raoul Baudouin.

On voit que son épitaphe loue particulièrement en lui son dédain des richesses. Aussi faut-il n'accepter qu'avec précaution tout ce que ses ennemis ont raconté de son faste et de ses dilapidations. Il lui arriva même d'être en une telle indigence que le jour des Gendres il faillit , au lieu du < Mémento quia pulvis es , » dire au pape Jules II, raconte Aubery : t Mémento, Papa, quia non habeo peeuniasj > et l'informer par ce moyen de l'extrême besoin d'argent où il était.

Octovien de Saint-Gelais, poète de Cognac et évoque d'Angoulème, dit de lui dans son Séjour d'honneur :

Si regardoy vn peu plas hault, Lors vy maistre Raymond Péraolt, Qui gouvernoit et roys et pape , Empereurs et ducs pour certain :

/ Tant avoit le pouvoir haultain ;

Et par ly les grandes menées Estoient tousiours desmenées.

Évêquede Gurck, cardinal de Sainte-Marie en Cosmedin ou de Saint- Vital, légat du Saint-Siège, évèque de Saintes, Péraud aurait eu encore , d'après le GalUa et les historiographes qui l'ont suivi, l'évêché de Novarre, — Navarre, écrit M. Massiou, — et de Viterbe. Son épitaphe n'en dit pas un mot. De plus, Yftalia sacra d'Ughelli, ne ne fait aucune mention de lui , ni dans la liste des évêques de Novarre , tome IV, ni dans celle des évêques de Viterbe , tome I , bien qu'elle en donne la nomenclature année par année. Pierre Frizon , et avec lui le P. Meurisse. Histoire des Evesques de Metz, 597, racontent qu'il fut coadjuteur de Henri de Lorraine , soixante-dix-neuvième évêque de Metz, puis céda ce titre en, échange de l'abbaye de Saint-Mansu, au faubourg de Toul. Nous croyons peu à toutes ces dignités. Dans une pièce du

26 novembre rsi, qui existe encore à la cathédrale de Poitiers, Six.e IV l'appelle sœrœ ikeologiœ profesior, ecmonieus teclenj PicUarienm... noiarius tt euUeulariut noBter, etc.

Il n'est pas plus aisé de dire quelles étaient ses armes. En changea-t-il plusieurs fois ? Si nous consultons son tombeau, ce sont froc# ra/vatrcf , trois espèces de monticules surmontés de croix, signes assez souvent employés par les dignitaires ecclésiastiques. Giaconus, qui le nomme PeratUuU, et Frizon, GaUia purpuraia, page 539, donnent de gueules à un eoleil d'or aeeompagni de troie pmrei de même i et i; au chef d'^r chargé d'une aigle iplo^e de sable. Il y a certainement dans le soleil et les poires un rébus héraldique, allusion au prénom Raymmd, RailiUNDi, radius mundi, soleil, rais du monde, comme on disait au seizième siècle, et au nom Peraud^ pirâ, poire. L'aigle rappellerait sa mission d'Allemagne.

Onuphre Panvinio, qui Taj^pelle Pebubdi, EpiUme pontificum romanorum, page 350, indique un Uon à la bande brochant, au chef chargé dCune fasee de sinople et de trois coquilles. Ghevillard , dans son Grand armoriai , lui attribue de gueules au soleil for, accompagnées de trois bourses aussi d'oTj deux en chef, une en pointe; au chef d^ or ehc^gé d'une aigle de sable au9 ailes déployées. Ce sont les armes qw gravent Ciaconus et Frizon , sauf le changement de poires en bourses, qui e;^ sans douta une erreur de l'héraldiste français.

En 1507, avait succédé «uf le si^e épiseopal de Saintes, au cardinal de 6urck> né en Au^is, le cardinal François Soderini, né le 14 juin 1453, à Florence, de Thomas Soderini et de Biane Tornabona. Il avait été professeur h, Pise, et s'y était tellement distingué qu'il fût, le 28 avril 1478, nommé par Si^te IV évéque de Voltena. Il obtint

d'Alenuulre VI le chapeau de cardinal^ après avcdrj par l'ordie de la république de Florence, accompagné Charles Ym dans Texpédition de Naples, en 1494, et fut envoyé par le même pontife féliciter Louis XII de son avènement au trône (1498). C'est de ce prince et non de Charles Vm, — comme le dit, II, 105, Histoire de ttgUse ionume, M. l'abbé Briand, qui fiait régner Charles VIII après Louis ^,*- qu'il reçutl'évêché de Saintes en 1507. Accusé d'avoir conspiré contre Léon X, il fut enfermé au ob&teau Saint-Ange. Mis en liberté à la mort de Léon ^ (1521), son attachement lui valut une nouvelle incarcération sous Adrien YI. c n ne sortit de prison que sous le pontificat de Clément xn , 9 ajoute Briand ; ce qui ferait deux siècles de cachot, puisque Clément XII ne régna qu'en 1730. Cest un peu long; aussi faut-il lire Clément vn.

François Soderini regut, le 31 mai 1503, la pourpre des mains d'Alexandre VI , avec le titre de Sainte-Suzanne. Dghelli, 1, 95, 377, dit qu'il fut évêque d'Ostie, de Nwni, puis de Gortone, après s'être démis, l'an 1509, du siège de Volterra, en faveur de son neveu Julien Soderini. Il ne parle pas de Saintes* Mais ailleurs. Y, 1,148, il dit: ^Eeeluia Zantonenà in Gallia relieta, VicenUnam euseepU ngendam, 453i. » Ce que n'a pas lu le Gallia, qui lui reproche de n'avoir pas soufflé mot de TévjBché de Saintes, « ne unwn quidem verbum. » De plus, dans ses Éloges des cardinaux de l'ordre de Citeaux , il l'appelle évêque de Saintes. Le GalUa ne fait pas de difficulté de le ranger sur la liste d'après des lettres royaux de 1507 et une cbiffta de 1512. Il se démit, en 1516, de son siège de Saintes, en faveur de son neveu Julien Soderini. Briand prétend f qu'il regut l'évéché de Saintes vers 1507, et mourut sept ans après. » 7 et 7 font 14. Mort en 1514» il Q'aunait pu être arrêté sous Adrien VI, pape seulement m 1532, Voici son épitaphe qui fut placée dans l'église deSaintd*MaiieKiu-Peuple, à Rome, où il était mort le i7i!»»rt \m^ ÇiWQPUS, qui &ff9iX le plu? grand éloge.

page 1340, dit que Marsile Ficin lui écrivit des lettres.

FRANCISCI SODERINI EPISœPI OSTIENSIS ET VOLATERRANI DEPOSITVM

François Soderini, Mque iTOsHe ei de Volaterra^ repose id.

Les armes des Soderini sont trois eomes de eerf^ ietL Aubery, QI, 65, ajoute que Thomas Soderini, père de notre évèque, obtint de Paul III , près de qui il était ambassadeur de Florence, comme privilège, de les charger en chef des clefs de saint Pierre en sautoir. Ainsi sontelles, page 353, dans Panvini.

Cette église Saint-Pierre, à Saintes, illustrée par les Soderini, les Péraud et tant d'autres, exigerait à elle seule une monographie complète. L'historien , rarchéologue et le chrétien trouveraient là une mine abondante. Quel magnifique sujet 1 Devant eux, tous les morts, obscurs ou illustres, qui dorment sous les dalles, se lèveraient et raconteraient leur histoire. Chaque pierre est une tombe ; chaque tombe un événement. Dans la chapelle SaintJean, aujourd'hui de la Vierge, les d'Archiac; tout près, Julien Soderini , évéque et cardinal ; vis-à-vis, à la porte d'entrée, les Rochechouart; ici les Vivonne de Pisany; là les Prahec, les du Refuge, les Mailly; ailleurs, les Guitard , les du Massés. Ils évoqueraient les grands personnages qui se sont agenouillés sur ces pavés, ou qui ont simplement passé sur cette place; et, à leur voix, défileraient devant eux les évoques, depuis saint Eutrope massacré par les idolâtres jusqu'à Pierre- Louis de La Rochefoucauld assassiné par les septembriseurs; les rois, les empereurs, les papes, Charlemagne,

Urbain II, saint Louis, Louis XI, Charles IX, Louis XIV. Ils feraient revivre chaque détail , chaque colonne , chaque pierre ; pas un coin qui n'ait son souvenir, pas un moellon qui ne puisse porter un nom d'homme. Les Anglais sont venus, les protestants sont venus, les révolutionnaires aussi sont venus, et ne s'en sont point tout à fait allés. Tous, y compris les restaurateurs inintelligents, je parle des anciens, ont tenu à laisser d'eux d'ineffaçables souvenirs. On tâcherait de ne pas les oublier. Par la pensée, on replacerait les stalles et les bancs; ils y assiéraient ceux qui les ont occupés. Ils repeupleraient ce vaisseau de ses quarante-deux chanoines, douze vicaires, quatre-vingts choristes. Ils pareraient les autels de leurs richesses, dont les plus précieuses chargèrent deux bateaux qui furent livrés aux protestants ; ils agiteraient dans les airs ses quatorze cloches, et après cela, faisant un retour sur l'état actuel, ils s'ôcrieraient : Quomodo $edet êola ewiias nune, plma populo f On pourrait peut-être bien les accuser de faire les Jérémie sur ces ruines ; mais serait-ce bien leur faute ?

