‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 66 sur 96 · ET LA REND BIENHEUREUSE EN ÉTERNEL REPOS · texte numérisé non relu

ET LA REND BIENHEUREUSE EN ÉTERNEL REPOS

Un personnage qui eut plus que personne à déplorer les ravages calvinistes, est Tristan de Bizet, évoque de Saintes k Tépoque où la ville fut prise ei la cathédrale renversée par les protestants. Tristan de Bizet, né à Troyes en Champagne vers l'année 1499, était un hum-

ble raligiauxdeClâirvduxqni devint auiaônier de Henrill. Il assista au concile de Trente en 1545. En 1550, il succéda coname évèque de Saintes à Charles de Bourbon, cardinal de Vendôme, plus connu sous le nom de cardinal de Bourbon. Évèque de Nevers, puis de Saintes en 1544, Charles de Bourbon, transféré six ans plus tard à Rouen, reçut des seigneurs, 7 août 1589, le titre de roi, étant en prison à Fontenay*le-Comte où il mourut et fut enterré Tannée suivante. Tristan de Bizet eut la douleur de voir son église envaMe par les protestants. Ils s'introduisirent par surprise et trahison dans la capitale de la Saintonge au mois de juin 1562, la veille de la Pentecôte. La cattiédrale fut respectée. On en fit un temple; mais pour peu de temps : car ils furent bientôt chassés.

En 1570, les protestants firent à Saintes une troisième visite. Cette fois, « ils firent des meurtres cy estranges et cruels qu'il n'est pas possible de plus grands; car, après avoir prins deux prestres vicaires de laditte église Saint-Pierre prisonniers, Tung desquels avoit plus de quatre-vingts ans, que Ton appeloit messire Michel Magneron, après l'avoir bien promené par toute la ville et faict crier avec une trompette à tant le prestre à cry public, estant sur les pons rencontrèrent les soldats qui le fesoient aussy crier au plus offrant et dernier enchérisseur, ung habitant du faubourg des Dames, huguenot qui s'apeloit Boudault, lequel voyant que iceux soldats ne trouvoient rien dudit prestre Magneron, dit aux soldats : Donnes moy le dit prestre et je vous en donneroy un teston, qui ne valoit en ce temps-là que douze sols six deniers, si j'^i bonne souvenance ; et voyant iceux soldats que personne ne vouloitachepter ledit prestre, le mirent et le livrèrent entre les mains du dit Boudault, lequel rayant le dagua et puis le getta dans la rivière, a droite du lieu que Ton appelle la Ferme là où il renda son ame à Dieu, et voyait on icelui prestre Magneron bien à clair dans l'eau.

« Quanta l'autre prêtre qu'ilz avoient prias prisonnier,

il estoit vicaire aussy de Saint-Pierre et curé de Montpellier, qui nous monstrait estant enfant de chœur à la grand'messe , qui feust geste à l'eau avec une corde, à Tarceau le plus près de la ville, sur main gauche en allant de la ville au bourg des Dames. » Page 269.

Deux chanoines furent aussi massacrés sous le clocher. C'est pour cela qu'au retour de la procession de la Fête- Dieu, on chantait là un LU>era, coutume abrogée par M. l'abbé de Rupt. L'évéque échappa au sort de ses chanoines. Il était absent de son diocèse. En 1576, il donna sa démission et fut remplacé par Nicolas Le Cornu de la Courbe de Brée. Trois ans après, il mourut le 8 novembre, à l'&ge de quatre-vingts ans. Il fut enterré à Paris.

