TENCE
Mieux vaut servir Dieu que le monde :
Car de Dieu tout Inen ahonde.
M(êux V€kui faire péniienee^ Qu'attendre de Dieu la sentence (1).
Au-dea8U8 de la porte d'entrée du pavillon central :
BIEN DVNG CHESGVN EN TO VS UEVX ON DOIBT DIRE SA NS MAL DAVLTRVT DCPRVDE HMENT PARLER CAR QVI VOV LDRA DE SON PROGHEN MES niRB LON MBSniRA DE LVT AY LONO ALLER
Cest nn qaatrain qu'on lira mieux ainsi :
Km d*in ehacim en iovs lieux on doit dire, Sus mal d*aatnii imprudemment parler :
Car qui Tondra de son prochain médire, L'on médira de loi an long aller.
Ces vers sont résumés dans ce mot extrait des Proverh^, Xni, 3, qui se trouve auprès, et qui achève la collection des inscriptions du château.
PROVERBIORVM 13 QVI CVSTODIT O s SWM CVSTOD rr ANIMAM SVAM
Qui garde $a bouche garde $on âme.
Est-ce pour intempérance d'inscriptions que le châtelain d'Usson perdit son âme ? La tradition dit qu'il était huguenot. Les sentences de l'Ecriture prodiguées partout
(i) Ces vers pourraient être meilleurs, mais Tantenr ne connaissait pas les Lmiéru de la vie, de M. Belmontet; il leur aurait emprunté ces Tors sublimes :
Toute chose qu'on fait est bonne on bien mauvaise. Pour être heureux un jour, portez un habit neuf... Une semaine, ayei la culotte d*un bœuf...
L'art scénique k présent e&t l'art arsenical... Qui ne fût rien, le poil lui pousse dans la main.
seatent le prêche. Toutefois, une chose surprend, c'est qu'elles soient en latin, le latin que proscrivaient les calvinistes parce qu'il était la langue de TÉglise. Ensuite ce HEMENTO MEi, gravé SOUS une tête de cadavre, semblerait indiquer le culte des morts et la croyance au Purgatoire ; peut-être est-ce une réminiscence involontaire de l'ancienne foi catholique.
Qqo semel est imbaia recens senrtbit odorem Testa din.
Ces deux preuves, j'en conviens, ne sufiBsent pas pour faire mentir la tradition. On accorderait tout peut-être en disant que le seigneur d'Usson devint protestant.
M. Crottet, Histoire det église$ réforméeê de P<me, Gemozae et Moriagne^ p. 85, pense que les seigneurs de Saint-Mauris et d'Usson furent convertis par Antoine Otrand, arrivé de Genève à Pons, le 24 mai 1559. Cette date donnerait raison à notre hypothèse.
Outre le Rabaine d'Usson , il y a d'autres Rabaine sur la cloche de Saint-Quentin de Ransanne, près de Pons.
mS M^ lAI ETE FÂGT FAIRE PAR lEHÂN DE RABAYNE ET RENEE DE 6UTNANS0N ESGVTERS SEIGNEVRS DE 1IA2ER0LLES ET DE LA TOVGHE EN S^ QVANTIN MAZOTTE Vn^LESAVO» ET LABROVSSE ET DE PAR LES ABFrANTS QVATOLIQUES DE LA PAROTSGE DE S* QVANTIN DE RANSANNE ET ONT ESTE ELVS PAR LES SVSDICTS POVR PAIRIN ET MAYRINE lEAN ET FRAN- ÇOISE DE RABAYNE FILS ET FILLE AISNEZ DES SVSDICTS SIEVR ET DAliE DE MAZEROLLE EN 1602 I DE LA GHASSA- GNE PRIEVRT DE S* QVANTIN F P M P COLLONS I PIGHOVNEAV SAINDIGQ MIGENEST G R F.
En 1588, Jean de Rabayne, dont il est ici question, était seigneur de MazeroUe, et avait épousé Renée de Guinanson. Voir ce mot, page 220. Les sigles f. p. m. p. GOLLON, signifient vaite T?ar Moi, ou Matfre, vitrre, ou vaul,
GOLLON. Migenest est sans doute le fabriqueur, ou fabricien, comme nous dirions aujourd'hui. Ajoutons que
réglise du xn* siècle, assez remarquable, a son choBor affreusement barbouillé sous prétexte de peintures murales. Les blasons des Taillefer, des Raymon de Toulouse, les croix de différentes formes y sont tracées. Parce que le peintre a découvert sur les murs les croix de consécration, il s'est imaginé que c'étaient des blasons, et qu'il devait les reproduire.
