LES BROMURES
En même temps qu'il s'adresse à la cause, lorsqu'elle est accessible à une thérapeutique quelconque, le traitement de l'épilepsie doit s'attaquer au sjrmptôme lui-mi^me, dans le but de modifier favorablement l'aptitude spasmogène du système nerveux. On a eu recours, dans ce but, à des médications très variées que M. Delasiauve a résumées complètement dans son Traité
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de l'Epilepsie. Un grand nombre d'entre elles sont tombées en désuétude, vu le peu d'avantage qu'on en a retiré.
Les antispasmodiques ont tenu longtemps une grande place : quelques-uns sont encore employés. Citons le camphre, l'opium et ses dérivés, la valériane, la belladone. Ce dernier médicament a été vanté par Trousseau, en particulier daus l'incontinence nocturne d'urine qui est souvent une manifestation épileptiforme. On l'administre sous forme de poudre, d'extrait; on emploie aussi son principe actif, l'atropine, sous forme de sulfate neutre, de valérianate. L'éther et le chloroforme en inhalations n'ont guère donné que des insuccès ; ce dernier cependant peut rendre de grands services dans certains états de mal éclaxnptiques où il est employé encore fréquemment.
Les méthodes soi-disant rationnelles de traitement de l'épilepsie essentielle ont produit si peu de résultats que l'empirisme s'est donné libre carrière; et la liste serait longue des médicaments que l'on a vantés comme spécifiques de la maladie. L'échec de toutes les méthodes de traitement autorise seul à y recourir, et en particulier
lîROJIURE DE POTASSIUM
l'échec de la méthode hromurée employée selon les règles. Mentionnons seulement le nitrate d'argent, Voxyde de zinc préconisé par Gaubius, le borax que Gowers a employé avec succès, le cuivre porphyrisé, le sulfate de cuivre ammoniacal, etc. Vantipyrine soulage les céphalées, les migraines des épileptiques, mais elle semble sans influence sur la marche des accès.
Le bromure de potassium, employé pour la première fois par Locock en i85i, dans le traitement de l'épilepsie, est encore actuellement le médicament le plus universellement employé ; et les succès thérapeutiques obtenus, qui ne se sont pas démentis depuis lors, justifient cette faveur. Les propriétés ont été bien mises en évidence chez nous par M. A. Voisin ; et son action physiologique a été étudiée en particulier par Martin-Damourette etPelvet.
Suivant ces auteurs, l'action sédative du bromure de potassium s'étendrait au système nerveux aussi bien qu'au système musculaire lisse et strié, par conséquent à l'appareil circulatoire. Il aurait pour effet non seulement de diminuer l'excitabilité des centres nerveux, mais aussi de modérer les congestions, quelles que soient leur siège et leur nature. D'après M. G. Sée, il dimi-