TRISTÂNDO DE BIZET TRECENSI GLAREVALUS REUGIOSO SANTONENSI EPISGOPO S BERNARDO CVIVS REUQVIAS ABGENTEA CÂPSA INCLVDI GVRAVn DEVOTISSIMO AG DE BERNARDmiS QVORVM STVDIA FVNDATIONE IWIT MERTriSSIMO FRATER NIGOLAVS BOVGHERAT aSTERCn GOENOBIARGHA POSTREMAE VOLVNTATIS

BXEGVTOR posvrr vixrr annos lxxx OBirr VI mvs novemb m d lxxix

Cette épitaphe atteste le souvenir qu'il avait conservé de son monastère , son culte pour saint Bernard et ses libéralités envers ses anciens frères.

A Triitan de Bizet^ né à Troye$, religieux de ClairvauXt évéque de Saintee, plein de vénération pour sctint Bernard, dont il fit enfermer les reliques dans une chasse (forgent , et bienfaiteur des Bernardins dont ses libéralités aidèrent le zéle^ frère Nicolas Boucherat, abbé de Cisteaux, exécuteur de ses dernières volontés, a élevé (ce monument). Il a vécu quatre-vingti ans et mourut le 6 des ides de tiovembre 4579 (i).

(1) Ce ne sera pas déroger à la gravité épigraphiqne que de raconter ici le toor que Tristan de Bixet joaa à messienrs dn Chapitre. C^était l'osage qa*à certainei

C'est encore un combattant que nous trouvons à Saintes dans l'ancienne église paroissiale de Saint-Maur, aujourd'hui atelier de futailles.

Ici glt .. point de nom....

dit M. de Lamartine, à propos du tombeau de Napoléon à Sainte-Hélène. C'est absolument comme ici. Point de nom ; point de date. On ne sait pas même à quelle guerre fait allusion r« épitaptie à la louange du gentilhomme. > Est-ce la Fronde ? J'y verrais plus volontiers la Ligue à cause du vers :

Lignait contre mon roy mainte et mainte province.

Le style, je l'avoue, me laisse des doutes. A la facture de ces vers on croit sentir que Malherbe est venu. Ni hiatus, ni inversion forcée. Ce qu'il y a de plus certain en tout cela, c'est que c'est la mort qui lui fit perdre la vie. Ce guerrier*là devait être proche parent du brave général

fèteB, Pentecôte, Toussaint, Noël, Pâqnes, Tévèqne traitftt les chanoines et le bas-chœnr. Croyez en nn témoin dont Testomac s'en sonmt longtemps et qui ne put digérer cette mauvaise plaisanterie.

c J*ay bonne sonvenance que dn vivant de fen monsieur de ^zet, exesque de Saintes quand vivait, il arriva une année pendant que j'estais enfant de cœur que le jour de la feste de M. saint Eutrope estoit le jour du service de Pasqnes et que à Tissue de matines Ton fit la célébration et solennité du service et après keluy fait Ton s'en alla en procession à Sainct-Eutrope dire la grande messe, an retour de laquelle procession Ton pensoit aller, comme la coutume estoit, digner à Tévesché, tant messieurs les doyen et chanoines que les choristes de laditte église et enfants de coeur ; et cnidant entrer dans la maison de révesché pour digner , Ton trouva la porte fermée ; et parlant au portier pour ouvrir la porte , il fit response qu'il n'y avoit point de digner apresté pour messieurs les doyen et chanoines ni pour les clers et choristes , ocazion que chascnn se retira chez soy et ce fust comme je crois en Tannée mil cinq cens soixante-cinq ou soixante-six et à ce jour-là tous les chantres de musicque vinrent digner ï la psalette, là où notre maistre envoya chercher des vivres pour digner. n Page 844. F. Tabocrir, Jfdnif. à la BibHothig:ue de Sainkê.

de la Palisse qui, lui aussi, un cmart d'heure avant sa mort était encore en vie.

Sur le mur de ce qui fut une chapelle latérale on lit :

EPr^AFlBl • A • LA • LOyENOÇ • Dy • Vm^ESL LHOU • ENTERRE • SQVBS • L|E TO>(B^V • aRAVE • AV PIED - DE CETTE XVRALLE .

Page 1