MALADIES INFECTIEUSES
Chez les individus prédisposés, les maladies infectieuses peuvent déterminer l'apparition du mal comitial. Nous avons déjà parlé de la scarlatine; c'est principalement par ses complications fréquentes du cùté du rein que cette maladie donne naissance à l'épilepsie. L'urémie, quelle que soit son origine, détermine fréquemment des convulsions, et nous avons signalé plus haut la part qu'il convient de faire au terrain, c'est-à-dire à la prédisposition morbide, dans les manifestations de cet ordre.
L'influence de V impaludisme a été signalée dès les auteurs anciens. On a prétendu que l'attaque d'épilepsie pouvait remplacer l'accès de fièvre ou alterner avec lui.
La syphilis doit occuper une place importante parmi les alîeclions chroniques capables de pro-voquer l'épilepsie. Dans la période secondaire, elle peut donner naissance à des atlaques convulsives, indépendamment de toute lésion anatomique connue. Fournier relate des faits qui viennent à l'appui de cette manière de voir, lia pu voir les atlaques survenues pendant cette période, disparaître sous l'influence du traitement spécifique. Dans d'autres cas, l'épilepsie préexistante s'est aggravée sous rinfluence de l'infection syphilitique, et le traitement mercuricl a
SYPHILIS
eu raison de celte recrudescence. Cependanl il peut arriver que l'aggravation de l'épiiepsie persiste malgré l'emploi de la médication spéciûque, et que le bromure de potassium seul ait une influence marquée sur les attaques.
Mais, c'est surtout dans la période tertiaire de la syphilis que l'épiiepsie se montre fréquente. Elle peut être alors sous la dépendance de lésions extrêmement variées, gommes cérébrales, lésions des os du crâne, des méninges, des vaisseaux de l'encéphale, etc. La syphilis est une des causes les plus anciennement connues de l'épiiepsie ; mais ses lésions cérébrales, au point de vue anatomique et clinique, ont été étudiées surtout dans ces dernières années (Buzzard, H. Jackson, Charcot, Fournier, etc.) L'existence de lésions matérielles exclut-elle ici l'influence de toute prédisposition névropathique ? Il semble que non, car un grand nombre de syphilitiques atteints d'épilepsie appartiennent à des familles de névropathes. Il ne paraît pas douteux que les excès de travail, le surmenage, les tourments de l'existence contribuent à la localisation cérébrale des lésions.