ATTAQUES INCOMPLETES
promène autour de lui un regard liébélé, soulève la tète et se relève, ne cons rvant en général aucun souvenir de ce qui s'est passé. Il conserve toute la journée un état de somnolence et de lassitude générale qui s'accompagne parfois d'une sensation de brisement dans les membres.
Telle est l'attaque d'épilepsie classique et complète; mais, il s'en faut qu'elle se présente toujours avec ces caractères immuables. La succession des périodes tonique et clonique n'a pas lieu invariablement, comme nous venons de l'indiquer. L'une des deux peut manquer, ou bien la période clonique se produira la première. Parfois, l'attaque est constituée par une simple rigidité sans mouvements apparents, ou bien accompagnés seulement de quelques tremblements. Les convulsions peuvent manquer dans telle ou telle partie du corps, dans un membre, à la face, dans les deux membres inférieurs, etc.
Lorsque l'accès se produit la nuit, il peut arriver qu'il passe inaperçu, si le malade n'est pas réveillé par les phénomènes prodromiques : le stertor .se continue alors avec le sommeil normal sans inlerruption. L'on a vu ainsi des épilcptiques, ayant seulement des attaques nocturnes,
22 AMNKSIE APRÈS l'aTTAQUE
ignorer leur mal pendant des années. Mais souvent le malade est averti par l'évacualion des urines, les morsures de la langue constatées au réveil, par une lassitude inaccoutumée.
La grande attaque convulsive, avec perte de connaissance, présente ce caractère constant de ne laisser aucune trace dans le souvenir du malade. Mais celte amnésie peut présenter d'assez grandes variétés quant à sa durée. Beaucoup de malades se rappellent les phénomènes prodromiques éloignés, même les sensations de l'aura. Quelques-uns ont le souvenir des premiers mouvements convulsifs, il en est qui entendent leur cri. Rarement la connaissance reste complète. Parfois, au contraire, il existe une amnésie rétroactive comprenant les faits qui ont précédé l'attaque à plus ou moins longue échéance.