Notre plan est moins vaste et notre tâche plus modeste. La partie architecturale la plus intéressante du monument, je veux dire la tour, a été si souvent décrite, que nous n'en parlerons pas. C'est un môle quadrangulaire, le plus gros massif peut-être de l'Europe. Elle a 245 marches et 58 mètres 65 centimètres d'élévation, de la base au sommet de la coupole. Supposez-la surmontée, au lieu de son ignoble calotte de plomb, de la flèche de 120 pieds qu'elle devait porter, et vous aurez un ouvrage prodigieux. Le portail, dont on a loué en gros l'élégance, la finesse, la beauté, pour acquit de conscience, n'a jamais été examiné, et ceux qui en ont parlé, après un éloge banal qui les dispensait de regarder, se sont mis à divaguer, et à mentir comme s'ils venaient de loin. On a bien raison : ce qua l'on connaît le moins c'est ce qu'on voit tous les jours. Essayons de jeter sur ce portail un coup d'œil, au moins une fois.

Une grande ogive ft plusieurs voussures en retrait eu est la partie la plus travaillée , et celle qui mérite le plus de fixer notre attention. Il faut en avoir observé de prés tous les détails pour juger des soins qu'elle a coûtés. La poussière dérobe les deux tiers des beautés qu'ont épargnées les mutilateurs. Quel art admirable ! Les ceps de vigne, les rameaux de chêne courent dans les volutes, avec les feuilles et les fruits, avec l'insecte qui s'en repaît. Ce sont vraiment des branches coupées sur l'arbre que le sculpteur a transportées là, et auxquelles son ciseau a donné une vie étemelle. Quarante-quatre figures décorent cette ogive. Placées sous des dais finement ciselés et couronnées de délicieuses pyramidioles, elles occupent quatre voussures. La première a huit anges qui célèbrent les louanges de Dieu en jouant de divers instruments. L'antiquaire musicien trouvera là un intéressant chapitre sur la forme des instruments de musique au quindème siècle, rote, violon, psaltérion, rebec, harpe ou lyre. Nous, nous n'avons rien à y déchiffrer. Les trois autres voussures nous dédommageront.

La seconde voussure contient dix personnages. Nous les énumèrerons par ordre en allant de gauche à droite, et autant que les mutilations nous pennettront de les distinguer.

Le premier personnage est vêtu d'une longue robe serrée à la taille; sa tête est recouverte du capuchon; une longue barbe et ce qui reste du visage dénotent \m vieillard. Pour toute indication, ces trois syllabes :

t^ina,

\, ainsi se terminait son nom. Après bien des recherches, je orois que ces six lettres appartiennent an mot AiuDius, et je doute qu'il y ait w martyrologe «se

autre moitié de nom qui puisse aussi bien cadrer avec celle-là. II j aurait donc eu primitivement :

Saneius iiuDjus

Saint Aridius, Âredius, en français ÉHe, Éric, Érier, Yrier et Yrieix , qui a donné son nom à un i^heMieu d'arrondissement du département de la Haute-Vienne, et qui est en si grande vénération dans le Limousin, était aussi honoré ici, en Saintonge. Une des églises de Matha lui est dédiée sous le nom de saint Éric, que les paysans, par une syncope fréquente, transforment en tairu Trit^ et M. Lesson, dans ses Lettrée hUtoriques eur la Saintonge^ page 28 , en « saint Hélier, martyr et hermite dans Tile de Jersey. »

Né à Limoges, vers Tan 51 i, l'année de la mort de Clovis, de parents nobles et riches, il reçut une éducation complète. Présenté à Théodebert, roi d'Australie, à qui appartint Limoges , il parvint bientôt , par son mérite , aux premières charges. Mais, sur l'avis de saint Nicée, évèque de Trêves, qui l'avait remarqué à la cour du prince, il se voua tout entier au service de Dieu*. A la la mort de son père , il revint à Limoges pour consoler sa mère, dont il était Tunique appui. Puis, lui laissant l'administration de ses biens, et gardant seulement pour lui la construction des églises et des hôpitaux, il réunit quelques amis, quelques parents, sur une de 3es terres, en un lieu nommé Atane, sur la frontière du Périgord, près de la rivière de l'Isle. Sa réputation de sainteté attira au monastère naissant de nombreux disciples à qui il donna une règle dressée sur les li^titutions de Gassian, Basile et autres chefs d'ordres, et aussi des malades, des infirmes qu'il guérissait par l'imposition des mains et le signe de la croix. Dans un dernier pèlerinage au tombeau de saint Martin, à Tours, il mourut d'une dyssenterie, âgé de plus de quatre-vingt-six ans. Son corps fut transporté à Atane, et son tombeau fut signalé

par des miracles sans nombre. Autour du monastère possesseur de ses reliques s'éleva une nouvelle ville qui prit le nom du saint abbé. L'abbaye, confiée plus tard à des religieux bénédictins, subsista longtemps, puis fat changée en une collégiale de 32 chanoines, soumise au chapitre de Saint-Martin de Tours.

La vie de saint Trieix, dont la fête se célèbre le 25 août, a été écrite par saint Grégoire de Tours, qui avait été son disciple. Voir YBUtaria Francorum, liv. X, chap. 29. C'est cette biographie qu'a reproduite Surius, au tome IV, page 266, et qui a été abrégée dans les Aoa $an<Aorum ordinii S. BenedicH, saecul. I, page 349. Il existe dans l'édition de Grégoire de Tours, par D. Ruinart, une monographie du saint fort détaillée et extraite d'un vieux manuscrit par Mabillon. Nous y renvoyons le lecteur, ainsi qu'au tome V d'août des Acta «anctortfm, page 171.

Le second persoimage est un évoque; il porte chappe, crosse et mitre ; on lit :

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évidemment sanam vKLuadiut.

PALLÂDB ou PALLAis, ué OU Auvorgne, au rapport de Baillet, In vUa $ancii Palladii, d'une famille opulente, dit Grégoire de Tours, chapitre LX, De gloria eonfessorum , devint évêque de Saintes, à la place de Didyme , successeur de saint Concorde. En 573, il assista au quatrième concile de Paris, et en 580 tint à Saintes un synode où le comte d'Angoulême, Nantius, excommunié pour ses crimes, fut absous juridiquement après amende honorable. Saint Pallais bâtit, en 589, une chapelle et un monastère^ à deux lieues environ de Saintes, sous le nom de saint Vaize, martyr, dans l'endroit où reposaient ses restes. Il éleva à saint Pierre et à saint Paul une basili-

que, remplacée, croit-on, par l'église qui porte son nom; puis une autre église sous le vocable de saint Martin de Tours, dans laquelle il transporta le corps d'un autre saint Martin , disciple du premier et fondateur, au qua* trième siècle, d'un monastère près de Saintes, « apud fficum urbit, • que quelques auteurs pensent être Saujon.

Par vénération pqur saint Eutrope , il lui construisit un temple, et c'est en creusant les fondements qu'on découvrit le corps du premier évoque de Saintes.

Grégoire de Tours, liv. VII, chap. XXXI de ses A'siotres, a raconté les démêlés politiques de saint Pallais. Accusé par Antestius de trahison envers Gontran, son souverain , pour avoir reçu ouvertement , dans «a ville épiscopale, Gondebaud, son compétiteur, et en secret, dans sa maison, les éinissaires de Frédégonde, il fut arrêté au moment où il revenait d'une lie du littoral célébrer les fêtes de Pâques dans sa cathédrale. Il dut, pour apaiser la colère de son persécuteur, lui céder une maison qu'il possédait à Bourges.

Saint Pallais mourut dans un âge avancé, en 596, selon les uns, et, selon les autres, en 625. Il fut inhumé dans l'église de son monastère. Saintes conserva longtemps ses reliques. On les portait en procession dans les temps de sécheresse pour obtenir la pluie. Sa fête se célèbre le 7 octobre. — Acta sanctorum, octobre, tome ni, 924.

Au-dessus de lui est placé saint Trojan, Trogen ou Trophien, dont le nom est très lisible.

Saint Trojan, raconte André du Saussay, évêque de Toul, dans son Martyrologe gaUiean^ page 950, né d'un père juif et d'une mère musulmane, fut amené par eux en Gaule , à Saintes. Élevé par saint Vivien , il répondit

si bien à ses soins qn*il mérita d'èOre fait dilLCl^. SatM Concorde, successeur de saint Vivien, l'ordonna prêtre, et renvoya à Toulouse défendre la foi catholique contre rhérésie arienne. A la mort de Concorde , le cleigé et le peuple de Saintes, d'une voix unanime, le nommèrent évêque. Sa sainteté était telle qu'il suffisait à un malade de toucher ses vêtements pour être guéri. — Voir Grégoire de Tours, De gloria emftss. , LIX. — Affligé de voir la Gaule divisée par le schisme, il priait Dieu d'y faire régner une seule foi. 11 lui fut répondu qu'il serait témoin de cet heureux événement. En effet, peu de jours après, Clovis, vainqueur à Tolbiac, baptisé par saint Rémy, tuait (507) de sa main Alaric, roi des Wisigoths, le rempart des Ariens et l'oppresseur de l'Aquitaine. Trojan, heureux, vint à Angoulème saluer le vainqueur. Clovis le reconnut pour l'avoir vu en songe. Le saint, transporté d'allégresse, revint à Saintes. Il mourut le 30 octobre 532, jour auquel on célèbre sa fête, et fut enterré près de saint Vivien. Les reliques furent brûlées et dispersées par les calvinistes, en 1568.

