LA VERITE
et à l'extrémité de droite s'élève
LA IVSTIGB
Une quatrième statue est là; mais on a oublié, comme
— Ml-
CHk l'ai fait pour ses sœurs, d'écrire son nom au dessus de sa tâte. Ajontons que dans le rhabillage du monument, ces statues ont eu à subir quelques avanies; les tètes ont été séparées des troncs; elles ont roulé pèle-méle dans la cour; et quand, pour ne pas mériter Tépithète de vaiH dale, le propriétaire restaurateur a remis les choses en l'état, on n'a plus su à quel corps appartenait tel chef. De là une confusion grotesque ; toutes ces pauvres déesses ont des goitres ; il a bien fallu, avec du plâtre, égaliser les différences de grosseur entre les deux tronçons de cou. Aussi sourient-elles tristement, les malheureuses Inmiortelles. La Force presse et accable la Vérité , et la Justice crie à la Vérité : Menteuse I La Vérité, dans tout cela, est la plus maltraitée. Aussi s'étonne-t-elle de se voir des membres qui ne sont pas les siens, aussi stupéfaite que la poule qui a couvé des canards.
lOittarqp nons frondes et non ma ponuu
Autour de la niche où s'étalait la Fortune sont diveraes sentences:
FORTVNA • SV BRUT • BON OS • ERIGIT • mPROBOS •
La fortune renvern les bons et iUve les miehanie. Cest la première. La seconde est empruntée au vingtième vers, Xni* satire de Juvénal; on a soin de nous l'apprendre :
IVVXNAL
is 13
VIGTBIX FOR
TVNB SA PIENTKA
La fortune e$i wdneue par la eagesie; ce qui corrige un peu ce que la précédente avait de désespérant. Enfin Sophode, dans sa tragédie d'J fax, nous dit son mot :
80PH0GLSS AlâGB
IMMVTABILI FORTVN
A NVLLVX EST £EIVS
HOMINIBVS lOLVM
Le pire mal pour les hommee est une fortune qui reste tou" jours la même. Je doute que les heureux avouent qu'un bonheur constant leur soit une cause de malheur. Au moral Sophocle a raison. Sophocle a encore une pensée ici :
SOPHOGLBS
BENS VrVERS ET
HENB MORI NO
BHJTAS EST
Bien vitre et bien mourir, voilà la noblesse. Elle me rappelle l'inscription que les Ghevenon de Bigny, ancienne famille dont pétait membre un évoque de Saintes, Bernard m de Ghevenon, ont fait graver sur la porte d'entrée de leur vieux manoir féodal, à Ainay-le-Vieux, ei) Bourbonnais (Cher).
NOBnJTAT VIRTVS EXALTATQVE VIB08
Cest la vertu qui anoblit et élève les hommes. Ou bien encore les devise des Bremond d'Ars. Voir page 96.
Virgile ne pouvait pas ne pas fournir quelque chose à l'illustration de ces murs savants ; il a prêté un vers des Géorgiques, liv. II, 490 : Heureux qui a pu rmnonter aux principes des choses !
VIRQILI FOELDC Q
VI v(yrvTr rerv
M GOGNOSGSaX GAVSA8
Gomme ailleurs, les versets de TEcriture abondent. En voici deux de saint Paul, le premier : L'avarice eu une
idolàirie, ressemble un peu à ce qu'on voit dans VEjriire aux Galatei, Y, 20 :
AVARin
A moLO
RVM SERV ITVS EST
Le texte porte : idolorum servttus , venefigia , indo-
CanA, CONTENnONES, iEMULATIONES, HLE... ET &SCE SDUr
LIA. Lu œuvres de la ehair sent ridolàtrie^ les empoisonne'' meniSf les inimUiés^ les jalousies... et autres choses sembUMes ; et parmi, l'avarice ne se trouve pas.
Le second dans VEpitre aux Hébreux, IV, 16. L'inscription a deux abréviation à noter : miam pour uisericordiAM et ORAZ pour graHam.
ADEAMVS C
VM FmvciA'
AD THRONVM GRATIE EIV S VT MIAM C OSEQVAMVR E T ORAZ mVENI AM« IN AVXI UO OPPORT VNO HEBR. 4
Allons nous présenter avec confiance devant le trône de la gràee^ afin fy recevoir miséricorde et d*y trouver le secours de sa grâce d€tns nos besoins. Hébreux, IV. Saint Jérôme, le commentateur de la Bible, devait être cité ; on lui a emprunté un passage de son travail sur Isaïe :
HIERONIMVS IN ESAU VIVO INEBRIANTVR QVI SCRIPTVRAS SAC RAS MALE INTELU6VNT
Le vin enivre ceux qui comprennenl mal les saintes Ecritures.
Mais au lieu de vrvo, qui est une faute de texte, il faut lire viNO.
Un mot de saint Matthieu, XV, 21-22 : Entrez dam la joU de votre Seigneur :
ISTRk - m • GAVDIVM • DMINI • QVANTVM • VI RTVnS • TANTV M • FELIGITÂIIS •
et un mot quelconque emprunté peut-être à un futur Lhomon : Autant de vertu que de bonheur, forment une noui^elle inscription. Puis un verset, le IQ*, XVIII, de YEulé-
Siasiique : ANTE JUDICIUM, PARA JUSTmAM TIBI, ET ANTE
QUAM LOQUARis, DISGE ; TravoUlez à acquérir la justke avant de juger f et avant de parler appréciez ^ a donné la dernière proposition :
ANTE QVAK LO QVARIS DISCO
pour diêce. Le cartouche a été replacé là après la retouche de cette partie du monument et avec tant d'intelligence, qu'il a la tête en bas.
Le français n'a pas dit son denUer mot; il nous ofGre un quatrain pour sa part :
misyui
QVB
QVATEN
VAVLT
LEMOD
DRE DED