PIL8 : MAIEVR : ET : LEGITIME
DE : FRANÇOIS : DV : BREVIL : AVSSI : ESCVYER : PAR : HENRI : MICREV : MAISTRE : MASSON :
Nous avons vu l'enseigne du cabaret, l'enseîgne du moul jn, l'enseigne du cb&teau , l'enseigne du colombier, ypici l'enseigne du lupanar. Cette dernière est rue de r Arceau, n* 6,'faijbourg de Saint-Eulrope, à Saintes V
lE MAPELLE LA GALLAN DRE MEPRI ZEE DEPVIS LONTEMP AVIOV DVI ON ME CON TEMPLE lE PREN DE LACHEMENT EN 1760
La tradition raconte qu'une femme publique dev9|iu9 riche se fit b&tir une maison ; et, pour narguer ceux qu| l'avaient dédaignée, elle y fit graver au-dessus 4e la fenêtre l'inscription citée. Etrapge vanité, et aussi étrange
iôlérânce du public I mais on ëtàit au ivhi* isfèclè. Ce n'éiait point ainsi que nos magistrats en usaient au xvi* siècle. On parle d'un arrêté des échevins qui menîaçait de la mort une fille de Bordeaux établie avet é^n pèi^e rue Saint-Maur, s'ils ne vidaient les lieux dans les vingt-quatre heures.
A la Rochelle on ne traitait guère mieux ces filles. « Eh 1588, dit le continuateur de Gonain, cité par Ardère, H, 593, Louis Gargouilleau, maire, sur les plaintes des débauches en la ville, fit faire une diligente l'echerche de plusieurs femmes soupçonnées, et fit dresser la cage de fer, appelée autrement la Gourbeille, laquelle depuis longtemps n'avait été en usage. Cette punition consiste à enfermer dedans la "personne condamnée, et, au grcfs de l'eau, la plonger diverses fois en la mer. Elle fut pratiquée sur une nommée TOlonoise. > Ce supplice était renouvelé des Écossais, qui l'avaient emprunté !aux 'Germains.
Revenons à des phrases moias-pfoCaflMB :
ANNO i7S8 COR MONDVM
dit tliie maison de Talmont, commençant aihsi le f. 2
^tt ps. IV. Criez en moi un cœur pur, 6 Seigneur!
Un piédestal de croix, devenu bénitier pour l'égliàe dé Saint-Simon ou Sigismond de PeÛouaille, nom d^ûne propriété voisine, porte ces mots :
PRO NOBIS MORTWS
Sur l'autre face , il y a un écusson : deux bandes avec trois étoiles en chef. J'ignore à qui sont ces armes. Saînt- Simon-de-PeUouaille, appelée anciennement Saint-
— SOÎ —
Simon-des-Brosses, appartenait, dès 1308, à Guichard de Didonne, seigneur de Rioux, et à Guillaume de Pons. En 1485, Bertrand Hortie, écuyer, seigneur de Saint- Sigismond- des -Brosses, rend hommage à Pierre de Beaumont, seigneur de Rioux. Cette terre passa dans la famille Guichard, originaire du Périgord, puis dans celle des Guinot, par le mariage de Judith Guichard avec René Guinot, seigneur de Beaupreau en Rioux, Tan 1580. Ce René Guinot , tué à la bataille de Contras , eut pour fils Gilles Guinot, lieutenant -colonel commandant un régiment d'infanterie pour la République de Venise. Dans son contrat de mariage, 1623, avec Charlotte de Bremond, fille de Jean de Bremond, seigneur de Tesson, et de Marie Guinot, il est qualifié seigneur de Saint- Simon. Mais, comme au même contrat figurent Nicolas Desmier de Beauregard, seigneur de Saint-Simon, et Judith Guichard, qu'il épousa en 1590, il est probable qu'il n'était seigneur qu'en partie. C'est par cette dernière Judith Guichard que la terre vint aux Desmier de SaintSimon d'Ârchiac, qui la vendirent à M. de Eerlivio après la Révolution.