Dans l'ordre chronologique, saint Aoibroise, dont le nom vient ensuite :

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devrait se trouver avant saint Trojan. On n'est pas d'accord sur l'époque précise où il vécut. L'opinion la plus accréditée, fondée du reste sur un manuscrit du septième siècle, découvert par dom Martenne et sur un passage d'un ancien bréviaire de Saintes du treizième siècle, qui fixe sa fête au 28 août, le fait prédécesseur de saint Vivien. On ne connaît de lui que son nom, dit le OoWs. La Biographie saintongeaUe pense que sa mort eut lieu en 445. Le tome VI d'août des Aeia $anetùnm lui consacre

lapftge 212, et du Saussay le fait, page 862, assister en esprit aux funérailles de saint Martin de Tours.

Au lieu de l'évèque de Saintes, dont les actes sont si peu connus, je préfère voir dans cette in^age l'illustre évêque de Milan, son homonyme ; d'autant que le saint ici représenté tient un livre, ce qui indique certainement un docteur, un père de l'Église. De plus, il est en face de saint Augustin.

Ambroi^e, Ami^roiiuê, né vers 340,. fils du préfet des Gaules, administrait lui-même la Ligurie quand le peuple l'acclama évêque, comme devaient faire, en 450, les Santons pour saint Vivien, leur gouverneur. Quoique simple cathécumène, il fut en peu de jours baptisé, ordonné prêtre, sacré évêque (374). Sa lutte cpntre les Ariens, le refus courageux qu'il fit de laisser pénétrer dans l'église l'empereur Théodose, qui avait, dans un mouvement de colère , fait massacrer sept mille Thessaloniciens, ses remarquables écrits, la création d'une liturgie qui prit de lui le nom de rit ambroisien, ses vertus, ont rendu son nom universel. On lui attribue, à lui et à saint Augustin réunis dans la cathédrale de Milan, pour célébrer le triomphe de l'Église catholique sur les Ariens, la composition du Te deum dont ils improvisaient alternativement un verset. Saint Ambroise mourut en 397; on l'honore le 4 avril.

Je ne puis rien affirmer sur le personnage suivant. Sa figure a été mutilée; les lettres de son nom brisées; il en reste trois débris.

Paut-îl y voir trmeus, Irénée ? Un lion, accroupi sur ses deux pattes de derrière et la queue entortillée autour du corps, semble le regarder. Les biographes nous racontent

bien qu'Irénée, né en Grèce vers 120, disciple de saint Polycarpe, vint en Gaule vers 177, succéda à saint Pothin sur le siège épiscopal de Lyon, et en 205, le 28 juin, jour où Ton célèbre sa fête, périt dans la sanglante persécution qu'excita Septime Sévère; mais ils ne mentionnent pas les différents supplices auxquels fut livré, pendant plusieurs jours, ce vieillard de quatre-vingts ans. Peut-être fut-il exposé aux lions.

Ajoutons qu'au 3 juillet, l'Eglise honore un autre Irénée, diacre, qui fut, en Toscane, sous Âurélien, déchiré avec des peignes de fer, en même temps qu'une cousine de l'empereur Claude, Mustiola, qui fut frappée de fouets plombés jusqu'à ce qu'elle expirât.

J'aime mieux voir là saint Jérôme toujours représenté avec un lion, et qui, de plus ici, se trouverait en compagnie de saint Ambroise, autre père de l'Eglise.

De l'autre côté se trouve saint Grégoire.

On trouve, vers l'an 510, dans la liste des évoques de Saintes, un Grégoire qui, dit-on, ordonna saint Germier, évéque de Toulouse. Mais le personnage représenté ici porte la tiare et un livre. Il faut y voir nécessairement un pape et im docteur. Ces titres ne peuvent s'appliquer qu'à saint Grégoire le Grand.

Grégoire, né à Rome vers 540, mort en 604, le 12 mars, jour où on le fête, distingué par sa naissance, ses vertus, les talents qu'il déploya comme préteur, fut élu pape en l'an 590. Ses prières délivrèrent Rome d'une terrible peste, et l'on raconte que dans une procession qu'il fit, pour en obtenir la cessation, il vit au-dessus du château, qui depuis a gardé le nom de Saint-Ange, un ange qui essuyait et remettait au fourreau un glaive ensanglanté.

n parvint à conclure avec les Lombards un traité qui épargna de plus grandes horreurs à l'Italie. Cest lui qui envoya, en Angleterre, le moine Augustin et des hommes apostoliques qui évangélisérent cette contrée.

Je ne crois pourtant pas que ce saint Augustin, apôtre de la Grande-Bretagne, soit celui qui vient après saint Grégoire. Nous avons là l'évêque d'Hippone.

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Le voilà avec son livre, le grand docteur de l'Eglise latine. Il est placé sur le même plan que saint Ambroise, son ami et son père spirituel. Saint Augustin, qu'on fête le 28 août, né en 354 àTagaste, en Numidie, et mort en 430 à Hippone, converti par les prières de sa mère , sainte Monique, reçut le baptême à 32 ans et l'onction épiscopale à 41. Sa vie active est connue de tous.

Saint Germain, dont le nom est mutilé.

aie pallium d'évèque, la mitre; à la main gauche, son b&ton pastoral, et de la droite il tient une église.

Il y a, dans le martyrologe romain, onze saints qui ont porté le nom de Germain, et deux furent évoques, l'un d'Auxerre, d'où le nom de saint Germain l'Auxerrois, et l'autre de Paris. Mais le monument religieux que montre ici le personnage ne laisse aucun doute sur celui des deux qu'on a voulu représenter. C'est saint Germain de Paris, né à Autun en 496, évéque de Paris en 554, et mort dans cette ville en 576. Il jouit d'une grande faveur à la cour

de Ghildabert et de Glotaire, ce qui ne Tempècha pas d'excommunier Garibert pour ses débordementa. Gomma saint Pallais, il fut mêlé à la querelle de Frédégonde et de Brunehaut. Saint Fortunat, évêque de Poitiers, Ta chanté; saint Grégoire, évèque de Tours, a écrit sa vie. Sa fête se célèbre le 28 mai. L'ancienne église de Saint- Vincent a pris depuis son nom, et, pour se distinguer de réglise de Saint-Germain-l'Auxerrois, s'est appelée Saint- Germain-des-Prés.

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Léonce, dont la fête fixée jadis au 19 mars, se célèbre maintenant le 25, ou 19 avril selon le martyrologe gallican, fut le successeur de saint Pallais. Il assista au concile de Reims en 625, dit le GalUa. André du Saussay ajoute qu'il embellit les églises de son diocèse, forma son clergé et donna à son troupeau l'exemple de toutes les vertus. Il eut l'honneur de recevoir saint Macoult {Maclovius, Machutus, Macules, Maclou, Macoux ou Macoult, Malo, Mahout), évêque d'Âleth, chassé par ses diocésains; et quand le saint breton fut mort, il éleva en son honneur, dans un faubourg de Saintes, une église qui fut ruinée pendant les guerres des Anglais. Get édifice, qui montre encore à fleur de terre des restes de fondements, conserva jusqu'à sa destruction le chef du pieux évêque; il fut alors porté à Saint-Jean-^l'Angély, et périt avec le monastère et l'église elle-même sous les coups des protestants. .

Le personnage qui termine la première série à droite est difOcile à reconnaître tout d'abord. Sa figure est affîreusement mutilée ; son vêtement parait être une Ion-

goB robe ; de la main droite il a dû tenir un livre. C'est tout ce qu'on y peut décrire. On ne Ut de son nom que ces itois lettres :

Mais les iconoclastes n'ont pas achevé leur œuvre, heureusement I Derrière la tête, et enfouis sous la poussière séculaire qui cache en général toutes les délicatesses des détails de cette magnifique ogive, et qu'un coup de balai enlèverait, on découvre un reste de couronne et deux ou trois fleurs de lys. Plus de doute ; c'est saint Louis, et le nom incomplet peut se rétablir ainsi :

Je n'apprendrai rien en disant que Louis IX, né à Poissy en 1215, de Louis VIII (Cœur-de-Lion) , et de Blanche de Gastille, roi en 1226 sons la régence de sa mère, et majeur en 1236, fut un de nos plus saints et de nos plus grands monarques. Les victoires de Taillebourg et de Saintes le rappellent d'une façon singulière à notre mémoire. Une députation du corps de ville alla dans son camp féliciter le vainqueur et lui offrir les clés de la ville. L'entrée de saint Louis dans nos murs fut un véritable triomphe. « Accompagné par tout un peiq)le avide de contempler ses traits, escorté de ses preux portant encore les marques du combat de la veille, il vint à la cathédrale remercier Dieu de ses victoires, 24 juillet 1242. n fut reçu par l'évêque Pierre Y. Le roi logea au palais épiscopal; la reine Blanche et ses belles-filles honoreraient l'abbaye de Sainte-Marie de leur présence. » Monographie de Saintes^ par M. l'abbé Lacurie, p. 197.

Un marbra racontait jadis cette visite du vainqueur des Anglais et ses actions de grâces dans l'église Saint-

Pierre. Aujourd'hui un débris de couronne fleurdelisée est seul pour nous faire ressouvenir du saint roi. Ajoutons cependant que sur la cloche coulée en 1855, au moyen de canons que Rochefort réclamait à Saintes, M. Tabbé Bonnet a eu l'heureuse idée de rappeler cet événement :

LUDOVIGUS NOMBN MIHI DEDERUNT JOHÂNNES VÀGHERIB URBIS SÂm'ONUM MAIOR ET MARIA APPERT D. SAVART TRIB. GIV. PRiESmiS SPONSA IN MEMORIAM LUDOVIGI REGIS GRATIAS AGENTiS IN EGGLESIA SANGTI PETRI HUIUS URBIS POST VIGTORIAM APUD TALEBURGUM IN ANGLOS REPOR- TATAM ANNO MGCXLn GONFLATA FUI DIE XXVm MENSIS JUNn ANNO DOMINI MDGGGLV LEONE BONNET ARGHIPRESBT- TERO SANTONUM PAROGHO

Ce latin du xix' siècle se traduirait ainsi :

Louis, tel est le nom que m'ont donné Jean-Dulcissime Vacherie^ maire de la ville de Saintes^ et Marie Appert^ épouse de M. Savary, président du Tr^unal dvil, en mémoire de Louis IX rendant à Dieu, dans t église de Saint-Pierre de cette ville, des actions de grâces après la victoire remportée à TailMourg sur les Anglais en iiii. JTai été fondue le 38 juin, Fan du Seigneur 4855, Lion Bonnet étant curé archiprêtre de Saintes.

