‹ ÉpilepsieChapitre 32 sur 111 · GRAND M.VL INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

GRAND M.VL INTELLECTUEL

M. Falret a décrit ces délires impulsifs sous le nom de peCU mal intellectuel.

D'autres fois, le malade, retrouvant sa raison tout à coup, au cours de son délire, se retrouve l'instrument du crime à la main, ou entouré de pièces à conviction telles qu'il ne peut pas un instant douter qu'il ne soit l'auteur de l'acte commis. Dans ces conditions, on a vu des malades humiliés, chercher un semblant de raison à leur acte, reconnaître qu'il a été accompli en toute connaissance de cause, et le rattacher môme à un fait de leur vie antérieure. On conçoit tout l'intérêt qu'il y a en pareil cas, au point de vue médico-légal, à reconnaître la vérité.

Le paroxysme psychique peut se présenter aussi sous forme de manie aiguë, dont la gravité varie depuis l'excitation simple, avec loquacité incohérente, hallucination, insomnie, jusqu'à la manie furieuse que M. Falret a décrite .^ou9 le nom de grand mal intellectuel. Ces grands accès de manie avec fureur, peuvent éclater subitement ou après quelques prodromes semblables à ceux qui précèdent le petit mal. Quelquefois, ils se montrent à la suite d'accès ou de vertiges répétés. Le malade devient irritable, s'emporte en des accès de colère fiirieiise contre

DURÉE DE l'accès

les choses et les personnes. Il parle sans cesse et prononce les injures les plus grossières. La physionomie prend une expression de férocité mêlée de terreur ou de souffrance ; les yeux sont étincelants, la face congestionnée se couvre de sueurs sous l'influence d'hallucinations terrifiantes ; les malades se livrent à des violences parfois inouïes, et sont d'autant plus terribles qu'ils sont insensibles aux plus fortes douleurs, et que leurs mouvements sont souvent d'une sûreté remarquable.

L'accès dure rarement plus de quelques heures, quand il atteint cette intensité ; mais lorsqu'il se répète, l'élat général devient rapidement des pltis graves. La langue se dessèche, la voix devient rauque et s'éteint. La température s'élève : on l'a vue atteindre Sg", 40°, lorsque l'accès de manie dure plusieurs jours, ce qui arrive rarement. Le malade tombe alors dans un état de dépression profonde, comparable à celui qui succède à l'état de mal convulsif. On a vu la mort arriver dans ces conditions. Si l'accès de manie est de courte durée, au contraire, le retour de la raison est presque subit, et le malade se plaint seulement de douleurs de tète ou d'un affaiblissement général, ne conservant qu'un vague souvenir de ce qui s'est passé.

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