BROMURE DE POTASSIUM
nuerait l'excitabililé de la moelle, non par une action spéciale, élective sur les éléments nerveux, mais en produisant l'olighémie : il exciterait en outre les centres modérateurs.
Le bromure doit être administré par la voie gastrique ; il doit être employé pur, c'est-à-dire ne pas contenir d'iodure et surtout de chlorure de potassium, de sulfate et de carbonate de potasse. A jeun, il détermine quelquefois des crampes d'estomac, à un moment trop rapproché des repas il trouble souvent la digestion ; le mieux est de le donner au commencement des re])as.
La dose doit varier avec l'âge ; chez l'adulte la dose moyenne est de 4 à. 8 grammes par jour ; mais quelques malades le supportent et avec profit jusqu'à la dose de 20 grammes. Les enfants de quatre à cinq ans supportent parfaitement i, Z et 4 grammes de bromure ; de dix à quinze ans, ils le supportent presque aussi bien que les adultes.
Le bromure peut être prescrit à doses constantes ou bien à doses graduelles alternantes; dans ce cas, on commence par exemple à 4 grammes, et on augmente de i gramme par semaine, jusqu'à 7 et 8 grammes ; puis, on revient à la dose initiale (Ciiarcot). Les Anglais, au lieu d'administrer le bromure à doses fractionnées,
MODES d'administration
tous les jours, le donnent quelquefois h dose massive (i5, 20, 25 grammes), tous les deux, trois ou quatre jours.
On ne peut opérer d'action thérapeutique que lorsque le médicament produit ses effets physiologiques : lassitude, somnolence, anaphrodisie, suppression du réOexe pharyngé. Ce dernier signe est en quelque sorte le critérium de l'état de saturation qu'il est inutile de dépasser, tant que la guérison n'est pas assurée.
Le bromure ne doit être supprimé dans le cours d'un traitement efficace sous aucun prétexte, sauf le cas de maladie aiguë adynamique où il serait formellement contre-indiqué. Alors même que la guérison semble obtenue, le médicament ne doit pas être supprimé ; le bromure doit rester presque un aliment pour l'épileptique qu'il a guéri, dit A. Voisin. Lorsque les attaques sont suspendues depuis un ou deux ans, on peut essayer de supprimer graduellement le bromure, mais avtc une grande prudence, car on peut dire que la guérison n'est jamais assu. rée, et il peut se faire que, sous l'influence d'un arrêt prématuré du traitement, la maladie re prenne son cours à l'état aigu, sous forme d'état de mal : le malade est alors exposé à liquider son arriéré (Legraiid du Saulie).
BKOMJSME
Toutes les statistiques proclament les bons eiïots du traitomei'.t brouuiré. Si les guérisons radicales suivies peudaut de longues années restent rares, les améliorations sont la règle, soit au point de vue du nombre, soit au point de vue de la gravité des paroxysmes, quelle que soit leur forme.
Le bromure peut occasionner certains accidents qu'il est utile de connailre et que l'on désigne sous le nom de drondsme. C'est parfois une véritable inloxicalion qui se présente sous une forme aiguë ou sous une forme cbronique.
Le bromisme aigu se manifeste sous deux aspects, l'ivresse et la stupeur. L'ivresse bromique est constituée par un état d'exaltation plus ou moins marquée, avec inappétence, rougeur de la langue, douleur de la tète, irritabilité extrême qui disparaît par la suppression du médicament. D'autres fois, après une pbase d'excitation très courte, le malade tombe dans une sorte d'état comateux dont aucune excitation ne peut 1»; tirer; la respiration se ralentit, le pouls devient faible, et la mort surviendrait sans doute si l'on n'intervenait. La sujjj)ression du médicament ne suffit pas alors pour faire cesser les accidents; il faut provoquer une éliminalion rapide par l'intestin, en administrant les