On a bien essayé à Taillebourg de rappeler le souvenir de saint Louis. La pierre qu'on y a élevée ne vaut pas la médaille qui fat, l'an 1242, frappée en mémoire de la victoire du roi. On y voit la tour du vieux château, et sur le pont, un trophée avec ces mots en légende :

assis • FVGAT • VIGT • AD - TALIABVG • PONT • ANGLIS

Saint Louis, mort à Tunis, dans sa seconde croisade, en 1270, fut canonisé en 1297. On le fête le 25 août. Avant la Révolution, ce jour-là, l'Académie française faisait célébrer son panégyrique. Sa vie appartient à l'histoire non moins qu'à l'hagiographie. Nous y renvoyons le lecteur.

La seconde voussure présente douze personnages, six de chaque côté. Us sont disposés comme dans la précédente, sur des consoles et au-dessous de dais finement travaillés. Leurs noms sont placés à leur droite, sur un cordon qui encadre le cintre, et séparés les uns des autres par des branches de chêne ou des fleurs de houx. Les caractères en sont si profondément fouillés que les hirondelles et les moineaux ont pu, dessous, construire leurs nids. Ainsi, comme autrefois les hommes, les oiseaux viennent aujourd'hui se blottir autour du temple et chercher, sous la protection des saints, un asile qu'on ne respecte pas toujours.

Sainte Marguerite est la première. Son nom est parfaitement lisible.

S • VltÏÏXÛVltïtit

Q manquerait, qu'on la reconnaîtrait parfaitement. À ses pieds se tord le dragon que lui prêtent les iconographes. C'est le souvenir de l'apparition que lui fit le démon sous la forme d'un monstre hideux, vomissant des flammes et répandant une odeur infecte, dans le cachot où l'avaient jetée ses persécuteurs. Sainte Marguerite, native d'Ântioche, en Pisidie, est la patronne de Crémone. Elle souffrit le martyre vers l'an 253 sous l'empire de Dèce. Sa fête est fixée au 20 juillet.

Puis vient saint Christophe qu'on honore le 25 juillet.

«f txtatc

Saint Christophe est vêtu d'un manteau qu'une agrafe attache sur la poitrine. Sur ses épaules il porte l'Enfant-

Dieu, et s'appuie sur un long bâton. Robuste et haut de taille, mais charitable et dévoué, Christophe, à la prière d'un ermite, employait sa force et sa prodigieuse stature & passer d'une rive à l'autre les voyageurs dont un fleuve arrêtait la marche. Un jour, un jeune enfant se présente. Le géant l'enlève comme une plume. Mais à peine a*t-U fait quelques pas que son fardeau s'alourdit ; il devient bientôt si pesant que l'hercule chrétien ploie comme un roseau. A grand'peine il parvient h gagner l'autre rive. « C'est comme si j'eusse porté un monde, dit-il à l'enfant blond. — Tu ne te trompes pas : tu as même porté plus qu'un monde, puisque tu as porté Jésus-Chdst. n Christophe se prosterne et adore. C'est de là que lui vient son nom de Christophe, chbxstophoeus , cmii^ro^ f avao Je Tporte le Ckrist. A la recommandation de TEnfantrDieu, Christophe enfonce son bâton dans le sol; et son bâton verdit, se couvre de rameaux, et le lendemain donnait de douces dattes.

Christophe, dont le nom véritable est inconnu, étai Chaldéen. Néophyte et plein d'ardeur, il quitte son pays en 253 et va annoncer l'Evangile dans la Lycie, province de l'Asie Mineure. De 1^ peut-être est venu le dicton qu'il portait le Christ, soit qu'il l'apportât aux nations païennes, soit qu'il l'eût en son cœur. Sous Dèce, il fut arrêté ; on lui fit subir les plus afEreux tourments sans pouvoir lasser sa constance. Il eut la tête tranchée le 25 juillet 454 suivant les latins , le 9 mai selon les Grecs. L'office de sa fête a été composé par saint Ambroise.

La légende a fait de saint Christophe une espèce d'Atlas. Il a un pin pour assurer ses pas»

pjNus VEsneu rmiUT»

n porte sur son cou, comme à Saintes, le plus souvent sur une épaule, et parfois sur son bras un enfant aux «heveux bouclés, frêle, souriant, délicat, qui le courbe sous soo poià», image de i* force vaioio^e paria doMinr

et la faiblesse. Suivant Topinion ancieime fonnulée en un pentamètre léonin :

GHRISTOPHORim VIDEÂS, POSTEA TOTUS £AS,

on ne pouvait mourir subitement ni par accident, le jour où l'on avait vu l'image de saint Christophe.

Si tu ^u vu ChritiopJèe , va en mkreU.

Aussi, poor que sa statue fût facilemesA aperçue, lui donnait-on des proportions colossales.

Antoine des Essards, chambellan de Charles VI, échappé aux mains des Ecorcheurs et n'attribuant son sahit qu'à la vue en songe de saint Christophe, fit, comme tx voio, adosser en 1423, au gros pilier de la tour de droite^ Notre-Dame de Paris , une statue gigantesque de saint Christophe. Ce, colosse de vingt-huit pieds de haut, qui défigurait, comme dit l'abbé Velly dans son Miêêmre de Fnmee, « la nef de la cathédrale de Paris, » M détruit en 17S6 au nom du goût; on l'aurait renvwié sept ans plus tard au nom de la liberté.

Le personnage qui vient ensuite porte à la main les instruments de son supplice : c'est un bâton terminé comme une canne à ponmieau; autour s^enroulent deux cordelettes avec des houppes & chaque extrémité; voilà bien les fouets plombés, virgis plumbatis^ dont parlent ses historiographes. On lit :

Il y a évidemment là absence dWe lettre; ajoutez le 6 qui a disparu, et vous aurez : s. ofinvAsms.

Saint Gervais est lêté le 19 juin, anniversaire de la translation de ses reliques. Son corps fut découvert en 380 à Milan par eaint Ambroise , qui lui dédia la basiliqM q[u'a ccmstraisaiH. La plus belle église qui hû ait été

consacrée lui fat élevée à Paris, en 560, par saint Germain. Rebâtie en 1212, et ornée en 1616 d'un beau portail exécuté sur les dessins de Jacques de Brosses, elle contenait de fort beaux tableaux de Lesueur.

Saint Gervais avait pour père Vital, et pour mère Valérie, qui sont aussi fêtés' comme saints. Il distribua, de concert avec son frère , saint Protais, tous ses biens aux pauvres, et après avoir servi Dieu pendant dix ans dans la retraite et la prière, il reçut avec lui la couronne du martyre en 109, sous l'empereur Trajan. Saint Augustin, présent à la découverte des corps des deux martyrs, et Grégoire de Tours, Gloria mariyrum^ XLVn p. 775, ont raconté leurs miracles.

n est plus difficile de reconnaître le quatrième personnage. Quelques lettres par ci par là ne permettent pas de lui donner un nom certain.

t an

Cest un guerrier. Sa tète est armée du casque ; il porte la cuirasse et par dessus un long manteau qu'on voit pendre derrière son dos. A la main droite brille uneépée; à sa gauche est un bouclier orné d'une croix cantoimée de quatre fleurs de lys. Ce doit être quelque guerrier français.

L'identité du personnage qui suit n'est pas plus facile à constater, encore qu'on lise en toutes lettres :

0f Uotftgvctina

« Quelques écrivains, dit le GalUa christiana, tome n, mettent au nombre des évêques de Saintes un Liçer^

honoré comme martyr. Ils se fondent sur le passage suivant du testament de Jean Miller, chanoine de Saint- Pierre : c Je donne et lègue à ladite église de Saintes » huit marcs d'argent pour refaire, en argent, la chasse » détériorée qui contient le chef du bienheureux Léger, » évèque de Saintes et martyr, et veux qu'elle soit sem- » blable à celle qui renferme le chef de saint Macoult à > Sainl-Jean-d'Angély. > Ce ne fut que par une ignorance inqualifiable que le testateur mit saint Léger, évèque d'Autun, au nombre des évêques de Saintes. » N'en déplaise au grave auteur, le bon chanoine ne nous paraît pas si ignorant, ou son ignorance est partagée par bien d'autres. Voici, en effet, un autre chanoine, François Tabourin, qui parle aussi de la précieuse relique : « Il y avait le chef de M. sainct Légier, lequel ne se mettait que sur le grand autel le jour desdittes festes solennelles et les jours et festes de saint Trojan, et se portait aussi en procession quelquefois. > La parité que le narrateur établit entre saint Trojan et saint Léger n'échappera à personne ; il n'en eut point été sans doute ainsi, si saint Léger n'eût pas été un saint local conmie saint Trojan, et aussi un évèque comme lui. Puis cette possession du chef est un fait grave. Gonmient Saintes eût-elle possédé le chef de l'évêque d'Autun ? Passe pour un doigt, un bras, une côte ; mais la tète appartenait de droit au lieu que le saint avait illustré par sa vie ou sa mort, comme saint Eutrope à Saintes. Enfin les hagiographes ne font nulle difiiculté d'admettre ce Léger parmi les évoques de Saintes. Un bréviaire manuscrit de Saintes du' xm* siècle, déposé à la Bibliothèque impériale sous le n"^ 1483, et dont M. l'abbé Grasilier a rendu un compte intéressant dans le BuUeHn de la Cammiêiion des Àrtê et Monument de la Charente-Inférieure, I, 131, nonmie aux litanies des saints. Léger, évèque de Saintes et martyr, dont la fête a lieu le 12 novembre. La 4« édition des Vie des Sainu, par le P. Giry, l'admet, et les nouveaux Bollandistes promettent sa biographie au 19 novembre.

