ÉTAT DE MAL
le premier ne soit terminé. Les attaques sont alors subintraates, imbriquées, suivant l'expression de Trousseau. On donne le nom d'état de mal à cette dernière forme de la maladie, qui constitue une véritable phase aiguë du mal corn itial.
L'état de mal, déjà connu des anciens auteurs, a été surtout bien étudié dans ces dernières années (Browne, Bourneville, etc.). Il peut s'établir d'emblée ; parfois il est précédé de quelques crises eonvulsives ordinaires. Il est caractérisé par la répétition à peu près incessante des convulsions spasmodiques. Parfois, un court intervalle sépare les paroxysmes qui se produisent au complet avec leurs phases ordinaires, et l'on peut compter les attaques. On a vu leur nombre s'élever à cent et plus dans les vingt-quatre heures. Mais ce qui caractérise l'état de mal, c'est que le malade ne reprend pas connaissance entre ses accès. La situation est toujours fort grave ; on voit la température s'élever à io, ii" ; le pouls devient d'une rapidité extrême, la respiration s'accélère aussi et la mort peut survenir au milieu des convulsions. Habituellement cependant, les convulsions deviennent moins fortes au bout d'un certain (em]>s : le malade reste
pnoxosTic DE l'état de mal
plongé dans le slertor, les membres absolument flasques, insensibles aux excitations; la pupille reste largement dilatée. Pendant ce temps, la température reste élevée ou même s'élève encore davantage, et la mort arrive dans ces conditions. L'évolution de l'état de mal dure, en général, deux ou trois jours. On l'a vu se prolonger cependant jusqu'à huit ou neuf jours.
Le pronostic n'est pas absolument fatal, et l'on peut voir les malades guérir. Les attaques deviennent alors moins fréquentes et moins violentes et la température s'abaisse. La connaissance revient peu à peu ; mais, le malade est toujours très lent à se relever. C'est que l'épuisement ici est extrême ; la stupeur met un temps très long à se dissiper. La perte de poids, la diminution dans la proportion d'hémoglobine du sang, tous les phénomènes d'épuisement qui sont de règle après les accès, et dont il sera question un peu pins loin, sont pousssés au plus haut degré. L'état mental peut être atteint très gravement.
Un fait à noter, c'est que l'élat de mal n'est pa.s nécessairement constitué par de grandes attaques, mais qu'il pf;ut résulter d'une succession d'accès incomplets, de vertiges, d'attaques d'épil*'p-if! partielle.