IMPULSIONS
cet état mental, les malades sont souvent l'objet d'hallucinations variées, terrifiantes parfois, qui doivent jouer un grand rôle dans la détermination des actes impulsifs.
Ce qui caractérise les actes impulsifs des épileptiques, c'est leur soudaineté et leur indépendance apparente des circonstances extérieures. Un état psychique particulier les précède souvent : une inquiétude, une irritabilité anormale, quelquefois une véritable aura sensorielle ou autre. Un autre caractère important est leur répétition sous la même forme chez un même individu : par exemple, un malade présentera régulièrement des accès de pyromanie, et on remarquera qu'il met le feu toujours de la même manière. Quand il s'agit d'actes de violence, la force déployée est toujours hors de proportion avec le but à atteindre. S'il s'agit d'un meurtre, la victime sera lardée de coups et souvent l'épileptique s'acharne sur le cadavre.
Enfin, le paroxysme cesse aussi brusquement qu'il a débuté, et il est souvent suivi d'un état de dépression, d'un épuisement semblable à celui qui succède aux crises convulsives.
Nous avons dit que l'épileptique ne conservait en générai aucun souvenir des actes accom-
PETIT MAL INTELLECTCEL
plis pendant la crise impulsive ; cl l'on nrlmet que l'inconscience est un caractère fondamental du délire épileptique. La question est assez délicate à résoudre ; car on voudra bien admettre qu'il ne suffit pas qu'une action n'ait laissé aucune trace dans le souvenir, pour qu'on puisse dire qu'elle a été accomplie sans participation de la conscience. Or quand on voit un épileptique exécuter, sous l'influence d'une impulsion, des actes compliqués qui nécessitent l'intervention de ses fonctions cérébrales, se conduire en tenant compte des conditions, de la situation dans laquelle il se trouve, il n'est pas défendu de supposer qu'il a la conscience de ses actes au moment même où ils les accomplit. L'épileptique se trouve en réalité dans les mômes conditions psychiques qu'un individu qui agit sou9 l'impulsion d'une passion quelconque. L'amnésie qui suit ces décharges psychiques est en tout point comparable à celle qui succède aux émotions violentes, ou même aux chocs traumaliques qui déterminent un épuisement nerveux.
Il arrive cependant parfois que le malade a parfaitement conscience des acies qu'il commet, et qu'il en conserve le souvenir. L'impulsion à les exécuter n'en est pas moins irrésistible, et s'accompagne d'une vive soulTrance morale.