Près du château d'Usson, à Lonzac, nous trouvons \m autre spécimen de Tarchitecture de la Rénaissance, appliquée cette fois aux édifices religieux. L'église de Lonzac est la seule du département qui date tout entière de cette époque. Elle est fort intéressante et offre un sujet important d'études. Et dire que pas un artiste n'a songé à reproduire et l'église de Lonzac et le château d'Usson ! Ce monument des plus curieux a été élevé en 1530 à la mémoire de Catherine d'Ârchiac, dame de Lonzac, fille de Jacques d'Archiac, baron de Lonzac, et de Marguerite de Lévis, par son époux Jacques Galiot de Genouillac. La sacristie actuelle servait de monument funéraire à Catherine d'Archiac , et peut-être à Jacques de Genouillac. Sur les murs, à l'intérieur et à l'extérieur, sont sculptées deux inscriptions, alternant avec des croix de consécration, et diverses sculptures en bas-relief.
GALIOT AIME FORTUNE, OU AIME FORTUNE GALIOT, OU bien
FORTUNE GAUOT AIME; Ic scus cst toujouTS lo même.
Galiot 'était aimé de la Fortune comme Masséna était l'enfant chéri de la Victoire. Aime-Fortune pourrait être un de ces mots composés vantés par Ronsard et mis en vogue par la Pléiade : Apollon porte-jour; Herme guidenavire; Mercure échelle-ciel; la guerre casse-lois, versesang, aime-pleurs, rase-forts. Pour moi, la version que j'adopte est : gâuot adie fort une. Il parait que Galiot dissimulait sous un calembourg son affection pour Louise de Savoie. Il aimait fort une femme, qui lui préférait le connétable Charles de Bourbon. Du reste, si Galiot avait été heureux et aimé de la Fortune, il le devait un peu à son courage. Membre de la famille des Gourdon de Genouillac, de la branche des seigneurs d'Acier, Jacques Galiot de Genouillac, seigneur d'Acier et Reillanet, baron de Gapdenac, chevalier de l'ordre du roi , son conseiller et chambellan, sénéchal d'Armagnac et de Quercy, viguier de Figeac, etc., fut élevé par son oncle Jacques Ricard, dit Galiot, maître de l'artillerie de France. Il combattit à Fomoue en 1495, et fut l'un des preux de Charles VIII, servit au siège de Capoue, prit part à la journée d'Aignadel, en 1509. En 1512, il eut la charge de grand msdtre de l'artillerie. Il se trouva à la bataille de Marignan (1515), au ravitaillement de Mézières, se signala à Pavie (février 1525), et à cette occasion fut nommé grand écuyer de France par François I". En 1545, il fut pourvu du gouvernement de Languedoc, et mourut l'année suivante. Sans enfants de sa première femme, il avait épousé Françoise de la Queille. Nulle carrière, on le voit, ne fut mieux remplie.
Une seconde légende qui ferait allusion à sa constance et à sa fermeté de caractère, pourrait être prise comme devise :
SIGVT ERAT IN PRINaPIO
Comme il était au commencement. C'était, en effet, d'après Jean Le Féron, la devise du connétable de Bourbon, Charles de Montpensier. Ce mot rappelle celle des Cas-
tillon : Dso bsgibdsqus semper ot olim , ou bien encore celle des marquis d'Eckstein, dont le nom en alLemand signifie pierre : irr lapis angulabis sic gonstans et fih- MUS MANEBO; Comme la pierre angulaire, ainri je reeUrai ferme ei emetani. Notre interprétation du sigut srat serait peut-être charmante. Le malheur est qu'un peu plus lom il y a, sous la même forme :
GLOIUA PATRI GLORIA FILIO GLORIA SPIRITVI.SANGrO
Décidément le sigut erat in pringipio est la fin de rinvocation ; il n'y manque plus que et nung et semper ET m scBCULA soEGULORUM. amen! quo jo n'y ai pas vu.
L'église, dédiée à la Vierge en sa nativité , a plusieurs invocations en son honneur. Dans le transept, à droite :
IMMAGVLATA MARU
A gauche, mais toujours écrit en cercle :