Plusieurs églises du diocèse de Saintes l'ont pour patron : celle de Cognac , celle de La Glotte , canton de Montguyon. Il existait une abbaye de Saint-Liguaire, et une commune du département se nomme encore Saint- Léger-^n-Pons.

Pourtant je n'affirmerai pas que ce soit bien là Tévêgue de Saintes. Je crois qu'on l'eût placé au premier cintre avec saint Pallais, avec saint Trojan , à qui nul ne conteste la qualité d'évêque de Saintes. Ce serait donc saint Léger d'Autun. Rien d'étonnant à ce que son culte fût répandu en Saintonge. En effet. Léger, Leoâegarius, LéoDÉGUAiBE, Liguâire, Légisr, Léger, né en 616 de parents nobles, fut élevé à Poitiers sous les yeux de son oncle, Didon, évêque de cette ville. Il fut abbé de Saint-Maixent, en Poitou. Puis quand, après avoir joué le plus grand rôle dans le royaume de Neustrie, comme conseiller de sainte Bathilde pendant la minorité de Glotaire III , comme ministre de Ghildéric n, il eut eu les yeux crevés en 676 et la tête tranchée en 678 par ordre du cruel Ebroïn, dont il s'était attiré la haine, son corps, dont trois évoques se disputaient la possession, Ansoalde, de Poitiers, comme étant son parent; Emencharius, d'Autun, comme son successeur ; et Vindicien, d'Arras, comme pasteur de l'Artois, où il avait été décapité , son corps fut cédé à Ansoalde, qui le transporta en grande pompe à travers Ghartres, Tours, jusqu'à Poitiers, et de là à l'abbaye de Saint-Maixent. Une aussi solennelle translation et aussi prochaine dut émouvoir les Santons ; de là la vénération que lui YQua la province. Cest le 2 octobre qu'on célèbre l'anniversaire de son martyre.

Après saint Léger, nous trouvons un groupe de deux personnages. Uun est agenouillé, mains jointes, ample vêtement comme celui d'une femme. L'autre , débout

derrière le premier, est un soldat ou un bourreau ; il tient une hache qu'il brandit. Mais les protestants ne lui ont pas permis d'achever son œuvre ; ils ont décapité la sainte avant lui.

Le sujet est certainement une décollation ; mais quel est le martyr ? Je suis porté à voir là sainte Eustelle, d'autant que les fragments de syllabes ne s'opposent pas à ce qu'on y retrouve son nom.

t te

Le premier signe est un montant de Tu ; les derniers, un T et un E. En rétablissant le mot, on aurait :

tuattiin

Plusieurs hagiographes, je le sais, mettent simplement la fiUe- spirituelle d'Butrope «a rang des vierges. La tradition du diocèse la fête au 21 mai, comme vieipge et martyre ; mais le bréviaire ne donne aucun détail sur son supplice. On sait du* reste peu de choses sur sa vie. Convertie par saint Eutrope, Eustelle quitte le palais du gouverneur de Saintes, son père, et vient habiter près de sa cabane, dans le vallon où coule maintenant la fontaine qui porte son nom.

M. Gh. Barthélémy se trompe quand, m, page 1056, Annalei hagiographiques, il émet un doute sur sa retraite dans ce vallon, à cause, dit-il, du voisinage des jeux de l'amphithéâtre. Rien ne prouve que les arènes aient existé à cette époque ; et si l'on en croit Nicolas Alain, elles n'auraient été bâties que sous l'empereur Galien, comme nous l'avons indiqué plus haut.

Eutrope mort, Eustelle prit soin de l'ensevelir. Son père alors crut pouvoir plus facilement la gagner. Elle résista à toutes ses offres. Un jeune homme, raconte la légende, la recherchait en mariage, et l'importunait de ses obsessions jusque dans sa retraite. Eustelle, un jour, fatiguée, frappa du pied la terre; aussitôt, le sol s'ouvrit

et l'on vit sourdre la fontaine, où, le jour de la fête de saint Eutrope, les jeunes filles gui désirent se marier vont, de grand matin, jeter une épingle en cachette.

Eustelle, raconte le bréviaire de Saintes, fut mise à mort par Tordre barbare de son père. Les fidèles réunirent ses restes à ceux d'Eutrope. Ces deux corps furent ensuite déposés dans la basilique de Saint-Eutrope. On sait comment, enfouis par les religieux qui voulaient les soustraire aux ravages des protestants, ils furent heureusement découverts en 1843, lorsqu'on les croyait, comme tant d'autres, devenus la proie des flammes hérétiques.

Vis-à-vis d'Eustelle est placé son contemporain saint Clément; le nom est intact.

U y a deux saints de ce nom. Au livre que tient le personnage, on pourrait le prendre par saint Clément d'Alexandrie, l'illustre docteur de l'église ; mais la tiare qu'il porte ne permet pas de s'arrêter à cette pensée. De plus, le livre peut parfaitement convenir à saint Clément pape ; car il a écrit des homélies et des lettres qu'on lisait publiquement en chaire.

Clément, né à Rome, proche parent de l'emperetir Domitien, fut disciple de saint Paul, qui le nomme dans son épttre aux Philippiens, puis de saint Pierre, dont on le fait quelquefois successeur immédiat. Banni dans la Chersonnëse par ordre de l'empereur Trajan, il convertit l'île entière; et pour ce crime, il fut précipité, une ancre au cou, au fond de la mer, en l'année 102, le 23 novembre, jour où on le fête. C'est lui qui, devenu pape, donna ordre d'écrire la vie et la mort des martyrs; et à cet effet, il institua sept notaires, un pour

chaque quartier de Rome, qu'il chargea de ce soin. Ce fait confinnerait, au besoin^ l'envoi que lui fit saint Denis des actes du martyre de saint Eutrope.

On distingue saint Laurent au gril qu'il tient de la main gauche, et aux lettres qui le touchent.

Laurent, que Prudence a chanté dans de beaux vers, était né en Espagne, au royaume d'Aragon. Il était archidiacre à Rome, et avait reçu en cette qualité, du pape saint Sixte n, le trésor de l'église, c'est-à-dire, les ornements et vases d'autels, les deniers destinés à l'entretien du culte et au soulagement des pauvres. Sommé par Tempereur Valérien de livrer ce trésor, il assembla les boiteux, les estropiés, les aveugles, les chargea sur des chariots : « Voilà, dit-il à l'empereur, les trésors de l'église que je vous amène. » Irrité , le tyran le fit battre de verges, déchirer par des scorpions, déchiqueter avec des lames de fer chaud; enfin, il le fit exposer sur un gril, au-dessus de charbons ardents. Laurent, après un moment, dit à son bourreau : « La moitié de mon corps est assez grillé ; tourne-le de l'autre côté pour achever de le rôlir, et tu pourrasje rassasier de ma chair cuite. > Il expira. C'était en Tannée 261. En souvenir de cet affreux supplice , les iconographes donnent toujours un gril à saint Laurent; et Philippe II, pour le remercier de la victoire de Saint-Quentin (1557), remportée le 10 août, jour de sa fête, construisit l'Escurial en forme de gril, et y fit sculpter partout cet instrument.

Saintes, posséda longtemps des reliques de saint Laurent, que saint Grégoire avait .envoyées à saint Pallais, jointes à celles de saint Pancrace.

IW-

Voici venir un guerrier, armé de toutes pièces : c'est saint Maurice.

S it»ttimiit0

Gàef de la légion levée en Thébaïde, et par cette raison nommé Thébéenne, Maurice, avec les six mille soldats sous ses ordres, tous chrétiens, refusa d'obéir à l'empereur Maximien, qui les voulait contraindre à sacrifier aux dieux. Décimée une fois, puis deux fois, la légion tout entière, tribun et soldats, périt par le fèr. Cette immense hécatombe eut lieu en 303, entre AgoMmun, Saint-Maurice, et Oetadunus, Marcigny, dans le Valais actuel. Une abbaye, bâtie au vr siècle par Sigismond, roi de Bourgogne, sur l'emplacement où furent massacrés ces six mille chrétiens, devint fort célèbre soua le nom de Saint-Maurice. Le vaillant et pieux tribun est encore aujourd'hui connu, de nom au moins, par une foule de gens qui portent la décoration de Saint- Maurice, ordre militaire créé en 1434, par Amédée vni, duc de Savoie, renouvelé en 1572, par le duc Emmanuel-Philibert, et distribué par S. M. Victor-Emmanuel, en 1859 et années suivantes.

Saint Georges suit saint Maurice.'Il foule aux pieds le dragon légendaire, et le pourfend de sa lance.

g<otgm0

Riche et beau, Georges, né en Gappadoce, suivit la carrière militaire> et parvint au grade de tribun des soldats, quelque chose comme colonel, sous l'empereur Dioclétien. On raconte de lui mille exploits; il tua un

dragon formidable, et sauYa d'une mort a£Ereuse hi fille d'un roi que le monstre allait dévorer. Pour avoir refusé d'adorer les idoles, il fut décapité le 23 avril 304, à Diospolis, en Perse, et selon d'autres , à Mitylène en Arménie. Son culte, tort répandu en Orient, se propagea en Occident. Les Anglais et les Génois l'ont poux patron, et tes Russes, qui ornent leurs armoiries de son image et de son dragon, ont créé (i7&9) un ordre militaire en son honneur.

