MATER
A... Artémia sa mère a élevé.
P est le sigle de vo$uU.
Une inscription qui aurait bien son prix serait celle de l'amphithéâtre romain. Les arènes de Saintes ont porté des pierres gravées. On n'en saurait douter, d'après Taffirmation d'un auteur du xvi* siècle qui les avait vues. Voici les paroles de Nicolas Alain , médecin de Saintes ; elles sont extraites de son curieux livre : De Sanumum regione et iUustrioribuê famiUiSj imprimé à Saintes, chez François Audebert, en 1598 :
« In saxis ilUui inscriptioneê wmnuUœ eôipieantur , quibuê adducor ut eredam GtUiienum imperatari Romanû theatri opu$ hœ viêendum eonetruxiiêe.
« On voit sur ces pierres quelques inscriptions qui me portent à croire que cet admirable monument a été bâti par l'empereur Gallien. »
Je ne sais si l'amphithé&tre santon est dû à Gallien ; ce qu'ajoute le narrateur, « que ce prince se plaisait beaucoup en Aquitaine, et qu'il construisit, à Bordeaux, l'édifice appelé palais Gallien, i ne m'est pas une raison convaincante. J'ai, du reste, peu de confiance dans les connaissances épigraphiques du médecin antiquaire ; il attribue l'arc de Germanicus à Jules César, parce qu'il y a lu:
CAESARINEPDIVMVLLIIPONTIFICIAVGVRI A CiMTf pHit-filê du divin Julei, pontife^ augure.
Mais je sais bien que je serais heureux de pouvoir citer quelques phrases de ces magnifiques ruines. La Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure s'est occupée d'en racheter les restes. Qu'elle déblaie les arcades ensevelies sous les amoncellements de terre et de débris. Souhaitons-lui qu'elle retrouve les pierres dont parle Nicolas Alain. Peut-être sont-elles
depuis longtemps enfouies dans les fondations d'autres ' édifices, auxquels Ton ne viendra sûrement pas demander les fragments de granit romain qu'ils recèlent.
Bien du Gapitole. Le narrateur raconte bien que l'on ne pouvait y arriver à cheval ; que Philippe de Valoir, roi de France, l'avait fait raser après l'expulsion des AnglaiS; et qu'il n'en restait de son temps qu'une tour asse3 élevée avec deux chapelles, U ne dit pas qu'il y ait en d'inscriptions. Les pierres sculptées du Musée qui en proviennent sont muettes, et ne peuvent que silencieusement attester l'importance et la grandeur do ce monument-
La Mule eoostruotion qui ait conservé quelques traces de caractères épigraphiques est l'arc de triomphe.., en marbre blanc ^ disent toutes les géographies. Mais qu'il en subsiste peul Déjà au milieu du xvx' siècle, Nicolas Main se plaignait de la difficulté qu'il y avait h réunir et à déchiffrer les lettres rongées par le temps. Qu'est-ce donc aujourd'hui?
L'are de triomphe «- est-ce un arc de triomphe? — n'est plus où il avait été primitivement placé. Hélas I pas plus que les vieux arbres, les monuments romains ne gagnent h être transplantés. Celui-ci avait été bftti dans Tile formée autrefois par la Charente et la Seugne qui se réunîs^aiont^ona l» murs de Mediolanum, et sur la voie de Blay», h Imonum, Poitiers, par Atwionacumf Anlnay. Par auito de bouloveraemento et d'inondationsi les deux flauYM changèrent de Ut. La Seugne 90 jeta dans la Charente m kilomètres plus tôt; la Charente > vaga-
bonde, prit sa coune à travars les pruriw, et vint, eoupant la voie, lécher les pieds du vieux géant romain. Il fallait un pont pour réunir les deux tronçons de route séparée; c'est ainsi que l'arc de triomphe devint tête de pont, et qu'au moyen-âge on l'orna de créneaux pour le faire servir à la défense de la ville. Bn 1665, sous le ministère de GQlbert, l'architectQ Bloudel, aidé de la munificence éclairée de Louis de Bassompierre, évéque de Saintes, pour l'aider à vivre encore quelques années, l'encastre dans une autre partie du pont; il se trouve ainsi au milieu d'un pont, soutenu des deux côtés, mais a^rré, éljreint, rapetissé- ^ 1343 l'oq i^'uvifa que le pont empêchait l'eau de passer. On décida qu'il fallait supprimer le pont. Mais arracher les béquilles à un centenaire, c'est le faire tomber. On le cemprit, et il fut résolu qu'on rirait reconstruire plus loin. L'Etat s'en chargea. La dépense s'éleva à 79,788 francs 66 centimes. '
Ce fut un ixispepteur des monuments historiques, M* Mérimée lui-même, qui fut chargé de surveiller le transport et la reconstruction du monument. Il s'en fallut peu qu'il ne fût rebâti à l'entrée de la ville, suf la route de Rpcbefort, Enfin, en }86e, après bien (|es discussions orageuseS; on a fini par placer prés du géant romain la etatoe du potier Palissy.
Et cei mUm débrif m MaMlMit nHn wt.
On raconte qu'un officier français eut en Chine besoin d'un habit. Il chargea un indigtoe de lui en confectionner un; et, pour aider son ineiçpérience, il lui laissa le vieux pour modèle. Le Chinois y mit tout son soin, et rapporta ft Toffieier un habit exactement semblable au modèle... avec la taehe au eoUet et la pièce au eoude. Les msuiœuvres de Saintes firent mieux. Ils remplacèrent les vieille pierres par des nouvelles; n'étaîent-eUes pas plus riantes? A qfUoi bon mettre là haut ces caractères illisibles? Et voilà comment de l'inscription première il ne reste que peu de chose.
Du côté de la Charente, il y a sur l'attique :
GER AVG
DIV • AVGVST . . . PRO NEP • AVGVRI FLAM . AVGVST • COS • fl . RI • P . fï .