‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 6 sur 96 · PONTIF • MA · texte numérisé non relu

PONTIF • MA

VRI

On lit sur la frise :

. . .LI VS • G • I VL . . . VANEVNI . F . R VF V. . SAGE. .OSRO. . .ETAVGVSTIAD-.

Du côté du faubourg, à la firise, il reste :

...VLI...N.F.RV... G • ILV • GED...NEPOS • EPO...ROVIDIPR...

liii^... JJ ' LiU •••

Rétablissons, d'après Bourignon, les parties absentes; et au lieu de lettres énigmatiques, nous aurons ce qu'il y lut lui-même :

QEBmanico — W- ti-Ave... f

DIV. AVGVST • nep ' d... pronep • avgvm •

FliAM • AVGVST • COS fi • I • P- fi

Ce qui s'entend :

Germanico cjESkri Tïbere Augvsm fiuo; divi Augusti nepan dm jum pronepom Auguri Flor mim Augusti, coNwft secundum, iupfssiKTOfti secundum

A Gtrmanieuê Césars fils de Tibère Auguitût pefiN/Uf du dwùi AugunUt arriére petit- fils du divin Jules ^ augure^ fiamine d'Auguste^ eamulpour la > /bû, deux fois imperalWé

Pois la seconde partie, dont nous n'avons plus qu'une ligne :

CAE DL . .G F V.

PONTIF. uaJCS. . . . COS . nu. . . . IMP. . . VIII interprétée ainsi par Bourignon :

Tiberio Câ^sari diyi Augusti /ïlio Augi^sto pontiftci msiximo con^i quartum^ tm^ratori octavum.

A libère Ciear^ file du dmn Auguite^ auguete^ iouverain ponHfey eonêul pour la quatrième fois^ huit foie imperator.

La troisième partie n'a que cinq lettres. L'antiquaire saintongeais a vu :

AESARI-

AVGNEPDIVIVLI-

PONTIFICI-AVGVRI-

ce qui voudrait dire :

Druso Caesari, TiberU Augusti filio^ Divi AngusH nepofii divt\ Julit pron^poit pontiflci, auguri.

A Drusus César y fils de Tibère Auguste^ petit- fils du divin AugustSj arriére petit-fils du divin JuleSj pontife^ augure.

La firise portait sur la première ligne :

CI- LI VS • G • I VLI • 0. TVANEVNI • P • R VFVS • G • I... IS • NEPOS • EPO... VIDI • PRO

et sur la seconde :

B ACERDO» - ROMAK ' ET • A V6STI • AD • A. . . D.wiBfÈMPftAF...VPABRV

En complétant nous aurons :

CAivs ivllVs Cah IVLIi OtTVANEVNÎ Fnjvs RVFVS Ivui gededhonIS NEPOS EPOtsoroVIDI PROnepôs

Cette rééôapôâitiGni pôùffSit pâfaftrd flffiitnilfS; fflSiS fd f!risié dil eôtô dU fatlbô'tif^ dôflflô là méfflâ ttïS6flpt!on en fournissant une partie des lettres qui manquâiSflt S l'autre.

Ainsi Ton a i

G. iVLI . c. IVu . . TVANEvNI.F.RV... s. C. rVLi.GED. dmon.nEPOSEPOtsoroVÏDÎ.PRôn.c... gvsti... am.q.ê...

Cdf qui d^flM i

Caius JuUui RufuSj fU$ de Caius Julius Ottuaneunuê^ petih fils de Caius Julius Gededmon, arnére^eUt-fils d^Epotswrwïiie^ pritre de Rome il d'ÀuguUe à t autel quieét pris du confiuerU^ comme iniehiant des travaux a dédié êe monument,

Llûscription de Tare de triomphe est partout, et je ne la transcris ici que pour éviter au lecteur Tenïmi de la cBiÊdrchef ailleurs. Mais on comprend qu'avec le peu de cdf actëres qtu subsistant, il est difficile de hasarder une autre interprétation qtlô l'interprétation donnée par les écrivains antérieurs. Laissons dono à d'amtreB W soi& de remplacer les mots absents.

