‹ ÉpilepsieChapitre 62 sur 111 · TUMEURS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

TUMEURS CÉRÉBRALES

souvent signalé la présence de corps étrangers dans l'intestin, et en particulier des vers parasites. Trousseau a cité plusieurs cas d'épilepsie causés par le lœnia. Les lombrics, les oxyures peuvent donner lieu aux mômes accidents. Les crises convulsives peuvent cesser après l'expulsion des parasites; mais il n'est pas rare qu'elles persistent.

Mentionnons encore les coliques hépatiques, les affections de l'appareil génital, du testicule chez l'homme, de l'utérus chez la femme, qui peuvent être des causes occasionnelles de l'épilepsie; et rappelons l'influence de la menstruation sur la marche périodique des accès.

L'épilepsie générale ou partielle constitue un des symptômes fondamentaux des tumeurs cérébrales, gommes syphilitiques ou tubercules, néoplasies diverses, exostoses, abcès, etc. La prédisposition, que l'on peut retrouver conslammenl avec les causes déterminantes énumérées jusque-là, semble ici moins nécessaire ; et cependant il est certain que des lésions de môme nature et scmblablement situées, s'accompagnent de convulsions dans un cas et pas dans l'autre. Parfois, la lésion semble elle-même ne faire que créer une disposition à la maladie; et c'est ù l'occasion d'un choc quelconque, moral ou phy-

HO LÉSIONS CÉRÉUnALES, MEDULLAIRES

sique, que l'épilepsie se déclare. Voici un exemple emprunté à Gowers : un enfant en parfaite santé avale un crayon d'ardoise ; quelques heures après, il est pris d'un grand accès d'épilepsie ; deux mois plus tard il succombe et l'on trouve un gliome dans la protubérance.

Les lésions traumatiques du crâne, du cerveau, peuvent créer l'épilepsie en dehors de toute prédisposition. Parfois la maladie succède à un choc violent, à une commotion non accompagnée de plaie ou de fracture. De même, Westphal a pu rendre des cochons d'Inde épileptiques en leur donnant des coups répétés sur la tête. L'influence du traumatisme est plus nette lorsqu'il existe une fracture avec enfoncement des fragments et compression cérébrale. Dans ces cas, l'opposition des convulsions peut être immédiate; et la cessation des accidents se produit dès que le fragment a été relevé. Le même fait est parfois la conséquence d'un épanchement sanguin intracrànien : l'évacuation du liquide peut faire cesser les attaques immédiatement.

Les lésions de la moelle épinière peuvent aussi, mais plus rarement, provoquer l'épilepsie. Nous rappellerons que M. Brown-Séquard a vu l'épilepsie succéder à des lésions expérimentales

variées de la moelle : section transversale complète, section des cordons postérieurs et des cornes postérieures, section des cordons latéraux ou antérieurs, piqûre simple. Les cobayes en expérience ont présenté des attaques d'épilepsie spontanée, et des attaques provoquées par l'excitation de certaines zones cutanées de la face et du cou. Chez l'homme, on a observé un certain nombre de faits dans lesquels l'épilepsie a reconnu pour cause une compression de la moelle par traumatisme, par tumeur, par affection vertébrale.

11 s'agit là d'épilepsie vulgaire, provoquée par des lésions spinales. Mais M. Brown-Séquard a décrit sous le nom d^épilepsie spinale une manifestation morbide différente, qui se manifeste quand la continuité de la moelle est interrompue dans une de ses moitiés. Elle est constituée par des convulsions cloniques et toniques parfois très violentes, qui peuvent se produire spontanément, mais qui le plus souvent sont provoquées par le froid, la friction sur les muscles, les excitations cutanées.

Le phénomène mérite d'ùire rapproché d(; lu tri'rpidation épileploîde, décrite chez l'hommo \),ir M.M. Cliarrot et Vuljtian, phénomèn(^ qui s'ohserve dans un grand nombre de maladies :

TRÉPIDATION KPILEPTOÏDE

compressions lentes de la nnoeîle, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, pachyméningite cervicale hypertrophique, hémiplégie avec contracture ; en un mot, dans tous les cas où il existe une dégénération secondaire ou primitive des cordons latéraux.

Page 1