La cloche montre bien que Saint-Simon est une abréviation pour Saiiit'Sigismand.
BWHfU 0igi0mon^« mil f 1 1 f t
n y a, en outre, deux ou trois mots illisibles, puis le chrisme 1 9 < avec l'écu de France timbré de la couronne royale ouverte.
Les fleurs de lis de cette cloche, qui datent de 1500, se retrouvent après chaque mot sur celle des Gonds, près de Saintes, avec le millésime de 1599.
AV NOM DE niEV SVIS E8TB FAICTE POVR SAINT VIVIEN DES 60NS I F. 1599
Même profusion de fleurs de lis sur la cloche de Rioux.
IHS M FAICIE POVR LA PAROISSE DE NOVTRS DAME DS RIOVX F. P. M. L. G. 1583
J'interprète comme ci-dessus les sigles de la fin : faire
on fondue par, moi ou maître Louis? Collon, lîes Études hisUh' Tiques sur r arrondissement de Jonzac, page 260, les expliquent autreûient sur la cloche de Saint-Georges-des- Agouts, réglise au refuge souterrain semblable au refuge de la métairie des Moines , non loin de là, en la paroisse dii Petit-Niort ou de Saint-Bonnet.
IN HONORE TRINrrATIS AUEN SA MA SE GEORGT BT ALIV8 81 ET SB ORATE PRO NOBIS 1591 A ESTE FIE LA PRETE BT SONT FABRIQYEVRS E MARTIN I POYRUER ET A ESTE PERDf M P CHARRON ET MERRINE BARBEREAV F. P. M. P. COLLON B. CONSTANTIN.
Malgré les abréviations, on traduit très bien latin et firançais : En l'honneur de la sainte Trinité. Ainsi soU-tL Sainte Marie, saint Georges, et autres saints et saintes^ prie» pour nous. 4594. Â été faite la présente, et sont fabridens E. Martin, J. Poirier; et a été parrain M.* P. Charron et marraine Barbereau. Fondue par mettre P. Collon. B. Constantin. M. Rainguet traduit à tort, je crois : « Barbera, femme Poirier. » Ce qui le prouve en outre , c'est que la même formule est encore à Tesson avec les mêmes fleurs de Ils qu'à Saint-Georges.
mS M^ F p L PAROISSE D S GREGOIRE D TESSON P I D BRESMOND M F D M0N6AILLARD H IOVHAM V B P B T E A T RICHARD I BOMPAIN P F SIMONS I P SEGVINS M ADfONNEAU 8MFPMFPML COLLON 1583
tTinterprëte : parrain jean De bremond ; Marraine Fraiipotee De montgaillars^. Le reste est moins sûr : s. m. f. p. m; Bjfndics m'ont fait poser et mettre 1 Le parrain était bien Jean de Bremond, écuyer, seigneur de Beaurepaire» alors aussi (1583) seigneur de Tesson, époux de Marie Guihot, fils de René de Bremond, écuyer, seigneur de Tesson, et de Bonaventure de Montgaillard, veuve dés le 30. mai 1576. Il avait pour grand'pére, François de Bremond, chevalier, seigneur d'Ars, de Gimeux, la
Mothe-Meareac, Tdason, marié en deiudèmM «km» i Marguerite de BeoomoDt, et p<Mur aïeul GbarieB île Hmmond, premier du nom, éouyer,4Beigneur 4'Ai8, Gimeiix, la Mothe-Meursac, époux de Marguerite Foreau, dame de Tesson, qui lui avait apporté cette seigneurie en i6(H. La terre de Tesson passa en 1613 dans la fanûlle Gmnot où elle resta par le mariage de Charlotte, fille de Jean de Bremond et de Marie Guinot avec Gilles Guinot^ chevar lier, seigneur de Moragne.
La marraine devait être une cousine du parrain. Bo> naventure de Montgaillard, mère de Jean de Bremond, était fille de Geoffroy de Montgaillard, seigneur de Beaurepaire et de Luce Taillé.