Je âigûald pourtant deux môiâ de cette iûâcriptîôfi :

PRAKFECrrVS FABRVM et ARAM tfVAfl BBT AD QQNFbVENTBIf

Au Musée, un fragment de pierre qpi fui trouvé en 1853 dans les fouilles faites pour les murs de Ilidpital

^lûéftà, épéiiS â» SO tèB^mèitéê, hàtA Ûb !4 et Iddf éè t ffié^ie, portêin fort béeiut eùttct^M qui fl'erfii piè mtnia, ceM dd lA pMntiéfë lig&9; dé 13 «Mitlffid^at «é hMiéxîf, et Hôttf eédx dé§ dem. âétûièm i

■i&ai^ite

ONNETODVBNI

ABFECTO • FABRVM • TBIB AD • CONftVENrEM • C

Le pmfietns fabrum, intendant des travaux, 6tait une espèce d'ingénieur attaché à chaque légion pour les tra^ vaux du camp, le siège et la défrise des villes. Cet officier coDunandait et dirigeait les armiuriers, les charpentiers, les mécaniciens qui construisaient les machines de guerre. Il y avait aussi des frmf$eêi fabrum dans la société civile; on nommait ainsi les che£i d'un atelier^ d'une corporation d'artisans rangés sou» la dénomination générique de Fabxr^ ouvrier. Cette charge existait aussi dan* les colonies^ Ici il s'agit d'xm frœficuu fabrum militaire; la beauté de l'inscription ne peut laisser de doute à ce sujet; c'était bien un personnage officiel. Et si — hypothèse toute gratuite — on rattache le titre de prmfeeta fabrum au nom propre de la première ligne, nous aurons pour Saintes deux intendants des travaux : Gaius Julius Ruf us, fils de Gains Julius Ottuaneunus, et Onnetodubnus. L'inscription n'étant pas complète, le nom même n'étant pas ratier, il est difficile d'affirmer. Quant à savoir si Otmoodubnù est un datif ou un ablatif, comme se le demande M. Gbaudruc de Grazannes> qui cite seulement les deux premières lignes {l]f quant à chercher, comme

in A. la m» i»8 de MS i/Mq^aUii éêlaVUkiâ SdnUi H 4« iép&nnmi éb te Ckamik'Infiriim, Paris, I Ao.

lui, si Ton doit lire gonnstus dubnus ou gonnetodubnus, il importe peu. Nous remarquerons seulemeut que César, dans le de bdio GaUieo, chapitre m, livre vn, indique comme chef de la révolte des Gamutes Gotuatus et Cônetodunus. Ce dernier nous paraît bien un nom gaulois latinisé et se rapproche beaucoup de dmneiodulmuê, ou plutôt c'est le même.

n faut insister sur l'expression ad emflueniem. L'arc de triomphe dit :

ARAM QVAE EST AD CONFLVENTEM

Faut-il voir ici les mêmes termes; et la mutilation de la pierre a-t-elle supprimé la première partie de cette phrase :

ARAM QVAE EST?

On peut le supposer. Au commencement de la troisième ligne il y a un T, err, ou un jambage d'M, arMi; et elle se termine par une moitié de lettre c, ou o. La pierre elle-même ne nous donne donc aucune lumière. Gaïus Julius Rufus, intendant des travaux, était bien en même temps prêtre de Rome et d'Auguste; il est possible qu'Onnetodubnus ait aussi cumulé ces deux fonctions. Mais quel confluent désigne l'expression ad confluentemf Est-ce le confluent de la Seugne et de la Gharente? ou plutôt ne serait-ce pas celui de la Saône et du Rhône? Ge dernier était célèbre, si célèbre même qu'il n'était plus désigné que par ces mots ad emflueniem^ comme on disait, urbs, la vtUe, pour Rome, la ville par excellence. S'il se fût agi d'un autre confluent, l'inscription l'eut désigné par son nom. On sait du reste, et l'on pourra consulter à ce sujet un important travail de M. An. de Barthélémy dans la Revue des questions historiques de juillet 1868 sur les Assem" blées nationales dans les Gaules^ on sait que les soixante peuples de la Gaule, l'an xn avant Jésus-Ghrist, avaient élevé un autel de Rome et d'Auguste au confluent du Rhône et de la Saône, et y nommaient un prêtre dont les fonctions avaient ime certaine durée. Cétait un personnage important dans sa cité qu'on choisissait. JuIius

Ruftts devait être ce prêtre, soit qu'il Peut été, soit qu'il le fût encore. En 1715, Mahudel (1) faisait déjà remarquer que le confluent dont parle Tare de triomphe était celui de la Saône et du Rhône. On retrouve, en effet, souvent cette expression ad eonflueniem simplement, en des pays où il n'y a pas de rivière. Un marbre conservé au Musée de Lyon dit :

APVD SVOS FVNGTO SÂGBRDOTI AD TEMPLVM

ROMAB ET ATfiVSTI AD GONFLVENTBM

ARARIS ET RHODANI

Citons encore ce texte de Gruter (1) :

MARTINVS SBQVANVS^ SAGBRDOS ROMAE ET

AVGVSTI AD ARAH AD GONFL VENTES

ARARIS ET RHODANI FLAMEN ÏÏ VIR IN

GIVITATE SEQVANORVM

Hésiode comptait déjà 30,000 dieux. Les Romains en avaient bien plus, et le nombre s'augmentait tous les jours; ils pouvaient donc bien placer des dieux à tous les confluents, et élever en l'honneur d'Auguste à Lugdunum et à Mediolanum des autels que leur bassesse ne ménagea ni au divin Commode, ni à la chaste Messaline.

nnous reste une autrâ pi^re titrée; ce bloc, long de 2 mètres 45, épais de 25 centimètres et haut de 50, porte le mot QVABSTOR. L'inscription est placée sur trois lignes; les lettres, de 1 1 centimètres de hauteur, sont d'admirables onciales. Mais l'état de mutilation où se trouve la pierre empêche de saisir le sens des phrases.