Voici un pape, saint Sixte.

0ixtti0

Deux papes de ce nom sont inscrits au martyrologe. L'un, saint Sixte I* honoré le 6 avril, gouverna l'église sous Adrien, et subit le martyre sous Antonin-le-Pieux.^ L'autre, Sixte n, fêté le 6 août, né à Athènes, pape de 257 à 269, fut décapité sous Valérien. C'est ce dernier qui est représenté au portail. Le jour de sa fête, il était d'usage d'appeler la bénédiction du ciel sur les vendanges prochaines,' richesse immémoriale de la contrée, en exprimant dans le calice, à Voffertwre, le suc de quelques graines de raisins mêlé ainsi au vin du sacrifice.

Enfin, la dernière figure est celle d'une sainte.

Bologne et Gênes nous donnent deux saintes de ce nom, toutes deux illustres par leurs vertus et leurs écrits mystiques. Mais elles moururent, l'une en 1463, l'autre en 1510. Il ne peut donc être question d'elles ici. D'autre part, si l'on avait voulu figurer ici sainte Gathe-

rine d'Alexandrie (312), quesa science a rendue patronne des écoles de filles, et autrefois des élèves de philosophie, on n'aurait pas manqué de sculpter à ses pieds son attribut ordinaire, la roue, instrument de son supplice. Û faut donc voir là sainte Catherine de Sienne née en 1347, d'un teinturier de Sienne, et morte à Rome en 1380, exténuée d'austérités. Après avoir refusé de se marier, Catherine entra dans l'ordre de saint Dominique. On a d'elle des traités de dévotion, des lettres, des poésies. Elle usa de l'influence acquise par sa sainteté pour mettre fin au schisme de 1378, qui désolait la dirétienté. Le pape Pie n, son compatriote, l'inscrivit au catalogue des saints, en 1441, 81 ans après son décès, et Qément Vni fixa sa fête au 30 avril. L'éclat de ses vertus et l'acte tout récent de sa canonisation l'auront fait placer / à notre portail. / Chose surprenante ! saint Eutrope ne se trouve pas là ; i saint Vivien non plus. A-t-on cru que c'était assez qu'une paroisse leur fût dédiée dans la ville ? Mais saint Pallais avait aussi son église ! On y cherche encore vainement les autres saints topiques, saint Ausone, saint Martin, abbé, saint Cybard qui apprit à nos villageois une taille de la vigne, saint Saloine et saint Vaize martyrs, saint Dizant, saint Concorde, saint Mathan, tous trois évéques de Saintes. Mais il faut remarquer que ces vingt-deux statues des voussures n'étaient pas les seules à décorer le portail de Saint-Pierre. < Par le dehors de l'églize, dit le chanoine Tabourin, à la porte qui sort vers révesché, il y avoit des places comme elles sont encore à présent, pour y mettre les ymages de quelques saincts et apostres. Je y en ay veu aultrefois six qui estoient par le dehors de Téglize, près la porte, qui furent mizes par terre par ceux de la religion réformée Par le dedans de la ditte églize, à la mesme

porte, il y avoit des places pour y mettre quelques ymages ; mais il n'y en eut jamais. » Page 293. Peut-être les personnages dont l'absence nous étonne, occupaient-ils.

ou devaient-ils occuper, les places aujourd'hui vidas. Qui donc, reprenant la pensée interrompue et Tcduvre incomplète, rendra les saints à leurs niches et sa signification entière à ce beau morceau d'architecture ?

Le chanoine nous dit bien que « il y avoit contre le clochier Tymage ou statue de Charles Magne... que, en l'année mil cinq cent soixante-huit, ils (les calvinistes) voulurent mettre laditte ymage par terre, ce qu'ilz ne purent faire , encore qu'ilz eussent attaché des bœufz pour la mettre par terre, et la rompirent par la moitié comme on la voit à présent ; » mais il a négligé de nous donner les noms des autres personnages du portail, n faut donc nous résigner à les ignorer. Ce devaient être les apôtres.

XLVn

La seconde voussure contient 14 personnages : deux n'ont pas de nom, et il est difficile de leur en prêter un d'après leur costume ou leurs attributs. Les douze autres sont des prophètes. Il fdut recommander leurs physionomies à l'observateur, et désirer qu'un crayon habile ou un photographe expérimenté en reproduise les traits. Vêtus de robes traînantes, ils sont coiffés d'un chaperon, et déroulent à la main des phylactères où sont gravés des passages de l'Ecriture. Il y a dans ces figures un certain cachet et trop de vie, pour croire qu'elles appartiennent à des personnages de fantaisie. Ce doivent être des personnages de l'époque. On sait combien de fois il est arrivé au peintre d'employer en un sujet religieux des personnages profanes. Un tableau de la Présentation de Marie au temple dans la chapelle de la Visitation, à Moulins, nous offre tous les membres de la famille de Montmorency. Rien n'est plus curieux que de voir ces seigneurs de la cour de Louis XIII, sous le costume hébraïque, avec leurs longues moustaches

et leur tenue martiale. Bu cherchant bien, peut-être trouverait-on ici les portraits des contemporains^ si Tcm avait quelque moyen de les reconnaitre.

Celui qui commence la série n'a pas de nom. Peutêtre est-ee une prophétesse, Débor a ou Holda. Ri«i ne nous permet de rafiinner.

Le deuxième nous livre trois lettres eu nom de Daniel.

Cette syllabe, contrairement & l'usage suivi, est ila gauche du personnage. Sur le phylactère on lit :

Je vouê ferai iwHr de vo$ tùmbeaux; verset 12, tiré du chapitre XXXVII d'Ezéchiel.

Michée vient ensuite ; seir nom est complet.

II dit cette parole de Sophonias : Ut n«vocEi«r ommbs NOMEN DoMiNi, souB cotte fonuo :

îmH)<a6«ni owinu nomct bni

C'est le verset 12, chapitre m : Tou$ invoquenmt le nom du Seigneur,

Sophonias, à son tour, emprunte à Malachie, chapitre m, verset 5, ce mot :

Le sens complet est : Et aggedam ad vos m judigio, et

KaO TESnS VELOX MALEFiaS ET ADULTERIS El PERIUEIS,. etC.

C'est-à-dire : Je me hâterai de venir pour être }!uge et. témoin contre les empoisonneurif les adultères et les parjures. Son nom se lit facilement :

00VtiO1ti9Cîf

Osée, ce qui me semble plus logiqiJbe, cite uo mot de son chajj^tre XIII, verset 14, que saint Pml, en d'autres termes^ répétera dans sa première épitre aux Goriathiens, XV, 54 : Onwrt, e'efi mai quiierai iavwif

mor^ €tù tM iMts Son nom est intact, et on lit en toutes lettres :

n n'en est pas de même du suivant :

liais

Cette terminaison porte à croire que nous avons là Jonas. U m'a été impossible de déchiffrer laj)lirase qu'on lui a prêtée. J'en dirai autant du septième qui pourrait bien être Jérémie.

Le prophète qui commence en haut la série de droite est Isaïe, si j'en juge par le verset qu'il chante sur sa banderole :

non tst <|nt $utitnUt tam U omntÇn^ jifii^ <]no

Ce verset 18, chapitre LX, De tom les enfanté qu'eUe a engendrés U ne se trouve aucun qui la soutienne, est une allusion aox malheurs de Jérusalem^ que le sculpteur a sans doute voulu appliquer à l'Eglise.

Je voudrais bien croire que le prophète qui vient après est Abdias ; rien ne me l'atteste. Je n'ai pu lire le nom qui est absent, et le verset qui est détérioré. On peut encore y voir Zacharie.

Amos a son nom en enUer.

KWt0B

Et sa iécende est extraite du chd|>itre IX, verset 6.

Phrase qu'il faut rapprocher de ce qui précède et de ce qui suit : « C'est ce qu'a dit le Seigneur, le Dieu des

armées Lui qui a éloMt son tràne dans k Ciel, et qui

soutient sur la terre la société qu'il s'est unie ; lui qui appelle les eaux de la mer et les répand sur la face de la terre. Son nom est le Seigneur. >

Deux lettres seules du nom de Joël paraissent.

OC

Voici sa phrase, telle qu'on la trouve, chapitre n, 28.

tffntAata be ^trtfti tnco snftt omnts carnet

Je ripandrai fnon esprU iur toute ehair; et ce qui la com*pléte : « Vos fils et vos filles prophétiseront; vos vieillards seront instruits par des songes, et vos jeunes gens auront des visions. >

La sentence que porte Malachie dont le nom est entier,

timitttliiit0

est prise au verset 19, chapitre VII, de Michée : Dbponbt

INIQUrrATBS VESTRAS.

que le graveur a légèrement changé en : Le Seigneur effacera toutes le$ iniquitiê.

Ezéchiel, dont le nom est mutilé,

c ctk...

