‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 67 sur 96 · FIST • PERDRE • LA • VIE · texte numérisé non relu

FIST • PERDRE • LA • VIE

Scarron, ce raccourci des souffrances humaines, comme il s'appelait lui-mèmç, disait dQ même dans son épit^p^e :

Cehri qyi cy maintenant dort Fit plvs de pitié que d^envie, Et sovffrit mille fois la mort

Avant qve de perdre la vie.

Mais c'était Scarron.

Peut-être l'absence du nom eçt-elle calculéjB. Gel#i qiû € de son yivant donna à la fabrique de céans deux cent cinquante » livres, a sans doute voulu que, le bienfait subsistant, le bienfaiteur restât inconnu. Son désir a si bien été acconapli que rien ne nous Ta pu faire déoouyrir.

Xift .Uii^te épo(}ue ^ guerres religieuses a l^ssé de^ t^raçes profoa4e$ eu Saintç^. Ou çait ce q^ Saiintm^ewd'Angély notamment a eu à souffrir. En 1568, elle fujt SOTPriqe p*r lei5 iHyg^e^ofte. « 1^ yç^i^iqueufs, dit Maa3iou, IV, 139, sig;ualè;*eii;Lt leur entrée par 1^ plus coupable excès. Ito arrêtèrent et mirept à contribution tous les bourgeois catholiques; bannirent de la Commune le maire et les échevins, jetèrent dans des cachots les moines bénédictins, jacobins et cordeliers; Téglise abbatiale de Saint-Jean-Baptiste, celles de Saint-Jacques et de Saint-Révérend furent ruinées de fond en comble. La grosse tour du beffroi, renfermant les archives de la Commune fut envahie, et Ton jeta pèle-méle par les fenêtres les chartes et les titres qui y étaient accumulés depuis des siècles. On pilla les demeures des papistes qu'on avait arrêtés, et la soldatesque fit essuyer à leurs filles et à leurs femmes les plus cruels outrages. Parvenus au dernier degré de Texaltation fanatique, ces furieux,, ivres de luxure et gorgés de butin, achevèrent d'éteindre dans le sang la rage qui les consumait. Tous les prêtres qui n'avaient pas eu le temps de fuir furent massacrés sans pitié. On épuisa sur eux tout ce que la cruauté humaine peut inventer de supplices . La fureur des meurtriers se déchaîna surtout contre un curé, nommé Arnaud. Après ravoir garotté et promené par les rues de la ville , on rétendit sur une couche de poudre à laquelle ont mit le feu. Le malheureux expira dans des souffrances horribles. Son corps fut jeté tout mutilé dans les fossés du château où il demeura exposé aux risées de la populace et devint la proie des plus vils animaux, p

L'année suivant(3, 13 mars, les deux armées, catholique et protestante, s'étaient rencontrées entre Bassac et Jarnac sur les riveç de la Charente. Goligny, accablé par les forces supérieures du duc d'Anjou, se retirait déjà.

Le prince de Condé, autre chef des calvinistes, forcé lui aussi de céder, venait de remettre son gantelet à un gentilhomme, quand Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou, « lui tira, par derrière, une pistolade par la tête, dont il rendit l'esprit sur-le-champ, > dit de Thou.

Pour conserver le souvenir de cet assassinat, on avait, en 1828, sur le lieu même où il avait été commis, élevé un petit monument et gravé, sur une plaque de marbre qui n'existe plus, ces lignes :

HIG

INFÂNDA NECE OCCUBUrî

• ANNO UBLXIX

AETATIS XXXn

LUDOVICUS BORBONIUS GONDEUS

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