La gravure représente assez fidèlement Finscription, quoique peu habilement faite.

Ce devait être encore là un monument funèbre élevé par une fille à son père. Le père était un personnage important, à en juger d'après ce fragment.

Deux morceaux réunis forment cette inscription. Cependant la ressemblance des caractères, la parfaite concordance ^es lettres scindées, les mots ou parties de mots qui se retrouvent dans les deux fragments ne per* mettent pas de les attribuer à deux inscriptions différentes. Nous n'en sommes guères plus avancé pour le sens. La première ligne pourrait être rétablie en ces termes :

CAnlVLII-RlNOVERIVGIPiLivs VOLens

...FUs de Caius JuUus Rinoveriugus a lUfremeiU...

Le mot BÈnoveriuguê est sans doute un nom propre gaulois latinisé, conmie Ottuaneunus de Tare de triomphe. LT que j'ai traduit par FiUus pourrait peut-être mieux signifier Feai. Le mot VERO, qui termine la deuxième ligne, doit être considéré conmie le nom du questeur, et MARINA FILIA,se traduire par ifar^rui^ja /fUe, a élevé. Ce qui donne quelque importance à ce fragment épigraphique, outre la beauté des caractères, c'est le mot qvestori qui s'y lit.

La questure, on le sait, était à Rome une des principales fonctions publiques. Elle venait inmiédiatement après les magistratures curules. Gréée , selon les uns sous les rois, et plus probablement, selon les autres, après l'expulsion des Tarquins, elle acquit bientôt l'importance que prennent toujours chez les nations riches ou conquérantes ce qui touche aux revenus de l'Etat. Il n'y eut d'abord que deux questeurs; ils suffisaient à garder le trésor et à recouvrer les impôts. En 333, le peuple voulut avoir, comme les patriciens, accès à cette charge. On fit deux autres questeurs. Dans la seconde guerre punique, on en nomma huit; et à mesiu^e que les armées romaines faisaient de nouveaux tributaires , on augmentait le nombre de ces utiles fonctionnaires, n s'éleva jusqu'à vingt. Sous l'Empire il fut illimité. Deux restaient à Rome; c'étaient proprement deux ministres des finances. Ils faisaient le budget, tenaient le grand livre de

la dette publique, tâchaient d'établir entre leâ recettes et les déposes un accord troublé souTent par suite de dépenses imprévues et par les crédits suppléinœtaires, mais (Jtx'on patrenait toujours à rétablir, grftce aux inépuisables tessoùh^ des pityvmces. Les autres suivaieiit les consuls pour rançonner les peuples que ceux-ci avaient battus. Joignant lés fonctions administratives aux opérations militaires, ils percevaient les impôts, réglaient les dépenses et les soldaient. On les appelait Quœttara provindaleê, pour les distinguer des Quœ$tores œram et des Quœstores urbani, qui demeuraient à la ville. C'étaient à la fois dés intendants militaires, des fournisseurs, des payeurs et des receveurs généraux. Celui dont nous avons rinscription était assurément un Quœttor provineMh; et il semblé que ce fragment soit le débris d'un magnifique tombeau que lui aurait construit la piété filiale.

vm

On n^élevait pAs seulement des monuments ûxA grands dti monde; les artisans s'en édifiaient aussi. C'était justice, surtout s'ils étaient entrepreneurs dé bfttimrats ou tailleurs de pierre. Ghaudilic de GraKaanés en dte une preuve, page 31.

AVGVSTI LAPIDARIO STRVCTORI

A , ouvrier maçon (a^^areilleur) d'Augwte.

Nous disons de même : t Fournisseur de Ba Majesté. » D*Au^H9tt doit être synonyme chez nous de l'expression: 4t Maison de l'Empereur. » Mais ce texte est incomplet.

Bourignon, qui a hi ces mots dans un mur intérieur du jftrdin dé llidpitiâ général, les transcrit ainsi :

Il y voit un ouvrier en mosaïque, affranchi d'Auguste ; et il ajoute : « Feu M. d'Ennery lisait cette inscription d'une manière fort simple :

sEverO

AVGVsTO

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