écrit ce fragment : Les une e'iveiaeront pour la vie étemelle, du chapitre Xn, verset 11, de Daniel, qui est : c Et toute cette multitude de ceux qui dorment dans la poussière e'éveiUeront^ les uns pour la vie itemeUe, et les autres pour un opprobre étemel qu'ils auront toiijours devant les yeux.»

ei^tgtfaBttnt aHî ba vHaw tUtnam

DA est évidemment une transposition pour ad. Mais ce qui est plus surprenant, c'est que chaque prophète n'ait pas inscrit le passage extrait de son propre livre. Nous voyons, au contraire, Malachie emprunter à Michée une parole que celui-ci demandera à Sophonias, en attendant que ce dernier la reprenne à Malachie; puis Daniel et Ezéchiel faire un fraternel échange. Ne serait* il pas plus naturel d'altribuer à chacun ses œuvres, iuum euiquel C'était sans doute le projet; mais de même que, entre la coupe et les lèvres , il y a place pour le malheur, de même entre le plan et l'exécutiop , il y a de lamarge pour les bévues de l'artiste. Quand on a sculpté le portail, on a taillé aussi les noms des prophètes audessous des niches qu'ils devaient occuper. Mais les statues ont été travaillées dans l'atelier; et une fois terminées, on les a placées^ les quatre grands prophètes aux extrémités des deux arcs, et les huit petits dans les espaces intermédiaires un peu pêle-mêle. Il s'est trouvé, ainsi que sous Ezéchiel, on a lu Daniel et vice versa ; que Michée a pris le nom de Malachie ; Malachie, à son tour, celui de Sophonias, et que Sophonias, sans son consentement, a été baptisé Michée. L'artiste a imité le peintre d'Horace qui ajustait une tête humaine sur un cou de cheval, ou le propriétaire moderne d'Usson qui, plaçait sur les épaules de Diane la tête d'Hercule, et celle de la Force sur la statue de la Vérité.

Il y a dans ce portail une idée générale qu'on peut facilement saisir. Plus près du sanctuaire, et environnant immédiatement le tympan où sont ordinairement représentées les trois personnes de la Trinité ou simplement le Christ assis et bénissant , sont rangé les anges les premiers dans la hiérarchie céleste. Ils célèbrent sur leurs divers instruments de musique les louanges du Très^Haut, et semblent inviter les autres personnages à

contiiuier rar la terre VH^mmna qu'Us chantât dans le cieL Au retrait de la deuxième voussure, après les anges, se montrent les évèques, pasteurs du peuple comoue plus élevés dans la hiéraiohie tercestre et par leur dignité et par leur caractère sacré. Trois ou quatre peut-être représentent ici Féglise de Saintes, parmi les quatre ou cinq autres qui représentent l'église universelle. Mais sur le même rang que lesévéques l'artiste a placé un moine, un abbé qui exerça aussi une luridi^tion spirituelle , et guida aussi un troupeau dans les voies du salut, puis un roi, qui gouwma une grande aation. Tous ces personnages ont été constitués en dignités et en dignités religieuses; tous ont reçu la consécratk» de l'église. Triple unité concourant k une même fin, le salut des ftmes, et montrant l'union de ces trois forces, la royauté, l'épiscopat, le monadûsme; la royauté, puissance politique s'exerçant sur tous, l'^iscopat, qui se renferme dans les limites d'un diocèse* le monachisme qui se borne à l'enceinte du cloître. On peut encore voir là le symbole de la vie du monde, de la vie religieuse et de la vie sacerdotale qui participe des deux pranià-es, et qui toutes trois, par des voies diffé-' rentes, peuvent arriver à la sainte.

La troisième archivolte montre les difiërents états de l'église militante. Voici les vieiges Eustelle, Marguerite, Catherine, qui ont suivi l'époux divin ; les martyrs Laurent, Clément, Léger, qui l'ont glorifié par leur mort; les pontifes Grégoire, Léonce, Pallais, qui l'ont prêché et lui ont amené les peuples ; les guerriers Maurice, Georges, qui ont combattu les conaibats du Seigneur; les riches, Louis; les pauvres, Catherine; les doctes Ambroise, Augustin. Ss sont placés sans aucun ordre apparent, parce qu'on peut se sanctifier dans toutes les positions de la vie. Sixte a gagné l'auréole sur le siège pontifical ; Georges dans les cunps ; Laurent sur son gril ; Marguerite dans sa prison ; Léger à la cour ; Lorâ sur le trône ; Trieix dans le etottre.

Les prophètes viennent en dernier lieu. Ils ont pres^ senti la lumière ; du haut des monts ils en ont aperçu les premières lueurs ; il ne leur a point été donné de la eontempler« Mais ils y ont cru; ils Font annoncée et célébrée ; ils ont désiré la voir, et leur foi leur a valu Vhonneur d'être placés près des papes, des confesseurs, des vierges, des évéques. Ainsi fera partie de Téglise quiconque, dans Timpossibilité radicale de la connaître, en observera fidèlement les principes principaux, qui sont ceux de la loi naturelle. Voilà pourquoi le catholigûîiipe place au frontispice de ses temples les images de personnages de l'Ancien Testament. C'est d'après une idée semblable que le curé d'une paroisse , composée en partie de calvinistes^ quêtant pour la réparation de son église, répondait spirituellement aux oiTrandes d'un protestant tolérant : « Votre argent sera employé à la restauration extérieure. Quand vous aurez fait un pas de plus, et fiasse que votre générosité le hâte I quand vous aur^ franchi le seuil, nous l'emploierons à édifier l'autel.»

Outre la pensée générale qui a présidé à l'ornementation du portail de Saint-Pierre, n'est-il pas permis d'y chercher une pensée particulière ? On comprend la place accordée aux anges et aux prophètes* Mais parmi des milliers de saints, pourquoi ce choix ? Voulant repré- y

senter la vie religieuse et la royauté, pourquoi l'artiste a-t-il préféré saint Trieix et saint Louis ? Pourquoi saint Laurent est-il chargé de figurer le martyre; saint Geoiges et saint Maurice, la vie militaire ? D'abord, il faut voir dans ces diiSérents saints, les patrons des diverses paroisses du diocèse. L'église cathédrale, église m^tresse, se trouve ainsi réunir les églises particulières qui composent ou composaient alors sa juridiction. Saint Trieix est le patron de Matha; saint Trojan, de Restaud ; saint Pallais, de Villars, près de Gemozac, de Verrières, (Poitiers) ; saint Grégoire , de Tesson ; saint Germain,

d'Agonnay, de Beaugeay, de Varaise, de Mareneeniiea,

de Gimeux et de Nercillac (Angoulème) ; de Magné (Poitiers) ; saint Christophe, de Celles, Léoville, Villexavier, Roufl^nac; saint Gervais, de Chérac et de Jonzac; saint Léger, de Burie, de la Clotte, de Cognac; saint Clément, de la Chapelle-Baton, près Saint-Jean-d'Ângély; saint Laurent, de Bouhet, de Forges, du Gua, de Neuvic-Montguyon ; saint Georges, de Jussas; saint Sixte, de Muron ; sainte Catherine, de la Flotte et de Villeneuve.

N'y a-t-il pas encore Saint-Léger-en-Pons , Saint-Liguiaire (Poitiers) ; Saint-Christophe, canton de la Jarrie; Saint -Germain - de -Vibrac , Saint-Germain-du-Seudre , Saint-Germain- de -Lusignan ; Saint-Augustin-sur-Mer et Sain t -Grégoire -d'Ardennes; Saint-Trojan, en l'île d'Oleron et Saint-Trojan, près Cognac; Saint-Pallais-sur- Mer, Saint-Pallais-de-Négrignac, Saint-Pallais-de-Phiollin et Saint-Pallais-du-Né (Angoulème) ; Saint-Clément, canton de Tonnay-Charente ; Saint-Laurent-de- Cognac, Saint-Laurent-de-la-Prée , Saint-Laurent-de-la-Barrière ; Saint- Maurice- de -Laurençanne et Saint -Maurice -de- Tavemolles; Saint^reorges-de-Didonne, de Cubillac, de Longue-Pierre, d'Oleron, des Agouts, des Coteaux, des Bois, de Rex (Poitiers) ?

On remarquera que saint Jérôme, sainte Eustelle, saintjB Marguerite , saint Louis , saint Léonce et saint Ambroise, n'ont aucune paroisse qui soit sous leur invocation. Qu'on ne s'en étonne pas trop.

Parmi les 640 paroisses qui, au XVI* siècle, formaient le diocèse de Saintes, il y en quatre seulement, y compris l'église maîtresse, qui sont sous le vocable de saint Ëutrope, dont deux se trouvent à présent dans le diocèse de Poitiers. Deux paroisses invoquent saint Dizant, et une dizaine au moins saint Vivien, qui sont bien moins connus. La canonisation récente de saint Louis expliqiie l'absence de son nom parmi ceux des saints paroissiaux. Mais d'autres motifs ont fait mettre ces noms au portail de Saint-Pierre.

Rien de plus naturel que Ton ait groupé les différentes paroisses dans leurs saints patrons autour de l'église cathédrale. Cependant là encore il a fallu éliminer et choisir. Pourquoi, puisque Ton y mettait saint Pallais, n'y aurait-on pas placé saint Vivien, ou saint Macoult, ou sainte Colombe ? Pourquoi saint Dizant, saint Savinien, saint Vaize, saint Sulpice, saint Saturnin ou Sornin, saint Symphorien, saint Julien, saint Froult, qui ont aussi donné leurs noms à des paroisses, n'auraient-ils pas eu leur i^ace ? Il faut peut-être en chercher la raison dans un certain synchronisme ou dans une association d'idées. Ainsi, sainte Eustelle est près de saint Clément, son contemporain ; saint Grégoire, qui envoya à saint Pallais des reliques de saint Laurent, est près de ce dernier. Saint Maurice, tribun de Maximien, est au-dessus de saint Georges, tribun de Dioclétien, et en face du guerrier fleurdelisé. Saint Ambroise, s'il s'agit ici de Tévêque de Milan, est bien placé en regard de saint Augustin ; sainte Catherine et sainte Marguerite occupent toutes deux les extrémités de la troisième archivolte, comme saint Trieix et saint Louis, dont la fête se célèbre le même jour, celles de la deuxième. Saint Léonce regarde saint Pallais dont il fut le successeur. Saint Gervais coudoie saint Ambroise qui découvrit son corps, et se trouve sur la même ligne que saint Germain qui lui dédia une magnifique basilique. Saint Georges, en outre, au-dessus d'un soldat, est près de saint Germain qui rapporta d'Orient à Paris un de ses bras, dont il fit don à l'église de Saint-Vincent, depuis Saint-Germaindes-Prés. Sans doute ce sont des hypothèses ; mais on avouera que ces coïncidences sont au moins étranges.