La cloche de Téglise d'Ars sur le Né, ancien diocèse de Saintes, offre les mêmes caractères que les précédents :
t ms M POVR LEGLtSfi BB St WCOV D AbS LAN 1396 CHABLES BREMONT IOSIAS ffr P^UPES BR£3I0NT N TOVCfifS P I LIODES M BRISSON FABRIQVBVS F P M P COLLON
Charles de Bremond, ici nommé, chevalier, seigneir d'Ara, de Gimeux, de Gomporté-sur-Chareote^ des Gb^r telhers et des Padiances, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme de sa chambre, capitaine de cinquante hommes de ses ordonnances, lieutenant général pour Sa Majesté au pays de Saintonge et d'Angoumois, ville et gouvernement de la Rochelle (27 avril 1785), naqtjdt en 1538 et mourut en 1599 à Ars.
Philippe de Bremond était le fils de Charles et de Louise de Valsergues de Géré, aa premiéro épousa. Il eut pour fils François^aliot de Bremond, eei^eur de Céré en Anjou, et de Vernoux, qui fut fait capitaine au •régiment de Parabère en 1627. Il assista au siège de Qogtaiac en 1651. Il avait épousé en 1656 Jaû({ttette de la Gonrgue, dame des Angelters; sa postérité ^est éteinte dans la personne du comte de Bremond, chevalier de Baint-'Loiiis et de Charles lU d'Espagne , ancien officier ide :4a)gHtde toyste, mort «n mai t6?0 ; Josiaa» fiJa lataié
de Gharled, né eu 1561 , mourut le 15 avril 1S51> ftgé de quatre-vingirdix ans, après avoir fait la guerre pendant soixante-quinze ans, avoir assisté à plus de vingt batailles et dix-huit sièges. Il est célèbre par son attachement pour le duc d'Ëpernon qui composa pour lui une chan^ son. Cet attachement lui valut la haine d' Agrippa d'Aubigné qui le transforme en Don Quichotte dans ses Aven* îures du bartm de Fénesîe, et par suite de Massiou, qui le fait, y, 175, seigneur « d'Arces (près Gozes). » Les pay-^ sans, que son humeur batailleuse ennuyait un peu^ le raillaient dans ces couplets :
Sais-tn, compère, que tchien baron d'An
Amasse sondine et soudards?
I disant qn'o Té pre aller en Périgord
Pre assiéger nn châtiau fort.
Test beon mieoz len talens
De rotner les paurea pésans.
Vy a?ait in grand malingrenx
Qm me dit : < Tue moi in de thiels bœnfs
J'en yeax manger la langue... »
Dans l'église d'Ars sont les vers latins que hods aVdhâ cités page 98. Autour, se déroule une litre où Fon reconnaît encore Taigle des Bremond. Le droit de lîttô était exclusivement réserv^ aux seigneurs fondaèôurà; et' les seigneurs d'Ars avaient largement mérité ce privilège. Citonà entre autres Pierre de Bremond d'Ars, quatrième du nom, chevalier, seigneur d'Ars, de Puyvidàl, de Roufflac, de Balanzac, fils de Guillaume tilé à A^incourt (1415), petit-fils d'un autre Guillaume tué à Grécy (1346), qui, par testament du 15 juin 1456, légua à l'église d'Ars une rente considèi^able et it dob dé divëi4es sommes à l'abbaye de Saintes où il avait placé une de ses filles, Anne de Bremond. Dërrièi*é le i^ôtâble dû grand autel assez élégant, quoique du xvm^ siècle> se trouvent peintes à la fresque les armes de la famille
accolées à celles des La Rochefoucauld : bureU it'arf «ni
so
ei d'azur de dix friéeei à iroU ehevronê de gueuiei braehani êur le ioui, le premier écùni. Ces armoiries ont été peintes à répoque où Josias de Bremond, baron d'Ars, mort en 1661 et inscrit sur la cloche en 1596, était époux de Marie de la Rochefoucauld-Montendre.
