PÉRIODE TONIQUE
véritable, dont on se rend compte par l'application de la main. En même temps, la poitrine s'arrête en expiration prolongée et la face, qui au moment de la chute était pâle, se congestionne, devient rouge, violacée. La circulation est tellement gênée que souvent les vaisseaux se rompent, et l'on peut voir se produire consécutivement des ecchymoses à la paupière, par exemple, des hémorrhagies par le nez, par les oreilles, les bronches, voir même des hémorrhagies cérébrales. Les muscles de l'abdomen sont aussi tendus pendant la période tonique, et souvent les urines, les matières fécales sont expulsées.
Tout ceci ne dure que quelques secondes. La tension générale des muscles diminue alors graduellement, et la phase des convulsions cloniques commence. Pendant la période tonique, le pouls est fort et fréquent, la tension artérielle est très élevée. On a pu dans quelques cas examiner le fond de l'œil et constater un rétrécissement des artères rétiniennes qui fait place, à la suite de l'accès, à une congestion veineuse intense.
Au bout de quelques secondes, tout le corps des malades commence donc à s'agiter. La tète se renverse en arrière violemment, ou bien elle exécute des mouvements de rotation rapides ; les
PÉRIODE CLONJQUE
paupières batlenl ; les yeux roulent dans leurs orbites, tout en restant convulsés en haut, de telle sorte que la cornée presque tout entière reste cachée sous la paupière supérieure. Les muscles de la face exécutent des mouvements incessants, qui donnent à la physionomie un aspect grimaçant, hideux à voir : les mâchoires s'ouvrent et se ferment, les dents grincent, la langue projetée hors de la bouche est mordue, déchirée. En même temps, les mouvements respiratoires sont précipités, saccadés, et il s'échappe de la bouche une bave spumeuse, sanguinolente ; des mucosités sont rejetées par le nez. La respiration est râlante ; parfois, le malade pousse de véritables rugissements. Les membres, violemment secoués, sont agités des contorsions les plus variées. Habituellement, le pouce est fortement fléchi dans la paume de la main, recouvert par les autres doigts ; mais, celte attitude n'est pas absolument constante, pas plus qu'elle n'est spéciale a la convulsion épileptiquc comme on l'a prétendu. Presque toujours, les convulsions prédominent d'un côté du corps.
Pendant la phase clonique, la tension artérielle reste élevée, le pouls fréquent, les batteinerita du cœur tumultueux, plus précipités même que pendant la période précédente.
PÉRIODE DU SÏERTOU
L'urine peut s'échapper à ce moment seulement par relâchement des sj)hincters, les contractions des intestins et des muscles abdominaux provoquent des borborygmes. Durant toute l'attaque, la perte de connaissance est en général absolue, et le malade est insensible à toutes les excitations.
Au bout de quelques minutes, les convulsions deviennent moins étendues et moins fréquentes ; peu à peu elles cessent. La respiration devient régulière, profonde, et s'accompagne d'un ronflement sonore; c'est la période de s/er/or qui commence.
Le malade est alors dans un état d'assoupissement profond : les membres sont flasques et inertes, les réflexes tendineux souvent abolis ; l'insensibilité est aussi complète que pendant l'accès. Peu à peu la face qui était rouge, violacée, pâlit et prend une teinte livide, cadavérique. La respiration est bruyante ; la bouche, remplie de salive épaisse exhale une odeur repoussante. Une traussudation souvent fétide apparaît sur le corps et sur la face.
La période de slertor dure de dix minutes à une demi-heure ; rarement elle se prolonge une heure ou deux. Puis, le malade ouvre les y'Hix,