Enfin, il ne me répugnerait pas de voir dans ces dispositions percer une pensée toute personnelle. On sait, que trois évêques du nom de Rochechouart, gouvernèrent successivement l'église santone. Le premier, Guy, fils d'Aimery, sieur de Mortemart, 10'' sénéchal du Limousin (1384), gouverneur de Saintonge, (19 décembre 1392),

et de Jeanne d'Angle, dame de Montpipeau, son épouse en deuxièmes noces, élu le 1*' mars 1424, prit po»« session le 26 avril, selon les diptyques de l'église de Saintes, se démit en 1460, et mourut en 1466. Aidé des libéralités des fidèles et encouragé par les faveurs spirituelles que le souverain pontife, Nicolas V, attacha à son œuvire en 1451, il se mit à rebâtir en partie la basilique de Pierre de Gonfolens, dont la chapelle actuelle de la sainte Vierge au transept est un reste. Put-il en moins de dix ans achever un pareil monument ? On peut répondre non en toute assurance. La tour, qui attend encore sa flèche et l'attendra longtemps sans doute, en est la preuve. Son neveu, Louis de Rochechouart, fils de Jean I*', seigneur de Mortemart et de Vivonne, chambellan de Charles VII, gouverneur de La Rochelle, et de Jeanne de Torsay et de Lézay, sacré en 1461, continua Fouvrage commencé et acheva le portail. Il est probable que Guy fit la grosse œuvre, et que son successeur s*at* tacha aux détails d'omemratation. Pour moi, Louis serait le décorateur de notre superbe ogive. La place d'honneur qu'occupe saint Trieix, personnage à peu près étranger à la Saintonge, s'explique si l'on considère qu'il était du Limousin comme les Rochechouart. L'évéque constructeur tint à rappeler son origine on péut^'ètre sa dévotion à un saint de son pays. En face de saint Trieix, se trouve saint Louis, son patron. T a-til de la témérité à voir, dans ce rapprochement et dans cette position des deux statues aux extrémités de la deuxième voussure, comme une signature au bas d'un tableau : Louis, mon patron ; Trieix, patron de Rochechouart, mon pays? Je sais que l'on peut interpréter par le souvenir de Taillebourg et de Saintes, la présence de saint Louis. Mais y avait-il plus de raisons pour l'y mettre que Gharlemargne, regardé à tort comme fondateur, mais véritablement bienfaiteur de l'église qu'on f ebfttissait, et dont cependant on logeait la statue au deti^orsT Et pois, n'étaitrce pas en cmtre un hommage au

roi régnant, Louis XI, (1461-^1479), déjà bienfaiteur de Saini-Eutrope, et qui, en 1469, séjournait au palais épis* copal de Saintes r

Je remarque ensuite que, le 10 octobre 1457, le firére de Louis, Jean II de Rochechouart, seigneur de Morte* mart et de Montpipeau, avait épousé Marguerite d'Amboise, sœur du cardinal Georges d'Àmboise. L'évoque n'a-V-il pas voulu rappeler une union qui honorait sa famille, en mettant au nombre des statues décoratrices du portail la patronne de sa belle-sœur Marguerite , et en traduisant par Ambroise le nom du célèbre archevè* que de Rouen, ministre de Louis Xn ? On comprend que nous n'avançons là que des suppositions; mais on ne pourra nier que ces conjectures n'aient quelque fonde* ment.

Enfin, il y a à la clé de voûte de la première chapelle de droite un blason, celui des Rochechouart, et au sommet de la vis torte, contemporaine de la tour, les armes des Vivonne : i*hermm$ au chef de gueuhê. Or, précisément à cette époque nous trouvons, comme doyen au chapitre de Saintes, Savary de Vivonne, qui eut pour successeur en 1588 Guy de Toureste, et pour prédécesseur Milon, nommé dans un acte de 1476.

N'est-il pas naturel qu'après les armes de l'évéque, on ait placé celles du doyen du chapitre, puisque l'on sculp^ tait aussi à la face intérieure du portail celles du chapitre, telles qu'on les y voit encore, d'azur à iImu» défi d'argent en sautoir f Un troisième Rochechouart, ne* veu du précédent, Pierre, seigneur de Vouillé, fils de Jean n, seigneur de Mortemart et de Vivonne, et de Marguerite d'Amboise, succéda, en 1492, à son oncle démissionnaire en sa faveur, et ne siégea que jusqu'en 1 503, année de sa mort. Il ne parait pas qu'il ait imité ses prédécesseurs, construit comme Guy, orné comme Louis. D'autre part, avant et après Savary de Vivonne, je ne trouve guère en Saintonge que Savary de Vivonne , n* du nom , conseiller du roi et capitaine

souverain en Saintonge et Poitou, Tan 1338, date trop éloignée; puis Charles de Vivonne, IP du nom, seigneur de la Ghateigneraye , sénéchal de Saintonge, fils de Charles de Vivonne et d'Isabeau Chabot , qui fut fait chevalier du Saint-Esprit, le 31 décembre 1586. Ensuite, vient Jean de Vivonne, seigneur de Pisany, aussi sénéchal de Saintonge, qui, mort en 1599, fut enterré dans la chapelle de Saint-André et Saint-Jacques, aujourd'hui chapelle de SaintrEutrope, où chaque année le chapitre chantait pour lui le Libéra, moyennant une rente de 300 livres. L'écusson de la vis torte appartient donc à Savary de Vivonne. Or, Savary de Vivonne était doyen de 1476 à 1488. Il faut que ses armes aient été placées dans cet espace de temps; celles de Rochechouart de 1451 à 1503, pour limites extrêmes. Mais comme le blason des Rochechouart est à une clef de voûte, ce qui prouve que depuis longtemps on travaillait à la reconstruction, comme sainte Catherine de Sienne n'a pu avoir une statue avant 1461, date delà canonisation, et que tout semble révéler la pensée et le nom de Louis de Rochechouart, nous sommes, je crois, suffisamment autorisé à fixer, entre les années 1476 à 1488, la construction de la partie supérieure de la tour, et son ornementation avant 1492. Ainsi tombent les assertions de ceux qui portent, comme D. Massiou, l'église au XV^ siècle, et cette partie du monument au XIV*" comme d'autres ; et Chaudruc de Crazannes ne pourra plus dire dans le Bulletin monumental, I, 257, en parlant de l'église élevée par Charlemagne : « Il ne reste guère de cette première construction, que la grosse tour du clocher. >

En résumé, l'idée fondamentale de la décoration du portail de Saint-Pierre a été de placer là, comme honotmage au Dieu vivant du sanctuaire, et comme exemple ou exhortation aux fidèles, les anges qui chantent ses louanges, les saints qui ont accompli leur salut dans les diverses positions de la vie, les patriarches qui ont mérité par leur foi d'être admis au sein de l'église. Mais

comme il fallait faire mi choix parmi les innombrables saints du martyrologe, on a pu prendre les patrons des diverses paroisses du diocèse ; et comme le chiffre était encore considérable, l'ordonnateur a mis son propre patron qui — heureuse coïncidence — était celui du roi régnant, dont l'appui n'était pas à dédaigner, et en même temps celui de l'illustre vainqueur de Taillebourg et de Saintes; puis le patron de son pays, celui de ses parents; enfin, le patron du pape alors régnant, Sixte IV (1471- 14Ô4.) Encore une fois ces conjectures sont problématiques* Qu'on en trouve de plus pausibles.

M. Massiou, lui, y va plus simplement. Avec ses préoccupations récentes^ et sa manière de peser les temps anciens aux poids modernes, il a vu dans le portail de Saint-Pierre quelque chose comme une représentation d'une séance de l'échevinage de Saintes. L'idée est moins complexe et plus neuve. Il dit, Hiêtoire de la Saintonge, I, 155, de ces remarquables figures : « Quelquesunes représentent des chevaliers debout et armés de toutes pièces. » C'est ce qu'y a vu aussi M. Lacurie qui y signale de plus « la suite des évèques de Saintes, dont on lit les noms en caractères gothiques très-proprement découpés, à côté de chaque figurine. > Monographie de Saintet, page 160. « Mais dans le plus grand nombre, continue Massiou, on reconnaît, comme eur presque toutee les anciennes églises communales, des magistrats, échevins, pairs ou jurats de la cité, coiffées de chaperons et vêtus de longues robes. Ils sont gravement assis comme pour délibérer, et semblent agiter dans leurs mains des rouleaux en forme de banderoUes, sur lesquels sont gravées quelques lignes en caractères gothiques. Le centre de la plus grande volute est encadré d'une guirlande courante de ceps de vigne ; les autres sont séparées par des cordons formées de caractères gothiques... dont la plupart ont disparu, et qui reproduisaient vraisemblablement quelques maximes de l'Ecriture. »

L'Académie écrivit dans son dictionnaire à l'article

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