La chapelle latérale de gauche a un caveau, sépulture des seigneurs d'Ars. A la clef de voûte est sculpté un blason f6rt mutilé où l'on reconnaît l'aigle des Bremond et sans doute les chevrons des La Rochefoucauld. La chapelle de droite, au lieu d'écusson à la voûte, porte un élégant fleuron, autour duquel est gravée une inscription où M. l'abbé Michon, Stalùtique monumentale de la Ckarenie, a lu, page 312 :
ra ^îomt, favct nicofao itmon^, <|ttî Çoc ofx$ cttmt facnt anno m^ jy^ xxx^ vi^
Et d'après cette indication, M. Marvaud — Géographie départementale du département de la Charente^ 1860 — a écrit que c l'église fut construite en 1536 par Nicolas de Bremond. > A tout cela, il n'y a qu'un mal : c'est que l'église est romane, et remonte au xii* siècle; que la construction, mentionnée par l'inscription, regarde, non pas l'église, mais la chapelle ou peut-être seulement la voûte, hoe opue; que le nom est celui de l'architecte Nicolas Hervé ou Herné ; et qu'enfin il n'y a dans la famille de Bremond personne qui porte le prénom de Nicolas. Lisons donc, en remarquant que les chiffres romains sont mis à l'envers :
ttX : fjjitt : ftt : tlUolttO : llttn^ : l|tlt : kof : 0fV» : tUtVCVii : (vLtttC : itnilO :
oïv : oXXX : oV : oiim :
rot glorieux^ fais grâce à Nieolae Hervé, qui a fait eonetiruire cette chapelle ^ Fan 45S5. Au lieu de euravit, je
lirais plus volontiers ituduU.
Au château de Balanzac, qui rappelle encore les Bremond, se trouve un monogramme, où Ton découvre G, F, B, D, R, 0, E, L, d'autres lettres peut-être, cantonné des quatre initiales :
Entre Tf et Ta il y a un écusson losange ; c'est celui des La Rochebeaucourt, en Angoumois : d'argent à neuf losanges de gueules 5, 3 et 3. En effet, Françoise de la Rochebeaucourt , dont les initiales sont gravées là, fille de François, seigneur de Varaize, sénéchal d' Angoumois et échanson du roi , et de Bonaventure de la Personne, épousa Charles de Bremond , chevalier, seigneur de Balanzac , maître d'hôtel du Dauphin , duc de Bretagne et d'Orléans.
Gomme Técu est entouré d'une cordelière, il faut croire que Françoise de La Rochebeaucourt était veuve à l'époque où furent placés ces ornements, c'est-à-dire vers 1559; car son mari vivait encore, le 20 juillet 1556, jour où il recevait l'hommage du fief de la Ligerie, relevant de la seigneurie de Balanzac ; et comme les armes de la dame occupent la place d'honneur, il est encore à croire que le seigneur n'existait plus. Dans le chiffre du milieu il n'est pas difficile de reconnaître le nom de Charles De Bremond, mari de la dame de céans, et de François De Bremond, son fils, aussi seigneur de Balanzac dès 1558.
La terre de Balanzac, entrée dans la famille de Bremond en 1336 par le mariage de Jeanne de Balanzac avec Guillaume de Bremond, y resta jusqu'à Salomon de Bremond, chevalier, seigneur de Vaudoré, de Balanzac, etc., qui la vendit, le 6 janvier 1617, à son beau-frère Nicolas Pasquier, fils d'Estienne Pasquier, qui avait épousé Suzanne de Bremond, sa sœur. J'ai donné ces détails et plus longuement dans mon étude sur Nicolas Pasquier, seigneur de Mainxe et de Balanzac.
Quant aux initiales b et l, ce sont celles de Bonaventure de La Personne, mère de Françoise de la Roche beaucourt ; d'autant que Técu aux trois pattes de griffon qui est entre ces deux lettres, appartient bien aux La Personne. En outre, autour du monogramme central se trouve deux fois répétée cette devise :