‹ ÉpilepsieChapitre 81 sur 111 · MOYENS EMPIRIQUES · texte numérisé non relu

MOYENS EMPIRIQUES

cause. L'effet salutaire de l'abstinence, par exemple, est des plus nets à constater chez certains malades des asiles qui n'ont des attaques qu'à la suite de permissions de sortie.

Les attaques précédées d'awm peuvent être quelquefois empêchées par des moyens la plupart du temps empiriques, que les malades euxmêmes mettent souvent en usage, lorsqu'ils ont appris par expérience à connaître la signification de ces signes prémonitoires. Ainsi lorsque l'aura consiste en une sensation périphérique, comme une crampe dans un membre, l'accès peut souvent être arrêté par une contriction du membre au-dessus du point qui en est le siège. Il faut parfois une forte ligature pour obtenir ce résultat ; parfois la contriction avec la main suffit.

D'autres fois la manœuvre à exécuter pour empêcher la production de l'attaque est sans aucun rapport avec l'aura ; et c'est tout à fait par hasard qu'on y réussit. Tel accès est suspendu par la compression des nerfs sus-orbita'res au niveau de leur point d'émergence, tel autre par des applications d'eau froide, l'ingestion d'un liquide froid, des flagellations énergiques, etc., etc.

Les inhalations d'anesthésiques ont été es-

PHÉCAUTIONS PENDANT l'ATTAQUE 163

sayées dans le mùnie but (chloroforme, éther, nitrited'aniyle, etc.). Mais ces agents, outre que leur absorption est souvent trop lente pour produire l'effet utile, sont parfois eux-mêmes capables de provoquer une attaque. (Moreau de Tours).

Quand les convulsions ont commencé, il n'y a rien, sauf de rares exceptions, qui puisse les arrêter. Les seules mesures à prendre alors sont des mesures de préservation ayant pour but d'éviter les blessures et la suffocation.

Lorsqu'on est prévenu de la chute par la pà leur du malade, il faut le protéger autant que possible contre le choc, l'étendre horizontalement sur le dos, la tête plutôt renversée en arrière, et le maintenir de telle sorte que les mouvements violents et répétés n'amènent pas de contusions. Les vêlements seront relâchés, principalement au cou. On ouvre les fenêtres pour suppléer autant que possible, par un air plus pur, aux difficultés de la respiration.

Certaines précautions doivent être prises pour la nuit. Un bon nombre d'épilepiiques meurent suffoqués pendant les attaques nocturnes, soit qu'ils soient étranglés par leurs vêtements, soit que s'étant retournés la face contre l'oreiller ils se soient étouffés, ou encore qu'ils se soient enroulés sous leurs couvertures. Une surveillance

TRAITEMENT DE l'ÉTAT DE MAL

étroite est donc indispensable lorsqu'on a à redouter des attaques nocturnes.

La mort par suffocation peut encore arriver pendant la résolution musculaire du sterlor, par la chute de la langue sur l'oriûce supérieur du larynx dans le décubitus dorsal. Il faut alors incliner la tète latéralement, et la langue tombe au dehors par son propre poids. On est obligé parfois de recourir à la respiration artificielle.

Le sommeil qui suit l'attaque doit être respecté. A la suite des accès, on doit faire prendre aux malades une alimentation substantielle sous le plus petit volume possible.

Dans Vétat de mal ou dans les crises en série, il faut commencer par éloigner du malade toute cause d'excitation, faire taire les bruits du dehors, modérer l'éclairage ; et surtout, lorsque le malade reprend connaissance entre des accès, l'empêcher de faire des mouvements et de parler.

Diverses indications ont été proposées contre l'état de mal. Le bromure, même à haute dose, est loin d'avoir ici son efficacité habituelle. On a retiré peu d'avantages de l'emploi des anes- Ihésiqucs en inhalations. Il importe de porter remède aux déperditions considérables de l'organisme dans cet état, par l'alimentation artificielle. Les malades que j'ai vu guérir après une élé-

TRAITEMENT DE L'ÉCL.VMrSIE

vation considérable de la température avaient été alimentés à la sonde pendant toute la durée de l'état de mal.

Dans Véclampsie puerpérale, les émissions sanguines que l'on emploie encore souvent donnent des résultats peu encourageants. Les anesthésiques réussissent mieux, en particulier le chloral. Mais ce traitement est surtout efficace chez les malades à antécédents et à stigmates h\-stériques. Les paroxysmes hystériques sont en effet plus justiciables de ces agents thérapeutiques que les paroxysmes épileptiques.

Lorsque l'albuminurie a été constatée, chez une femme enceinte, le régime lacté constitue une bonne mesure préventive contre l'éclampsie. Si la maladie se déclare au terme de la grossesse, l'accouchement provoqué peut amener la cessation des accidents; dans certains cas ils persistent cependant.

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